‹ Traité d'aquarelleChapitre 60 sur 215 · L’AQUARELLE SUR PAPIER WH AT MAN · texte numérisé non relu

L’AQUARELLE SUR PAPIER WH AT MAN

L’aquarelle en honneur aujourd’hui nécessite un papier particulier, concourant à une exécution plus libre qu’autrefois. Ce papier, c’est le whatman, auquel ses qualités supérieures donnent la première place, pour le peintre défiguré et le peintre de fleurs aussi bien que pour le paysagiste. Le whatman reçoit la teinte avec une pureté et une fermeté qui le rendent unique; cette teinte, déposée sur le papier triple force, reste flottante sur l’épiderme et peut être librement modelée, et, que ce papier soit fort ou mince, qu'il présente par suite des qualités différentes, il est toujours excellent. 11 est une chose qu’on ne peut malheureusement pas éviter, c’est que, dans une même sorte de papier, telle feuille soit moins bonne que (elle autre: mais il n’est pas difficile de faire un choix, la différence de qualité étant très appréciable à l’œil.

L’aquarelle sur bon whatman est limpide, ferme, et les teintes, même les plus faibles, y prennent une grande fermeté; de plus, la teinte s’y conserve humide, de manière qu’on peut facilement y modeler tes reliefs et l'effet.

Ce qui étonnera peut-être, c’est que sur whatman l’aquarelle est faite plus rapidemeritet plus sûrementque surtout autre papier; la raison en est que la teinte y conserve sa force autant qu'il est possible, tandis que sur les autres papiers, sur le harding, par exemple, la teinte, en séchant, diminue à tel point qu’il faut trois fois plus de travail pour obtenir le même résultat. Telle personne déjà habile qui se désespère de ne pouvoir atteindre à la limpidité de ton n’a qn a prendre du whatman demi-force, et celle difficulté du lavis, qui n est que matérielle, disparaîtra immédiatement.

Lorsque I élève a acquis toutes les connaissances de l’art qui constituent le métier et que son esprit peut guider sûrement sa main, il lui reste encore des choses indispensables à bien connaître.

à savoir les qualités (lu papier qui doit, comme parLie tierce et inerte, concourir avec l’œil et la main de l’artiste à la réussite de ses efforts intellectuels. Pour l’aquarelliste, cet aide impassible et dévoué, c’est le papier whatman, qui ne se démentira jamais sous son pinceau.

11 est déjà bien difficile de représenter cette grande nature, ce spectacle toujours imposant et nouveau, sur un humble morceau de papier; quelles que soient donc les ressources que ce papier offre pour l’exécution, nous ne saurions trop insister sur les observations qui précèdent. Elles ont d’ailleurs un double but : prémunir l’élève contre tous les inconvénients que présente l’usage du whatman et lui faire bien sentir en même temps que, pour le peintre assuré de pouvoir maîtriser le moyen matériel, les écueils que nous venons de signaler disparaissent devant sa science et la ferme volonté qui le guide sûrement vers le but; d’où il faut conclure qu’en général, pour le peintre de talent, tous les moyens sont bons pour réussir, et que, de toutes les ressources que présente un art, aucune, si petite qu’elle soit, ne doit rester ignorée ou être dédaignée.

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