LA COLONNE ET LE PILASTRE
Nous abordons avec l’étude du support ce qui constitue le fond même de la doctrine architectonique classique, les trois ordres.
Les trois ordres.
Généralités. On entend par ordre d’ architecture un ensemble de proportions et de dispositions architectoniques qui font qu'un édifice est régulier et surtout harmonieux.
Il y a trois ordres fondamentaux : l’ordre dorique, l’ordre ionique et l’ordre corinthien.
Ces trois ordres sont d’origine grecque. Les Romains y ont ajouté deux autres ordres, l’un appelé toscan, l’autre composite, de sorte qu’on parle couramment de cinq ordres. Nous ferons remarquer, toutefois, que le toscan, qui inaugure la
L’ARCHITECTURE ITALO-FLAMANDE
série des ordres, se confond en réalité avec le dorique. Il n’en diffère que par une plus grande simplicité. Aussi, ne nous en occuperons-nous pas ici, afin de ne pas compliquer inutilement un traité qui n’a d’autre but que de donner au profane une première initiation. Quant à l’ordre composite qui clôt la série des ordres, d’aucuns lui dénient formellement la valeur d’un ordre, parce qu’il n’est qu’un composé (d’où le mot composite) d’ionique et de corinthien. Toutefois, comme il est d’un usage fréquent dans nos édifices, nous lui devons une mention spéciale.
Dans chaque ordre il y a deux éléments essentiels ; la colonne et V entablement, sans lesquels un ordre ne se conçoit pas. Une colonne ne constitue pas un ordre, un entablement encore moins II faut la réunion de ces deux éléments d’architecture pour qu’il ait un ordre.
Chacun de ces éléments se divise en trois parties :
La colonne se compose :
A. à’ mv chapiteau ;
B. d’un fût;
c. d’une hase.
entablement comprend :
A. une architrave ;
B. une frise;
c. une corniche.
Cependant de tous ces éléments, il y en a un qui est décisif dans la détermination de l’ordre, le chapiteau.
Les autres parties n’offrent que des variantes, en ce sens que leurs moulures sont plus ou moins nombreuses, leurs ornements plus ou moins riches, suivant l’ordre auquel elles appartiennent.
Fig, 266. Théorie de la colonne classique.
Nous nous attacherons donc de préférence à l’étude du chapiteau. Nous décrirons, une fois pour toutes, les deux autres parties de la colonne, ainsi que les trois parties de l’entablement, dans le paragraphe consacré à l’ordre dorique.
Le nombre et les dimensions des moulures, l’ornementation de l’entablement, n’intéressent que le praticien et celui-ci trouvera dans les manuels tous les éléments désirables. Quant aux ornements de la frise, remarquons qu’ils diffèrent entre eux, non seulement à l’époque gréco-romaine, mais aussi, et surtout, à l’époque italo-fl amande du xvii® siècle, où la fantaisie de l’artiste crée sans cesse des formes nouvelles et variées.