‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 22 sur 143 · MILIEU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

MILIEU HISTORIQUE

Le règne de Henri Dr duc de Brabant (1190-1235) marque pour le Brabant en général et pour les villes en particulier, une ère de très grande prospérité. Comme ses contemporains, Philippe-Auguste en France, Henri le Lion en Allemagne, il protège les villes et pousse à leur développement. C’est à la fin du xii® siècle et au début du xiii® que les cités brabançonnes achèvent leur structure politique. Bruxelles affirme alors son autonomie. Elle détache définitivement son territoire de l’ancienne circonscription rurale ou banc d’Uccle et l’érige en territoire juridique distinct, dirigé par un échevinage propre et investi d’un droit particulier. Au début du xiiD siècle, en 1229, elle obtient sa première charte écrite, et pour mieux affirmer son émancipation politique, s’arroge le droit d’avoir une cloche communale, un beffroi, un pilori et un sceau.

Cette puissance politique n’est que la conséquence toute naturelle de l’expansion économique de la cité. La draperie assure à la bourgeoisie une fortune inespérée et précisément au tournant du xiiD siècle, nos bourgeois-marchands s’appuient sur leur force économique pour revendiquer des privilèges et des franchises. En même temps ils profitent de leurs trésors pour embellir leur ville. Non seulement ils construisent des halles et érigent des steenen ou maisons de pierre aux abords du marché, mais ils refont leurs hôpitaux et surtout leurs églises. L’église primitive de N.-D. de la Chapelle est remplacée au début du xiii® siècle par un édifice romano-ogival dont nous pouvons admirer aujourd’hui encore le chœur et le transept; l’église de Sainte-

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