‹ Traité d'art et d'histoire militaires [microforme]Chapitre 15 sur 156 · LEE LIT ET ERP PM · texte numérisé non relu

LEE LIT ET ERP PM

nent

Autrefois les communes, la pospolite, les milices, pouvaient se lever au moment du danger et marcher immédiatement à l’ennemi. Mais aujourd’hui ces milices peuvent tout au plus servir de corps de réserve et agir en seconde ligne. Il faut absolument entretenir une urmée permanente pendant la paix si l’on veut avoir une véritable force militaire prête et instruite au moment de la guerre.

5o. Enfin nous voyons maintenant toutes les puissances de l'Europe augmenter ou diminuer leurs armées à la fois, chacune d’elles craignant d’être surprise par les autres. Il faudrait donc, pour qu’un peuple pût dissoudre son armée permanente, que tous fissent comme lui. Celui qui conserverait la sienne menacerait l’indépendance générale. Voilà les considérations relatives à la permanence des armées modernes, que l’on regarde aujourd’hui comme l’ancre de salut des états.

Chez les Grecs et chez les Romains, les armées semblaient temporaires. On les levait au moment de la guerre. Mais ces armées n'étaient temporaires qu’en upparence. Elles offraient en réalité tous les avantages des troupes permanentes, puisque Rome et Sparte ne furent pendant longtemps que de grands camps où les citoyens étaient exercés constamment au métier des armes. Les institutions civiles se confondaient ainsi avec les institutions militaires, et, en arrivant sous les drapeaux, les soldats n’avaient plus rien à apprendre. Exercices, discipline, obéissance au commandement, ils étaient préparés à tout par l’éducation et par les travaux du champ de mars.

L’armée permanente, dont nous venons d’établir la nécessité en vue de la guerre, rend encure d’autres services pendant la paix.

On peut la considérer comme une école pratique pour la masse de la population ; école intellectuelle ; école de moralité ; école de perfectionnement physique.

Sous le rapport intellectuel, les soldats apprennent à lire, à écrire, à compter. Ils peuvent aller plus loin, et apprendre l’histoire, la géographie, etc.

Sous le rapport moral, l’état militaire est un correctifaux défauts du caractère, aux mauvais penchants, à certains vices d’urganisation. Le contact des honimes entre eux les oblige à des égards

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réciproques. Le respect d.: la hiérarchie militaire prépare pour l’avenir celui de la hiérarchie sociale.

Sous le rapport physique, la variété des exercices, l'habitude de la prapreté, la gymnastique, l'escrime, Jointes à une alimentation * qui s'améliore chaque jour, et qui est supérieure à celle de lPouvrier et du paysan, tout tend à perfectionner la race.

L'armée peut avoir ainsi une grande influence sur la constitution physique de la population.

Considérée de cette manière, l’armée d’une nation n’est plus ! un fardeau pour elle, c’est une institution à la fois importante et avantageuse, une institution qui peut exercer une heureuse influence sur ses destinées.

Chiffre d'une armée permanente.

Nous avons établi la nécessité d’une armée permanente.

Examinons maintenant les considérations relatives à la détermination de son chiffre.

L’effectif d’une armée permanente est variable ; on peut distinguer :

Un chiffre minimum ;

Un chiffre moyen ;

Et un chiffre maximum.

Ce que l’empereur Napoléon a appelé :

Le pied de paix ;

Le pied de guerre.

Le minimum correspond à l’état de paix profonde, dans le cas où l’on a rien à craindre de ses voisins et où il n’y à pas de cause de révolte intérieure.

Le chiffre moyen correspond à une guerre ordinaire, avec un

Le maximum correspond à une guerre redoutable dans le cas d’une coalition, de la patrie en danger, comme la France en 1793,

On commence par déterminer le chiffre minimum d’après les

considérations suivantes : À

10. On considère la population du pays et la nature de ses occu- à pa

| rations. Ë ca La population du pays, parce qu’il ne faut pas enlever à l’agri- k

culture et à l’industrie une quantité de brus dont elles pourraient ‘ pe

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La nature de ses occupations, parce que les peuples industriels ont pius de peine a recruter leurs armées que les peuples agricoles.

Ka On établit de cette manière un certain rapport entre le chiffre HI de l’armée et celui de la population. Ce rapport varie du :!; au

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so Pour les divers états de l’Europe. On a reconnu que la meilleure proportion était à peu près celle du ,,,.

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C’est le ray port adopté en France, en Autriche et en Prusse;

20. On considère ensuite, dans la détermination du chiffre de l’armée permanente, les revenus de l’état. Car il faut que la 11) charge imposée au trésor n’amène pas un déficit dans les ressources annuelles du budget.

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Du temps des armées mercenaires, sous Frédéric, par exemple, le dernier écu donnait le dernier soldat. La France a prouvé depuis que l’amour de la patrie et l'honneur valaient mieux que

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