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Cf2
TIR DES CANOIfS. l35
m. Influence du sol sur les portées. Les portées de but en blanc des bouches à feu des divers calibres , quoique déterminées avec soin sur dt» pièces en trisi^bon état et par un grand nombre de coups, présentent dans les différentes écoles d^artillerie y pour les mêmes calibres et avec les mêmes charges , des différences qui dépassent de beaucoup les erreurs d'observation. Ces différences tiennent à ce que le fluide , dans lequel se meut le projectile lancé sous de petits angles au-dessus du sol , ne peut pas être considéré comme indéfini dans tous les sens ; car la portion d'air , lancée du dbté du sol par l'hémisphère anté^ rieur du mobile, rencontre un obstacle résistant qui l'empêche de s'échapper et de se répandre dans l'espace aussi facilement que les secteurs d'air placés dans les autres directions , dans lesquels le fluide conserve toute sa mobilité. Dans ce cas^ le terrain, suivant sa forme entre la bouche à feu et le but , fait varier plus ou moins sa distance à la trajectoire , et a , par conséquent , une inr< fluence plus ou moins grande. Cette influence , dont ordi* uairement on ne tient pas compte dans le tir, se fait sentir sur les portées jusque sous l'angle de 3*" au-dessus du sol , quand ce sol est uni ; lorsque des élévations d^ terrain ou de fortes dépressions existent à de petites distances en avant de la bouche à feu ; le coup peut , dans quelques circonstances , être relevé jusqu'à 3" dans le premier cas, et rabaissé jusqu'à a** dans le second, com-» parativement à ce qui aurait lieu dans le cas du tir ordinaire sur un sol uni. Le projectile est également relevé dans le tir au^essus de la surface de la mer; mais comme, dans ce cas , cette surface se déprime , l'obstacle offre moins d« résistance et son influence est diminuée; elle l'est aussi à mesure que la bouche à feu est plus élevée au-dessus du sol ; par suite, le projectile parait s'abaisser comparativement au tir oïdinaire ; cette apparence faisait dire auK anciens canonnicrs :» la vallée attire le boulet. >
l36 BOUGHB8 A FE0.
PBOBABILITI6 DU TIft DBS CAHOITS.
44S« Déviation des projectiles» Ponr apprécier TeflS- ' cacité du tir des boudies i feo , il faut considëDer la dis* tance à laquelle le projectile conserve asses dWet pour Tobjet qu^on se propose , et la probabilité qn^on a d^at- Iftindre le but ; ces deux conditions doivent être remplies à un certain df^gré pour donner an tir une eflScacité suffi*
santé.
La connaissance de cette efficacité est un des âémens C isenticls, pour jnger des effets qu^on doit attendre de Tartilleriey et pour déterminer le choix le plus convenable à fiire , entre les différens calibres dont on peut disposer, et les distances i^nxqnélles on doit les employer. Les erreurs sur la érection du pointage ne sont pas les seules causes de déviations ; car le projectile , à cause du vent, peut partir suivant une ligne qui diffère de la direction de Taxé du canon; de plus, ce mobile ne continue pas à se mouvoir suivant la trajectoire qui ne dépendrait que de sa vitesse et de sa direction primitive , de la pesanteur et delà résistajoce directe de Tair; il en est dévié, ainsi qn^on Ta déjà vu (85) , par diverses causes d^irrégularité. Ces causes diverses diminuent, chacune de quantités différentes et variables , la probabilité d^àtteindre le but ; il est difficile de connaître Finfluence de chacune en particulier ; mais on peut apprécier , par Pexpérience , le résultat total de cette influence.
143. Les déviations des projectiles augmentent, et la probabilité dVtteindre le but diminue, d^autant plus que les calibres sont plus petits, et dans un rapport d^autant plus grand que le but est plus éloigné; ce fait, qui a lieu pour les canons comme pour les armes à feu portatives, est très-saillant dans des expériences&ites en grand, ainsi cp^on peut le voir diaprés les résultats indiqués dans le tableau suivant.