‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 7 sur 113 · ARMES DE MAIN · texte numérisé non relu

ARMES DE MAIN

i . jirmes de choc. Le choc fut de tout temps un des principaux moyens de destruction employés à la guerre; en le considérant sous ce rapport , la mécanique apprend que ses effets varient avec la nature, la forme et la masse des corps qui se choquent , et avec leur vitesse relative; le corps choqué étant ordinairement en repos dans le combat, ou animé d^une faible vitesse, Tcffet destructeur d^une arme agissant par le choc, augmente avec sa masse, sa dureté et la vitesse qu^oa lui a imprimée, et renfoncement diminue à mesure que la surface de contact avec ce corps a plus d^étendue. Ces différentes propriétés ont été successivement reconnues par Texpérience avant toute idée de théorie ; ainsi , dans les premiers temps où Fhommc a cherché à réduire son ennemi , il a employé le poing d^abord nu , ensuite armé d'aune pierre , d^un ceste ou gantelet ; après s'être servi d'aune faible branche d'arbre, il a pris un pieu, trèsgros à l'extrémité agissante ; il Pa choisi lourd , hérissé

de nœuds et en a formé cette massue employée dans les

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(*) La cuirasse du Rajah Tippoo-Saheb , qui se voit à Londres , au musée de la compagnie des Indes , se compose dVne étoffe de soie , reliée environ quarante fois sur elle-même^

temps antiques , et dont la renommée est venue jusqu^à nous. On augmenta ensuite son poids et sa dureté , par Taddition dWe certaine quantité de métal, et elle se transforma eu masse dWmes fréquemment employée dans le moyen âge , et qui de nos jour$ fait encore partie de Tarmcment de certaine cavalerie orientale. LVrme de cette espèce, dont la cavalerie se servait d^une seule main, pesait de la à i5 kilogrammes; celle qui était à Fusage des fantassins, et qui se manœuvrait à deux mains , avait jusqu^à 2'",3o et 2™,6o de longueur.

2. firmes tranchantes. La résistance que les corps présentent à la pénétration étant en raison de la sur* face sur laquelle le corps choquant agit , on a cherché à augmenter les effets destructeurs des armes , en diminuant successivement cette surface , jusqu^'au point de ne faire agir quWe seule de leurs arêtes ; mais alors la résistance de ce tranchant doit être très-grande, et il est nécessaire de le former des matières les plus dures. On se servit d^abord de pierres brisées sous des angles aigus et de certains os dWimaux qui, comme Tomoplate et la màdioirc, ont une forme convenable pour Tobjet qu'ion se proposait. Les Celtes et les Gaulois employaient beaucoup la hache d^armes, à un ou à deux tranchans, en pierres dures et quelquefois en pierres précieuses. On se servît ensuite de lames métalliques , d^abord en fer et en airain, puis en acier, qu'ion aiguisait à la meule pour diminuer, autant que possible, Tépaisseur de leurs bords, épaisseur qui est une des principales causes de la résistance que Parme éprouve à s^enfoncer. Les armes tranchantes se sont perfectionnées , à mesure que Ton a trouvé des métaux , dans lesquels la dureté se trouvait unie à une plus grande ténacité. La suppression des armures a permis d^employer , dans la fabrication des armes tranchantes modernes, une étoffe de fer et dWer qui pos-

AKHES DE MAIll. S

sède ané dureté suffiisante et jooit d^une très-grande âasticité.

3. Malgré, la grande résistance des'malières emflayééSj répaissenr qu^on est encore obligé de donner à ces lames métalliques pour soutenir leur tranchant, présente à la pénétrsttîoki un obstade d^antant plus grand , que Pangle des deux plans qui ferment Faréte tranchante est moins aigu ; on r^oi^^die à œt inconfvénient par la manière d^emploj^ l'arme ; pour cela on la fait agir obliquement à son tranchant ; Teffet est alors le même que si Fangle des deux plans de Faréte était plus aigu ; car, une section ab (Fig. i) fÎBLite perpendiculairement au plan de la lame cd et dans la direction du mouvement , est un triangle dont Tanglo an sommet est d^autknt plus aigu que cette direction s^âoigne davantage de la normale à Faréte cd du tran» chant ^ là hauteur ^ du triante immergé dans le sens du inotEvement est toujours , pour un même enfoncement €th àù Farme et par conséquent pour une même base du triangle, cmnme la sécante de Fobliquité bah; par suite, Fangle au sommet diminue et Fimmeision est facilitée , quand la direction du mouvement se rapproche de celle du trandiant.

4. Cette obliquité du mouvement facilite aussi la ruptaré de chaque fibre en particulier , rupture à laquelle diles tendent à se soustraire par leur extension. Qnismd la pression est dirigée perpendiculairement k Faréte tranchante , diaque fibre est soutenue par odle qui est immédiatement au-^dessous d^elle , et sur laquelle le trandiant n\ pas d-action directe. Mais quand lé mouvement est oblique, les fibres qtû dans le primer cas soutenaient celle» attaquées et s^opposaient de toute leur raideur à Fimmersion , sont dans celui-ci soimiises elles^ mêmes à iWet du trandiant , et cela d^aiitant plus que le mouvement est plus oblique. Les fibres placées à Fextré-

mité aûtërîeure de la section da corps, ne sont même plus soutenues y et par suite sont rompues avec plus de facilite; x^et effet se reproduit sur les suivantes : ainsi les fibres ne «e prêtant plus entre elles autant dVppui , le corps est ilivisé par un moindre effort.

Cest donc obliquement à leur arête vive, qu^il faut faire mouvoir les armes tranchantes, lorsqu^on veut les faire agir plus efScacement, et on y parvient en allongeant ou en retirant le bras , en même temps qu^on appuie fortement la lame sur le corps à trancher.

5. On parvient à remplir facilement la condition d^obliquité du mouvement, en donnant à la lame une cambrure (Fig. 2) , c'est-à-dire une courbure à son arête tranchante ; cette cambrure rend le mouvement des différentes parties de la lame d'autant plus oblique , relativement à la direction du mouvement, que cette partie est elle-même plus éloignée du poignet; et par conséquent on facilite d'autant plus la rupture des fibres du corps , que la partie de la lame appuie avec moins de force , par suite de l'augmentation du bras de levier de la résistance.

6. Le mode le plus avantageux d'employer les lames courbes , consiste à les diriger comme si on pointait sur le bord de l'objet (Fig. 3), et à faire couler la lame de la pointe à la poignée; la force musculaire du bras est alors plus complètement utilisée que dans toute autre direction; de plus, la vitesse et la masse du corps s'ajoutent à celle de l'arme , et le mouvement de l'arête du tranchant le long de la coupure , n'étant pas directement opposé à l'obstacle , il en résulte que si la résistance tend à croître , le tranchant se dirige plus obliquement et éprouve moins de difficulté à se mouvoir ; il prend ainsi la direction qui convient au rapport de l'effort à la résistance , et cet effort n'est jamais détruit par la réaction des fibres, qui sans cela pourraient l'annuler.

A'RHËS D£ MAIN. ']

Les mêmes effets sont produits par des dispositions in<* "verses , lorsque le tranchant est sur la partie concave de la lame, comme dans les yatagans des orientaux (Fig. 4)9 et qu^on dirige le mouvement deFarme, de manière à la faire agir de la poignée à la pointe.

7. firmes aiguës. Les armes blanches présentant , en général, encore moins de surface par leur extrémité que par leur tranchant, pénètrent par cette partie plus facilement et beaucoup plus avant dans les corps 3 on augmente cet effet en taillant l'extrémité antérieure en pointe a (Fig. 5), en biseau £ ^ ou en langue de carpe c / ces dispositions donnent à la pointe des armes des avantages analogues à ceux que la cambrure donne au tranchant des lames.

8. Les armes qui n'agissent que de la pointe, sont dites d'estoc: tels sont les poignards , les épées , etc. ; celles qui agissent de la pointe et du tranchant sont ^tes d'estoc et de taille : tels sont les sabres ; parmi les armes qui n'agissent que de la pointe , on distingue celles qui sont montées sur une hampe, et qu'on appelle armes de hast. Les plus anciennes armes de cette espèce consistaient en un pieu qui était épointé et durci au feu, ou bien armé, soit d'un os de poisson ou d'une dent d'animal, soit d'une pointe de métal.

Les armes d'estoc n'agissant que sur une surface de peu d'étendue, font des blessures moins larges que les armes de taille, maïs beaucoup plus profondes et par suite beaucoup plus dangereuses; de plus, elles ont en pénétrant moins de chances de rencontrer les parties solides de la charpente osseuse , sur lesquelles elles glissent facilement, et qui, ainsi que les parties résistantes de l'habillement et de l'équipement des soldats , permettent rarement aux armes tranchantes de pénétrer trèsavant dans les chairs.

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