‹ Traité d'astronomieChapitre 81 sur 116 · MOUVEMENS DES COMÈTES · texte numérisé non relu

MOUVEMENS DES COMÈTES

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partie plus condensée de la tête , qui présente à l'œil nu la figure d'un noyau ; quoiqu'il faille reconnaître que dans quelques-unes l'on a vu un très petit point stellaire , qui indique l'existence d'un corps solide.

4^75. 11 y a tout lieu de croire que c'est à la faible compression delà puissance élastique de leurs parties gazeuses, exercée par la gravitation d'une masse centrale aussi petite, que nous devons attribuer ce gigantesque développement des atmosphères des comètes. Si la terre , en conservant son volume actuel , était réduite , par un changement intérieur ( l'excavation, par exemple , de ses parties centrales j à un millième de sa masse actuelle , la puissance répressive qu'elle exerce sur l'atmosphère diminuerait dans la même proportion , et par conséquent cette dernière s'agrandirait de mille fois son volume actuel , et même de beaucoup plus , en raison d'un bien plus grand décroissement de sa gravité , dû à l'éloignement du centre où se trouveraient les parties supérieures.

476. Voici un fait qui prouve évidemment que la partie lumineuse d'une comète a quelque chose qui participe de la nature de la fumée , du brouillard ou d'un nuage suspendu dans une atmosphère transparente ; c'est que la portion de la queue , qui s'avance vers la tête et l'entoure , en est cependant séparée par un intervalle moins lumineux , comme si elle était soutenue et garantie du contact , par une couche transparente , de même que nous voyons souvent un amas de nuages posé sur un autre avec un espace transparent considérable qui les sépare. Ces faits , et un grand nombre d'autres observés dans l'histoire de ces corps , semblent indiquer que la structure d'une comète , vue en section dans le sens de sa longueur , doit être celle d'une enveloppe creuse , de forme parabolique , renfermant près de son sommet le noyau et la tête , et dont la figure 65 donne une idée. Cela expliquerait la division apparente de la queue en deux principales branches latérales, l'enveloppe présentant ses bords obliquement à la ligne visuelle , et offrant ainsi aux regards une profondeur de matière éclairée. Il y a tout lieu de croire , cependant , qu'elles se prêtent à une grande variété de structure , et parmi elles il est peut-être des corps dont la constitution physique diffère immensément.

^77. Parlons maintenant des mouvemens dos comètes. Ils sont en apparence très irréguliers et capricieux. Quelquefois ces corps ne restent visibles que pendant quelques jours , dans d'autres temps ils le sont plusieurs mois. Quelques-uns se meuvent avec une grande lenteur , d'autres avec une vitesse extraordinaire • tandis qu'assez souvent les deux extrêmes se réunissent sur la même comète en différentes parties de son orbite. La comète de 1472 décrivit un arc céleste de 120° d'étendue dans un seul jour. Quelques-unes ont une marche directe, un certain nombre l'ont rétrograde , et d'autres tortueuse et très irrégulière. Elles ne se renferment pas , comme les planètes , dans une région déterminée du ciel mais elles le sillonnent indifféremment dan§ tous les sens. La variation de leurs volumes apparens , pendant le temps qu'elles restent visibles , n'est pas moins remarquable que celle de leur vitesse. Quelquefois elles font leur première apparition comme des corps doués d'un mouvemenf faible et lent , avec peu ou point de queue ; mais progressivement elles accélèrent , agrandissent , et étendent au loin cette adjonction , qui augmente en longueur et en éclat jusqu'à ce que (comme cela arrive toujours en pareille occasion ) elles approchent du soleil , et se perdent dans ses rayons. Au bout de quelque temps, elles reparaissent ' de l'autre côté en s'éloignant du soleil avec une vitesse d'abord considérable, mais qui diminue peu à peu. C'est après avoir ainsi dépassé le soleil, et non avant qu'elles jettent le plus vif éclat , et que leurs queues acquièrent leur plus grande I longueur et le développement le plus étendu, révélant ainsi, à ne pas permettre le doute, que cette émanation extraordinaire est due à l'action des rayons du soleil. A mesure qu'elles continuant â s'éloigner du soleil , leur mouvement se ralentit

m TRAITÉ D'ASTRONOMIE. - COURBE DÉGBITE PAR UNE COMÈTE. CHAPITRE X.

et la que^ 3' éteint , ou est absorbée par la tète , qui s'affaiblit elle-même constamment ^ et dérobe enfin tout-à-fait à la vue, paur ne jamais plus reparaître dans le plus grand nombre des cas.

4-7^. Sa»s la clef que nous en a donnée la théorie de la gravitation , l'énigme de ces mouvemeus , en apparence irréguliers et capricieux , aurait pu demeurer à jamais sang «olution. Mais Newton ayant démontré qu'un corps , tournant sous ren^pij^e de cette loi , pouvait décrire une section conique quelconque autour du soleijl , s'aperçut aussitôt que la proposition générale était applicable au cas des orbites cométaires ; et la grande comète de 1680, une des plus remarquables dont l'histoire fasse mention , tant par l'immense longueur de sa queue , que par son excessive proximité du soleil ( à un sixième du diamètre de cet astre ) , lui fournit une excellente occasion de mettre sa théorie à l'épreuve. Le succès remplit entièrement son attente. Il s'assura que cette comète décrivait autour du soleil conune foyer une ellipse d'une si grande excentricité qu'on ne pouvait la distinguer d'une parabole ( qui est la dernière limite de la forme d'une ellipse lorsque l'axe devient infini ) , et que dans cette orbite les aires décrites autour du soleil, comme dans les ellipses planétaires , étaient proportionnelles aux temps. La représentation des mouvemens apparens de cette comète par une pareille orbite , dans toute sa marche observée , se trouva être aussi exacte que celle des mouvemens des planètes dans leurs orbites presque circulaires. Dès ce moment on regarda comme démontré , que les mouvemens des comètes sont réglés par les mêmes lois générales que ceux des plaiiètes, la différence des cas ne consistant que dans l'élongation exorbitante de leurs ellipses, et dans l'absence de toute limite aux inclinaisons de leurs plans sur celui de l'écliptique , aussi bien que de tout assujétissement à une direction générale dans leurs mouvemens d'occident en orient, comme c'est le cas des planètes, plutôt que d'orient en occident.

479. C'est un problème de pure géométrie , fondé sur les lois générales dumouveweut elliptique ou parabolique , de trouver la situation et les dimensions de l'ellipse ou parabole qui doit représenter le mouvement d'une comète quelconoue donnée. En général , trois observations complètes de son ascension droite et de sa déclinaison, avec les temps auxquels elles ont été faites^ suffisent pour la solution de ce problème ( qui est , toutefois , hérissé de grandes diiÉcultés ) et pour la détermination des élémens de l'orbite. Ces élémens se composent , moyennant les modifications requises , des mêmes données que celles qu'exige le calcul du mouvement d'une planète; et , une fois déterpiinées, il devient très aisé de les comparer à toute la partie observée de la révolution de la planète , par une méthode exactement semblable ù celle de l'article 4-26 , et de soumettre à l'épreuve la plus rigoureuse la vérité de ces lois générales sur lesquelles s'appuient tous les calculs de ce genre.

480. Pour la plupart des cas, l'on trouve que les mouvemens des comètes peuvent être assez bien représentés par des orbites paraboliques , c'est-à-dire , îpar des ellipses dont les axes sont d'une longueur ir.iinie , ou , du moins , d'une longueur si considérable , que l'on ne pourrait commettre d'erreur sensible dans le calcul de leurs mouvemens , pendant tout le temps qu'elles continuent à être visibles, en les supposant réellement infinis. La parabole est cette section conique qui tient le milieu entre l'ellipse , d'un côté , qui rentre dans elle-même , ot l'hvperbole, de l'autre , qui s'éloigne à l'infini. Ainsi, une comète qui décrit une vorhite elliptique , quelque long que soit son axe , doit déjà avoir visité le soleil et êf^e revenue (à moins qu'il n'y ait perturbation) à une époque déterminée; mais si son orbite est du caractère hyperbolique , une fois qu'elle aura dépassé son périhélie , elle ne pourra jamais plus revenir à la portée de nos observations, mais e^e s'4la«icera nécessairement dans d'autres systèmes, ou se perdra dans l'immensité de l'espace. Il est peu de comètes que l'on ait reconnusse mou-

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