CHAPITRE 11. — DESCRIPTION GÉNÉRALE DU CIEL ÉTOILE
lin nouveau projet, d'ailleurs lui aussi en cours d'exécution, est venu tout récemment étendre considérablement le champ de ces travaux. Voici quelle fut l'origine de cette nouvelle œuvre.
En continuant la construction des Cartes écliptiques commencées à l'Observatoire de Paris par Chacornac, qui contenaient jusque-là en moyenne loo étoiles par carré de i® ou de o™,o6 de cùté, el lorsque leur marche successive dans la zone écliptique les amena à couper la voie lactée, MM. Henry se trouvèrent en présence de portions du Ciel où certaines Cartes auraient eu huit à dix fois plus d'étoiles, c'est-à-dire environ un millier par carré de o^jOÔ.
Avec une telle condensation d'étoiles, les procédés jusque-là employés devenaient inapplicables : aussi ces astronomes songèrent-ils à recourir à la Photographie.
Après quelques mois, ils se convainquirent que la principale difficulté à vaincre pour avoir des images photographiques rondes, bien terminées et distinctes des étoiles, quelles que soient leurs grandeurs, venait surtout de l'irrégularité des mouvements d*horlogerie d'entraînement des équatoriaux, qui ne maintenaient pas les images focales de ces étoiles rigoureusement aux mêmes points du plan focal pendant toute la durée de la pose nécessaire à l'obtention de ces images, soit un quart d'heure pour les étoiles de 1 4* grandeur, et des heures pour celles d'éclat apparent moindre. Le moyen aussi simple qu'ingénieux qu'ils prirent pour obtenir ce résultat fut d'accoler» parallèlement à la lunette photographique et symétriquement par rapport à son axe de rotation, une deuxième lunette à peu près de même ouverture, servant de lunette-repère, dont un observateur ramenait, à l'aide de manettes de rappel, un point de croisée des fils du réticule à être toujours centré sur l'image d'une étoile convenablement choisie dans le champ de vision. Les résultats obtenus furent tellement supérieurs à ce que l'on avait eu jusque-là que l'idée primitive fut immédiatement agrandie et qu'on résolut de la faire servir à une revision complète de tout le Ciel, aussi bien austral que boréaL II s'agissait de déterminer les positions de toutes les étoiles jusqu'à la 12* grandeur inclusivement et de construire ainsi un Catalogue comprenant dix fois plus d'étoiles environ que celui de la Société astronomique allemande, et aussi non plus seulement de
continuer les Cartes écliptiques de Chacornac, mais de substituer, aux Cartes de la Donner Durclimusterung, des Cartes nouvelles sur lesquelles seraient indiquées les étoiles jusqu'à la i4^ grandeur inclusivement, donnant, par suite, des points de repère pour la comparaison des astéroïdes les plus faibles qu'on viendrait plus tard à découvrir, et contenant près de 3?. millions d'étoiles, c^eslà-dire cent fois plus que les Cartes si utiles et si précieuses d'Argelander.
L'exécution d'un pareil programme surpassait évidemment, non seulement les forces d'un observatoire, mais celles d'une nation. 11 lui fallait le concours des astronomes du monde entier; aussi, sur la proposition de l'amiral Mouchez, alors directeur de l'Observatoire de Paris, un Congrès international fut-il réuni (avril 1 887) pour poser les bases de cette grande œuvre; et les 22000 clichés de 2" chacun qui couvriront les 4 ' 000" carrés de la surface du Ciel tout entier ont été répartis comme il suit entre les diflerenls observatoires participants :
Nombre Observatoires. de clichés.
Paris 1 9.00
Bordeaux i^.Go
Toulouse 1080
Alger l'iGo
Grcen wich 1 1 4()
Oxford 1 1 80
Ilclsîngfors 1 008
Fotsdam i ^Z'i
Rome (Vatican) 1040
Galane 1008
San-Fernando 1.260
Tacubaya 1 2G0
Santiago 1 260
La Plala i36o
Rio-Janeiro 1 3^6
Cap de Bonne-Espérance 1 5ia
Sydney ijoo
Melbourne i j 4<)
Lorsque cet immense travail, monument grandiose et prodigieux, sera terminé, il constituera un état irrécusable et impérissable du Ciel sidéral à une époque donnée, état qui servira, dans