CHAPITRE 111. — GRANDEURS DES ÉTOILES
diSérenles étoiles, obtenue par Toeil seul, sans aucun recours à des mesures instrumentales ou à un rapport empirique entre les intensités lumineuses des différents degrés, obtenir une échelle de grandeurs dans laquelle les graduations dMclat formeraient des séries continues et sj^métriques exprimées en dixièmes d'unité, et dont les unités rondes coïncideraient d^aussi près que possible avec celles d'Argelander, dsius V Uranometria nova. »
La solution de Gould, basée sur les principes posés par les deux Herschel, est magistrale et ce travail marque une étape décisive dans la question.
65. Principes de la solution. — Gould détermine d'abord une série d'étoiles étalons servant de lien entre Argelander et lui : pour cela il choisit une bande de V Uranometria nos^a qui soit à la même hauteur au-dessus de l'horizon à Cordoba et à Bonn. Le parallèle répondant à cette condition est celui de -f-g^^Sg'aS'' ; la bande choisie s'étend donc de -+- 5** à + 15** de déclinaison Nord. On y prend, pour chaque ordre de grandeur au-dessous du second, les étoiles dont l'éclat représente l'éclat mojen du même ordre pour Argelander, et ce degré d'éclat est le point de départ pour l'estimation des grandeurs au dixième d^unité le plus voisin, estimation qui se fait pour toutes les étoiles de la bande type.
Ce travail est d'ailleurs répété d'une façon absolument indépendante par les quatre observateurs ; leurs résultats sont ensuite réunis et comparés, et toute étoile pour laquelle, après revision sur le Ciel, subsiste une différence entre les observateurs, est écartée et n'est pas retenue comme étoile étalon.
Cette première collection d'étoiles sert à former deux autres
J.-M. Thome, W.-M. Davis et C.-L. Ilothaway, qui Tavaient suivi lors de son départ <^es États-Unis pour Cordoba : chacun d'eux avait reçu seulement une instruction secondaire moyenne, et nul d'entre eux n'avait alors aucune expérience astronomique.
Une étude préliminaire avait montré qu'il suffit d'un court entraînement à Une personne douée d'une vue ordinaire, pour être capable d'estimer au dixième <le grandeur les différences d'éclat, et cela même quand les étoiles sont assez disantes Tane de l'autre.
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lOO TRAITÉ d'astronomie STELLAIRE.
listes d^étalons dans des régions plus voisines du pôle et de côtés opposés. Après avoir ainsi marqué dans le Ciel ces nombreux points de comparaison, les observateurs procèdent toujours isolément et indépendamment à l'estimation de la grandeur de toutes les étoiles que l'œil peut apercevoir sans le secours d'une lunette, estimation que chacun d'eux répète quatre fois au moins à des moments suffisamment espacés.
Toutes les déterminations de Cordoba dépendent donc soit directement, soit indirectement, de ces zones d'étoiles étalons. Quant à la grandeur qui limite inférieurement le Catalogue^ Gould fut conduit, après bien des tâtonnements, a adopter pour zéro de la 7® grandeur la limite de visibilité à l'œil nu des étoiles dans le ciel de Cordoba. On admet généralement la grandeur 6,5 pour cette limite de visibilité, mais, l'observatoire de Cordoba étant à 446°* au-dessus du niveau de la mer, l'épaisseur d'atmosphère y est déjà moindre de plus de sa vingtième partie; l'air y est en moyenne d'une rare transparence, et cette différence paraît légitime.
Afin de ne laisser échapper aucune étoile de 7* grandeur, on prolongeait les estimations jusqu'à deux ou trois dixièmes au-dessous de la limite adoptée; et, pour les étoiles faibles, on s'aidait au besoin, comme l'avait fait déjà Argelander (n** 72), d'une lunette de petite ouverture ou d'une jumelle de théâtre, la réunion des rayons lumineux et leur condensation en une image de faible dimension dans le plan focal favorisant beaucoup l'appréciation des différences d'éclat de ces étoiles relativement faibles.
Il est à remarquer, en effet, que si pour les étoiles plus brillantes il est souvent difficile d'apprécier, malgré une grande pratique, les variations de lumière égales à celle que représente un dixième de grandeur, il n'en est pas de même aux limites de la visibilité; et, pour les étoiles de 7® grandeur, il paraît certain à M. Gould qu'un observateur exercé apprécie sans hésitation une variation d'un trentième avec le seul secours optique d'une simple jumelle.
66. Précision et comparaison, — Les résultats du grand travail de M. Gould et de ses collaborateurs sont remarquables par