‹ Traité d'astronomie stellaireChapitre 105 sur 281 · VII. — Conclusions · texte numérisé non relu

VII. — Conclusions

353. Méthodes nouvelles de dé termina lion. Généralité des systèmes binaires, — Ces constatations semblent apporter une présomption nouvelle en faveur de Texistence de ces compagnons invisibles; mais, dans les derniers cas, le doute subsistera, comme pour Sirius et Procjon, jusqu'à ce que Ton en ait donné des preuves plus certaines. Or il est possible de suppléer à la découverte optique directe peut-être alors difficile.

En effet, si des mesures micrométriques, analogues à celles qui ont servi jusqu'ici, sont toujours sujettes aux mêmes causes d'incertitude, il n'en est pas de môme pour des mesures différentielles faites, soit au cercle méridien, soit à un équatorial ou héliomètre, entre l'étoile analogue à C et quelques étoiles aussi voisines que possible et convenablement choisies d'après le plan général de Bessel et Gill (2), observations qu'on poursuivrait pendant la durée supposée de la révolution.

D'un autre côté, des mesures spectroscopiques ou spectropholographiques de l'étoile analogue à C permettraient aussi, et peutêtre plus sûrement, d'arriver à la preuve décisive de l'existence du compagnon obscur.

Cette preuve serait d'autant plus importante que les durées supposées de révolution autour de l'étoile inconnue sont des plus courtes parmi celles que l'on a déterminées dans les systèmes binaires.

( ' ) Sirius and Procyon {The Observatory, juin 1894).

(-) En ce qui concerne ^ Écrevisse, iM. Burnliam a commence des observations de ce genre à l'observatoire Lick.

l52 TRAITÉ D*ASTROKOMIE STELLAIRE.

Quoi qu'il en soit, les considérations qui précèdent étendent singulièrement nos vues sur les systèmes binaires. Leur nombre nous semble ainsi devoir être beaucoup plus grand que celui qu^avait donné l'observation directe, et en même temps les différences constitutives de leurs composantes paraissent infiniment plus variées qu'elle n'aurait pu le faire supposer.

En particulier, il est bien difficile de concevoir comment des deux corps d'un même système ayant des masses presque égales, l'un est devenu invisible tandis que l'autre se maintient au plus haut degré d'incandescence : il y a là de quoi jeter quelques doutes sur les relations généralement adoptées entre l'âge et la température des étoiles.

C'est donc tout un champ nouveau et fort étendu que la conception géniale de Bessel a ouvert à l'activité des astronomes.

Page 1