LIVRE lïî, C H A P. II. io
soleil, il est clair que, sans rien changer aux phénomènes, on peut subsiituer à rorbile solaire chi système de Tycho, un monvement de la teri-e autour dir soleil; et alors ce système ne diffère en rien de celui de Copernic. Tous les niouveraens et toutes les irrégularités des planètes seront donc expliqués, dans les deux systèmes, de la même manière qui sjera développée, quand il sera parlé du système de Copernic: la seule circonstance -qui distingue le système de Tj^clio, savoir Vimmobilité de la terre, est une erreur, réi'aîce par les preuves du mouvement de la terre, développées dans le premier Livre. §. 74- Ce qui précède, renferme les preuves du système de Copernic. Suivant Ptolémée, les planètes ne tournent pas effectivement autour de la terre, mais elles décrivent un épicycle qui ne comprend point la terre, ensorie qu'elles n'ont que médiatement un mouvement autour de la terre, à la suite du centre de leur épicycle. Ce que c'est proprement que ce centre, un point géométrique, ou le siège d'une force mouvante, un corps: c'était entiërenienl indéterminé ou un secret, dans le système de Ptolémée. Goa-ime , suivant les principes de la physique et de la dynamique, il est impossible qu'un. mobile décrive un cercle autour d'un point, dans lequel il ne réside point de force, point de corps j il n'admettait aucun doute, que ce corps devait être le soleil. La seconde inégalité des planètes, ou leur mouvement dans l'épicycle , ne dépend point de leurs orbites autour de la terre, mais de leurs situation^ relativement au soleil (§. 69.) : c'est pourquoi Ptolémée était forcé de supposer, que le soleil se trouvait toujours sur la même ligne droite avec la terre et le centre de fépicycle, ou de chaque orbite planétaire {%. 71.). Cela suffisait pour prouver d'une manière très-plausible, qu'effectivement le soleil était le commun centre de tous les épicycles; mais pour le prouver ti'une manière sure, il fallait que les observations eussent donné le rapport du rayon TC {Fîg. i5.) au demi-diamètre de l'orbite solaire, en faisant voir que l'un est égal à l'autre, ainsi qu'on le verra ci-après. On était presque forcé par ces réflexions, de penser que le soleil était, le commun centre des orbites planétaires: d'où il résulta le système ées. EgyptienSj lequel, étant étendu aux planètes supérieures, donna celui de Tycho, Il ne manqua plus âju'im pas pour approcher de la vérité, c'esi la connaissance du mouvement
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de la tenre, dont les preuves physiques furent trouvées beaucoup plus tard, mais qui a une probabilité interne si grande, qu'il s'en trouve des traces dans les tems les plus anciens. Le détail avec lequel Plolémée tâche de réfuter le mouvement diurne de la terre (^), suffit pour prouver, que cette opinion était non-seulement connue, mais très-répandue parmi les anciens. La vraie orbite des planètes est dans chaque système, qui n'attribue pas à la terre un mouvement annuel, une épicycloïde très-corajpliquée , qui ne présente aucune régularité, aucune économie de l'espace , aucune loi physique (§. 70.)^ mais dès qu'on suppose un mouvement annuel de la terre autour du soleil, l'ordre le plus parfait se développe, les phénomènes en découlent de la manière la plus simple, et ce mouvement devient la souice des plus belles loix de la nature, découvertes par Kepler et Newton. Cela ne pouvait échapper à la sagacité des anciens philosophes, et l'on sait que nommément Nicétas '^^), Philolaus, et Aristarque de Samos, avaient .adopté ce système au moins en partie, il est même probable, qu'il a été le système général de l'antiquité, et peut-être le reste d'une astronomie plus ancienne, dont les preuves étaient perdues, tandis que les théorèmes s'étaient conservés jusqu'à l'école d'Alexandrie, où Hipparque entreprit une réforme entière de l'astronomie. Ce grand astronome soumit tous les théorèmes à un examen rigoureux, et rejeta tout ce qui n'était pas prouvé par observation, et par conséquent aussi le mouvement de la terre, dont les preuves étaient perdues^ ou pas encore trouvées. Copernic, au commencement du seizième siècle, trouva donc presque en entier, dans les écrits des anciens, le système auquel il a donné le nom^ mais il eut le grand mérite, de réduire en système ces idées isolées, de les rétirer des dépôts où elles avaient été cachées si longtems, et d'y répandre un nouveau jourj il eut la perspicacité, de voir d'un coup l'ordre beau et simple5
(1) ^hna'g. Lib. I. Cap. 7.
(2) TSlicétas Je Sjracuse , qui vécut environ 400 ans avant J. C. est celui des Pythagoréens, quia enseigné de la manière la plus claire et précise, le système de Copernic, du moins à l'égard du mouvement diurne. Cicéron s'exprime à cet effet, en des termes qui n'admettent aucun doute {Academ, Quaesi. //<'. 2g. éd. Emestï): „Nicetas Syracusius, ut ait Theophrastus, coelum, „ solem, lunam, stellas, supera- denique omuia, stare censet: neque praeter ierram , rem uUam ,y in munJo moferl: quae cum c'ircuin axem se summa celeritate concertât^ et torqueat, eadenj ,, «fEci omnia, quasi slanle terra coelum movcretur. '^