‹ Traité d'électricité et de magnétisme et des applications de ces sciences à la chimie, à la physiologie et aux arts (volume 3)Chapitre 19 sur 38 · HO · texte numérisé non relu

HO

Sulfure de plomb, PbS.

Vb.

PbO

Protosulfure de cuivre, CuS.

Cm S

302 TBAITEMENT ÉLECTRO-CHIMIQUE

En mélangeant ensemble un équivalent de sulfure de plomb et un équivalent de sulfate de cuivre, en négligeant l'eau : on a, P6S-+- CmO, SO 3 = PM)S0'-f-CMS; en prenant donc 1.V>8,10 de sulfate de bioxyde de cuivre et 1 494, 50 de sulfure de plomb, on doit avoir 1891,50 de sulfate de plomb et 595, <>0 de protosulfure de cuivre.

Il résulte des proportions chimiques qui viennent d'être indiquées que, pour opérer la double décomposition, il faut mélanger 100 p. de sulfure de plomb avec 104,28 p. de sulfate de bioxyde de cuivre.

Veut-on opérer sur 100 p. de sulfure de plomb, on dissout les 1 0 4,28 p. de sulfate de enivre dans un peu plus de 417 p. d'eau, et on met la dissolution dans un flacon avec les 100 p. de sulfure de plomb, réduit en poudre fine, puis on agite fréquemment le mélange. Peu à peu la réaction s'opère, la matière se tuméfie, il y a effervescence; le sulfure de plomb disparait et est remplacé par une poudre grisâtre composée de sulfate de plomb et de bisulfure de cuivre; quand la décomposition est achevée, la liqueur est entièrement décolorée, on décante et on lave.

On traite ensuite avec Peau salée marquant 25° à l'aréomètre pour dissoudre le sulfate de plomb. Le résidu ne renferme plus que 134,28 de bisulfure de cuivre dans un grand état de division.

On accélère la réaction en ajoutant de 0,05 à 0,10 de sel ordinaire et chauffant légèrement. La durée de l'opération dépend du temps pendant lequel on a agité le mélange. On ne décolore complètement la dissolution qu'autant que le flacon est fermé; car, au contact de l'air, le bisulfure qui est dans un grand état de division se décompose peu à peu , et il se forme du sulfate de cuivre, réaction dont on pourrait tirer parti pour employer moins de sulfate.

Nous rapporterons les résultats de plusieurs expériences faites avec la galène argentifère de Saint-Santin-Cantalès (Cantal ) : on a mis en digestion dans un flacon non fermé 200 grammes pulvérisés de galène avec 80 grammes de sulfate de cuivre, 10 grammes de sel ordinaire, et une quantité (Peau suffisante pour avoir une pAte liquide. On a remué le tout fréquemment pendant six jours; après quoi on a lavé à grande eau pour enlever le sulfate de bioxyde non décomposé, et on a traité à diverses reprises avec de Peau salée saturée. Toutes les eaux de lavage rassemblées soumises au traitement électro-chimique ont donné :

Plomb en éponge 71 grammes.

Or les 80 grammes de sulfate de bioxyde n'avaient pu sulfater qu'une proportion de sulfure de plomb

correspondant à 01,31

Différence 9,09

DES MINERAIS d'aHGENT, DE PLOMB ET DE CUIVBE. 303

Cette différence en plus ne peut provenir que de la transformation, dans la liqueur, du sulfure en sulfate de cuivTe qui a réagi sur l'excédant de galène.

La galène ayant une teneur en argent de 0,0015, les 200 grammes de galène fournis à l'expérience devaient renfermer 0 S ,300 d'argent; or les 71 grammes de plomb passés à la coupelle n'ont laisse qu'un bouton de retour en argent pesant 0*,053. La sulfatation du plomb par la voie humide n'a donc permis de retirer que 0,18 d'argent de la teneur totale ou un peu moins d'un cinquième.

100 grammes de galène du même gisement d'une teneur en plomb de 0,.%8, et en argent de 0,001 i, ont été mis en digestion dans un flacon bouché à Pémeri avec 6 grammes de sel et 150 grammes d'une solution saturée de sulfate de cuivre, qui était par conséquent en grand excès.

On a retiré :

Le résidu pesait 10 grammes; fondu et coupelle, il a donné :

La sulfatation du plomb était donc très-avancée ; quant à la chloruration de l'argent, elle était à moitié effectuée.

Ce procédé ne permet que de retirer le plomb et la moitié de l'argent; après avoir rcliré le plomb, on pourrait traiter le résidu comme un minerai d'argent, s'il y avait un avantage à le faire.

Sulfatation des minerais de cuivre. Le cuivre, dans les minerais, se trouve, soit à L'état métallique , soit à l'état de protoxyde ou de deutoxyde, de sulfure, de carbonate, etc.; souvent même, et c'est le cas le plus ordinaire, son sulfure est combiné avec le sulfure de fer et constitue alors le cuivre pyriteux; en combinaison avec d'autres sulfures, il constitue des sulfures multiples, dont le traitement par la voie sèche présente des difficultés. Ce sont ces combinaisons que l'on soumet ordinairement au grillage.

Lorsque le cuivre est à l'état métallique, on le sépare de la gangue à l'aide des lavages; s'il est à l'état d'oxyde ou de carbonate, il faut le combiner avec l'acide sulfurique; s'il est à l'état de sulfure ou de double sulfure, ou de sulfure multiple, il faut le griller avec des précautions particulières, de manière à ne pas produire d'oxyde.

Plomb Argent

Plomb.

Argent

Ce qu'il y a de mieux à faire , c'est de prendre pour guide le mode de grillage des pyrites cuivreuses du Mexique, pour la préparation du magistral ou sulfate de cuivre employé dans l'amalgamation. Ce grillage s'exécute aussi bien que possible, comme on en jugera par l'analyse suivante que M. Berihier a faite d'un échantillon magistral qui lui a été remis par M. Duport :

Sulfate de cuivre anhydre 0,180

— de chaux 0,035

— de fer 0,003

Peroxyde de fer 0,2*>0

Oxyde de cuivre 0,040

Acide sulfurique 0,008

Gangue pierreuse 0,132

Eau o.oau

Lorsqu'on grille le cuivre pyriteux à une chaleur soutenue sans être trop forte, le sulfate de fer, qui se réduit à une température plus basse que celui de cuivre, passe à l'état de peroxyde, tandis que le sulfate de cuivre se trouve presque en totalité à l'état de sulfate anhydre dans la masse grillée.

Quand les minerais renferment de l'oxyde ou du carbonate de cuivre, on y ajoute des pyrites de fer.

On opère le grillage des pyrites cuivreuses, préalablement porphyrisées à l'arrastre, avec du bois dans des fours à réverbère, qui varient dans leur construction suivant les localités. A Guanaxuato, les fours sont à voûte très-basse, et la grille du foyer est au milieu de la sole ; la flamme s'échappe par deux cheminées placées en face l'une de l'autre. On grille à la fois 184 kilogrammes de cuivre pyriteux , et l'opération est terminée au bout de six heures. On brûle, quand le four est déjà échauffé, un poids de bois au moins égal à une fois et demie celui du métal.

A Zacatécas, le foyer du four est à l'une des extrémités; il est séparé de la sole par un mur qui laisse à l'un de ses cotés un passage étroit à la flamme pour glisser sur la sole. En général, ces fours n'ont pas de cheminée élevée au-dessus de la voûte , qui est seulement percée d'une ouverture fort étroite, ce qui force la fumée et les vapeurs toujours très-abondantes de gaz sulfureux à chercher une issue par la petite porte cintrée qui sert à remuer !»• minerai, et à le retirer quand le grillage est achevé. La charge se

DBS MINEBAIS DABGBNT, DB PLOMB ET DE CUIVKB. 305

verse, pour chaque nouvelle opération , par une autre ouverture pratiquée sur la voûte, et qu'on bouche avec une pierre.

Les fourneaux de Guanaxuato sont préférés à ceux de Zacatécas, où une grande partie de la chaleur se perd sans utilité dans le foyer, à raison du système employé pour la communication de ce dernier avec la sole.

Dans les localités où l'on peut se procurer facilement de l'acide sulfurique , les minerais de cuivre composés d'oxyde ou de carbonate sont transformés directement en sulfate. Nous reviendrons sur cette préparation en décrivant le traitement du cuivre gris.

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