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QUANTITÉ DE «EL

contenu dans 1 litre

du

La quantité de chlorure d'argent qui se dissout dans une solution saturée de sel ordinaire varie avec la température et avec la quantité d'autres sels qu'elle contient.

Suivant M. D ave louis , un poids donne d'une dissolution saturée de sel marin dissout à la température ordinaire une quantité de chlorure d'argent correspondant à 0,0008 d'argent, et à la température de Tébullition 0,0017, à peu près le double; ces proportions sont un peu trop considérables. Nous ne pensons pas que l'on puisse compter à la température ordinaire sur plus de 0,00066 du poids de Peau salée, lorsque la solution de chlorure de sodium est pure, et le double à la température de Tébullition.

Un litre d'une solution saturée de sel , à la température ordinaire, dissout 0«,807 de chlorure d'argent, correspondant à 0«,605 d'argent métallique.

Quant au sulfate de plomb, la solution de sel ordinaire en dissout

DBS MINERAIS D'aBGRNT, DR PLOMB ET DB CU1VBE. 3T3

à la température ordinaire, par litre, environ une quantité correspondant à 2I«,5.

La dissolution normale de sel marin ne se sature pour ainsi dire jamais, quand, au lieu d'opérer sur du chlorure d'argent pur, on prend du minerai préparé contenant divers sels métalliques , quelque temps qu'on le laisse en contact avec la dissolution , et en ayant le soin de l'agiter fréquemment. Suivant If. Duport, on n'arrive jamais à dissoudre plus des 0,66 de la quantité de chlorure d'argent pur qui se dissout ordinairement; mais on ne peut admettre cette hase , attendu que la quantité dissoute dépend de la proportion des autres sels métalliques.

Pour établir exactement la quantité de chlorure d'argent qui peut se dissoudre dans une solution saturée de sel marin contenant déjà du plomb, nous avons pris 20 litres d'une solution saturée de sulfate de plomb et de chlorure d'argent dans l'eau salée , avec lesquels on a fait six expériences qui ont donné les résultats suivants :

Première expérience. On a pris i litre de la dissolution, dans laquelle on a mis un couple plomb et fer-blanc ; on a retiré :

Plomb d'œuvre 0«,900

Argent (passé à la coupelle) 0, 555

Ce couple a été remplacé par un couple zinc et fer-blanc pour avoir le plomb :

Plomb retiré 19<,500

Argent laissé sur la coupelle 0, 010

Argent qui se trouvait dans le litre d'eau salée. 0, 565

On a laissé dans les résidus les 0,018 de la teneur totale.

On voit encore ici que la presque totalité de l'argent a été retirée avec le couple fer-blanc et plomb.

Deuxième expérience. On a pris 2 litres pour faire fonctionner 2 couples semblables aux précédents et réunis; on a eu avec les

couples plomb et fer-blanc :

Plomb d'œuvre 2«,05

Bouton de retour en argent i, 30

On a eu avec lès couples zinc et fer-blanc :

Plomb d'œuvre 47»,000

Argent contenu 0, 015

Teneur en argent des 2 litres 4, 315

Teneur en argent d'un litre 0, 657

THAITEMKNT ELECTRO-CHIMIQUE

On a laissé dans le plomb, lors de première opération, les 0,01 19 de la teneur totale. Même observation que ci-dessus à l'égard de l'argent retiré dans la première opération.

Troisième expérience. 4 couples semblables réunis en pile ont fonctionné de la même manière ; 4 litres de la solution saturée étaient en expérience.

On a ou avec les 4 couples plomb et fer-blanc ;

Plomb d'oeuvre 3«,68

Argent ooupellé 2, 23

Avec les 4 couples zinc et fer-blanc :

Plomb en éponge 88»,50

Argent contenu dans le plomb 0, 09

Argent contenu dans les 4 litres 2, 247

Argent contenu dans un litre 0, 562

L'argent resté dans le plomb est les 0, 008 de la teneur totale.

Dans les expériences précédentes, on avait opéré sans diaphragmes , mais on a cru devoir les recommencer avec des diaphragmes en toile à voile, dans lesquels se trouvait le plomb ou le zinc.

Quatrième expérience. Avec un couple plomb et fer-blanc :

Plomb d 'œuvre 0»,9

Argent coupellé 0, 6

Avec un couple zinc et fer-blanc :

Plomb en éponge 24',000

Argent laissé 0, 024

On a laissé dans le plomb les 0,038 de la teneur totale.

Cinquième expérience. Avec 2 couples plomb et fer-blanc :

Plomb d œuvre 1«,80

Argent 0, 21

Avec 2 couples zinc et fer-blanc ;

Plomb en éponge 53',000

Argent contenu 0, 042

Argent dissous i, 2r>2

Pour un litre 0, 62G

On a laissé dans le plomb les 0,035 de la teneur totale.

0»,605 en moyenne.

DES MTNB1A1S D'ARGENT, DE PLOMB ET Dl CLIN RI'. S75

Sixième expérience. Enfin , dans un litre de la dissolution saturée, on a plongé seulement une lame de plomb. On a retiré ;

Bouton métallique 0*,80

Bouton d'argent coupellé 0, 55

En substituant à la lame de plomb une lame de zinc, on a eu :

Plomb en éponge 26«,00Q

Argent contenu 0, 047

Argent dissous dans I litre . « 0, 597

On a laissé dans le plomb, après la première opération, les 0, 08 de la teneur totale.

En résumé , dans les six expériences, 1 litre a donné en argent :

On peut conclure de là que , dans le traitement des galènes argentifères, quand l'eau salée est saturée de sulfate de plomb et de chlorure d'argent, on doit retirer en moyenne 0 s ,tiO5 d'argent par litre de la dissolution saturée , et 6 k ,05 par dix mille litres. Ce chiffre diffère peu de celui qu'on a donné page 369.

En moyenne, on peut admettre qu'un litre de liqueur normale dissout une quantité de sulfate de plomb correspondant à 2l«,5 de plomb.

On voit encore qu'en traitant la dissolution avec 4 couple plomb et fer-blanc on retire immédiatement 0,98 de la teneur en argent.

La présence des sels métalliques dans l'eau salée diminue sans aucun doute sa faculté dissolvante pour l'argent, comme on va le voir.

Faculté dissolvante de l'eau salée quand elle renferme différents sels. M. Davelouis a déterminé la faculté dissolvante de l'eau salée pour différents sels métalliques qui se trouvent assez ordinairement dans les minerais d'argent et pour le chlorure d'argent.

Voici les résultats qu'il a obtenus pour une partie d'eau salée :

Sulfate de soude 0,0464, chlorure d'argent, 0,00077

Chlorure ferrique 0,050:i , id . 0,00071

Chlorure cuivreux 0,0210, id. 0,00042

Chlorure de plomb 0,0205, chlorure d'argent, 0,00049

Sulfate de plomb 0,0241, id. 0,00054

La teneur en chlorure d'argent quand l'eau salée renferme du sulfate de plomb est év idemment trop faible, d'après ce qu'on a vu précédemment.

* Les indications suivantes servent à donner une idée du degré de saturation de la dissolution de chlorure d'argent :

Un volume d'une solution saturée de sel marin et de chlorure d'argent étendu du même volume d'eau donne un précipité opalin, fort intense, qui laisse déposer peu à peu, quelques minutes après, de légers flocons de chlorure d'argent.

Dans la solution saturée augmentée de son volume d'eau salée si l'on y ajoute encore un volume d'eau , le précipité est léger.

Avec 2 volumes d'eau salée saturée de chlorure d'argent et 1 volume d'eau, le précipité est à peine sensible.

Ces indications peuvent être utiles dans la pratique , si l'on opère toujours avec le même vase servant d'étalon; car il sera facile de reconnaître par approximation si la solution d'eau salée renferme moitié ou le tiers de la quantité de chlorure d'argent nécessaire pour la saturation.

Une solution saturée de sel marin et de chlorure d'argent, étendue de quatre fois son volume d'eau, donne un précipité blanc, mat, assez marqué; avec 6 volumes il parait être de même intensité. On peut, en s'exercant, à la simple vue reconnaître la quantité de chlorure d'argent dissoute dans une solution de sel marin, en l'étendant d'eau.

Pour se faire une idée de la quantité d'eau salée nécessaire pour opérer le traitement électro-chimique , on peut se baser sur les considérations suivantes :

36 kilogrammes de minerai chloruré de Fresnillo ont exigé 390 litres d'eau salée, ou environ 11 litres pour 1 kilogramme; ce qui demande pour 60,000 kilogrammes du travail journalier du Fresnillo 660,000 litres, quantité qu'il faut au moins tripler, attendu qu'il doit en exister autant, 1° dans les récipients où se trouve le minerai; 2° dans ceux où s'opère la décomposition électro-chimique; 3° dans les dissolutions à épurer. Il faudra donc de disponibles au moins 1,980,000; ce qui représente en sel marin 660,000 kilogrammes de sel, dont la valeur, au Mexique, à raison de 4 piastres J- les 100 kilogrammes, représente une somme de 31,450 piastres ou 170,000 francs, somme qui n'est pas exorbitante quand il s'aiiit d'une très-grande exploitation.

C&nsommation du sel marin. M. Duport, qui s'est beaucoup occupé au Mexique de la consommation du sel marin dans le traitement électro-chimique des minerais d'argent et de plomb , a trouvé qu'en faisant passer 1 litre d'eau salée sur 100 grammes de minerai trituré, si l'on décante quand ce dernier est reposé, il manquait 0,073 d'eau, renfermant 0,0225 de sel.

Supposons que, pour retirer le plus possible de ce sel , on ajoute d'abord 75 grammes d'eau , et qu'on remue de manière à obtenir une demi- saturation qui enlèverait la moitié des 25 grammes de sel; en répétant deux fois la même opération , il ne restera plus que 0,03 à 0,04 de sel du poids du minerai : on sera donc dans la nécessité d'évaporer environ 180 grammes d'eau pour chaque 100 grammes de minerai , ce qui représente pour un travail de 60,000 kilogrammes, comme celui du Fresnillo, 118,000 litres d'eau à évaporer pour vingt-quatre heures. Au Mexique, sous une pression moindre qu'au niveau de la mer, avec une température qui est convenable, cette opération est possible.

Emploi du fer blanc. Dans les essais électro-chimiques avec des appareils simples, en se servant de lames de cuivre comme éléments électro-négatifs, on remarque, comme on l'a déjà dit, que fréquemment il y a adhérence partielle des précipités sur ces lames, ce qui- en rendait quelquefois le lavage difficile.

On remédie à cet inconvénient en substituant au cuivre des lames de fer-blanc sur lesquelles les adhérences sont presque nulles. L'étain est si peu attaqué par les dissolutions qu'après plusieurs opérations les plaques conservent entièrement le poli , excepté dans les endroits où la brosse a pu former des rainures peu profondes. En ayant de larges feuilles préparées avec un étamage plus épais, nous pensons que leur durée serait considérable. Nous rappellerons que le fer-blanc ne peut servir qu'en opérant à froid ; car à chaud l'étain est attaqué et ensuite le fer.

Emploi du zinc amalgamé. On accélère beaucoup la décomposition électro-chimique des sels de plomb et d'argent en opérant comme il suit : on sait que lorsqu'on met les lames de zinc avec de l'eau salée dans les tonneaux de cuir ou de porcelaine dégourdie plongeant dans des vases renfermant les dissolutions métalliques où plongent des lames de cuivre ou de fer étamé mises en communication avec des lames de zinc, l'action décomposante est d'autant plus prompte que le zinc est plus fortement attaqué. Cette condition est remplie quand la surface est parfaitement décapée,

378 TR \ ITEM F. NT ÉLECTRO -CHI M ÏQl R

ce qui arrive dans les premiers moments. Au bout d'un certain temps, on est obligé de nettoyer les lames de zinc et de changer les dissolutions des diaphragmes, qui finissent par être surchargées de sulfate de zinc.

On évite ces inconvénients en môme temps qu'on a des effets constants en opérant comme il a déjà été dit : au lieu de mettre les lames de zinc dans les tonneaux de cuir ou autres diaphragmes, on y place des barreaux de zinc , des rognures ou tous autres morceaux du même métal, de manière à en remplir presque entièrement la capacité ; puis on remplit les vides avec du mercure , qui forme bientôt un amalgame, en sorte que toute la capacité du diaphragme est remplie métalliquement.

Si l'on met un des barreaux de zinc en communication avec le système des lames de cuivre, on a des effets immédiats et constants. La dissolution des sels de plomb et d'argent dans l'eau salée agit par l'intermédiaire de la paroi sur le zinc sans toucher au mercure, qui n'est là que pour conserver au premier son brillant métallique et empêcher le liquide d'entrer dans le diaphragme. La quantité qui pénètre dans les cylindres de porcelaine dégourdie est insignifiante. La plus grande partie , et nous pouvons dire presque tout le sulfate de zinc formé, passe dans le tonneau où se trouve la dissolution métallique. Lorsqu'on retire, au bout d'un certain temps, les barreaux de zinc dont la surface est amalgamée, ils sont rongés et brillants à leur surface. Au moyen de cette disposition , les effets sont constants, énergiques; et comme il n'adhère aucun corps étranger au zinc, on peut réunir facilement 2, 3, 4 éléments pour former une pile capable d'augmenter considérablement les effets, ce qui ne peut se faire aussi facilement dans l'ancien système. L on peut objecter qu'il faut employer du mercure , et peut-être une grande quantité, attendu que, dans les exploitations comme celle de Guanaxuato, il sera nécessaire d'avoir un grand développement de surface d'amalgame de zinc. Un répond à cette objection . qu'il faut bien se garder de construire des tonneaux ou diaphragmes offrant une grande capacité, attendu qu'il ne faut que des surfaces. Ainsi, plus les diaphragmes seront minces, moins il faudra de mercure, et plus on pourra donner d'étendue aux éléments électropositifs, et plus on activera la décomposition électro-chimique. Supposons un diaphragme de 1 mètre de long, de 1 mètre de profondeur et de 0",05 de large : on peut mettre assez de zinc pour n'avoir besoin que d'une couche de quelques millimètres de mercure le

DBS MINBBAIS D'aBGBKT, DE PLOMB HT DE CUIVBE. 879

long des parois. Or la capacité de ce diaphragme est 50,000 centimètres cubes, et, si l'on suppose qu'il soit nécessaire de ne mettre que rfo de mercure pour remplir tous les vides, il faudrait donc 2,500 centimètres cubes de mercure ou 33 k ,750 grammes, le reste de la capacité étant rempli avec du zinc qui occuperait 47,500 centimètres cubes. Sa densité étant de 7 environ, il s'ensuivrait que le zinc y entrerait pour 332 kilogrammes. Mais on peut réduire le volume de zinc au cinquième, au dixième, si on le veut, en mettant au milieu du diaphragme une forme en bois. En supposant donc un développement de 1 ,000 mètres de ces diaphragmes, ce qui est immense, il faudrait 33,000 kilogrammes de mercure et 33,200 kilogrammes de zinc; mais jamais il ne sera nécessaire d'employer d'aussi grands développements de surface dans aucune des mines d'Amérique.

Le mercure n'est nullement consommé; il ne sert réellement que d'intermédiaire entre le zinc et la dissolution métallique, afin que la surface de zinc soit toujou* très-nette. On remplace le zinc , au fur et à mesure qu'il est détruit , afin de conserver à l'amalgame son volume.

Il faut que la plaque amalgamée, le châssis qui supporte les lames de zinc ou le diaphragme soient tenus à une distance telle que le zinc amalgamé ne puisse rencontrer les précipités, car toutes les fois que cela arrive il se forme de l'amalgame de plomb et d'argent, et cet amalgame agit comme pôle négatif. On doit placer les plaques, auxquelles on peut donner I à I } centimètre d'épaisseur, dans un châssis dont le pied est terminé en boite d'un décimètre environ de hauteur, pour recevoir les débris de la lame quand elle se désagrège. Le zinc amalgamé a la propriété, bien que recouvert de mercure, d'être attaqué successivement par l'eau salée, et le mercure superficiel reste toujours adhérent à la partie restante des plaques. Nous concevons très-bien l'inconvénient qu'il y aurait à employer simplement dans les fosses ou grandes cuves des plaques de zinc amalgamé avec leur châssis; car, attendu que les précipités métalliques prennent beaucoup d'accroissement, on ne pourrail jamais être assuré de mettre les plaques hors de leur portée; mais on peut obvier facilement à cet inconvénient en plaçant les plaques dans des sacs de forte toile à tissu moins serré, si l'on veut, que les toiles à navire ; on éviterait par ce moyen et le contact du zinc amalgamé avec les précipités métalliques et la perte des fragments de zinc amalgamé, quand ces plaques, étant fortement atta-

qaées et ayant fonctionné longtemps, viendraient à se désagréger.

Que fera-t-on des fragments de plaques qui se trouvent au fond des sacs? Il ne peut y avoir perte de mercure, attendu que ce métal en couche très-mince sur le zinc n'a pour but que de rendre plus active l'action de l'eau salée sur le zinc et de rendre parfaitement uniforme cette action, la surface du zinc étant alors identique dans toutes ses parties. Ce qu'il y a de particulier, c'est que le zinc, quoique étant amalgamé, est plus électro-positif que s'il ne l'était pas. Pour se faire une idée du mode d'action du zinc amalgamé dans les phénomènes électro-chimiques, on n'a qu'à mettre un couple zinc et cuivre, et un autre de zinc amalgamé et de cuivre de même dimension dans de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique ; si l'on recueille les gaz, on reste convaincu de l'exactitude de ces assertions. Revenons aux fragments de zinc : Supposons que la plaque soit désagrégée, c'est-à-dire, réduite en fragments plus ou moins gros : il s'en trouvera de plus ou moins grande dimension, on en sera quitte «lors pour mettre one nouvelle lame de zinc amalgamé, qui , étant en contact avec les fragments, concourra en même temps que ceux-ci à la production du courant électrique, en sorte que la plaque se consommera ainsi que les fragments. On finira, bien entendu, par décomposer entièrement les fragments. Quand cela arrivera, il y aura alors un excès de mercure dans le sac, pour éviter qu'il ne s'en perde, il faudra que le fond du sac repose sur un châssis terminé en boite dont on a déjà parlé. Supposons maintenant qu'après un certain temps il y ait une grande quantité de fragments de zinc amalgamé que l'on ne pourrait utiliser; dans ce cas, il faudrait exprimer le plus de mercure au moyen de peaux , puis décomposer l'amalgame. Ce qu'il y aurait de mieux à faire ensuite serait de fondre ces fragments, de recueillir le mercure qui pourrait se volatiliser, et d'en former des plaques amalgamées qui pourraient servir dans des opérations ultérieures.

Les expériences suivantes, faites avec le zinc amalgamé et la lame de fer-blanc, serviront à montrer les avantages qui résulteront pour la pratique de leur emploi simultané : on a pris d'abord une lame de zinc amalgamé de 5 millimètres environ d'épaisseur et présentant une surface de 137 rc -,50, deux lames de ferétamé présentant une surface de 343 e - f ,75, et 3 litres d'une solution saturée de chlorure d'argent et renfermant une petite quantité de sulfate de plomb. Il n'a pas fallu plus de 15 à 18 heures pour réduire le

métal , réduction qui est toujours plus lente quand l'argent n'est pas mélangé d'une certaine quantité de plomb. Les lames de zinc amalgamé étaient recouvertes çà et là d'un précipité extrêmement léger provenant du précipité qui surnage dans le liquide, et qui , se déposant sur l'élément positif, diminue l'intensité du courant.

Ce résultat, tout en montrant les avantages du zinc amalgamé, annonçait qu'il fallait soustraire le zinc amalgamé au contact du précipité électro-chimique. On y parvient en faisant usage d'un diaphragme en toile , comme nous l'avons déjà dit ; la surface de ces lames reste toujours parfaitement claire, et il paraît , d'après le résultat de plusieurs expériences, que le mercure, au fur et à mesure qu'il abandonne le zinc qui est dissous, s'attache à la partie qui est au-dessous, en sorte que la lame reste toujours amalgamée. Dans une expérience où Ton a opéré avec les mêmes lames et 2 litres J de dissolution saturée de chlorure d'argent, il n'a pas fallu plus de 12 heures pour en opérer la réduction. La surface du zinc amalgamée est restée constamment nette. L'expérience a été recommencée avec une solution saturée de chlorure d'argent et de sulfate de plomb : en 7 heures la décomposition des sels métalliques était complète. Dans une autre expérience on a substitué au diaphragme en toile un diaphragme en porcelaine dégourdie rempli de zinc amalgamé , l'opération a duré plus de 48 heures.

Séparation des métaux en dissolution dans l'eau salée. Avant d'exposer les méthodes électro-chimiques employées pour séparer les uns des autres les métaux en dissolution dans l'eau salée, nous allons indiquer quelques-unes des conditions auxquelles est soumise la décomposition électro-chimique d'une solution renfermant plusieurs combinaisons métalliques.

On a vu, page Ai, que lorsqu'on soumet à l'action d'un courant à force constante une dissolution composée de I équivalent de nitrate d'argent et de 2, 4 , 8, 16, 32, et 64 parties de nitrate de cuivre dans 100 parties d'eau distillée, le nitrate de cuivre ne commence à être décomposé que lorsqu'il se trouve dans la solution un peu plus de 60 équivalents de ce composé pour 1 équivalent de nitrate d'argent. En continuant à augmenter les proportions de nitrate de cuivre, on arrive à un terme où le dépôt renferme des équivalents égaux de cuivre et d'argent. Le courant a donc dû se partager en deux parties égales, puisque les équivalents des corps, étant associés à des quantités égales d'électricité, n'ont pu être séparés que par des courants égaux en intensité. Quand il se trouve dans

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la solution 1 équivalent de nitrate d'argent et 86 de nitrate de cuivre, on obtient 1 équivalent d'argent et 2 de cuivre.

Les résultats de ces expériences montrent que, dans les solutions qui renferment plusieurs composés métalliques, il est possible, en proportionnant les rapports de ces composés, d'obtenir un dépôt électro-chimique qui ne renferme que l'un des métaux ou des mélanges en diverses proportions des métaux dissous. Nous allons indiquer d'autres moyens de séparer les métaux.

Lorsque la galène argentifère a été grillée avec pyrites et sel marin pour chlorurer l'argent et sulfater le plomb , et que l'on a effectué la dissolution dans une solution saturée de sel marin, si l'on soumet immédiatement la dissolution, dans un appareil simple, à l'action d'un couple zinc et cuivre , le plomb se dépose sur les lames de cuivre en même temps que l'argent , et alors il faut avoir recours à la coupellation pour séparer les deux métaux. Trois méthodes électro-chimiques peuvent être employées pour effectuer cette séparation.

Première méthode. En plongeant dans la dissolution des lames de plomb, l'argent se dépose peu à peu sur leur surface, avec formation de chlorure de plomb; mais il arrive un instant où l'action est tellement ralentie par suite du dépôt formé, que l'action décomposante du plomb devient à peu près nulle, ce qui est un inconvénient. Quand l'argent a été ainsi retiré , on traite la dissolution avec un couple zinc et cuivre, pour avoir le plomb et l'argent qui n'a pu être enlevé en premier lieu

En opérant sur 2 litres d'une dissolution saturée de sulfate de plomb et de chlorure d'argent dans l'eau salée , avec des lames de plomb , on a obtenu en deux jours un précipité grisAtre pulvérulent qui a donné à la tonte un bouton d'argent pesant l',344. On a retiré en outre avec le couple voltaïque < r , i de plomb , lesquels passés à la coupelle ont laissé un bouton de retour pesant 0»,012 ; ainsi pour 1344 d'argent retiré, on a laissé 12 d'argent ou -pj-r de la teueur totale, ce qui est déjà une très-grande approximation. Cette méthode est lente et exige de prendre une très-large surface de plomb. L'emploi du cuivre, au lieu du plomb est inoins avantageux , en ce qu'il introduit du cuivre dans la dissolution.

Deuxième metliode. En employant immédiatement un couple zinc et cuivre, on précipite tout le plomb et l'argent de la dissolution ; mais, si l'on substitue au zinc le plomb , on précipite l'argent avec une faible partie de plomb, qui est entraîné par le premier métal.

DES MINERAIS d'aHGIRT, DE PLOMB ET DB CUIVBE. 383

On a traité par une certaine quantité d'eau salée 4 kilogramme de minerai de San-Clemente grillé et une pareille quantité de galène également grillée; 4 litres de la dissolution ont été soumis à l'action d'un couple plomb et fer-blanc, en chauffant au bain-marie pour activer l'action.

Le précipité métallique retiré pesait, après la fonte, 4i«,40, 'I' 11 ont donné à la coupellation 4«,62 d'argent. On avait donc obtenu un plomb d 'œuvre riche en argent.

La dissolution dont on avait retiré l'argent , ayant été traitée de nouveau avec un couple zinc et fer-blanc, a donné 37»,2 de plomb en éponge, renfermant 0%0646 d'argent.

Or, les 4 litres de la dissolution renfermaient en argent :

Premier dépôt 4 «,6200

Deuxième dépôt 0 ,0446

11 résulte de là que la première opération a enlevé les 0,965 d'argent, en sorte qu'il n'est resté dans le plomb retiré dans la seconde opération que les 0,02.%. On enlève donc ainsi la plus grande partie de l'argent avec un couple plomb et fer-blanc.

Les expériences suivantes montreront les avantages qu'il peut y avoir à employer le couple plomb et fer étamé.

4 litres de la même dissolution ont été mis en expérience avec un couple plomb et argent. Le précipité électro-chimique obtenu, passé à la coupelle avec addition de plomb, a laissé un bouton d'argent pesant 2», 261 ; soit, fourni par litre 0«,.N52. La dissolution n'était pas complètement épuisée.

On a substitué le zinc au plomb , pour retirer le plomb et l'argent qui pouvaient s'y trouver encore. On a obtenu 21 grammes de plomb en éponge, qui ont donné à la fonte avec flux noir 48 grammes , lesquels, passés à la coupelle, ont donné un bouton de retour pesant 0' ,078. On a donc laissé dans le plomb 0,036 de la teneur en argent. Si l'on eût prolongé l'action électro-chimique, on n'aurait laissé que des quantités insignifiantes d'argent dans le plomb.

On a grillé 4 kilogramme de minerai d'argent de San-Clemente très-pyriteux avec 4 kilogramme de galène avec gangue et 10 p. 400 de sel marin. La teneur du mélange était de 0.0009 en argent. On a pris A litres de la dissolution de ces minerais dans l'eau salée qu'on

a mis en expérience avec un couple plomb et fer-blanc ; puis on a chauffe au bain-marie pour accélérer l'action électro-chimique.

On a retiré un précipité métallique qui a donné à la fonte un culot

pesant 41 «,40

Ce culot a laissé sur la coupelle un bouton de retour

pesant 4«,62

La dissolution plombique , traitée avec un couple

zinc et fer-blanc, a donné un précipité de plomb pesant. 37',20

Ce précipité, passé à la coupelle, a laissé un bouton de retour pesant 0»,044

On a donc laissé dans le plomb 0,034 de l'argent contenu dans le mélange des deux minerais ; perte qui est assez faible.

Cette expérience prouve de nouveau qu'en employant un couple plomb et fer-blanc, on retire un plomb d'œuvre très-riche, puisqu il renferme environ 0,14 de son poids d'argent. En traitant ainsi les galènes, on peut retirer l'argent, et perdre ensuite le plomb, si Ton ne trouve pas d'avantage à le recueillir.

Il était important de savoir jusqu'à quel point il y avait avantage, dans le traitement électro-chimique, à employer un ou plusieurs couples plomb et fer-blanc. Les expériences suivantes fixeront les idées à cet égard :

Chaque couple était composé d'une lame de plomb et de fer-

blanc et d'un litre de la dissolution.

I e \ couple a donné :

4° Plomb en éponge 49* ,50

2° Argent retiré de la coupelle .... 0 ,90

2° 2 couples fonctionnant ensemble ont produit :

4° Plomb en éponge 47«,50

2° Bouton de retour en argent. . . 4 ,30

Par couple : Plomb 23 ,75

Argent 0,65

Il y a eu peu de perte dans la coupellation.

3° 4 couples fonctionnant ensemble :

4 e Plomb en éponge 80*, 50

2° Bouton de retour 2 ,23

Par couple: Plomb 21 ,60

Argent 0 ,50

4" 1 couple avec diaphragme et eau salée :

DES MINEBAIS d'aBOENT, DK PLOMB ET DE CUIVBE. 385

1° Plomb en éponge 2i*,00

2° Bouton de retour 0 ,60

5° 2 couples avec diaphragmes :

i° Plomb en épongé 53*,00

2° Bouton de retour i ,21

Pour un couple : Plomb 26 ,50

Argent 0 ,65

6° 1 couple avec plomb seulement :

1° Plomb en éponge 96**00

8" Bouton de retour 0,80

Des six appareils mis en expérience, le premier, celui qui était composé d'un seul couple, a donné 0*,9 d'argent pour i0«,5 de plomb en éponge, tandis que les autres appareils avec deux ou quatre couples, avec un couple et un diaphragme, ou avec un couple et du plomb seulement, ont donné sensiblement les mêmes résultats.

Plomb en éponge 21,37

Argent 0,65

11 semblerait résulter de là qu'il faudrait mieux employer l'appareil fonctionnant avec un couple plomb et fer-blanc que deux ou plusieurs couples.

Troisième méthode. Cette méthode est fondée sur la propriété que possède un couple zinc et fer- blanc de précipiter dans les premiers instants de la décomposition électro-chimique la plus grande partie de l'argent contenu dans la dissolution. Les expériences que nous avons rapportées page 369 , montrent qu'en arrêtant à temps la décomposition élertro- chimique et recueillant le précipité, on a un plomb d 'œuvre très- riche, renfermant tout l'argent, à quelques centièmes près. Nous nous bornons à cette indication qui suffit, puisque la base de la méthode repose sur un fait démontré.

t îr.

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