‹ Traité d'électricité et de magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, à la (volume 4)Chapitre 26 sur 58 · OSCILLATIONS · texte numérisé non relu

OSCILLATIONS

OSCILLATtOlfS.

0,ii

Interprétons ces résultats : la température avait été portée à H 5°; ai 05°, la tourmaline, quoiqu'elle fut électrique auparavant^ a commencé à se fixer entre les deux tiges verticales qui communiquaient avec les deux pôles des piles sèches; à 100% les oscillations étaient mesurables. Depuis 115'' jusqu'à lOO"", moment où le refroidissement était le plus rapide , l'intensité électrique croissait trèslentement; de 100° à 90°, raccroissement de l'intensité a été rapide, puis il Ta été moins jusqu'à 70°; de 70** à 40**, il est resté sensftlement stationnaire; de 40° à 20°, il a diminué dans la même proportion qu'il avait augmenté depuis 100° jusqu'à 70^. La polarité électrique a disparu entièrement à 15°, quoiqu'elle n'eût

148 CAUSES DU DEGAGEMENT

commencé à paraître qu'à S0°, quand on a élevé la température. Plusieurs tourmalines ont donné des résultats semblables. On Yoil donc que l'intensité électrique de chaque pôle n*est pas en raison directe de la vitesse du refroidissement. La loi des variations de l'intensité électrique, qui est très-compliquée, dépend probablement du pouvoir conducteur de la tourmaline, et de la force coercitive des parties constituantes, laquelle force s'oppose à U recomposition immédiate des deux électricités. Il n'y a pas d'autre moyen d'expliquer, en effet, pour quel motif la tourmaline est encore électrique par un refroidissement lent à 15®, tandis qu'elle ne le devient qu'à 50® quand on la chauffe. D'un autre côté, s'il est facile de mesurer ^intensité électrique de la tourmaline pendant son refroidissement, il n'en est pas de même lorsqu'on élève la température, attendu que son état électrique change avec une assez grande rapidité.

Dans le tableau précédent, les nombres de la quatrième colonne donnent l'intensité de la force qui produit les oscillations en considérant la tourmaline suspendue comme un pendule dont le point de suspension serait le milieu de cette pierre, et qui oscillerait de chaque côté du conducteur en relation avec les pôles des piles sèches. Ce mode d'expérimentation montre Inen là comment diminue l'intensité de la force électrique par le refroidissement.

Dès yinstant que les effets électriques produits dans la tourmaline par élévation de température sont inverses de ceux que donne rabaissement de la température, il en résulte que, si les deux extrémités ne se refroidissent pas en même temps, ou bjen s'il y a élévation de température d'un côté et abaissement de l'autre, il pourra se faire que l'état électrique de la tourmaline varie de six manières différentes, savoir :

A Pan des pAles. A l'antre.

(-h) (0) au passage

Le premier état a lieu lorsque toute la surface de la pierre est exposée également à un refroidissement ou à un éehauffemetit. 11 en est de même du dernier. Quant au second et au troisième, ils se

DE L*ÉLEGTBICITB. 149

produisent lorsque Tun des pôles seulement est dans un état de refipoidissement^ tandis que Tautre est dans un état d'échauffement. Relativement au quatrième et au cinquième^ ils se présentent toutes les fpis que Pun des pôles se trouve dans un état d'échauffement ou de refroidissement^ et Tautre dans un état stationnaire.

Tous les faits exposés jusqu'ici prouvent bien que les effets électriques de la tourmaline sont le résultat de la dilatation et de la contraction ^ et que , lorsque, la température est stationnaire , il n'y a aucun effet électrique produit. Si nous nous reportons aux effets de clivage, nous trouvons analogie dans les résultats. Dans le cas actuel^ la chaleur^ à mesure qu'elle est communiquée ^ dilate les parties, opère une espèce de clivage moléculaire, et doit mettre en liberté, sur les deux faces en regard, les deux électricités. Nous verrons plus loin comment ce dégagement peut produire les effets 'observés.

Nous ne devons pas omettre de signaler une propriété remarquable de la tourmaline , que Ton a reconnue dès l'instant que Ton a commencé à étudier ses effets électriques. Quand cette pierre est électrisée par échauffenient ou par refroidissement, si Pon vient à la briser en un point quelconque, chaque partie séparée manifeste un état électrique opposé , de sorte que chaque moitié possède encore la polarité électrique. Cet effet ne peut avoir lieu qu'autant que les deux électricités > qui deviennent libres dans chaque moitié, étaient dissimulées dans le cristal entier, dans le plan même de section.

Toutes les tourmalines ne sont pas également électriques ; quand elles sont trop longues ou trop ferrugineuses , elles ne donnent auoun effet. Les tourmalines brunes de2 à 4 centimètres de longueur sont celles qui le sont le plus.

La tourmaline n'est pas le seul minéral cristallisé qui jouisse de la propriété électrique par élévation ou abaissement de température. Haûy a reconnu que cette propriété existe encore dans les substances dont les cristaux dérogent à la loi de symétrie, c'est-àdire dont les parties opposées correspondantes ne sont pas semblables par le nombre, la disposition et la figure de leurs faces, et que le sommet qui est le plus chargé est celui qui manifeste Télectricité positive par refroidissement. Les substances dans lesquelles on a reconnu la faculté électrique par la chaleur sont : la topaze, la boracite, le mésotype, le silicate de zinc, le sphène, l'axinite, la phrénite, etc.

ISO

C\USBS DU DIGAGIMENT

">• K i)'^ ab {Hg. 53 bis) représente un crislil

de (ourmaline et ed un cristal de bora-

/ cite ; on voit que les sommets oppoi^

dans chaque cristal, a, b et e, d, sM

teniiinés différemment.

Ce que nous avons dit sur l«s propriétés tilectriques de la tounnaliie suffit pour avoir une idée des eHets électriqaes produits par la dateur. Voici comment on conçoK celte production : dans un pritmc do tourmaline devenue électrique, la tension de l'électricitâ lAn Ta en décroiuant depuis chaque bout jusqu'au nùlieu, qui eAi l'état 0; d'un autre cAté, l'expériencb nous a appris que le elîn|ï des cristaux constituait chaque partie séparée dans un éist électrique différent , d'où l'on en a conclu qu'il en serait encore de nàne si l'on séparait deux molécules l'une de l'autre , et que la cbabor devait donner lieu à des effets du même genre.

Nous possédons un appareil qui nous présente, grossi^meot i la vérité, les efEats des substances minérales électriques : c'est li pile électrique, formée d'un certain nombre de plaques-de von armées d'une feuille d'étaiu sur cliacune des deux faces, et dîqiasées parai It^lement les une^ aux autres , en sorte que la face £ da 11 première communique , an moyen d'im fil métallique , à la hce en regard a' de la seconde ; la facoA' de celle-ci, & la face a" de la tiù- «ème , et ainsi de suite jusqu'à la demiftre , dont la face A* commonique avec le sol. Lorsque cet appareil est isolé, si l'on bit conuniiniquer la faco a avec le conducteur d'une forte machine, et qu'âpre l'avoir électrisée on rompe les communication» entre le.candudeiff et le sol , au bout d'un certain temps les deux faces extrAmes a el^ de cette pile posstMent un excès d'électricité contraire , et chaque moitié de la pile, une électricité également contraire, dont i'intenâlé va en diminuant jusqu'à la lame du milieu, qui est à l'état neiitn. Voici ce qui se passe : la face a possède une charge éloctrique.ei partie libre, en partie dissimulée par l'électricité de nature contraire qui est fixée sur la face b; il en est de même de la face a" pU rapport à la face b, et ainsi de suite jusqu'à la dernière. L'excès d'électricité libre décroît rapidement d'un élément à un autre..Si l'appareil était parfaitement isolé, il n'y aur^t aucun cbangemenl dans son état électrique ; mais comme il se trouve dans un milieu qui enlève à chaque surface une quantité d'électricité propCHtionnelle h l'exct^squi est libre, il s'ensuit que cette perte sera plus

DB L*ÉLtCTBICITli. . 151

grande pour la face a quo pour la face a', et ainsi de suite jusqu'à la face 6* qui n'a pas d'électricité libre. Il résulte de cet état de eboses que a ayant perdu une portion de son électricité libre, ne pourra plus neutraliser sur b la quantité qui s'y trouvait aupara^ ,¥ant. Il en est de même à l'égard de b*^ et de même pour les faces a'-) a'"f jusqu'à la dernière 6" qui ne se trouvera plus alors avoir son électricité complètement neutralisée, de sorte qu'une portion deviendra libre. Cette portion , d'abord très-petite^ augmentera successivement y et perdra également par l'action absorbante de l-aîr^ mais moins que les portions libres des autres lames , puisqu'elle est d'abord très-faible ; mais^ la perte d'électricité libre diminuant de plus en plus sur la première face et augmentant sur b dernière y et les lames intermédiaires éprouvant des effets sembif^Ies^ il en résultera que les électricités des faces extrêmes anv veront à l'égalité^ et posséderont^ par conséquent ^ deux électricités ég^s et de signe contraire^ lesquelles iront graduellement en décroissant jusqu'au centre où il n'y aura pas d'électricité libre. En rompant la pile en un endroit quelconque , on sépare les deux électricités qui étaient dissimulées^ de sorte qu'on n'a sur chaque face séparée qu'une certaine quantité d'électricité libre ^ de nature contraire à celle de l'extrémité correspondante.

La tourmaline^ la topaze^ etc.^ nous présentant des effets absolument semblables^ on doit rechercher si la cause indiquée précédemment n'interviendrait pas dans la production do ces effets. La topaze ; par exemple^ n'a qu'un sens de clivage perpendiculaire à l'axe de cristallisation; si l'on enlève une lamo^ello prend un exèès d'électricité contraire à celui qu'acquiert la fac^ en regard^ et cela quel que soit l'endroit où l'on opère le clivage : c'est donc une disposition semblable à celle de la pile électrique. Gela posé y lorsqu'on élève la température du cristal, on écarte les lames dont l'épaisseur est celle d'une molécule^ on doit avoir alors un dégagement d'électricité analogue à celui que l'on obtient dans le clivage ; desorte que, la substance conduisant mal^ il peut se former une pie semblable à celle que nous venons do décrire , en admettant que chaque rmolécule, par l'effet du refroidissement ou l'abaissement de température, possède deux pôles électriques contraires; que l'espace intersticiel remplace la tige métallique , et que le système cristallin soit tel que l'une des faces de chaque lame renferme les pôles de même nom , et la face en regard les pôles d'électricité contraire.

15S CÀU8KS BU DÉeAGBMÏIlT

Ce qui tend encore à assimiler la topaze -et les cristaux, électriques aux piles électriques ou à une réunion de petits condensateurs^ ce sont les effets produits quand on brise la pile ou une topaze. Chaque partie séparée manifeste encore une électricité de signe contraire, comme si ces deux électricités étaient dissimulées avant la rupture.

Le même raisonnement s'applique à tous les cristaux antres que la topaze, dans lesquels le clivage n'^st pas anssi net que dans celle-ci ; car, bien que ce clivage n'existe pas toujours y on conçoit cependant, d'après les idées que nous posions sur la cristallisation, que la nature ait employé un mode de superposition semblable; seulement, nos moyens mécaniques sont insuffisants pour opérer la séparation de ces lames.

Il est à remarquer toutefois que l'axe électrique ne se confond pas toujours avec Taxe cristallographique. Si la plupart des minéraux pyro-électriques ont leurs pôles aux extrémités du cristal, il y en a cependant qui ont des pôles centraux : c'est pour ce motif que M. G. Rose appelle 'pôles chaque couple de points opposés possédant une électricité contraire et axe électrique la ligne <[ui joint ces points; pôle analogue électrique, celui qui est positif par élévation de température , et négatif quand il y a abaissement, et pôle antilogue celui qui manifeste des effets inverses. Dans Tétude des propriétés pyro-électriques de quelques cristaux, il ne faut pas oublier que la plupart du temps ces cristaux sont composés de macles, possédant chacune des pôles, qui compliquent nécessairement leur état électrique.

MM. Riess et G. Rose ont reconnu , comme on le savait déjà, que la tourmaline, le silicate de zinc et la scolézite étaientf à pôles terminaux et que leur axe d'électricité se confondait avec leurre de cristallisation.

Les deux derniers* minéraux présentent une circonstance remarquable : la scolézite est composée de cristaux réunis par une de leurs extrémités sous forme de masses radiées ; l'extrémité libre^ celle qui est divergente, possède le pôle antilogue, tandis que l'autre a le pôle analogue. Dans la calamine, c'est l'inverse.

L'axinite , qui se présente sous la forme de prisme oblique non symétrique, possède deux axes d'électricité , distincts des axes de cristallisation..

La boracite cristallise en cubes qui dérogent à la loi de symétrie; cette condition se lie à l'çlectricité polaire, puisque les sommets opposés acquièrent une électricité contraire par la chaleur. Elle

DE L'étSGTRIGlTB. 168

a donc^iuatre axes d'électricité se confondant avec les quatre axes du cristal. Le docteur Hankel a annoncé que cette substance possédait tr<Ms autres axes se confondant avec ceux du cube. Cette subsr tance aurait donc des pôles aux centres des faces et aux extrémités des axes. MM. Riess et G. Rose ont constaté Texactitude du fait 01s ont reconnu encore que la phrénite^ qui cristallise en prisme droit rbomboïdal de iOO® environ^ possède deux axes d'électricité placés bout à bout et se confondant avec la petite diagonale de la base y de telle sorte qu'au centre du cristal il existe un pâle analogue commun y et que les deux pôles antilogues se trouvent aux deux extrémités de cette diagonale. Ce minéral fait donc partie d^une classe de cristaux à pôles centraux^ dans laquelle il faut encore comprendre la topaze.

Effets électriques produits par la chaleur dans les circuits formés d'un seul métaL Lorsqu'on fait varier la température des corps conducteurs^ il se manifeste également des phénomènes électriques irès-remarquables^ non-seulement par leur intensité^ mais encore par la généralité des circonstances dans lesquelles on les observe. Commençons par les cas les plus simples (Becquerel) :

Fig. 63 ter.

Si l'on introduit un fil de platine ab dans un tube de verre fenné à la lampe par Tune de ses extrémités ^ et que Ton fasse communiquer le bout libre du fil avec le plateau inférieur d'un condensateur platiné ou doré, en touchant du doigt le plateau supérieur, et qu'au moyen d'une lampe à alcool on porte au rouge la partie du tube qui est fermée, on n'obtient aucune charge électrique en séparant les plateaux. Mais si l'on enroule sur l'extrémité du tube qui a été fermée, le bout n* d'un fil de platine dont le bout libre b' communique avec le sol, et que l'on chauffe jusqu'à l'incandescence la partie enroulée, le fil intérieur transmet au condensateurune charge très-sensible d'électricité positive. Or, les points a et a' n'ayant pas la même température, et le verre qui les sépare étant devenu conducteur de l'électricité, il faut donc que le bout intérieur a, qui est moins chaud que le bout o', prenne l'électricité positive , et a' l'électricité négative.

IM CAU81S DO DMAOgMUIT

Ce résultat nous conduit à un principe important dont voici l'é-

Fis. 64. nonce : Lorsqu'un fil de

/•"X+ +- + -+ -+ métal mm oxydable ou une

)f[^ y^ r^ f~S O suite de particules a, a', a", C Jvw/ v^ v^ >->L >-!; etc., lié^ entre elles par la

force d agrégation , est m»

en contact par Tune de ses extrémités a avec une source de chaleur by d'une nature quelconque , à l'instant où la chaleur commence à se propager dans le fil^ cette extrémité prend Télectricité positive y tandis que l'électricité négative retourne vers la source; mais a! recevant de la chaleur de a par rayonnement^ puisque la chaleur se transmet de particule à particule ^ et a" de d, ainsi de suite ^ la seconde particule , qui s'échauffe aux dépens de la |»6^ mière, prend à celle-ci, à chaque instant, de l'électricité positive et lui transmet de l'électricité négative , jusqu'à ce que Téquilibre de température soit rétabli entre elles. D'un autre côté , la décomposition de l'éieetricité étant immédiatement suivie d^une recom^ position des deux électricités dégagées, il en résulte une foule de décompositions et de recompositions électriques, qui ne cessent qu6 lorsque Téquilibre de température est complètement établi dans toutes les parties ; d'après cela, il ne peut y avoir d'électricité libre qu'aux deux extrémités. Si donc l'on touche le bout incandescent avec un corps conducteur assez volumineux , tel qu'un morceau de papier humide ou un morceau de bois mouillé, on enlève à ce beat son électricité positive, et il ne reste au fil que l'électricité négathe. Cette expérience prouve que (tendant le mouvement de la chaleur dans une Imrre de métal, il s'opère une suite de. décompositions et de recompositions d'électricité naturelle qui ont de l'analogie avec le mode de propagation de la chaleur dans les corps.

L'expérience suivante vient confirmer cette manière >de voir (Becquerel). Boit un circuit formé d'un fil de platine dont les deux extrémités sont en communication avec un multiplicateur à fil court ; ai Ton élève la température d'une partie quelconque du fil de platine loin des soudures, l'équilibre des forces électriques ne saurait ètne troublé en raison de rhomogénéité de toutes les parties , et de ce que la propagation de la chaleur se fait également à droite et à gauche des points échauffés. Mais il n*en est plus de même quand çxk forme un nœud ou une spirale , à peu de distance du foyer de chaleur; il se produit alors un courant dont la direction indique que

DB L'ÎLBCTRlClTi. 165

vig, 54 bto. le nœud ou la spirale a pris l'éleiî-

tricité positive. Or^ comme il n'y a dans cette partie aucune soudure^ il faut en conclure que Teffet électrique est dû à une différence dans la propagation ou le mouvement de la chaleur à droite et à gauche du foyer, par suite de la préseuce de la spirale ; les fils métalliques bons cooducteurs delà chaleur ne donnent aucun effet appréciable.

On obtient des effets analogues à ceux qui viennent d'être exposés , lorsqu'il y a solution de continuité dans un fil de platine. Supposons fixés aux deux extrémités du fil d'un multiplicateur, deux fils de platine parfaitement homogènes , et terminés en spirale ; plongeons une de ces spirales dans la flamme d'une lampe à alcool, .retiroDs^a quand elle est rouge, et posons-la sur celle qui est à la température ordinaire , il y a courant électrique , dont la direction est telle, que le bout qui s'échauffe prend à Tautre l'électricité positive. Avec deux fils de cuivre» parfaitement décapés, on n'obtient un courant qu'autant que Tune des spirales est primitivement oxydée* L'application d'une couche très-mince de mercure, d'étain, d'or ou d'argent pur sur la spirale produit un effet semblable ; il suffit^ en un mot, de changer le modo de propagation de la chaleur, pour avoir un dégagement d'électricité. L'or et l'argent présentent les mômes effets que le cuivre quand ils sont purs ; mais, s'ils renfiarmeni du cuivre, la couche d'oxyde qui se forme quand on chauffe suffit pour mettre obstacle à la propagation de la chaleur. Veut-on avoir un courant continu, on prend deux fils de cuivre, en rapport chacun par un bout avec l'une des extrémités du fil d*un multiplicateur, on réunit les deux bouts libres, au moyen de deux crochets passés l'un dans l'autre, et l'on chauffe jusqu'au rouge, à droite ou à gauche des points de jonction, avec une lampe à alcool ; il se produit un courant électrique dirigé du côté chaud au côté ficoid, aussitôt que la surface de cuivre est recouverte d'une couche d'oxyde. En opérant avec des métaux oxydables, tels que Tanlimoine, le zinc et le fer, les effets sont inverses, c est-à-dire que le courant va du froid au chaud. L'oxydation n'est pas la seule cause de cette invei'sion, car, s'il en était ainsi, le côté chaud, qui serait le plus attaqué, continuerait à être négatif. Le plomb et l'étain donnent des effets variables , en raison de

156 CAUSES DU INÉGÀGBIIBIIX

leur hétérogénéité. On a vu, eaeffet, par ce qui précède , que si les fils ou masses métalliques l'ecèlent des corps étrangers qui tendent à modifier la propagation de la chaleur, les deux électricités se séparent au point où se- trouvent ces corps. On en a un exemple dans le fer, qui n'est presque jamais exempt de carbone pu d^oxyde. En effet, si un fil de fer, étant en rapport avec un multiplicateur, on promène la flamme d'une lampe à alcool successivement sur tous les points, en portant la température jusqu'au rouge, et éloignant la flamme des points de contact du fil avec le circuit du multiplicateur pour ne pas les échauffer, on obtient souvent un courant électrique qui ne peut être attribué qu*à l'inégale propagation de la chaleur dans deux portions contiguës; mais,' comme tontes les parties ne donnent pas lieu à cet effet, on peut l'attribuer à la présence des corps étrangers ou à la différence d'écrouîsss^ des différentes parties du fil.

Dans les métaux crisUillisés comme le bismuth, Tantimoine , on observe des courants électro-électriques dans différents sens, provenant de la manière inégale dont se distribue la chaleur dans fa masse : ces effets sont donc beaucoup plus manifestes dans ce cas qu'en faisant usage dé fils de cuivre, de fer ou d'argent.

11 résulte des faits précédents qu'en prenant deux fils de platine, de diamètre différent, communiquant par un de Jeurs bouts «veii le multiplicateur, et en contact par leur bout libre teithiné en anneau , si l'on plonge l'anneau du fil le plus fin dans la flamme d'une lampe à alcool, on a un courant 'continu, par suite de l'inégale propagation de La chaleur dans les deux fils. Nous répetons encore que toutes les causes qui tendent à modifier dans les corps la propagation de la chaleur troublent l'équilibre des forces électriques.

On observe également des effets thermo-électriqùes quand des fils ou des lames de platine sont plongés dans des flammes; mais comme dans cette circonstance il peut également se produire des effets provenant de la combustion, nous n'en parlerons que dans le chapitre suivant.

On doit donc regarder comme démontré que , lorsque la chaleur chemine dans un corps, à l'endroit où elle rencontre un obstacle, il y a séparation des deux électricités. Mais cet obstacle peut provenir non-seulement de la présence de corps étrangers, mais encore de l'état cristallin des corps, en vertu duquel l'élasticité des parties n'étant pas la même dans tous les sens, la propagation de la chaleur ne doit pas être uniforme (Becquerel).

DE 1,'ÉLECTBICITÉ. Iâ7

On a suppose^ et M. Magnus en particulier, que les effets électriques dans les circuits formés d^un seul métal étaient dus à une différence d'écrouissage dans les deux parties contiguës, ce qui ferait rentrer les phénomènes dans ceux que Ton observe à Faide de deux métaux différents. Mais si ces effets peuvent se présenter , nous pensons que, dans les cas cités plus haut, les effets sont dus à la cause que nous avons signalée.

Effets électriques produits par la chaleur dans les circuits fonnés de plusieurs métaux. On a vu que Ton obtient dans un fil de platine uncpurant électrique continu quand, ayant réuni ensemble les deux bouts libres au moyen de deux anneaux passés Tun dans Tautre, on porte le foyer de chaleur à droite ou à gauche des points de jonction > et qu'il en est encore de même en opérant avec deux fils de cuivre, dont une des surfaces a été préalablement oxydée. Hais si l'expérience se fait avec deux fils de métaux différents, soudés par un de leurs bouts, ou seulement rapprochés par une forte pression, et en communication de Tautre avec les extrémités d'un multiplicateur à fil court, on a des courants électriques pouvant acquérir une certaine intensité et qui permettent de ranger les métaux dans Tordre suivant :

Bismudi, platine, plomb, étain, cuivre, or, argent, zinc, fer, antimoine (Becquerel).

Dans cette classification, chaque métal est positif par rapport à celui.qui le précède, et négatif relativement à ceux qui le suivent; cçt <H*dre est précisément le môme que celui que nous avons indiqué pour les effets électriques de frottement (page 132), lesquels n'ont pu être attribués entièrement à la chaleur dégagée; car si, au lieu de frotter légèrement deux lames Tune contre l'autre , on les frappe à coups redoublés en évitant les frottements latéraux, il ne se produit pas de courant électrique.

Si Ton interrompt par un liquide un circuit thermo-électrique au moyen de deux lames de platine plongeant dans ce liquide, et en communication avec des lames ou des fils de métal ,^ on n'obtient qu'im faible courant en chauffant la soudure; en effet, le liquide, en raison de sa mauvaise conductibilité, augmentant de beaucoup la résistance totale du circuit, il peut y avoir recomposition des deux électricités à la source même d'où elles émanent, c'est-à-dire au contact des deux métaux.

•Diverses substances minérales conductrices, telles que la plombagine, le peroxyde de manganèse, le persulfure de fer, peuvent ser-

168 CAUSES DU DÎOAOBMINT

vir à former des circuits thermo-électriques k la Inanière des métaux. La plombagine est positive par rapport au platine, tandis que ce dernier est positif relativement au peroxyde de manganèse et au persulfure de fer.

En se fondant sur les effets que Ton observe avec le bismuth et l'antimoine^ qui sont les métaux tenant les extrémités de la série citée plus haut^ on peut disposer un petit appareil qui montre simplement la production de Télectricité dans un drcuit mixte composé de deux métaux , lorsque Ton chauffe une des surfaces de séparation. Fig. 66. ABGD est tm rectangle formé

d'une barre en bismuth ÀB à laquelle sont éoudés les trois cô> tés en antimoine AC^ €D> DD.

Au centre peut se motivdr sttr un pivot une aigtiiile aimantée. On place le rectangle de tns* nière que son plan soit le tnéâie que te plan vertical passttit pKt l'aiguille aimantée. Alors^ avec une lampe à alcoot^ on échauffe Ufl des points de jonction : soit B. L'aiguille au bottt dé quélqdéé instants se dévie et indique l'existence d'un courant âectriqtie circulant dans le rectangle. Si on laisse refroidir B et qu'on chUOfib Af l'autre soudure, l'aiguille se dévie encore^ mais en 8ens.inver0é> le courant électrique ayant changé de sens. Cette expérience i^epdse sur le fait fondamental observé par Seebeck^ qui a découvert les courants thermo^lectriques produits dans les drcuits composés do plusieurs métaux.

En cherchant parmi les propriétés calorifiques des cor^ cellesi qui ont quelques rapports avec les propriétés thenn(>-électri€|iieéli on ne trouve que la chaleur spécifique , car l'ordre deê métaux rangés suivant leur chaleur spécifique est : bismuth , plomb , OF; platine, argent, antimoine, zinc, cuivré et fer. Quoique àam les deux tableaux le rang de chaque métal ne soit pas le même, ou voit cependant qu'à peu d'exceptions prèâ, les métaux les plus éleo tro-négatifs sont ceux qui ont le moins de chaleur spécifique. La capacité calorifique peut dwic influer jusqu'à un certain pdnt sur les phénomènes thermo-électriques. De plus, iiôus avons vu que le pouvoir conducteiu» pour rélectricité était aussi lUie des causiesi des effets électriques dus à Faction de la chaleur ; voilà donc deux causes qui concourent à l'effet général. Continuons l'examen de ces pbénomènes^

DJS L£LfiCTBlCiTÉ. 160

On prend un circuit composé de fiU de différents métaux et en relation avec un galvanomètre; dans ce circuit le cuivre et le fer sont d'abord en contact immédiat en a ^ fig. 56 1 et partout ailleurs

Fig. 66. Us sont séparés aux soudures

j^i^ 6 et c, d et 6, / et jr, par des

^ fils de platine ; d'or et d'étain.

On commence à porter la sou»

dure a à W*, tandis que Ton

maintient à zéro toutes loi autres ; on observe alors Fin»

tensité du courant, puis Ton porte successivement à 50^ les soudures b eic,deie,fei g, en maintenant également toutes les autrei à zéro. Dans ces diverses circonstances^ les courants produits ont toujours la même intensité , de sorte que le fer et le cuivre , quand Us sont en contact ou séparés par d'autres métaux ^ donnent naiî^ sance à un courant dont Tintensité est la même i et qui ne dépend par conséquent que de la température des deux points extrêmes* Ce fait est très-important, puisqu'il tend à démontrer que le cou* ftmt ne provient pas d'une action de contact, mais d'une différence! dans le mode d'action de la chaleur sur chaque métal en particulier (Becquerel).

L'expérience démontre que dans les circuits où les effets thermoélectriques ne sont pas proportionnels aux différences de tempéra • ture, comme dans un circuit fermé; fer et cuivre, si Ton élève chacune des soudures à une température différente, l'intensité du courant est égale à la différence des intensités du courant produit ^ quand on poHe successivement chacune des soudures à I^me de ces températures, l'autre soudure étant à zéro , et non à Tintensite du courant qui résulte de la seule différence de température entre les deux soudures.

Il est aisé de prouver qu'en général, les effets produits sont dus au mouvement de la chaleur, et non à l'oxydation, puisque les mémet effets ont également lieu dans des milieux privés d'oxygène.

Si l'on opère avec tm circuit composé d'un fli de platine et d'un fil de palladium, on trouve que depuis zéro jusqu'à 350" pour chaque accroissement égal de température, l'intensité du courant croît de la même quantité. Dans la plupart des circuits métalliques, l'intensité du courant ne croit guère proportioondlement à la température que jusqu'à 100^

C4USES DU DÉeAGBHBNT

Il y a des métaux qui présentent des irrégularités remarquables^ comme on le voit dans le tableau suivant (Becquerel) :

DËSIGRATION da circuit.

TEMPÉRATURE

d'iuMdes

MMidtiret, Taulrc

étant k zéro.

Fbr-Cuivbb

Argbiit-zinc,

DÉVIATION

de Taignille

«Imantée.

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