‹ Traité d'électricité et de magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, à la (volume 4)Chapitre 28 sur 58 · SI · texte numérisé non relu

SI

Fpr cuWre. . •

Arsent . cuifre

-»- — 1?Ar nlalhifi.

Wl, |ll«lilK»» •••••

Cuivre, étain

Zinc, cuifre

-»- — ArsADt . or 1 1 1

En comparant les intensités , on trouve que, pour une ieoipén' ture de 20*, chaque métal acquiert une puissance thermo-électricpe telle que l'intensité du courant produit au contact de deux métaux est égale à la différence des quantités qui représentent chacune de ces puissances dans chaque métal. Ainsi, en désignant cette puissance par p, on aura, pour l'intensité du courant, lorsqu^on élève la température de la soudure fer-cuivre, p fer — p cuivre =î7,96;.de même, pour le platine et le fer, p fer — p platine = 36,07 j en retranchant la première expression de la seconde, onap cuivre — p platine =8,H , au lieu de 8,55 que donne l'expérience. La soudure fer-étain donne 31,24; celle cuivre étain, 3,50: la différence fercuivre est donc 27.74 au lieu de 27,06 donné par rexpérience. Il est bien démontré ainsi que Tintensité d'un courant thermo-électrique est égale à la différence des actions thermo-électriques produites dans chaque métal par la même température : essaycHisde déterminer chacune de ces actions.

Si Ton représente la puissance ou Taction tliermo^lectrique du fer à 20** par a?, on a :

ll£ |.'KLiCTAl€IT£. 163

p fer •= X

p argent = a? — 26,20

p or =x — 26,70

p zinc =x — 26,96

p cuivre = 3? — 27,96 p étain =â? — 31,24

p platine = a? — 3.6

. Pour déterminer x, il faudrait pouvoir niesurer exactement Pinensité du courant produit, quand on opère avec deux fils de fer aifiaot partie du même circuit et n^ayant pas la môme température lox points de contact ;maî$ cette détermination présente degi-andes lifficultés.

Si rintensité du courant croissait toujours proportionnellement h atepipérature , les rapports précédents pourraient senir pour tou- 166 les températures; mais il n^en est pas ainsi; cela n'a fieu en jlénéral gue pour celles qui sont inférieures à 100°.

.Dans cet arrangement, chaque métal est négatif par rapport à selui qui le précède. Si x était connu, le pouvoir thermo-électrique l'en déduirait; mais, comme le fer est positif par rapport à toui$ les péteux qui entrent dans le circuit, on en conclut seulement que sa i^aleur, dan3 le cas actuel , est supérieure à 36. •

lyfm autre côté. For, Targent et le ^inc ont des pouvoirs à peu près égaux. Or, quand on cherche parmi les propriétés calorifiques ceÛes qui sont sensiblenoent les mêmes pour ces différents métaux , on ne voit que les pouvoirs rayonnants qui s'y rapportent. En supposant donc que Ge§ derniers soient proportionnels mix pouvoirs thenno-électriques, ce qui forcerait d'admettre que dans lescir.ciiîts noétolliqueiS il y a au contact un rayonnement semblable à eebii qui a lieu dians l'air, et que la différence des pouvoirs rayon-* nants est aussi une des causes qui influent sur le sens et l'intensité du courant, on parvient alors, mais pour ce cas-là seulement, h déterminer la valeur de a?, car on a,: x: x — 26,70 : : 15 ; 12, les nombres 15 et 12 représentant le pouvoir rayonnant du fer et de l'or.; en tirant de cette proportion la valeur de â? et la substituant daiaft lea expres»ons p argent , p or, etc., on trouve :

p fer 133,50

p argent. 107,30

p or 106,80

p âne 106,54

164 CAUSES DU DEGAGBMBRT

p cuivre 106^54

p étain i02,54 ,

p platine 97,50

Effets th€rm(hélectriques dans les liquides. Le contact des liquidée inégalement chauds peut donner Heu aussi à des courants électriques^ conune dans les solides, mais les effets se compliquent de ceux qui ont Heu quand les électrodes ont des températures inégales> puis» que, lorsqu^il s'agit de liquides, il est toujours nécessaire'd'employer des lames métalliques pour s^emparer de l'électricité.

L'expérience indique qu'une lame chaude est négative par rapport à une lame froide, lorsqu'on plonge Tune et Tautre dans l'eau ou une solution alcaline , ces deux lames communiquant' ensemble par l'intermédiaire d*un multiplicateur; le contraire a lieu dans un acide. Les effets étant les moines par le contact d'un Kquide froid avec un liquide chaud , on peut en conclure que Timmersion d'une lame chaude de métal dans un liquide échauffe la couche liquide qui entoure cette lame , d'où résulte un courant électrique dû à la réaction de la couche chaude sur le liquide environnant»

Mais dans le mercure ou les amalgames liquides, il parait qu'il ne se produit pas d'effets de ce genre, car M. Matteucci est arrivé aux résultats suivants : Si Ton plonge les deux bouts libres de deux fils du même métal , eh communication avec un galvanomètre et inégalement échauffés, dans un baiû'de mercure, où bien si On les tient plongés dans ce même métal ou tout autre bain d'alliage n^tallique contenu dans deux capsules, réunies par un siphon contenant également du mercure ou de TalUage , dont l'une est chBudfe et Vautre froide, le cuivre, le platine, le fer, à l'exception du bismuth, donnent à toute température des courants dirigés du chaud au froid, comme dans les fils qui se touéherit. En opériuït avec trois capsules remplies de mercure et en commtinication avec les siphons, afin que les deux capsules extrêmes possèdent là. même température , on n'a pas eu de courant.

Le fait suivant vient encore à l'appui de cette dernière côncluision. L'amalgame cristallisé de bismuth (5 bismuth, i mercure) possède un très-grand pouvoir thermo-électrique, qui se perd à l'état de fusion.

Piles thermo-électriques. On appelle couple thermo-électrique un circuit fermé composé de deux métaux différents dont on a chauffé l'une des soudures, afin de produire un dégagement d'élec-

DE t EtEGTAlGlTfi.

incité. En réunissant plusieurs couples semblables^ on fonne des piles tbermo-électriques soumises aux mêmes lois de conductibilité que les piles ordinaires, comme on le verra dans le chapitre lY de ce Jivre. Quoiqu'on ait varié beaucoup leurs formes, la quantité d*élec* tricité qu'elles donnent étant peu considérable , on ne les a utilisées jusquici que comme sources électriques constantes de peu d'intensité^ en maintenant leur température au même degré.

On peut citer la forme suivante^ employée par M. Pouillet, et qui donne des résultats satisfaisants :

Fig. 56 bis.

(JF

»lJ

MJ

ABCD est une réunion de barreaux de bismuth joints ensemble, auxqiiels sont soudés en A et D deux gros fils de cuivre AE, DF. Si i'ôo met les deux bouts E et F en relation avec un multiplicateur, il est évident qu^en chauffant une des soudures A ou D, le couple tiienno-électrique cûivre-bismuth donnera un courant dans un sens ou dans un autrç. Pour faciliter l'élévation de température , deux vases en cuivre M, N peuvent s'élever ou s'abaisser le long de deux montantsen cuivre ah, ed^ de sorte que les soudures A et D peuvent être plongées à volonté dans les vases. On élève alors un des vases N, que Ton remplit d'eau dont on porte la température jusqu'à l'ébullition. On met de la glace dans l'autre vase M , et on plonge l'autre soudure dans celle-ci. Tant que la différence de la température entre les deux soudures est constante, le courant ne varie pas d'intensité.

Les effets d'im'ersion qui se produisent au delà d'une certaine limite de température, ainsi qu'on peut le voir d'après le tableau de la page 460, montrent que l'on n'a aucun avantage à se servir d'une pile thermo-électri(!jue fer et cuivre dont on porterait la température d^une partie des points de jonction jusqu'au rouge.

Emploi des effets thenno'électriqv^s pour apprécier de très-faibles changements de température, MM. Nobili et Melloni ont construit

CAUSBS DU DKOAGBMBNT

en commun une pile thermevelèctrique d'un trèa-gnmde «sn^bilité^ qui les a rois à même de faire des expériences intéressantes sur la chaleur rayonnante ; mais nous nous bornerons à décrire la pile perfectionnée par M. Mellon! , laquelle se craipose de cinquante petits barreaux de bismuth et d'antimoine placés parallèlmieDt les uns à côté des autres et formant un seul faisceau prismatique

Flg. SS ter.

FF', dont la longueur est de 30 millimètres et la section de 96 millimètres carrés. Les deux faces terminales sont noircies; les barreaux de bismuth , qui sê succèdent alternativement avec ceux d'antimoine^ sont soudés à leurs extrémités et séparés dans toute leur longueur par une substance isolante. Le premier et le dernier barreau portent chacun un fil de cuivre qui vient aboutir à Ihine des chevilles CG, de même métal , passant à travers un morceau d'ivoire fixé sur Tanneau A. L'intervalle compris entre la surfaoe intérieure de cet anneau et les éléments de la pile est rempli de matière isolante. Les extrémités libres de ces deux fils sont nûses en communication avec les deux bouts du fil d'un nauUiplici^eur, indiquant par les déviations de l'aiguille si la température de la face antérieure de la pile s'élève ou s'abaisse par rapport à celle de la face postérieure.

Au moyen d'une charnière convenablement placée. L'axe delà pile peut être placé sous différentes inclinaisons. Pour garantir les faces des rayonnements latéraux, on adapte sur les deux côtes de l'anneau les tubes de métal B, B^, brillants à l'extérieur et noircis à Fintérieur. C'est avec cet appareil que l'on a pu étudier les diffé* rentes circonstances du rayonnement de la chaleur, car le rayonnement provenant de différences de températm*e très-petites entre les corps suffit pour que l'aiguille d'un galvanomètre à fil court en relation avec les deux, fils C, C soit déviée d^un certain nombre de degrés.

DE l'ÉLKCTBICITÉ. 167

Nous n'avons parié ici de la pile thermo-électrique que comme partie essentiel! • de l'appareil qui sert à Fétude des différentes branches de la chaleur rayonnante; cette pile est disposée habituellement surtine règle divisée sur laquelle on place des accessoires tels qu'écrans^ tablettes^ etc., dont nous n'avons pas à nous occuper ici.

Température des flammes, La marche régulière des effets thermo-électriques, entre certaines limites de température, a permis de les faire servir à la détermination des températures, dans des circonstances surtout où les thermomètres ordinaires ne sauraient être employés. Lors même tpie cette marche ne serait pas parfaitement régulière, il est toujours possible de comparer les indications des appareils thermo- électriques à celles du thermomètre à mercure de manière à faire servir les premières à la détermination des secondes. Ces appareils permettent d'évaluer les températures les plus élevées et les plus basses; commençons par les premières :

La flamme d'une bougie ou d'une lampe h alcool est composée de quatre enveloppes distinctes, savoir :

Fïg. 5G qaat. AG, partie d'un bleu sombre qui s'amincit à mesure Ç qu'elle s'éloigne de la mèche, et disparaît à l'endroit

où la partie extérieure de la flamme s'élève verticalement,

AD, espace obscur visible au travers de l'enveloppe brillante, et qui renferme les gaz émanés de la mèche, lesquels ne peuvent brûler parce qu'ils ne sont pas encore en contact avec l'air.

DF, partie brillante de la flamme.

CEF, enveloppe peu lumineuse dont la plus grande épaisseur correspond au sommet de la flamme brillante; c'est dans cette partie supérieure que la combustion s'achève et que la chaleur est le plus intense.

Voici un procédé très -simple à l'aide duquel on mesure la température de ces diverses enveloppes : on prend deux fils de platifte de âiamètres différents , réunis par un de leurs bouts au moyen de deux crochets passés l'un dans l'autre, et en communication par les deux autres bouts libres avec les extrémités d'un fil du galvanomètre. Ces fils de platine doivent avoir de très-petits diamètres, afin que les points de jonction puissent prendre la température des milieux où ils se trouvent. En élevant successivement la température de ces points depuis zéro jusqu'à 350°, on trouve que l'intensité du courant électrique croît comme la température; par consé-

quent^ avec une table construite à cet effets l'une peut servir à faire connaître l'autre^ en admettant toutefois que cette loi continue au delà^ comme du reste on peut s*en assurer avec un thermomètre à air^ attendu que Ton est toujours très-élpigné du point de fusion du platine^ et que les deux fils étant de même métal, on n'a pas à craindre les effets thermo-électriques complexes résultant de la différence des deux métaux f ).

Cela fait, on a posé les points de jonction des deux fils à la partie supérieure de la flamme bleue ÂC, où rair encore chargé de tout son oxygène commence à rencontrer la flamme, par conséquent, dans l'endroit où la température est la plus élevée ; on a obtenu, dans ime exp<';rience, une déviation de l'aiguille aimantée égale à 2^,S0. Quand l'immersion se faisait dans la partie blanche ou dans la flanune proprement dite, la déviation était de 20"; enfm elle n'était plus que de W lorsque les points de jonction se trouvaient d^ns l'espace obscur autcnir de la mèche. Or, quand on portait la température des l>oints (le jonction à 300°, on avait une déviation de 8**, correspondant à une intensité double du courant produit par une température de 150^. En admettant la loi de continuité, comme on l'a dit, on trouve avec la table que les intensités du courapt correspondant aux déviations 22°,50, 20°, 17«, sont dans le rapport des nombres 54, U, 32, et représentent les températures 1350% 1080* et 780%- il suit de là que i3*")0° représenteraient la température la plus élevée que prend un fil de platine de ^ de millimètre de diamètre dans la flamme d'une lampe à alcool de 6 milHmètres de .diamètre à la partie supérieure de la mèche. On conçoit très-bien que , s'il était possible de négliger la déperdition de chaleur qui s'effectue à la surface des parties du fil contigués aux portions .inmiergées,îes températures trouvées représenteraient avec une assez grande approximation celles des diverses parties de la flamme d'une lampe à alcool; mais comme les résultats ont été les mêmes en opérant avec des fils plus fins que ceux qu'on avait employés, il est permis de croire que le refroidissement indiqué peut être sensiblement négligé.

M. Pouillet a construit un pyromètre magnétique avec lequel il s'est proposé de mesurer les hautes températures.

Ce pyromètre se compose d'un canton de fusil ; du milieu de la culasse du fond part un fil de platine qui est incorporé dansb masse de fer, et qui traverse Taxe du canon pour venhr se souder

(*) Becquerel , Traité çl'électrieité, t. lY, p. 3, et t. V, T* p.

DS l'êlbctbicité.

à uae^iëce de cuivre rouge; de la culasse annulaire part ua second fil de platine. Le premier fil de platine est maintenu par un corps mauvais conductenr au milieu de l'ouverture de la culasse annulaire, pour qu'il ne puisse pas la toucher. Une boussole des sinus est mise en relation avec ce couple thermo-électrique fer-platîne, au moyen de deux fils de cuivre d'environ un millimètre de diamètre. L'instrument a été gradué à l'aide d'un pyromètre à air. H. PouiUet a reconnu que l'intensité du courant était loin d'être proportionnelle & la température : la forée électro-magnétique moyenne correspondant à chaque degré va en otiissant depuis la température ordinaire jusqu'à celle du rouge naissant; elle augmente ensuite pour reprendre à 1000° environ l'intensité qu'elle avait près de zéro, et elle continue ainsi d'augmenter assez rapidement au delà de ce point.

Cette irrégularité dans la marche des effets thermo-électriques dans un couple dont le fer fait partie avait été signalée par l'un de nous dans un premier travail sur les phénomènes thermo-éleoiriques, irrégularité telle qu'à une certaine température les etTets thermo-électriques changent de signe (voir page 160) ; il est préférable de faire usage, pour les hautes températures, de fils de platine de diamètre différent, comme un l'a dit précédemment.

Température à diverses profondeurs dans le sot et dans l'eau. Les courants thermo-électriques peuvent être employés avantageusement aussi à l'étude des variations qu'é|»ouve la température du sol , de la mer et des lacs , à une certaine profondeur au-dessous de U sivface. L'appareil dont l'un de nous a fait usage^pour déterminer la température du lac de Genève, se composait d'un fil de cuivre c et tfiai fil de fer/, soudés par un de leurs bouts et en communication par tes deux autres avec les deux extrémités du fil formant le circuit d'un '■'ft 6'- multiplicateur très-sensible. Le

^"^^ fil de fer, quand il n'a qu'un millimètre de diamètre, ne doit pas dépasser 160 à 200 mèlres de longueur, attendu que le fer est si mauvais conducteur et le courant thermo-é le étriqué si peu intense , qu'wi éprouve des difficultés à l'observer quand les différences de températures varient de 1 à la". Les deux fils

CAU8£S DU DiOAGlMBlIT

doivent être étamés, recouverts de coton et goudronnés^ afin d'éviter la réaction chimique de Teau» Avec ces précautions^ on est assuré que l'appareil n'accuse plus que des courants thermo*électriques.

On les enroule autour d'une roue en bois R, et les deux bouts c et / sont mis en relation avec un galvanomètre. Lorsqu'on vent opérer^ on descend la soudure au fond du lac à l'aide d'un lesty M on observe à chaque instant les déviations du multiplicateur d'où l'on déduit les différences de température de l'eau et de l^air^ l'autre soudure ou du moins le point de jonction du fil/aveo le fil de coivre du multiplicateur étant placé dans l'air,

TempéraiurB des parties intérieures de r homme et des aninuntx. On explore la température des parties intérieures de Fhomme et des animaux , en y introduisant une aiguille ou sonde métallique plus on moins fine , semblable à celles dont on se sert poulr l'aca^ puiu^ure , car il n'existe aucun autre moyen de traverser impunément les organes sans y produire de lésion. Cette aiguille est composée de manière à obtenir des effets thermo-électriques deanaùt immédiatement et avec une grande exactitude ta température du milieu où se trouvent des points déterminés xie la sonde : à cet effet ^ on prend deux aiguilles composées chacune de deux autres soudées par un de leurs bouts, l'une de cuivre et Pautre d'acier. La communication est établie entre les deux aiguilles, d'une part par leur bout acier avec un. fil d'acier de même nature /de l'autre par. leur bout cuivre avec les deux extrémités <lu fil d'un multiplicateur, dont la sensibilité est telle qu'une différence de 0«,10 de température correspond à une déviation de 1". La soudure de l'une des aiguilles mixtes a est placée dans un milieu dont ta température est constante A , tandis que la soudure de l'autre i est introduite dans la partie dont on cherche la température.

Fig. 57 bis.

DB L£I.EGT|liaTB. 171

La source de chaleur contiMite est fournie par l'appareil A de M. Sorel, ou par la boueiie d'une personne qui s'est Imbituéc à res- (HMr par le nez^ afin de ne pas introduire de Tair froid dans la bouche . QuiUid la température n'est pas la même aux deux soudures , il en résulte une déviation de l'aiguille aimantée > due à la production d'un courant tbermo-électrique. Une table des intensités et des températuœs correspondantes donne l'intensité du courant ^ et par soita la différenee de température entre les soudures. La température de Tune d'elles étant connue , celle de Fautre ou du milieu exidoré s^en déduit immédiatement.

Pour ôtre bien certain de l'exactitude des résultats , on opère d'une manière inverse , c'est-à-dire que l'on place la soudure qui •e trouvait dans la bouche^ dans la partie dont on cherche la température > et celle de l'autre aiguille dans la bouche. 8i les résultats sont les mêmes dans les deux cas ^ quand les aiguilles sont iden* tiques, on peut considérer les expériences comme bonnes ; dans le cas contraire , on cherche d'où peut provenir la différence, et l'on coBtimie l'expérience jusqu'à ce que l'on soit parvenu à une égalité parfaite.

Lorsque l'on veut observer les effets de chaleur dans des parties Fis. 67 ter. pcu profondes, on emploie des aiguilles mixtes

acier et cuivre A, dont la soudure est à la pointe a y pour les parties intérieures on peut également employer des sondes mixtes, comme A', dont la soudure est en a'. On j^eut varier ces formes.

Voici les principaux résultats que l'un de nous a obtenus dans une série d'expériences faites en commun avec M. Breschet :

Il existe une différence biep marquée entre la température des muscles et celle du tissu cellulaire dans l'homme et les animaux, différence qui parait dépendre de la température extérieure et de la manière dont l'individu est vêtu ou recouvert. Cette différence dans l'homme varie de i'^^âS à ^y^ en faveur des muscles. On voit par là que les corps vivants se trouvent dans le cas d^m corps inerte dont on a élevé la température et qui est soumis à un refroidissement continuel de la part du milieu ambiant; ce refroidissement se fait sentir d'abord à la surface, puis gagne successivement les couches intérieures jusqu'au centre*

17S CAUSIS OU OÉGÂGBaENT

Le mode d'expérimentation que nous -décrivons ayant l'avantage de constater des effets de chaleur instantanés a permis de montrer que la température des muscles éprouve des variations par la contraction , le mouvement et la compression. Supposons que Tune des soudures soit maintenue à une température de 36"" et que Pautre soit placée dans le muscle Uceps Inrachial , le bras étant tendu : l'aiguille aimantée est déviée de 40* environ. Si l'on ploie alors Tavant-bras de manière à contracter le muscle y la déviation augmente alors de i k^. On attend que l'oscillation et son retour soient achevés^ et à l'instant où elle recommence on ploie de nouveau le bras, afin de donner une nouvelle impulsion à l'aiguille aimantée. On finit ainsi par obtenir une déviation de 15®, correspondant à une déviation définitive de 5», et par suite à une augmentation d'un demi-degré de température centigrade. Cette expérience prouve bien que les contractions ont la propriété d'élever la température dans les parties où elles -se manifestent.

On a prouvé également à l'aide de la méthode thermo-électrique que la compression d'une artère diminue la température des muscles situés au delà du vaisseau adjacent , et qu'il existe une différence entre la température du sang artériel et celle du sang veineux; dans ce dernier cas, cette différence en fkveur du sang artériel est de plus d'un demi -degré. '

Les exemples que nous venons de citer suffisent pour montrer le parti que Ton peut tirer des appareils thermo électriques pour étudier la distribution de la chaleur dans l'intérieur du corps de l'homme, de celui des animaux, et même des végétaux.

De la chaleur dégagée dans le frottement* Les appareils thermoélectriques permettent d'analyser les effets de chaleur produits dans le frottement deç corps solides bons ou mauvais conducteurs (Becquerel).

Lorsque l'on frotte plus ou moins rapidement deux corps l'un contra Pautre, en maintenant toujours le contact, il y a évidemment transmission de chaleur d'un corps dans l'autre ; la quantité transmise dans chacun d'eux dépend de la conductibilité du corps, de sa capacité pour la chaleur et de l'état de sa surface. La chaleur dégagée sur chaque surface ne peut donc être accusée immédiatement. On peut opérer cependant dans des conditions qui permettent d'avoir une valeur approchée. L'appareil dont on fait usage à cet effet se compose d'une pile thermo-électrique P en relationi avec

DE L*BLBCTfiIClTÉ.

un multipUcateur M^ dont la sensibilité est Suffisante pour donner

Fig. 68:

une déviation correspondant à environ un centième de degré centigrade entre les températures des deux faces de la pile. On opère d'abord'avec deux corps de même nature û,6, mauvais conducteurs de la chaleur^ ayant la même dimension^ taillés en rondelles de i à ^millimètres d^é'paisseur, de 1 centimètre environ de diamètre, et ne présentant de différence que dans Tétat de leur surface* Ces corps sont fixés avec du mastic à l'extrémité de tiges de verre c,d : les rondelles ayant été mises au contact par une de leurs faces; on ies presse légèrement Fune contre l'autre, et on leur imprime un mouvem^t uniforme de rotation pendant un temps déterminé. Les deux rondelles sont séparées ensuite rapidement et mises en contact chacune par la surface frottée avec une des faces de la pile, avec laqlietle elle partage la chaleur acquise. Les deux rondelles ont-elles la même température, l'aiguille aimantée reste en repos; la température est-elle différente, l'aiguille est aussitôt déviée> et l'angle d'écart indique la différence de température au moyen de tables qiïi donnent lés rapports entre les déviations et les teiîjpératures. Les effets ne sont comparables entre eux toutefois qu'autant que le frottement est produit avec une vitesse et une pression constantes, et que les deux corps sont séparés rapidement Ikm de l'autre et mis immédiatement en contact avec les faces de la pile, afin de perdre le moins possible de chaleur par le rayonnement.

L expérience prouve que, quelle que soit la nature des disques frottés, lé temps que met l'aigtiille pour atteindre son maximum d'écartement, pourvu qu'il ne dépasse pas 60**, est de dO";pour des écartements de 60 i 70°, il est de 9",5 ; de 9" pour des déviations de 75 à 90°.

Lorsque Ton frotte rapidement l'un contre l'autre deux disques de liège , dont l'un a une surface lisse et l'autre une surface couverte d'aspérités, et -que l'on présente simultanément les deux surfaces

174 CAUSfiD PU uteAOKMBNT

froUces aux deux faces de la pile, on (A)tîeiit un ùcwml ibmoù^ électrique, dont la direction indique que le disque à surface Couverte d'aspérités 9 possède une température plus élevée que l'autre dans un rapport tel que la déviation de Taiguille aimanta varie dfi 10** à i% suivant que Ton a frotté plus ou moins fort.

L'effet est le même avec un verre poli et un verre qui ne l'est pas. Il semble résulter de là que les surfaces qui.ont le plus grand pou>'oir absorbant sont ceux qui s'échauffent le plus dans le frottement.

Avec le verre poli et le liège, le premier prend plus de chaleur que le second dans un rapport tel que chacun d'^ui^ agUcaot êèpir rément^ les déviations de TaiguiUe aimantée sont dana le mpport da 36 : 5^ correspondant à des intensités de courant égales à 30 et ft; il s'ensuit que les quantités de chaleur acquises pendant la-frottemeot et transmises à la pile sont entre elles dans le méime rapport.

Avec le verre dépoli et le liège, le rapport des intenmtés dû courant est de 37 : 7.

1^ comparaison des résultats obtenus en soumettant à Texp^ rience un certain nombre de corps, montre que juequ^ci on ne peat tirer aucune loi simple touchant le dégagement de la choeur dans le frottement, tant sont diverses les causes qui concourent à la pvo* duction du phénomène ; mais on voit que la nature des corps , ébh traction de leur conductibilité exerce une influence que l'état .des surfaces ne détruit pas toujours.

Actions capillaireê. On observe dans ces actions, des «ffets ëecr triques qui peuvent être attribués à des réactions chimiques doot l'existence est quelquefois difficile à constater; il est nécessaire d'en parler afin de préciser les circonstances dans lesquelles ils se présentent (Becquerel).

On met en rapport avec Tun des bouts du fil d'un multiplicateur une cuiller de platine remplie d'adde azotique , dans lequel plonge une éponge en platine en rapport avec l'autre bout de fil. Ia cuiller et répongé doivent avoir-été lavées plusieurs fois avec Pacide azotique , qu'on chasse en faisant roi^r les deux, pièces; c'est après s'être assuré de la netteté des surfaces que l'on commence Texpé^ rience. Souvent il arrive qu'en plongeant une éponge bien sèche dans l'acide de la cuiller, il y a un fort dégagement d'électricité ; L'éponge prend rélectricité négative, comme si elle était at^uée; immédiatement ^aiguille est chassée dans une autre direction, ce qui annonce, qiieja lame et l'éponge se sont polarisiâes de manière

ii£ l'blectbichjî. 175

à produire un courant en sens inverse. Avec de Tacide azotique étendu il n'y a pas de polarisation^ mais le premier courant persévère pendant quelque temps et finit par disparaître. Il y a évidemment là un ^fTet sec<;)ndaire accusé par cette persévérance de courant. L'action capillaire qui donne lieu au phénomène produit peutêtre d'abord une décomposition chimique, ou bien une élévation de température donnant lieu ensuite à un dégagement d'électricité.

Nous indiquions encore dans le chapitre suivant , à propos des effets produits en présence des corps solides et des gaz j d'autres effets dus peut-être à des actions capillaires ^ et qui y à raison de la complication des [^én(»nènes, ont été placés après les actions chimiques.

Lorsque la lumière agit sur certames substances et donne lieu h des réactions chimiques , il en résulte des courants électriques dent il ne sei» question que plus lom y attendu qu'il est néces»ûre de parte avant des diff^ntes réactions donnant lieu à un dégagement d'électricité.

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