‹ Traité d'électricité et de magnétisme et des applications de ces sciences à la chimie, à la physiologie et aux artsChapitre 6 sur 40 · PIS · texte numérisé non relu

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cette méthode permet d'apprécier l'influence que les aimants peu venl exercer sur eux (E. Becquerel}.

On s'est servi d'un autre procédé pour étudier les actions magnétiques exercées sur les gaz, afin do pouvoir comparer les résultais obtenus avec ceux que la première méthode avait donnés (E.

becquerel). Une balance trébuchant au l de milligramme a été disposée du façon que l'onpùt placer au-dessous d'un des plateaux un électro-aimant destiné à agir sur différents corps que l'on y suspendait. De petits ballons semblables à celui qui est représenté sur la figure et eu verre très-mince, mais cependant assez résistants pour maintenir le vide, pouvaient être suspendus sous un des pla- . teaux de la balance. Leur volume a varié de 240 à 250 centimètres cubes. Ils avaient une tubulure étroite et longue de 10 centimètres, puis terminée par un petit robinet en cuivre permettant de Taire le vide et de fermer le ballon.

L'électro-aimant, dont le fer avait 1 centimètres de diamètre [ l centimètres de moins que celui qui avait servi précédemment, lïg. HO et 171), était place de façon que ses faces polaires fussent horiz-ontales. Pour augmenter l'action magnétique, on a disposé au-dessus de chaque face des armatures creuses en forme de sphères, afin que les différents points de l'hémisphère inférieur de chaque ballon fussent fi égaie distance des armatures. Un s'est arrangé pour que dans chaque expérience il y eut de ;i millimètres à I centimètre de distance entre te ballon et les armatures. En même temps que le courant électrique passait dans l'électro-aimant, il circulait autour d'une boussole des sinus située dans une autre pièce, de sorte qu'un pouvait connaître à cliaque instant l'intensité du courant de la pile.

Supposons maintenant que l'on fasse le vide dans un ballon, puis qu'on le remplisse de gaz et ensuite d'eau ordinaire, et que l'on cherche dans chaque cas l'action exercée par l'électro-aimant

UiCSBTISHIS.

en équilibrant la Iralance avec des poids, on déterminera par rapport à l'action do la pesanteur les effets magnétiques produits sur le ballon successivement vide et plein des gai ou rempli d'eau. Si ensuite on retranche de toutes les déterminations l'effet produit sur le ballon vide, on aura l'action exercée sur le corps placé dans le ballon, cl cela abstraction faite de l'effet magnétique produit sur l'enveloppe et les accessoires de l'appareil.

lïn opérant par ce procédé , on trouve les mêmes résultats qu'avec la méthode par la torsion, décrite plus haut; ainsi l'oxygène, et l'air donnent une augmentation rie poids au ballon quand l'aimant agit, tandis que l'eau produit une diminution de poids. Cette méthode est moins sensible que relie de la torsion , et les résultats sont plus longs à obtenir ; seulement les cffels sont rapportés a l'action de la pesanteur, au lieu rie l'être à la force de torsion du fil d'argent. Du reste, dans ces dernières recherches on a comparé également les différents effets produits à la répulsion exercée sur l'eau.

Voici quelles sont les conclusions que l'on peut déduire rie l'ensemble ries recherches dont nous venons rie parler i:. Ilecqucrel) :

1" Entre les limites des intensités de courant comprises depuis I" jusqu'à f>0 éléments de Bunsen et animant les grands électro-aimants décrils plus haut , le magnétisme spécifique de l'oxygène par rapport a la répulsion exercée sur l'eau ne varie pas sensiblement de jLrie sa valeur; ainsi , sur ces deux substances les effets paraissent varier sensiblement (le la même manière quand l'intensité magnétique change. L'action exercée de la part d'un aimant sur les molécules d'oxygène est analogue à celle qui s'exerce sur le fer doux, et, entre certaines limites, varie comme le carré de l'intensité magnétique.

2° La puissance magnétique rie l'oxygène sous un volume donné augmente proportionnel icment à sa force élastique, ou à sa densité, soit que ce gaz agisse comme milieu ambiant pour repousser ries cylindres rte cire, de verre, etc., soit qu'il se trouve plus ou moins condensé dans un ballon en verre. Ainsi l'effet produit est proportionnel à la quantité de particules matérielles d'oxygène renfermées dans un certain volume à une température déterminée.

Dans les déterminations expérimentales, il est donc nécessaire de rapporter le volume du gaz il la même température et à la même pression.

3' A 0° et h 0 m ,1û (le pression le magnétisme spécifique de l'oxygène est représenté par les nombres suivants :

ItUMÉTlUIE, 00

Par rapport a l'eau, [ A volume égid-4- 0,lK3:i.

l'eau étant — 1. I A poids égal -+- 12T,i)HH). Par rapport an fer, | A volume égal 0,0769.

le fer étant 1,000,000. | A poids égal -+- 395,2800.

Ces deux derniers nombres sont hypothétiques et déduits des observations rapportées pages lit.

*° L'air atmosphérique présente les mêmes effets que l'oxygène, mais en vertu de la présente de ce dernier gaz, et par conséquent avee une force qui est les ^ de celle que présente l'oxygène dans li!S mêmes conditions de température et de pressioo ; l'effet de l'azote n'est donc pas appréciable devant celui de l'oxygène.

'.'>' Deux autres gaz sont également attirablcs aux aimants, quoiqu'il un degré moindre que l'oxygène: ce sont le bioxyde d'azote et l'acide azoteux. Les autres gaz ne présentent que des effets infiniment plus faibles, et sont en général repousses par les aimants. Ainsi les trois ç;it <\w l'on vient de nommer sont des corps dans lesquels la puissance magnétique par rapport aux autres gaz se trouve exagérée; de même que le fer, le nickel et le cobalt, par rapport aux corps solides, présentent des cffels beaucoup plus considérables que ceux-ci.

On peut avoir une idée des effets produits, d'après les résultats compris dans le tableau suivant :

(•) Leliviubri- iel.il il > l'.nï.le n/ulni\ t!»l mleu lé il';i[iir-s M l'iili'krr, ijni a ilmiiiii pour ce gaz un nugnttiime s|iéciliquc qui cil les ; de celui ilu deutusyde d'aiole. yusnl à ce dernier Rai, Il a (routé jiar rapf<orl à VnjgjM 0,t«, nombre supérieur i 17,3, qui se dedmt des ciptrieiitos cilëen dans l'ont rage.

TO

On voit d'après ces recherches que la puissance magnétique de riistyjîOiic «st telle que 1 mètre cube de ce gaz , pris à 76 centimètres de pression , et supposé condensé de manière h avoir la même densité que lo fer, agirait sur une aiguille aimantée comme un petit cube de fer du poids de C"* i " ,('- 1 mètre cube d'air, pris à la mémo pression , a mie itctioo représentée par 13 centigrammes de fer, l'effet de l'azote étant trop faible pour changer cette valeur d'une

Si l'on réfléchit qoe lu terre est environnée d'une masse d'air équivalente nu poids d'une couche de mercure de lf> centimètres de hauteur, il est aisé de comprendre qu'une pareille niasse, soumise ù des variations continuelles de température et de pression, doit intervenir dans quelques-uns des phénomènes magnétiques dépendant du magnétisme terrestre. Kn calculant en effet quelle est la puissance magnétique «Je celte masse fluide, oo trouve qu'elle équivaut à une immense lame de fer, d'une épaisseur d'un peu plus de ^ de millimètre, et qui couvrirait la surface totale du globe.

En voyant le magnétisme agir si puissamment sur les gaz, on pourrait croire que le volume de l'oxygène, par exemple , peut changer; niais aucune observation n'a pu indiquer des effets de ce genre, et tous les effets se bornent aux phénomènes d'attraction dont nous avons parlé. 11. Matteucci a indiqué une autre méthode qui permet de montrer l'action du magnétisme sur l'oxygène, l'air, etc.; elle consiste à placer entre les pôles d'un fort électroaimant un tube horizontal rempli d'un liquide tel que l'alcool , et a introduire dans co tuho une bulle d'oxygène, de façon qa'elle se trouve entre les pôles au milieu de la ligne polaire. Au moment où l'aimant agit, la bulle parait se contracter. En ajoutant du chlorure de fer à l'alcool , c'est-à-dire en rendant le liquide du tube magnétique, au lieu de le laisser diamagnOtiqur , on voit les effets diminuer, puis pour une certaine .vmreiiti'atinn de In dissolution, les variations de forme ont lieu en sens inverse. Ces effets proviennent de ce que la bulle , formée d une substance magnétique, est environnée d'un liquide agissant dans un sens ou dans mi autre pour la comprimer, et cela d'après les principes relatifs aux milieux environnants dont on a parlé page iï2.

Influence de la température des corps sur le magnétisme spécifique. Les changements de température, comme on l'a vu page 43, exercent une grande influence sur les pi'cpriélés des métaux magnétiques proprements dils ; il en est de même sur les autres corps qui

sont influencés à un moindre degré par les aimants. D'abord sur l'oxyde de fer aimanté, l'effet est analogue à celui que l'on a indiqué pour le fer, niais cette substance perd son magnétisme, ou du moins la faculté d'être vivement attirée par un aimant, au-dessous du rouge, c'est-à-dire au-dessous de la température à laquelle le fer ne possède plus la faculté d'influencer l'aiguille aimantée.

On a vu que lorsque le fer, le nickel et le cobalt ont été chauffés à un degré convenable, différent pour chaque corps, ils sont insensibles a l'action d'aimants ordinaires; mais dans cet état ils conservent encore la faculté d'être influencés par des électro-aimants puissants, et se conduisent alors comme des corps attirablés aux aimants, quoiqu'il un moindre degré, ou comme le platine, le verre, etc. (Faraday). 'M. Matlcucci a même trouvé qu'un globule de fer en fusion porté à l'extrémité d'une petite aiguille de chaux caustique était encore attiré par un électro-aimant, quoiqu'avec une action très-faible.

En augmentant la température de l'oxygène , on le rend moins magnétique ; mais comme le gaz se dilate, et que l'action est proportionnelle à la densité du gaz, il faut tenir compte de l'effet dû au changement de densité. En faisant cette correction , on n'a pas trouvé, d'aprè-: les procédés pl"}'^, Hitre 10 et (HP que la diminution du iiiagnélisim' spécilirjui.' fut appréciable, puisqu'il densité égale elle n'a pas varié de quelques millièmes de sa valeur (E. Decqucrel ).

L'élévation de la température diminue non-seulement les propriétés magnétiques des métaux , mais encore diminue également l'intensité avec laquelle tes corps diamagnétiqnes sont repoussés par les pôles des aimants. Ainsi le bismuth fondu perd en grande partie, si ce n'est en presque totalité, son pouvoir d'être repoussé par les aimants. D'après M. Matteucci , le bismuth ne perd pas cotte faculté (mit h coup , mais bien graduellement , à mesure qu'on le chauffe jusqu'à son point de fusion. Cette diminution nu se fait pas de la même manière dans les différents corps ; car ïl'paratt que le mercure entre 0 et 300°, le phosphore, l'acide stéariquo et le soufre conservent à peu près la même puissance jusqu'à leur point de fusion. ,

D'uprès cela, l'influence de la chaleur est donc telle que les actions attractives cl répulsives exercées de la part d'un centre d'aimantation sur différents corps tendent à diminuer à mesure qu'elle est portée à un plus haut degré, mais dans une proportion différente,

T2 HAGUÉTISkE.

suivant la nature de ces corps. Du reste, nousavons montré, pages 27 et suivantes, que les actions moléculaires, comme la tempérai lire, pouvaient modilier beaucoup les propriétés du fer lui-même, et nous allons indiquer les change mcnls que la inilure et la stnicture apporlent au développement des ai-lions magnétiques.

Influence de la nature des corps mr le magnétisme spécifique. Les propriétés magnétiques des corps dépendant de leur nature et de lotir arrangement moléculaire, les exemples que nous allons donner vont montrer que les effets sont très-compliqués, et que jusqu'ici il n'a pas été possible de lier entre eux les divers phénomines.

M. Sturgeon, en opérant avec des aimants ordinaires, a trouvé qu'un alliage d'argent pur et de cuivre, dans lequel ce dernier métal entre pour i, est plus magnétique: que les objets d'argent essayés (mais dans ce cas a-t-il évite des traces do fer, car on sail niainti/uatil que l'argent est diamagiiéliqiie ■.' !, D'après le même physicien, il y a des corps qui neutralisent l'action magnétique des métaux plus forlement que d'autres ; tels sont l'antimoine, le zinc, l'étain, le plomb, etc. Un alliage à parties égales de fer et de zinc est presque Insensible à l'action des aimants.

Les combinaisons îles métaux magnétiques proprement dits, c'est-à-dire du fer, du nickel et du cobalt, sont ou général magnétiques, et l'on peut voir, page 44, plusieurs déterminations indiquant la puissance; de quelques-unes d'entre elles. Klles donnent un pouvoir magnétique moindre que celles du fer ou du métal qui s'y trouve contenu. Mais ce ne sont pas les seules combinaisons qui soient magnétiques, et il y a même des cas où un composé ferrugineux peut être repoussé par les aimants ; c'est ce qui arrive à l'égard du cyanure jaune de fer: quand il est privé d'eau de cristallisation, il csldiamagnétiquo, et cependant il renferme prés 1-J p. 100 de fer.

Si l'on examine les combinaisons des métaux diamagnétiques. el entre autres de deux, des métaux qui présentent les plus faibles actions, le cuivre i l l'argent Ivoir page *iï), ou trouve Ips résultats suivants : le bioxyde de cuivre, le peroxyde d'argent et l'acide anlimiiiiique siuit magnétiques . tandis que le protoxyde de cuivre, l'oxyde d'argent et l'acide antimuniéiix sunt repoussés par les aimants (Maiteucci). Ainsi, dans ce cas, la com|>osiliim a une influence marquée. On pourrait penser d'après cela que l'effet magnétique des peroxydes est dù il l'accu mu la lion de l'oxygène dans la combinaison ; niais, si l'on examine le chlorure de cuivre, nn trouve

qu'il constitue un corps attirable à l'aimant, quoique ses éléments, le chlore et le cuivre, soient tous deux des substances diamagnétiqucs.

Nous pourrions multiplier ces exemples , niais ils suffisent pour montrer qu'il n'y a pas, quant à présent, aucune règle certaine touchant l'influence de la composition sur le magnétisme spécifique ; il serait à désirer que le sujet pùl être étudié de nouveau.

Nous indique! dus, en terminant, quelques considérations sur la nature des mélaux magnétiques.

M. Delarive a fait observer k ce sujet, comme ou l'avait déjù remarqué depuis longlcmps, que les corps magnétiques sont ceux qui, sous le même volume, renferment le plus grand nombre d'atomes chimiques, et les corps diam a gne tiques ceux qui en renferment le moins. On appelle volume atomique le rapport de lit densité à l'équivalent chimique, l'our li s métaux on a :

Deux métaux font exception u celte règle, ce sont lo cuivre et le zinc dont les poids des volumes atomiques m' rapprochent de ceux des métaux magnétiques ; mais ecs nu/taux sont sur la limite, pour ainsi dire, puisqu'ils sont trés-faihlementrepousscs.ctquedu reste les combinaisons du cuivre avec l'oxygène et le chlore sont magnétiques.

On doit également n-marquiT qu'en général les métaux qui sont magnétiques sont moins bons conducteurs de l'électricité, et les mrlau\ diiiiiiiigi]i' , liqui ,i: si m il meilleurs conducteurs.

Influence de In structure xrtr le mayiiriiuue. s/H-ci/ir/ae. Cristaux. Les substances cristallisées, de même qui; les solides, les liquides et les gnz, obéissent à l'action dcsaimauls puissants, et leur niasse est attirée ou repoussée, suivant les qualités spéciales de chaque substance. En général, les cristaux naturels, colorés ei ferrugineux [tourmaline, etc.) sont magnétiques; les substances, comme la chaux carbonatec, le quartz, etc., sont dia magnétiques et sont repoussées. Mais la position des cristaux par rapport aux pôles de

74 tUOM'TISHK.

humant peut faire varier l'intensité de ln force, et il en résulte qu'une substance cristallisée suspendue entre les pûles d'un aimant prend une position qui dépend non-seulement de sa forme extérieure, comme cela a lieu dans les corps amorphes, mais encore de la position des axes de cristallisation. Supposons, par exemple, qu'on taille en cube un morceau de spath d'Islande , et que ce cube puisse être suspendu librement par son centre de gravité entre les pales d'un aimant. Ce cube ne se pincera pas d'une manière quelconque par rapport a ln ligne des pôles, et il prendra une position telle que l'axo de double réfraction sera perpendiculaire à la ligne des pôles; c'est ee qu'on exprime en disant que l'axe du eristal prendra une direction éqnntoriale.

Ou ne peut pas opérer ainsi , car on prend habituellement des substances cristallisées taillées suivant J.i fonne de l'échantillon que l'on soumet à l'expérience; il esl nécessaire alors, en les suspendant à un til de cocon entre les pôles d'un électro-aimant semblable a celui de la figure l~0, de placer les pôles assez loin pour que l'action dépendante de la forme île la substance et de la manière dont est taillé le barreau ne vienne pas détruire l'effet produit par la différence de structure.

Nous rapporterons à ee propos l'action magnétique exercée dans deux directions différentes sur un même cristal de spath d'Islande, et montrant l'iiilhienre de la position de l'axe du eristal par rapport it In ligne des pilles. On a placé dans l'appareil représenté iig. 170 deux cristaux paraMclipipédiqucs de spath d'Islande taillés du façon que l'axe soit perpendiculaire à la longueur, et que la longueur du barreau ab fit un angle de ÎO à 2 S" avec la ligne des pôles de l'électro-al ruai K ; en mettant successivement l'axe de chaque cristal horizontal mi vertical , on a eu pour le magnétisme spécifique :

MMritMt «Mm

Axe horizontal — 1

I i l"exp. ... — 1,61

Axe vertical... ! I" 1 ™"- | 2 " exp -1,68

I 2 r barreau — 1,69

Ces résultats doivent être légèrement modifiés par suite de l'inclinaison de la longueur du barreau sur la direction de la ligne des pôles, l'angle formé étant de 20 ù 2.1 J . En admettant ce nombre, on voit que l'on peut dire qu'en présentant un aimant a un cube de spnlh d'Islande taillé de façon qu'une de ses arêtes soit parallèle à

son grand axe, lu répulsion exercée est moins grande quand l'axa pi ■nlfHiî.'i! j>i(sse par le pôle de l'aimant, et le rapport des efTets produits dans cette position, et quand l'axe est perpendiculaire, est h peu près de 3 à 5 (E. Becquerel).

En opérant avec la tourmaline , le spath d'Islande, le béryl, la dioptuse, on trouve que l'axe de double réfraction se met en général équatorialemenl avec l'axe des pôles (Pluckcr).

Avec des cristaux de birimiîh. d'antimoine, d'arsenic, substances diainaguéliques en masse, le grand axe se met dans In direction de la ligne des pôles (Faraday).

11 n'y a pas de règle qui permette d'indiquer la position que doit prendre un cristal quelconque suspendu cuira les pôles d'un aimant par rapport à la l'un ne du eri-tal. M. l'iuckrr avait cru pouvoir déduire de ses expériences : l' que dans un cristal à un axe optique, la direction de cet ave était celle de la ILuie des pôles , ou éqnaloriale il celle-ci , suivant que le crislal était positif ou négatif; 2° que dans les cristaux, à deux axes, c'était la ligne moyenne qui était tantôt dirigée dans la ligne des pôles, tantôt à angle droit.

Mais depuis on a reconnu un grand nombre d'exceptions ti ces conclusions. Ainsi un cri -lai il" spaili rali aire H un crislal de carbonate de fer, li>us déni de même forme, le premier étant diaumgnétique el le second magnétique, présentent cet. effet , que le spath calcaire a sou axe dirigé éqaatorialemcnt , et le carbonate do fer dans la direction de l'axe polaire, l.e sulfate de inii^nésie et le sulfate de zinc ont la même forme cristalline, et sont diamapnétiqucK ; leur axe est dirigé équalo> , N:lci!L''n! ; sull'ale de nickel, qui a la même forme qu'eux, a son axe dirigé suivant la ligne des pôles de l'aimant. On pourrait citer encore d'autres exemples. (Tyndall et Knoclaucb.) Ainsi, il n'y a aucune loi générale réglant la position du cristal entre les pôles , la composition chimique comme la forme cristalline exerçant une influence sur cette direction.

MM. Tyndall et Knoblauch, en étudiant ces phénomènes , ont expliqué ces effets en admettant que par le fait de leur structure les crislaux présentent certaines directions suivait) lesquelles l'action magnétique est plus énergique que suivant d'antres, par cela même que les particules sont plus ou moins l'approchées dans ces directions.

Afin d'imiter artificiellement ce qui se passe dans ces condilions, on découpe dans une feuille de papier à l'émeri plusieurs bandes de papier de 3 centimètres de longueur et de 7 à 8 millimètres de lar-

geur ; on les superpose ni lus faisant adhérer nu moyen de gomme, do manière à former un parallélépipède qui représente un eristal magnétique dans lequel les plans de clivage sont parallèles à l'axe. Ce parai léli pi pède entre tes pôles des aimants prend la direction de la ligne des pôles. Toutefois, si l'on forme un second parallélipipède également de Ij centimètres de longueur, mais par la superposition de bandes entrées du même papier de 1 à 8 millimètres de côté, ou « le modèle d'un eristal magnétique dont les plans de clivage sont perpendiculaires à la longueur; entre les pâles de l'aimant, il se dirige crpuilorialciiient à la ligue des pèles. Les couches sont dans tes deux cas verticales : dans te premier, elles sont parallèles à la plus grande longueur; dans le second , elles lui sont |ierpendicii-

En plaçant a la surface du papier de la poudre de bismuth au lieu de poudre d'émori, el construisant également deux parallélipipèdes,on tenue deux systèmes qui se placent, l'un dans la direction do l'axe d'aimantation, l'autre perpendiculairement, et cela dans des conditions opposées à celles que présente l'émeri.

Si l'on forme une pâte avec des poudres de diverses substances el de la gomme, et que l'un façonne celle pâte un barreaus, en ayant soin de la comprimer dans une direction déterminée, on trouve que la compression influe également sur la disposition que possède les barreaux à se placer dans la ligne dus pôles ou perpendiculairement il cette ligne. Avec te carbonate de fer en poudre, substance magnétique, la ligue de plus grande compression prend la direction axiale; avec la poudre de bismuth , substance diamagnétique , reflet est

Ainsi l'on peut considérer les effets que présentent les substances

cristallisées ci muni' renli'unl dans les effets généraux observés avec les corps amorphes , mais modifies pur le groupement particulier on la compression des molécules, lis dépendent donc proteiMeim-iil de la différence d 'élasticité do l'éther dans les diverses directions, comme la propagation de la lumière en dépend.

Considérations théoriques. Avant de terminer ce chapitre, il est nécessaire d'examiner comment on peut expliquer les actions diamagiieliques. Ksl-il nécessaire d'admettre, comme ou l'a proposé, deux genres d'actions exercées de la part des aimants sur les corps: action magnétique produisant sur certains d'entre eux les effets d'attraction el de répulsion analogues à ceux qui s'exercent sur le fer, le nickel et le cobalt, à l'intensité près; action diamagnetique

IHU.MJTISHE.

tout à fnit différente et s 'exerçant sur tous les corps; cette seconde force serait, par exemple, du genre de l'ai traction moléculaire?

Il semble qu'il est possible de lier entre eux res différents phénomènes sans qu'il soit liesoin d'admettre deux genres d'actions diffé rentes, et que l'on peut expliquer le diamagnétisme à l'aide de considérations fort simples: on a démontré, en effet, que l'action exercée sur une substance plongée dans un milieu est la différence des actions exercées sur cette substance et sur ce milieu. Si l'on admet donc les deux conclusions suivantes :

1° Tous les corps s'aimantent momentanément sous [Influence d'un aimant, comme le fer doux lui-même, mais à un degré plus ou moins marqué, suivant leur nature ;

î° L'ne substance plongée dans un milieu est attirée par un centre magnétique, avec la différence des actions exercées sur cette substance et sur le milieu déplacé;

Sil'on adopte, en outre, l'hypothèse que les actions magnétiques qui se développent dans les corps ne sont dues qu'il la présence il'uti milieu éthére qui les pénètre, il est facile de se rendre compte de tous les effets du diamagnétisme, en supposant que le milieu éthéré est plus ou moins influence dans les différents corps, et qu'une enceinte vide (c'est-à-dire vide d'air, telle que le vide de nos machines pneumatiques) renferme encore ce milieu élhéré dans un état tel, qu'il se comporte comme plus magnétique que les substances repoussées par les aimants dans cetlc enceinte. Alors, s'il en est ainsi, la force qui attire ces substances étant moindre que l'action exercée sur !e milieu déplacé, ces corps doivent fuir les pôles des aimants , de même qu'un ballon plein de gai s'élève dans l'air, non pas parce qu'il est repoussé par la terre , mais parce qu'il est moins pesant que le volume d'air déplacé par lui , et que celui-ci, par sa réaction, le force à s'éloigner de la surface du globe.

On a présenté contre celte manière de voir une objection B laquelle il est facile de répondre : lorsque la répulsion a lieu entre un aimant et le bismuth, par exemple, si le bismuth s'aimante par influence, il doit présenter en face de l'aimant un pôle de nom contraire nu p<Mc le plus rapproché. On devrait par conséquent avoir des traces de polarité dans les substances diamriguéfiques soumises à l'influence des aimants. Or, jusqu'ici les expériences les plus délicates entreprises à ce sujet n'ont montré aucune trace de polarité ni temporaire ni permanente dans le bismuth , soil polarité cou-

T8 M1GNHTIMU.

traire à celle îles pôles magnétiques actifs, soit polarité semblable. MM. Poggcndurf, Reich, Wcber, etc., d'après leurs recherches , avaient été conduits à conclure que dans le bismulli il se produisait des pûles de même nom que ceux qui étaient dans les aimants en regard ; mais, d'un autre côte, ainsi qu'on le verra dans le XI' livre, on a cherché à démontrer que ces effets pouvaient être expliqués par des actions d'induction. Du reste, celte polarité est précisément celle que l'un devrait ubserver, si ello était appréciable, car, dans l'hypothèse précédente, le corps soumis à l'action de l'aimant reste toujours environné du milieu éthéro soumis lui-même à l'action polaire; de sorte que l'effet de réaction produit par le milieu domine toujours l'action exercée par la substance diamugnétique; ainsi, quuique le pôle développé pur iidlui'ucedans le bismuth soit de nom contraire à celui de l'aimant, l'effet d'une polarité semblable dans les couches du milieu environnant est de donner lieu à une action extérieure qui semble produite par un pôle de même nom que celui de l'aimant.

Nous devons faire remarquer qu'uni- considération en faveur (le la polarité diamagnélique, est celle qui résulte des effets auxquels nous avons été conduit, et cité page ."iM r du moment que l'action varie entre certaines limites comme le carré de l'intensité magnétique, il est certain que le corps ne joue pas un rôle purement passif, et qu'il donne lieu a une polarité analogue à celle qui se développe dans le fer doux.

Une objection que l'on peut présenter contre cette explication des effets diainagnéliques, c'est que l'on est forcé d'admetlre une pression cxeri-ée île la part du l'étlicr sur les corps pour produire les mouvements observés, idée qui n'a pus encore été introduite jusqu'ici dans les explications des phénomènes physiques, mais qui n'est pas invraisemblable.

M. Delarive a cherché à expliquer les phénomènes diamapnctiques par une action d'induction moléculaire qui se passerait dans les molécules mêmes des corps, tandis que l'iuduelion ordinaire et dont il sera question dans le hue M 1 ' donnerait lieu à des courants éledriques dans l'intérieur du métal eon duc leu r , avec cette différence que celle-ci i'st instantanée, taudis que la première durerait autant que lu cause inductrice. Mais celte explication revient à admettre deux espèces de forces, ou du inoins deux genres d'action, ainsi qu'on l'avait fait avant; seulement M. Delarive spécifie la nature de la fon t; diamagnélique, en la rapprochant de lu cause de la

force magnc!irjuc, rapportée pur Ampèie à des i ijuivitrtséleclriques.

lin a proposé également d'autres théories plus ou moins ingénieuses pour expliquer les phénomènes diamagnétiques, mais le hut priucipaiumenl expérimental de cet ouvrago ne nous permet pas de les exposer ici; nous n'avons indiqué la première hypothèse que comme servant à lier tous les résultais connus d'une manière plus simple qu'on ne l'a fait jusqu'ici, et sans préjuger la cause première des phénomènes magnétiques (E. Becquerol).

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