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soin bout à bout^ et dont les extrémités communiquaient à un multiplicateur à fil courte appareil indispensable dans les recherches relatives aux effets thermo-électriques (Becquerel),
DÉSIGNiiTlOIf dit loudurei.
TEMPÉRATURE de la soudure
loumise à l'expérieuce.
DÉVIATION
comepondtale
de raigiiille
aimantée.
INTENSITÉ du couraot électrique.
+ — Fefi éUin , •
to
Sl,24
CuivM. nlatiBA
Ppr fiulVTfl.
Àrsent • cuifrc »...
Fêr. trsent* t . • *
Fer, platiM
f^lll VTA 4tftiD
Zinc . cuiTrfi • .
-♦- — A rsiiit . or.
En comparant les intensités, on trouve que, pour une température de 20*, chaque métal acquiert une puissance thermo-électrique telle que Tlntensité du courant produit au contact de deux métaux est égale à la difTérence des quantités qui représentent chacune de ces puissances dans chaque métal. Ainsi, en désignant cette puissance par p, on aura, pour l'intensité du courant, lorsqu'on élève la température de la soudure fer-cuivre, pfev^p cuivre =Î7,96; de même, pour le platine et le fer, p fer — p platine = 36,07 ; en retranchant la première expression de la seconde, on a/? cuivre — p platine =8,11 , au lieu de 8,55 que donne rexpérience. La soudure fer-étain donne 31,24; celle cuivre étain, 3,50: la différence fercuivre est donc 27,74 au lieu de 27,96 donné par rexpérience. Il est bien démontré ainsi que Tintensité d'un courant thermo-électrique est égale à la différence des actions thermo-électriques produites dans chaque métal par la même température : essayons de déterminer chacune de ces actions.
Si l'on représente la puissance ou Taction thermo-électrique du fer à 20* par a:, on a :
DE h ELBCTB|C1T£. |09
p fev =3p
p argent = x — 26,20 p ov = a? — 26,70 p zinc =x — 26,96 p cuivre ssx — 27,96 p étain = a:— 31,24 p platine = a? — 36
Pour déterminer x, il faudrait pouvoir mesurer exactement Pintcnsité du courant produit, quand on opère avec deux fils de fer faisant partie du même circuit et n'ayant pas la même température aux points de contact; mais cette détermination présente de grandes difficultés.
Si rintensité du courant croissait toujours proportionnellement à la température , les rapports précédents pourraient servir pour toutes les températures; mais il n'en est pas ainsi; cela n'a lieu en général que pour celles qui sont inférieures à 100°.
Dans cet arrangement , chaque métal est négatif par rapport à celui qui le précède. Si x était connu, le pouvoir thermo-électrique 8*en déduirait ; mais, comme le fer est positif par rapport à tous les métaux qui entrent dans le circuit, on en conclut seulement que sa valeur, dans le cas actuel , est supérieure à 36.
lyun autre côté, Tor, l'argent et le zinc ont des pouvoirs à peu près égaux. Or, quand on cherche parmi les propriétés calorifiques celles qui sont sensiblement les mêmes pour ces différents métaux , on ne voit que les pouvoirs rayonnants qui s'y rapportent. En supposant donc que ces derniers soient proportionnels aux pouvoirs thenno -électriques, ce qui forcerait d'admettre que dans les circuits métalliques il y a au contact un rayonnement semblable à celui qui a lieu dans l'air, et que la différence des pouvoirs rayonnants est aussi une des causes qui influent sur le sens et l'intensité du courant, on parvient alors, mais pour ce cas-là seulement, h déterminer la valeur de ic , car on a : x : a; — 26,70 : : 15 : 12, les nombres 15 et 12 représentant le pouvoir rayonnant du fer et de l'or; en tirant de cette proportion la valeur de x et la substituant dans les expressions j? argent, p or, etc., on trouve:
p fer 133,50
p argent 407,30
p or 406,80
p rinc 406,54
p cuivre i06,54
p étain 402,54
p platine 97,50
Efjeis therrmhélectriques dans les liquides. Le contact des liquides inégalement chauds peut donner Heu aussi à des courants électriques, comme dans les solides, mais les effets se compliquent de ceux qui ont lieu quand les électrodes ont des températures inégales, puisque, lorsqu'il s'agit de liquides, il est toujours nécessaire d'employer des lames métalliques pour s^emparer de l'électricité.
L'expérience indique qu'une lame chaude est négative par rapport à une lame froide, lorsqu'on plonge l'une et l'autre dans Teau ou une solution alcaline, ces deux lames communiquant ensemble par Pintermédiaire d'un multiplicateur; le contraire a lieu dans un acide. Les effets étant les mêmes par le contact d'un liquide froid avec un liquide chaud , on peut en conclure que l'immersion d'une lame chaude de métal dans un liquide échauffe la couche liquide qui entoure cette lame , d'où résulte un courant électrique dû à la réaction de la couche chaude sur le liquide environnant.
Mais dans le mercure ou les amalgames liquides, il paraît qu'il ne se produit pas d'effets de ce genre, car M. Matteucci est arrivé aux résultats suivants : Si Ton plonge les deux bouts libres de deux fils du même métal , en communication avec un galvanomètre et inégalement échauffés, dans un bain de mercure, ou bien si on les tient plongés dans ce même métal ou tout^utre bain d'alliage métallique contenu dans deux capsules, réunies par un siphon contenant également du mercure ou de l'alliage , dont l'une est chaude et l'autre froide, le cuivre, le platine, le fer, à l'exception du bismuth, donnent à toute température des courants dirigés du chaud au froid, comme dans les fils qui se touchent. En opérant avec trois capsules remplies de mercure et en communication avec les siphons, afin que les deux capsules extrêmes possèdent la même température, on n'a pas eu de courant.
Le fait suivant vient encore à l'appui de cette dernière conclusion. L^amalgame cristallisé de bismuth (5 bismuth, 1 mercure) possède un très-grand pouvoir thermo-électrique, qui se perd à l'état de fusion.
Piles thertno^lectriques. On appelle couple thermo-électrique un circuit fermé composé de deux métaux différents dont on a chauffé l'une des soudures, afin de produire un dégagement d'éiec-
DE L ELECTBICITE.
tricité. En réunissant plusieurs couples semblables^ on forme des piles thermo-électriques soumises aux mêmes lois de conductibilité que les piles ordinaires, comme on le verra dans le chapitre IV de ce livre. Quoiqu'on ait varié beaucoup leurs formes, la quantité d'électricité qu'elles donnent étant peu considérable, on ne les a utilisées jusqu'ici que comme sources électriques constantes de peu d'intensité, en maintenant leur température au même degré.
On peut citer la forme suivante, employée par M. Pouillet, et qui donne des résultats satisfaisants :
Fig. M bU.
ABCD est une réunion de barreaux de bismuth joints ensemble, auxquels sont soudés en A et D deux gros fils de cuivre AE, DP. Si l'on met les deux bouts E et F en relation avec un multiplicateur, il est évident qu'en chauffant une des soudures A ou D, le couple thermo-électrique cuivre-bismuth donnera un courant dans un sens ou dans un autre. Pour faciliter l'élévation de température , deux vases en cuivre M, N peuvent s'élever ou s'abaisser le long de deux montants en cuivre ab, cd, de sorte que les soudures A et D peuvent être plongées à volonté dans les vases. On élève alors un des vases N, que l'on remplit d'eau dont on porte la température jusqu'à l'ébullition. On met de la glace dans l'autre vase M, et on plonge l'autre soudure dans celle-ci. Tant que la différence de la température entre les deux soudures est constante, le courant ne varie pas d'intensité.
Les effets d'inversion qui se produisent au delà d'une certaine limite de température, ainsi qu'on peut le voir d'après le tableau de la page i60, montrent que l'on n'a aucun avantage à se servir d'une pile thermo-électrique fer et cuivre dont on porterait la température d'une partie des points de jonction jusqu'au rouge.
Emploi des effets thermo-électriques pour apprécier de très-faibles changements de température, MM. Nobili et Melloni ont construit
en commun une pile thermo-électrique d'un très-grande sensibilité^ qui les a mis à même de faire des expériences intéressantes sur la chaleur rayonnante ; mais nous nous bornerons à décrire la pile perfectionnée par M. Melloni , laquelle se compose de cinquante petits barreaux de bismuth et d'antimoine placés parallèlement les uns à côté des autres et formant un seul faisceau prismatique
FF', dont la longueur est de 30 millimètres et la section de 96 millimètres carrés. Les deux faces terminales sont noircies; les barreaux de bismuth, qui se succèdent alternativement avec ceux d'antimoine^ sont soudés à leurs extrémités et séparés dans toute leur longueur par une substance isolante* Le premier et le dernier barreau portent chacun un fil de cuivre qui vient aboutir à Tune des chevilles CG, de même métal , passant à travers un morceau d'ivoire fixé sur l'anneau A. L'intervalle compris entre la surface intérieure de cet anneau et les éléments de la pile est rempli de matière isolante. I^es extrémités libres de ces deux fils sont mises en communication avec les deux bouts du fil d'un multiplicateur, indiquant par les déviations de Taiguille si la température de la face antérieure de la pile s'élève ou s'abaisse par rfq)port à celle de la face postérieure.
Au moyen d'une charnière convenablement placée , l'axe de la pile peut être placé sous différentes inclinaisons. Pour garantir les faces des rayonnements latéraux, on adapte sur les deux côtés de l'anneau les tubes de métal B, B', brillants à l'extérieur et noircis à l'intérieur. C'est avec cet appareil que l'on a pu étudier les diffé^ rentes circonstances du rayonnement de la chaleur, car le rayonnement provenant de différences de température très-petites entre les corps sufiit pour que l'aiguille d'un galvanomètre à fil court en relation avec les deux fils G, G' soit déviée d'un certain nombre de degrés.
DE L*£LKCTRICITB. 167
Nous n'avons parlé ici de la pile thermo-électrique que comme partie essentiel! • de l'appareil qui sert à Fétude des différentes branches de la chaleur rayonnante; cette pile est disposée habituellement dur une règle divisée sur laquelle on place des accessoires tels qu'écrans^ tablettes, etc., dont nous n'avons pas à nous occuper ici.
Température des flammes. La marche régulière dos effets thermo-électriques^ entre certaines limites de température^ a permis de les ftdre servir à la détermination des températures, dans des circonstances surtout où les thermomètres ordinaires ne sauraient être employés. Lors même que cette marche ne serait pas parfaitement régulière^ il est toujours possible de comparer les indications des appareils thermo-électriques à celles du thermomètre à mercure de manière à faire servir les premières à la détermination des secondes. Ces appareils permettent d'évaluer les températures les plus élevées et les plus basses; commençons par les premières :
La flamme d'une bougie ou d'une lampe à alcool est composée de quatre enveloppes distinctes, savoir :
Fig. 56 quai. AC , partie d'un bleu sombre qui s'amincit à mesure 5 qu'elle s'éloigne de la mèche, et disparaît à Tendroîl
où la partie extérieure de la flamme s'élève verticalement.
AD, espace obscur visible au travers de l'enveloppe brillante, et qui renferme les gaz émanés de la mèche, lesquels ne peuvent brûler parce qu'ils ne sont pas encore en contact avec l'air.
DF, partie brillante de la flamme.
CEF, enveloppe peu lumineuse dont la plus grande épaisseur correspond au sommet de la flamme brillanle; c'est dans cette partie supérieure que la combustion s'achève et que la chaleur est le plus intense.
Voici un procédé très-simple à l'aide duquel on mesure la température de o^s diverses enveloppes : on prend deux fils de platine de diamètres différents , réunis par un de leurs bouts au moyen de deux crochets passés l'un dans l'autre, et en communication par les deux autres bouts libres avec les extrémités d'un fil du galvanomètre. Ces flls de platine doivent avoir de très-petits diamètres, afin que les points de jonction puissent prendre la température des milieux où ils se trouvent. En élevant successivement la température de ces points depuis zéro jusqu'à 350% on trouve que l'intensité du courant électrique croH comme la température; par consé-
quent, avec une table construite à cet effet, l'une peut servir à faire connaître l'autre, en admettant toutefois que cette loi continue au delà, comme du reste on peut s* en assurer avec un thenno* mètre à air, attendu que Ton est toujours très-éloigné du point de fusion du platine, et que les deux fils étant de même métal, on n'a pas à craindre les effets thermo-éléctriques coniplexes résultant de la différence des deux métaux (*).
Cela fait, on a posé les points de jonction des deux fils à la partie supérieure de la flamme bleue AC, où Tair encore chargé de tout son oxygène commence à rencontrer la flamme, par conséquent, dans Tendroit où la température est la plus élevée ; on a obtenu, dans une expérience, une déviation de l'aiguille aimantée égale à 22*»,50. Quand l'immersion se faisait dans la partie blanche ou dans la flanune proprement dite, la déviation était de 20**; enfin elle n^était plus que de 17° lorsque les points de jonction se trouvaient dans l'espace obscur autour de la mèche. Or, quand on portait la température des j)oints de jonction à 300°, on avait une déviation de 8°, correspondant à une intensité double du courant produit par une température de 150°. En admettant la loi de continuité, comme on l'a dit, on trouve avec la table que les intensités du courant correspondant aux déviations 22°,50, 20°, i7^, sont dans le rapport des nombres 54, 44, 32, et représentent les températures 1350°, 1080° et 780°; il suit de là que 1350° représenteraient la température la plus élevée que prend un fil de platine de ^ de millimètre de diamètre dans la flamme d'une lampe à alcool de 6 millimètres de diamètre à la partie supérieure de la mèche. On conçoit très-bien que , s'il était possible de négliger la déperdition de chaleur qui s'eflectue à la surface des parties du fil contiguës aux i)ortions immergées , les températures trouvées représenteraient avec une assez grande approximation celles des diverses parties de la flanmie d'une lampe à alcool; mais conmie les résultats ont été les mêmes en opérant avec des fils plus fins que ceux qu'on avait employés, il est permis de croire que le refroidissement indiqué peut être sensiblement négligé.
M. Pouillet a construit un pyromètre magnétique avec lequel il s'est proposé de mesurer les hautes températures.
Ce pyromètre se compose d'un canon de fusil ; du milieu de la culasse du fond part un fil de platine qui est incorporé dans la masse de fer, et qui traverse Taxe du canon pour venir se souder
(*) Becquerel , Traité d'électricité, t. IV, p. 3, et t. V, 1" p.
DB L ÉLBCTAICITÉ* 169
à une pièce de cuivre rouge; de la culasse annulaire pari un second fil de platine. Le premier fil de platine est maintenu par un corps mauvais conducteur au milieu de l'ouverture de la culasse annulaire, pour qu'il ne puisse pas la toucher. Une boussole des sinus est mise en relation avec ce couple thermo-électrique fer-platine^ au moyen de deux fils de cuivre d'epviron un millimètre de diamètre L'instrument a été gradué à l'aide d^un pyromètre à air. M. Pouillet a reconnu que l'intensité du courant était loin d'être proportionnelle à la température : la force électro-magnétique moyenne correspondant à chaque degré va en croissant depuis la température ordinaire jusqu'à celle du rouge naissant; elle augmente ensuite pour reprendre à 400O» environ Pintensité qu'elle avait près de zéro, et elle continue ainsi d'augmenter assez rapidement au delà de ce point.
Cette irrégularité dans la marche des effets thermo-électriques dans un couple dont le fer fait partie avait été signalée par Tun de nous dans un premier travail sur les phénomènes thermo-électriques, irrégularité telle qu'à une certaine température les effets thermo-électriques changent de signe (voir page i60); il est préférable de faire usage, pour les hautes températures, de fils de platine de diamètre différent, comme on Ta dit précédemment.
Température à diverses profondeurs dans le sol et dans l'eau. Les courants thermo-électriques peuvent être employés avantageusement aussi à l'étude des variations qu'éprouve la température du sol y de la mer et des lacs , à une certaine profondeur au-dessous de la surface. L'appareil dont l'un de nous a fait usage pour déterminer la température du lac de Genève, se composait d'un fil de cuivre c et d'un fil de fer/, soudés par un de leurs bouts et en communication par les deux autres avec les deux extrémités du fil formant le circuit d'un P'fr 67. multiplicateur très-sensible. Le
fil de fer, quand il n'a qu'un milhmètre de diamètre, ne doit pas dépasser i60 à 200 mètres de longueur, attendu que le fer est si mauvais conducteur et le courant thermo-électrique si peu intense, qu'on éprouve des difficultés à l'observer quand les différences de températures varient de i à 15°. Les deux fils
CAUSES DU DéOAGlMENT
doivent être étamés, recouverts de coton et goudronnés^ aHn d'éviter la réaction chimique de l'eau. Avec ces précautions^ on est assuré que Fappareil n'accuse plus que des courants thermo*éIectriques.
On les enroule autour d'une roue en bois R^ et les deux bouts c et / sont mis en relation avec un galvanomètre. Lorsqu'on veut opérer^ on descend la soudure au fond du lac à l'aide d'un lest^ et on observe à chaque instant les déviations du multiplicateur d'où l'on déduit les diflÛrenees de température de l'eau et de l'air, l'autre soudure ou du moins le point de jonction du fil /avec le fll de cui* vre du multiplicateur étant placé dans l'air.
Température des parties intérieures de F homme et des animaux. On explore la température des parties intérieures de l'homme et des animaux » en y introduisant une aiguille ou sonde métallique plus ou moins fine^ semblable à celles dont on se sert pour l'acu* puncture, car il n'existe aucun autre moyen de traverser impunément les organes sans y produire de lésion. Cette aiguille est composée de manière à obtenir des effets thermo-électriques don* naut immédiatement et avec une grande exactitude la température du milieu où se trouvent des points déterminés de la sonde : à cet effets on preod deux aiguilles composées chacune de deux autres soudées par un de leurs bouts, l'une de cuivre et l'autre d'acier. La communication est établie entre les deux aiguilles, d'une part par leur bout acier avec un fll d'acier de même nature , de l'autre par leur bout cuivre avec les deux extrémités du fil d'un multiplicateur, dont la sensibilité est telle qu'une différence de 0»,iOde température correspond à une déviation de !•. La soudure de l'une des aiguilles mixtes a est placée dans un milieu dont la température est constante A » tandis que la soudure de l'autre b est introduite dans la partie dont on cherche la température.
Fig. 67 bis.
DI l'élictmigitb. 171
La source de chaleur constante est fournie par l'appareil A de M. Sorel, ou par la bouche d'une personne qui s'est habituée à respirer par le nez, afin de ne pas introduire de l'air froid dans la bouche. Quand la température n'est pas la même aux deux soudures, il en résulte une déviation de Taiguille aimantée, due à la production d'un courant thermo^lectrlque. Une Uble des intensités et des températures correspondantes donne l'intensité du courant, et par suite la diSërenoe de température entre les soudures. La température de Tune d'elles étant connue, celle de Pautre ou du milieu exploré s^en déduit immédiatement.
Pour être bien certain de l'exactitude des résultats, on opère d'une manière inverse , c'est-À-dire que Ton place la soudure qui se trouvait dans la bouche, dans la partie dont on cherche la température, et celle de l'autre aiguille dans la bouche. M les résultats sont les mêmes dans les deux cas , quand les aiguilles sont identiques, on peut considérer les expériences comme bonnes ; dans le cas contraire, on cherche d'où peut provenu* la différence, et l'on conliûue l'expérience jusqu'à ce que l'on soit parvenu à une égalité parfaite.
Lorsque l'on veut observer les effets de chaleur dans des parties pig. »7 t«r. ^ peu profondes, on emploie des aiguilles mixtes ^ acier et cuivre A, dont la soudure est à la pointe a\ pour les parties intérieures on peut également employer des sondes mixtes, comme A', dont la soudure est en a'. On peut varier ces formes.
Voici les principaux résultats que l'un de nous a obtenus dans une série d'expériences faites en commun avec M. Breschet :
Il existe une différence bien marquée entre la température des muscles et celle du tissu cellulaire dans l'honune et les animaux, différence qui parait dépendre de la température extérieure et de la manière dont l'individu est vêtu ou recouvert. Cette différence dans l'homme varie de i%i5 à S*,25 en faveur des muscles. On voit par là que les corps vivants se trouvent dans le cas d'un corps inerte dont on a élevé la température et qui est soumis à un refroidissement continuel de la part du milieu ambiant; ce refroidissement se fait sentir d'abord à la surfkoe, puis gagne successivement les couches intérieures Jusqu'au centre.
Le mode d'expérimentation que nous décrivons ayant l'avantage de constater des effets de chaleur instantanés a permis de montrer que la température des muscles éprouve des variations par la contraction^ le mouvement et la compression. Supposons que Tune des soudures soit maintenue à une température de SG"" et que Fautre soit placée dans le muscle biceps brachial y le bras étant tendu : l'aiguille aimantée est déviée de iO" en* viron. Si l'on ploie alors Tavant-bras de manière à contracter le muscle y la déviation augmente alors de 1 à ^. On attend que l'oscillation et son retour soient achevés, et à l'instant où elle recommence on ploie de nouveau le bras, afin de donner une nouvelle impulsion à l'aiguille aimantée. On finit ainsi par obtenir une dévia* tion de 15*», correspondant à une déviation définitive de 5*», et par suite à une augmentation d*un demi-degré de température centigrade. Cette expérience prouve bien que les contractions ont la propriété d'élever la température dans les parties où elles se manifestent.
On a prouvé également à l'aide de la méthode thermo-électrique que la compression d'une artère diminue la température des muscles situés au delà du vaisseau adjacent , et qu'il existe une différence entre la température du sang artériel et celle du sang veineux ; dans ce dernier cas, cette différence en faveur du sang artériel est de plus d'un demi-degré.
Les exemples que nous venons de citer suffisent pour montrer le parti que Fon peut tirer des appareils thermo-électriques pour étudier la distribution de la chaleur dans l'intérieur du corps de l'homme, de celui des animaux, et même des végétaux.
De la chaleur dégagée dans le froltement Les appareils thermoélectriques permettent d'analyser les effets de chaleur produits dans le frottement des corps solides bons ou mauvais conducteurs (Becquerel).
Lorsque l'on frotte plus ou moins rapidement deux corps Tun contre Pautre, en maintenant toujours le contact, il y a évidemment transmission de chaleur d'un corps dans l'autre ; la quantité transmise dans chacun d'eux dépend de la conductibilité du corps, de sa capacité pour la chaleufet de l'état de sa surface. La chaleur dégagée sur chaque surface ne peut donc être accusée immédiatement. On peut opérer cependant dans des conditions qui permettent d'avoir une valeur approchée. L'appareil dont on fait usage à cet effet se compose d'une pile thermo-électrique P en relation avec
DE L*BLBCTBIClTé. 173
un multiplicateur M, dont la sensibilité est suffisante pour donner
FIg. 68.
une déviation correspondant à environ un centième de degré centigrade entre les températures des deux faces de la pile. On opère d'abord avec deux corps de même nature a fi, mauvais conducteurs de la chaleur^ ayant la môme dimension, taillés en rondelles de i à 2 millimètres d'épaisseur, de 1 centimètre environ de diamètre, et ne présentant de différence que dans Tétat de leur surface. Ces corps sont fixés avec du mastic à l'extrémité de tiges de verre c,d : les rondelles ayant été mises au contact par une de leurs faces , on les presse légèrement l'une contre l'autre, efon leur imprime un mouvement uniforme de rotation pendant un temps déterminé. Les deux rondelles sont séparées ensuite rapidement et mises en contact chacune par la surface frottée avec une des faces de la pile, avec laquelle elle partage la chaleur acquise. Les deux rondelles ont-elles la même température, Paiguille aimantée reste en repos; la température est-elle différente, l'aiguille est aussitôt déviée, et Tangle d'écart indique la différence de température au moyen de tables qui donnent les rapports entre les déviations et les températures. Les effets ne sont comparables entre eux toutefois qu'autant que le frottement est produit avec une vitesse et une pression constantes, et que les deux corps sont séparés rapidement Fun de l'autre et mis immédiatement en contact avec les faces de la pile, afin de perdre le moins possible de chaleur par le rayonnement.
L'expérience prouve que, quelle que soit la nature des disques frottés, le temps que met l'aiguille pour atteindre son maximum d'écartement, pourvu qu'il ne dépasse pas 60% est de iO"; pour des écartements de 60 à 70®, il est de 9",5 ; de 9" pour des déviations de 75 à 90\
Lorsque Ton frotte rapidement l'un contre l'autre deux disques de liège , dont l'un a une surface lisse et l'autre une surface couverte d'aspérités, et que l'on présente simultanément les deux siu*faces
174 CAUSB8 PU UtoAQEMBNT
frottées aux deux faces de la pile, on obtieot un oourant tbormoélectrique, dont la direction indique que le *disque à surface couverte d'aspérités, possède une température plus élevée que l'autre dans un rapport tel que la déviation de l'aiguille aimantée varie de iO<> à 1% suivant que l'on a frotté plus ou moins fort.
L'effet est le même avec un verre poli et un verre qui ne Test pas. Il semble résulter de là que les surfaces qui ont le plus grand pouvoir absorbant sont ceux qui s'échauffent le plus dans le frottement.
Avec le verre poli et le liège, le premier prend plus de chaleur que le second dans un rapport tel que chacun d'eva. agissant séparément, les déviations de l'aiguille aimantée sont dans le rapport de 36 : 5, correspondant à des intensités de courant égales à 39 et 5 ; il s'ensuit que les quantités de chaleur acquises pendant le frotternoot et transmises à la pile sont entre elles dans le même rapport.
Avec le verre dépoli et le liège, le rapport des intensités de courant est de 37 : 7.
La comparaison des résultats obtenus en soumettant h l'expé* rience un certain nombre de corps, montre que jusqu'ici on ne peut tirer aucune loi simple touchant le dégagement de la chaleur dans le frottement, tant sont diverses les causes qui concourent à la pro« duction du phénomène ; mais on voit que la nature des corps , abs« traction de leur conductibilité exerce une influence que l'état des surfaces ne détruit pas toujours.
AcHom capillaires. On observe dans ces actions, des effets électriques qui peuvent être attribués à des réactions chimiques dont l'existence est quelquefois difficile à constater; il est nécessaire d'en parler afin de préciser les circonstances dans lesquelles ils se présentent (Becquerel).
On met en rapport avec l'un des bouts du fil d'un multiplicateur une cuiller de platine remplie d'acide azotique , dans lequel plcMige une éponge en platine en rapport avec l'autre bout de fil. La cuiller et l'éponge doivent avoir été lavées plusieurs fois avec Facide azotique , qu'on chasse en faisant rougir les deux pièces ; c'est après s'être assuré de la netteté des surfaces que l'on commence l'expé* rience. Souvent il arrive qu'en plongeant une ^M)nge bien sèdie dans Tacide de la cuiller, il y a un fort dégagement d'électricité : L'éponge prend Télectricité négative, comme si elle était attaquée ; immédiatem^t Faiguille est chassée dans une autre direction, ce qui annonce que la lame et l'éponge se sont polarisées de manière
à produire un courant en sens inverse. Avec de l'acide azotique étendu il n'y a pas de polarisation^ mais le premier courant persévère pendant quelque temps et finit par disparaître* Il y a évidemment là un effet secondaire accusé par cette persévéranoe de courant. L'action capillaire qui donne lieu au phénomène produit peut^ être d'abord une décomposition chimique, ou bien une élévation de température donnant lieu ensuite à un d^^agement d'éleetrioité.
Nous indiquerons encore dans le chapitre suivant , à propos des effets produits en présence des corps solides et des gaz, d'autres efFets dus peut-être à des actions capillaires , et qui , à raison de la complication des phénomènes, ont été placés après les actions chi^ miques.
Lorsque la lumière agit sur certaines substances et donne lieu à des réactions chimiques, il en résulte des courants électriques dont il ne sera question que plus loin, attendu qu'il est nécessaire de parler avant des différentes réactions donnant lieu à un déga* gement d'électricité.