OBSERVATIONS
1" Hydrogèoe et chlorure) insenwbl* d'orsans fil métallique. . 5 *■***"»'*»'«•
2^ Hydrogène, fil de platiue et âilorure d'or . . .
r du Tolume.
Z'^ Hydrogène, fil d'or et chlorure d'or
\ A peine sensible.
*"d^ir '''.*!!'!'! !'!.':*!*!''!'.'*] ^ P**"® appréciable.
La partie do fil plongée dans le chlorure d'or est recouverte d'or.
Aucun dépôt sur le platine.
U est évident d'après cela que, même en l'absence de Tair^ le gaz hydrogène peut réduire une dissolution de chlorure d'or et être absorbé par elle^ mais sous Tinfluence du platine seulement. L'or, dans les mêmes conditions, n'a pas donné d'effet appréciable dans l'espace de six semaines. On doit ajouter que l'analyse n'a accusé aucune trace de platine dans la dissolution , ce qui indique bien que le fil de platine a seulement joué ici le rôle de conducteur^ puisqu'il n'a pas été dissous , et qu'il a agi par une action propre. Peut-être entre le gaz hydrogène et le chlorure d'or en présence du platine se produit-41 un effet du même genre qu'entre l'hydrogène et l'oxygène sous l'action de ce métal.
Les résultats précédents conduisent à former des couples en ne Fig. 69. faisant usage que de platine, d'hydrogène et de chlorure d'or; voici leur disposition: AG est^un tube de verre de 10 à 15 millimètres de diamètre^ effilé en A et en G; une petite tubulure H peut être fermée à la lampe^ de sorte que^ la partie inférieure du tube AG étant pleine de liquide, on peut faire circuler un courant de gaz entre A et H^ et par conséquent remplir la partie supérieure du tube de gaz » hydrogène. Deux fils de platine DE, GF, sont soudés au tube et viennent dans l'intérieur de façon à ce que leurs extrémités se trouvent éloignées de quel- -^ques millimètres ; on met alors du chlorure d'or au bas du tube^ afin que la partie inférieure du fiLDE vienne y plonger; on fait arriver le gaz hydrogène en HA, et on soude à la lampe les parties effilées A et H, pour intercepter l'action de l'air extérieur. Si alors on établit la communication entre les deux fils D et G et
DB L BLBCTEiaTB.
les deux extrémités d*un galvanomètre ^ on voit aussitôt l'aiguille se dévier et indiquer que le iil DE^ plongé en partie dans l'hydrogène^ prend l'électricité négative, et le fil FGla positive.
On peut préparer ainsi des piles en réunissant plusieurs couples. On voit donc que^ dans ces conditions y le platine^ Phydrogène et une dissolution de chlorure d'or peuvent constituer une pile à gaz agissant d'une manière continue. Le gaz hydrogène^ bien entendu^ est absorbé à mesure que l'action a lieu et la pression diminue à l'intérieur des tubes. On reconnaît en outre que de l'or métallique se dépose d'abord sur la partie inférieure du fil DE, Dans une expérience on a laissé le circuit fermé dans la pile de quatre éléments^ et^ au bout de deux mois et demi^ on a trouvé un dépôt d'or métallique sur les fils FG ; ce résultat est facile à expliquer, ces fils^ dans chaque élément^ formant le pôle négatif d'un appareil décomposant.
On peut montrer par le tableau suivant la comparaison des résultats obtenus avec ceux qui se produiraient dans des couples disposés comme le précédent^ mais dans lesquels on emploierait comme liquide, de l'eau acidulée, ou une autre dissolution que le chlorure d'or :
PILE
PILE
PILE
A CHLORDRB D*Oa
A EAU ACIOOLÉB
A SULFATE DB CUITBB
ET BTOROGÈRE.
ET HTOROGÈMB.
KT HTDBOGÈME.
Le fil de platine plongé
Le fil de platine plongé
Le fil de plaUne plonge
dans rhydrogèiie
dans riiydrogèae
est négatif.
est négatif.
estnégaUf.
18 juillet 1852.
19 juillet »
20 juillet >
21 juillet >
22 Juillet »
24 nillet > 29 juillet > 31 juillet »
10 octobre»
Dérlat. deflaitive i «m. dagalvaDOBét.1^^
Déviât. déflnIUve (01.0
DévUtdéflnIUve 1 «o dagalTaaoBèt 1 ^ 1,7 1,3 1,2 1,3 1,0 0,5
On voit que la pile à chlorure d'or et à hydrogène a toujours manifesté une action électrique^ mais, conune onl'a dit précédemment^ avec des variations d'intensité.
En employant l'eau acidulée^ le premier jour on a eu un effet dû probablement à l'oxygène que le liquide renfermait; le lende-
SlO GÀUSB8 DU DiOiUMlIlT
main, raeiion a diminué; dix Jours après, lé galvanomètre trèssensible dont on faisait usage nMndiquait plus |aucune action. Ce résultat était prévu, puisque, d'après ce que Ton a vu précédemment, dans les piles à gat avec l'eau acidulée, ^intervention de Toxygène est indispensable à la production du courant.
L^eau saturée du sulfate de cuivre a encore donné une déviation après quinze jours d'action; après trois mois, elle n'était plus appréciable.
Dans chaque cas, la déviation a été dans le même sens : le fli plongé en partie dans l'hydrogène a pris ^électricité négative.
b^après ce qui a été dit plus haut, on peut se rendre compte, comme il suit, du dégagement d'électricité dans la première pile: dans la pile à gaz telle qu'elle était connue , le gaz oxygène est nécessaire, comme on vient de le rappeler ; dans celle où le chlorure d'or remplace l'eau acidulée , il est probable que, bien qu'il n'y ait pas de chlore en excès dans le liquide, le chlorure dV et lliydrogène, en présence du platine, éprouvent une action analogue à celle qui a Heu entre l'oxygène et Phydrogène , c'est-à-dire qu'il y a action chimique, formation d'acide chlorhydrique et dépdt métallique sur la platine.
D'autres dissolutions peuvent présenter les mêmes propriétési tnais les essais tentés jusqu'à présent sur celles qui n'absorbent pas l'hydrogène dans les conditions ordinaires n'ont pas donné de résultats satisfaisants (£. Becquerel).
Aclian des gaz sur les plateaux d'un condensaUur. Il existe des circonstances dans lesquelles les gaz interviennent encore dans le développement des effets électriques; peut-être se produit^I également des réactions chimiques t C'est pour oe motif que nous ne devons pas omettre de les mentionner ici.
Lorsque Ton superpose l'un sur l'autre deux plateaux de condensateur, l'un de platine et l'autre d'or, ou du moins à surface dorée^ et qu'on établit entre eux la communication au moyen d'un arc métallique maintenu par un manche isolant, on a toujours une charge d'électricité : le platine est négatif et l'or positif. Les partisans de ta théorie du contact ont allégué ce fait comme une preuve que le contact seul dégageait de l'électricité, indépendamment de toute action chimique. Les partisans de la théorie électro-chimique, au contraire, ont expliqué le résultat en admettant que le platine s'oxydait très-lentement à l'air. Ce dernier effet est difQcile à prouver; cependant l'expérience suivante montre d'une manière directe qu'il f^ut chercher
DB L'KL£GTBICITi. SU
peut être dans k condensation des gaz à la surface des métaux la cause des effets électriques de tension observés. Si un condensateur est formé de deux plateaux massifs de platine , vernis sur les faces en regard seulement > et qu^après un séjour de quelque temps dans l'air on vienne à mettre les plateaux en communication avec un arc également en platine^ il ne se manifeste aucune action ; mais si^ ayant enlevé un des plateaux , on le plonge pendant quelques instants dans du gaz hydrogène, qu'on le replace de nouveau sur l'autre et que l'on établisse immédiatement une communication entre eux , le condensateur se charge très-sensiblement. Le platine qui a été plongé dans l'hydrogène prend l'électricité positive; celui qui est resté dans l'air, l'électricité négative. Cet effet ne dure que pendant quelque temps. A chaque immersion du premier plateau dans Phydrogène, les mêmes effets se reproduisent (E. Becquerel).
Si l'on se reporte à la première expérience, on ne saurait douter que,lorsqu*on opère avec un plateau d'or et un autre de platine, l'or, ayant pour les gaz un pouvoir condensant moindre que le platine, se comporte comme le plateau de platine couvert d'hydrogène, et doit prendre, par conséquent, l'électricité positive. En recouvrant toute la surface des plateaux de platine de vernis à la gomme laque, les effets électriques observés en plongeant un des deux plateaux dans le gaz hydrogène sont moindres; il est probable qu'avec une épaisseur de vernis suffisante, les effets électriques cesseraient tout à fait.
Effets électriques produits sous l'influence de faction chimique de la lumière. On retcouve dans les phénomènes chimiques produits sous l'influence de la lumière les mêmes effets que ceux qui accompagnent les actions chimiques en général. Nous allons indiquer quelques-unes des circonstances dans lesquelles on les observe, afin de bien les préciser (E. Becquerel).
Soit une boite de bois noircie intérieurement, et partagée, par ns- 70. une membrane très-mince, en deux compartiments que Ton remplit d'une dissolution conductrice , d'eau acidulée, par exemple. Dans chacun des compartiments on plonge une lame de plaline ou d^'or. Ces lames sont mises en relation avec un multiplicateur et placées horizontalement, afin d'être mieux influencées par les rayons solaires. Chaque compartiment est recouvert d'une planchette mobile qu'on enlève à volonté. Pour observer les effets électriques produits dans ^altération du
312 CAUSES DU DEGAGEMENT
chlorure^ du bromure et de Tiodure d'argent sous Tinfluence du rayonnement solaire^ on opère conmie il suit : on recouvre une des lames de platine d*une couche très-mince de chlorure d'argent nouvellement préparé que Ton fait adhérer à sa surface en chauffant légèi-ement^ et on la replonge dans Feau de l'un des compartiments^ tandis que l'autre lame reste plongée dans l'eau acidulée de l'autre côté^ sans être recouverte de chlorure. A peine la lame recouverte est-elle exposée aux rayons solaires, que le chlorure noircit; l'aiguille du multiplicateur est aussitôt chassée dans un sens qui annonce que la lame est positive. Vient-on à soustraire la lame au rayonnement solaire, l'aiguille revient à zéro. Cet effet est dû à ce que le chlorure d'argent, en perdant son chlore sous l'influence de la lumière, prend l'électricité positive qu'il transmet à la lame de platine avec laquelle il est en contact : c'est un exemple du dégagement de l'électricité dans les décompositions chimiques.
En employant, au lieu de lames inoxydables, des lames d'argent, de cuivre, de plomb, etc., à la surface desquelles on fait arriver des substances (chlore, brome, iode, oxygène) capables de former des combinaisons décomposables sous l'action de la lumière, et plaçant ces lames dans l'appareil précédent, on observe des effets analogues, mais plus ou moins marqués, dépendant de l'épaisseur et de la nature de la couche sensible; il faut également se garantir des variations de température qui peuvent survenir dans le liquide et autour des lames.
Voici quelques-uns des résultats obtenus avec des lames d'argent préalablement exposés à la vapeur d'iode ou de brome. Une lame d'argent exposée à la lumière et chargée d'une couche mince d'iode, prit au liquide l'électricité positive; avec une couche épaisse, l'effet fut inverse : dans le premier cas, la couche d'iodure d'argent passa à un état d'ioduration moindre; dans le second, l'iode réagit sur l'argent. La déviation de l'aiguille, dans les deux cas, . fut de 40» à 50«, en opérant sous l'influence des rayons solaires.
Avec une couche épaisse d'iode et les divers écrans de verre coloré, on a eu :
tcnm. InieiMité do coanat produit. BapporU de* cffeti produit!.
Sans écran 55 iOO
Verreviolct 22 40
bleu 14 25,5
— bleu 7 12,7
— rouge 1 i,8
DE L*éLBCTBICITé. 213
Avec la vapeur de brome, la lame d'argent exposée aux rayons solaires est devenue également négative relativement au liquide ; l'action a été assez forte pour qu'à la lumière diffuse la déviation de l'aiguille du galvanomètre fut de 50*».
Lalame ayant été exposée à la lumière diffuse pendantdix minutes, puis mise à Tabri du rayonnement et exposée de nouveau à son action, la déviation n'a plus été que de 3® à i""; la réaction était alors en grande partie terminée. Les effets électriques que nous venons d'exposer servent à reconnaître et même à mesurer les réactions qu'éprouvent les métaux et en général les corps conducteurs sur la surface desquels on dépose des couches de diverses natures , sous l'influence des rayons solaires (E. Becquerel).
Actinomètre ëlectro^hitniqtie. Ces expériences préliminaires ont donné lieu à la constiniction d'un appareil capable de faire appré- Fig. 71. cier l'énergie avec laquelle les rayons
de diverse réfrangibilité agissent sur certaines combinaisons, et les effets qui se produisent quand des faisceaux de rayons actifs traversent des écrans de diverse nature ou bien ont été modifiés de différentes manières.
Cet appareil, nonmié actinomètre électro-chimique, est, par rapport aux rayons actifs sur les substances impressionnables dont il s'agit, ce qu'est la pile thermo-électrique, dont on a parlé page 165, relativement aux rayons caloriflques ; il peut servir dans les mêmes conditions (E. Becquerel), n se compose d'une cuve à eau MM' — supportée par un pied en cuivre. Dans
son intérieur, rempli d'une solution étendue de sulfate de soude, d'eau acidulée, ou de tout autre liquide conducteur de Télecfricité, plongent deux lames d'argent L et L' très-pures, placées verticalement, peu épaisses, et attachées à deux montants en cuivre A, A'; ce sont ces montants, fixés sur le support, qui font communiquer les lames avec les deux extrémités du galvanomètre à fil long très-sensible que l'on emploie. En avant de la cuve à eau et sur le support est placé un écran en cuivre, percé d'une ouverture verticale et rectangulaire variable de lai*geur, et ayant la hauteur
914 CAUSES DU DiOAOEMEIlT
d6 la cuve^ de sorte qu'en éclairant Técran ^ il n'y a que la portion de la lanne d'argent L placée inunédiatement derrière Touverture qui soit éclairée et qui reçoive les effets du rayonnement.
On peut à volonté placer dans Tappareil des lames d'argent rd* couvertes de chlorure^ d'iodure, de bromure d'argent, ou d'autres lame« prépaiées comme il a été dit plus haut* Mais nous parlerons avec détails des effets que l'on obtient en employant une substance extrêmement remarquable, qui a la propriété de recevoir les impres* siops colorées de toutes les parties du rayonnement lumineux, impressions colorées dont la teinte est semblable k celle des raycms lumineux actifs. La substance, qui est un ^us^hlorure d'argent violet, découvert en 1848, en même temps qu'elle est impression* née chimiquement, donne la reproduction des couleurs et permet de peindre avec la lumière; la peinture est passagère à la lumière, il est vrai, mais durable h l'obscurité; c'est une rétine minàrale, si l'on peut se servir de cette expression, qui n'est impressionnée qu'entre les mômes limites de réfrangibilité que la rétine, et donne l'intensité de l'action chimique produite d'aprèp l'effet électrique accusé par le galvanomètre (*).
Voici les conditions les plus convenables pour obtenir les meilleurs effets ;
1« Plus le galvanomètre à fil long est sensible, mieux les effets sont manifestes. Un galvanomètre dont le cadre a vingt^quatre mille tours de fil, construit par M. Rhumkorf, convient ti'ès-bien.
2<* Le liquide doit être bon conducteur et ne pus attaquer la couche impressionnable. Un mélange de 2 grammes d'acide sulfurique pur à 66° pour 100 grammes d'eau a donné de bons résultats.
3® Les lames d'argent doivent être sans alliage, et de plus elles doivent recevoir chacune la même préparation. Il est nécessaire en effet que ces lames ne soient pas polarisées primitivement, et qu'ainsi elles soient aussi identiques que possible. Malgré ces précautions , on n'évite pas une polarisation primitive qui produit un courant faisant dévier Taiguille dans un sens ou dans un autre, lorsque, après avoir monté l'appareil dans l'obscurité, on ferme pour la première fois le circuit.
On doit alors attacher les deux lames l'une avec l'autre après leur préparation, les maintenir plongées à l'obscurité dans le liquide
(*) Annales de phpiique et de chimie, 3« série, tone xxxil, page 17(1 al iomexuiypagesi.
oonduotaur^ et attendre pendant aix heures^ douai heures, vingts quatre heures^ et pôme quelquefois quarante*huit heures^ avant de commencer les opérations. Afin d'éviter ces pertes de temps, on a plusieurs paires de lames préparées^ que Ton conserve dans l'eau acidulée , en contact l'une aveo Tautret
4"» La préparation uniforme des lames est le point essentiel, et le procédé auquel on s'est arrêté consiste à faire arriver du cMore sur les lames d'argent à l'aide de la déoomposition éleotrchcbimique de l'eau acidulée par Tacide chlorbydrique, Le courant pasie en même temps dans un appareil à décomposer Teaui et donne, par la quantité d'bydrogène qui se produit, la proportion de chlore que l'on met sur une étendue déterminée de la surface des lames,
On emploie, pour fournir l'électricité nécessaire à cette opération, deux, trois ou quatre couples à acide nitrique, dont il sera question idus loin , et Ton attache ensanble les tiges des deux lames d'argent au fil conducteur positif. Les lames sont plongées dans une solur tien formée par un mélange d'eau et de | ou 7^ en volume d'acide chlorhydrique ordinure; elles doivrat être polies et parfaitement décapées sur les deux faces, comme si Pon voulait obtenir une épreuve daguarrienne. Lorsque l'on a plongé dans le liquide une tige de platine en communication avec le p61e négatif des couples, le circuit est fermé, et, comme cela est décrit dans les mémoires cités plus haut, la lame dVgent noircit en prenant des teintes foncées correspondantes aux teintas des lames minces. On s'arrête au violet du quatrième ordre, ou bien à la proportion de 6, 8, à 7 centimètres cubes de chiche par décimètre carré de surface d'ar* gent, et on lave à grande eau. Pour avoir une teinte homogène, on doit placer la tige négative de platine asses loin de la lame , et tourner sana cesse les lames d'arg^ en les tenant à la main par la tige.
Quand on juge que les deux lames ont reçu à peu près la même (Nréparation , on les soumet k l'action de k chaleur (pendant une dfimi«heure à 100* à peu près), pour opérer un recuit ou plutât une modification physique de façon h donner de bonnes impressions {^oto-chromatiques.
Dans ces conditions, lorsque l'aotinomètre est dans une chambre obscure, et qu'on vient à faire tomber tout à coup les rayons sohûres sur la surface entière de la lame antérieure (surface de vingt centimètres carrés), l'aiguille du multiplicateur est chassée violem* ment dans un sens ipe nous alloua préciser. Si l'pn intfMrcepte la
91 é CÀ178£8 tlU tliGAGBIfSlIT
lumière, Taiguille revient peu à peu au zéro. L'actioD est tellement vive qu^il faut ne laisser impressionner qu'une très-petite portion de la lame par les rayons solaires directs pour avoir seulement W ou 90» du galvanomètre.
La lumière d'une bougie , placée à i décimètre de la cuve à eau^ suffit pour faire dévier l'aiguille aimantée du galvanomètre de
La déviation, qui est constamment dans le même sens tant que les rayons lumineux frappent l'appareil, indique que la lame exposée au rayonnement prend l'électricité négative, et le liquide l'électricité positive. Si c'est l'autre lame qui est éclairée, le mémo effet se produit, mais l'aiguille se dévie en sens inverse. Le courant est inverse de celui qui a lieu lorsque les lames sont recouvertes d'une couche mince d'iode ou de brome; dans cette dernière circonstance, les rayons solaires donnent lieu à une décomposition, et la lame d'argent exposée à la lumière prend Téleciricité positive.
Lorsque la lumière d'une bougie , la lumière diffuse, ou bien la lumière solaire impressionne la lame, on a une déviation plus ou moins forte, qui devient constante tant que la lumière conserve la même intensité, et que la surface est suffisamment impressionnable. Si l'on vient à intercepter la lumière, l'aiguille aimantée du galvanomètre revient au zéro , le dépasse un peu en sens inverse, par suite probablement d'un courant secondaire, mais elle reprend bientôt sa première position d'équilibre. Si la lumière a conservé son intensité primitive, et qu'on éclaire de nouveau la lame, alors l'effet électrique est le même que précédemment.
La déviation n'est constante, comme on le conçoit, que pendant le temps que la surface conserve la même impressionnabilité, et les résultats ne peuvent être comparables qu'autant qu'on remplit cette condition. On a pu, avec une lampe, maintenir un courant électrique sensiblement constant pendant trois heures; de faibles variations pouvant se rapporter aux changements d'intensité de la lampe, ou aux changements de température du liquide de la cuve à eau, il est indispensable dans les expériences de ce genre d'avoir soin de les éviter.
On a pu, avec cet instrument , étudier les différentes parties actives du spectre lumineux et des rayons qui ont traversé différents écrans ou qui ont subi la réflexion , la réfraction , etc. Mais l'examen des résultats obtenus nous entraînerait trop loin ; nous nous sommes bornés à rapporter la disposition de l'appareil , à
D£ l'ÉLECTBICIT^. S 17
montrer sur quel principe il est fondé, et à prouver qu*en faisant usage d'une des substances impressionnables les plus curieuses que Ton possède (le sous-chlorure d'argent violet]^ on a un appareil sensible à Faction de la lumière entre les mêmes limites de réfrangibilité que la rétine; peut-être permettra-t-il de mesurer Tintensité de la lumière par une méthode photométrique différente de celles qui sont usitées en optique (E. Becquerel).
Effett électriques produits dans les décompositions chimiques; évaporaiion. D a été établi que, dans la combinaison d'un acide avec un alcali^ le premier laisse dégager de l'électricité positive^ le second de Félectricité négative. Dans les décompositions chimiques^ les effets sont inverses. Pour le prouver^ on procède de la manière suivante : on place sur un disque de métal ^ fixé à Fun des bouts d'une tige horizontale soudée au plateau inférieur d'un condensateur^ une capsule de platine préalablement chauffée au rouge ^ dans laquelle on verse le liquide sur lequel on veut opérer. A la place de la capsule^ on se sert avec plus d'avantage de lames épaisses de platine^ légèrement creuses^ qui conservent plus longtemps la chaleur communiquée. Si Ton jette quelques gouttes d'eau distillée sur la surface échauffée^ on n'obtient aucun signe d'électricité; par conséquent Pévaporation seule n'est pas une cause du dégagement de cet agent. Quand Teau renferme de la strontiane ou d'autres bases^ la capsule se charge d*un excès d'électricité positive^ et la vapeur prend Félectricité négative. Cet effet n'a lieu néanmoins qu'à l'instant où Teau de combinaison s'échappe. Les effets sont inverses avec l'ammoniaque étendue d'eau. Dans cette dernière expérience, l'ammoniaque^ se vaporisant plus facilement que l'eau ^ emporte avec elle l'électricité positive^ et laisse à l'eau ^ et par suite à la capsule^ l'électricité négative.
On voit d'après cela que^ dans les décompositions chimiques, les effets électriques sont inverses de ceux qui ont lieu dans les combinaisons. Quand l'eau renferme un acide et que Tacide s'évapore^ il emporte avec lui l'électricité négative; effet également inverse de celui que l'on obtient dans les combinaisons chimiques. On observe des effets bien marqués en opérant avec le bicarbonate de soude ^ que Ton projette dans la capsule chauffée au rouge; ce sel se décompose en laissant échapper de l'acide carbonique^ la capsule possède alors un fort excès d'électricité positive, tandis que l'acide emporte avec lui l'électricité négative. Si l'on remplace le
311 CàUtSS DU DtoAOEMBNT
bicarbonate par du sel marin, le gel décrite, et Peau interposée emporte avec elle Télectricité positive.
M, Peltier a précisé une circonstance indispensable pour la production du phénomène ; si Ton verse quelques gouttes d^eau sur un morceau épais de platine , légèrement bombé, et dont on a élevé la température au moyen d'une lampe , il s'opère différents effets connus des physiciens relativement à la forme et au mouvement de Teau^qui s'arrondit en sphère et qui, après diverses évolutions, finit par mouiller le platine, s'aplatir, et se vaporiser sans qu'il y ait d'électricité produite si Teau est parfaitement pure et le moroeau de platine très«propre. Avec une dissolution un peu étendue de sel marin» l'effet est le même la première fois; mais le sel abandonné par l'eau forme alors une coudie légère sur le platine, Si l'on ajoute une nouvelle quantité d'eau, cette couche est reprise par oelle*ci; dès l'instant que la goutte est diminuée de volume par suite de révaporation, elle devient presque opaque, et l'on voit une multi« tude de petits filets cristallins s'agiter dans Tintérieur : bientôt après on entend de petites décrépitetions accompagnées de projections salines. Si le vase est en relation avec un électroscope condensateur ou avec l'appareil représente figure 46 page 33 , il devient alors négatif ; mais si la température est assez abaissée pour permettre le mouillage, la décrépitation cesse, la goutte s'étend , l'eau se transforme en vapeur, et l'électricité s'échappe avec celle-ci. L'eflet augmente à mesure que la couche saline est plus épaisse, et il est en rapport avec la décrépitetion. Le sel qui décrépite sans fusion aqueuse produit le méu^e effet.
Si Fon opère avec le nitrate d'ammoniaque, il y a fusion aqueuse, évaporation sans production d'électricite, puis décrépitation et dé* gagement d'électricité. Peltier avait conclu de là qu'il y a production d'électricite lors de la séparation des molécules d'eau combinées.
M* Gangain a cherché à démontrer, au moyen des expériences suivantes, que le dégagement d'électricite dans la vaporisation de l'eau salée est dû à un frottement analogue à celui qui se produit dans la sortie de la vapeur humide d'une chaudière.
Quand on évapore de l'eau distillée diuos un vase de platine, il ne se dégage pas d'électricité; mais, si Yoa insuffle de l'air dans le creuset avec un soufflet en dirigeant le vont de manière à imprimer un mouvement rapide de rotation h l'eau dispoaée en globule, on
DE t*iLlCTIlCIT£. 319
provoque alors une décrépttation assez vive à Tinatant où le platine se mouille^ et on obtient dans le creuset des signes d'électricité négative peu marqués j, mais constants. En opérant avec de l'eau sa^ lée , comme Peltier Tavait fait, M, Gaugain a constaté que pendant la décrépitation , cause du dégagement de Télectricité, Técartement des feuilles d^or de Télectroscope est graduel, et qu'il est plus fort qu'en faisant usage du petit condensateur de Volta. H paraîtrait ré*sulter des observations précédentes que l'effet électrique est dû à une action mécanique^ à un frottement; mais est-ce à c^ui du ae{ ou de Peau? Dans ce dernier cas, la phénomène serait donc ana^ logue à celui qui se produit dans la machine d'Amstrong.