NM
On voit par là que les trois montres ont eu leur mouvement aocé* 1ère ; mais, comara cette nouvelle mai'che diurne donne avec exactitude la différence de longitude entre Java et le port Jackson» on ne peut attribuer le changemeot survenu dans leur ouffche observée à Amboine qu'aux violents orages qui, dans les parages de llmor, ont été A bruyants et si multipliés autour de la corvette.
Effets cMmiquei. Non-seulement la foudre enflamme les matières combustibles, fond les métaux ainsi quVm Ta vu, mais elle déteratmie en outre la combmaisoii cte l'oxygène avw l'aiole^ d'où
IBLBCTBICITB ATMOSPHéRlQUB. 4SI
résulte de l'acide nitrique ^ qui se combine avec les bases libres se trouvant dans l'atmosphère^ la chaux ^ r'amnK>niaque^ etc. Les combinaisons formées se retrouvent dans les eaux pluviales qui se déversent en temps d'orage.
On a vu^ pages 299 et suivantes^ que l'action de rélectricité^ même à faible tension^ sur l'oxygène^ donnait lieu à une production d'ozone qui , en réagissant ensuite sur Fazote humide de l'atmosphère^ pouvait donner de l'acide nitrique. Q est probable qu'il se forme ainsi continuellement de Tozone dans l'air ^ «t qu'une partie de l'acide nitrique des nitrates recueillis dans l'eau de pluie lui doit son origine* On a proposé de déterminer dans les observatoires la production d'oione aux différents Instants de la journée; mais la difficulté de doser ce oorpS| ainsi que le manque d'observations^ fait que nous nous bornerons à mentionner ce projet. Lorsque la foudre éclate » l'odeur sulfureuse qui se manifeste doit sans doute encore être rapportée à la production de PoEone.
On est dans l'habitude d'attribuer à la présence de l'électrieité à forte tension dans l'air, l'aoesoence du lait et la corruption des chairs^ qui sont plus promptes dans la saison des orages que dans toute autre. On ne sait rien de positif à cet égard; peut*ôtre ces effbts dépendent-ils de la température élevée dans la saison oti ae manifestent ces phénomènes.
Effets physiologiques. Suivant l'intensité de la foudre^ les hommes et les animaux sont tués ou seulement contusionnés ou paralysés dans quelques parties. Quelquefois ils sont préservés de bm atteintes par un vêtement de soie ou une étoffe non conductrice. La foudre détermine des lésions dans les organes, et particulièrement dans le système vasculaire, par suite desquelles il y aépanche« ment du sang et d'autres liquides qui occasionne instantanément la mort; à raison de ces désordres^ la putréfaction s'y manifeste très-promptement.
Choc en retour. Quelquefois des personnes ou des animaux peuvent être foudroyés à distance d'un nuage orageux par un eflet d'influence facile à expliquer. Toutes les fois qu'un nuage est forte-» ment électrisé et qu'une personne se trouve dans sa sphère d'activité, l'électricité naturelle de cette personne est décomposée par influence; celle de nom contraire à rélectricité du nuage est attirée, et l'électricité de même nom est repoussée dans le sol; la personne se trouve donc dans un état électrique contraire à celui du nuage. Mais, si le nuage vient à se décharger en un point queloon-
422 ÉLEGTBICITÉ ATMOSPHBBIQUB.
Fig. 109
que^ sur un arbre ^ par exemple^ comme Tindique la figure 109, même à une assez grande distance^ alors^ perdant tout à coup une portion de son électricité^ il ne peut plus maintenir dans un état électrique contraire la personne qui est située au-dessous de lui; celle-ci cesse donc tout à coup d'être électrisée par influence. L'énergie de la secousse est en rapport avec la charge du nuage, et peut être assez forte pour donner la mort. La personne est alors foudroyée par un effet de choc en retour.
Il n'est peut-être pas sans intérêt de donner le nombre de personnes foudroyées annuellement dans différents pays^ d'après une statistique dont les documents ont été puisés dans les archives du ministère de la guerre (Boudin).
D'après cette statistique^ le nombre des personnes tuées en France par la foudre s'est élevé, en 1835,àlil,et en 1847, à 108; il n'est question, bien entendu , que des personnes tuées roides, et non de celles qui ont été plus ou moins blessées. Or Volney comptait aux États-Unis, dans un seut trimestre, 17 personnes tuées par la foudre et 86 blessées grièvement. En partant de celte base, qui, il faut le dire, est peu certaine , on en tire la conséquence que le nombre des individus frappés doit être au moins trois fois plus considérable que celui des personnes tuées sur le coup. Il s'ensuivrait qu'en France le nombre des personnes frappées annuellement par la foudre dépasserait 200.
Dans d'autres pays, on trouve que le nombre de personnes tuées annuellement est en moyenne :
De 3 en Belgique,
ÉLECTRICITÉ ATtfOSPHÉBIQUB. 428
De 9,64 en Suède,
De 22 en Angleterre.
En construisant une carte géographique indiquant la répartition par départements des ports causées par la foudre , cettç carte permet d'en tirer les conséquences suivantes :
i"* Aucun département français n'échappe complètement aux accidents de la foudre.
2*» Les accidents sont très-irrégulièrement répartis entre les divers départements. Le maximum correspond aux départements du plateau central et à quelques autres départements montagneux. Ainsi on trouve annuellement 2 décès dans TEure; 3 dans Eure-et- Loir et le Calvados ; tandis quils s'élèvent à 20 dans le Cantal, à 2H dans TAveyron, à 27 en Corse, à 28 dans Saône-et-Loire, à 44 dans la Haute-Loire, et à 48 dans le Puy-de-Dôme.
En supputant le nombre des foudroyés par mois, on trouve en France, sur i03 personnes tuées, en janvier, 0; février, 0; mars,4; avril, 6; mai, 8; juin, 22; juillet, 13; août, 19; septembre, 14; octobre, 15; novembre et décembre, 0. On voit par là que les quatre mois les plus froids ne présentent aucune victime.
Le maximum des personnes tuées par un seul coup de foudre ne dépasse pas 8 ou 9.
Il paraîtrait, d'après les renseignements recueillis, que les animaux sont beaucoup plus maltraités que l'espèce humaine , peutêtre aussi parce qu'ils se trouvent réunis en plus grand nombre. M. d'Abbadie rapporte à ce sujet qu'en Ethiopie un seul coup de foudre a tué 2,000 moutons. Très-souvent il arrive que le berger, le cavalier et le chasseur sont épargnés, tandis que les bestiaux, les chevaux et les chiens sont frappés (Boudin).
Paratonnerres. La foudre, quand elle tombe, frappe de préférence les édifices élevés et les arbres; elle suit tous les conducteurs métalliques qui se trouvent sur son passage pour se rendre dans le sol ; on conçoit sur-le-champ qu'une longue barre de fer, terminée en pointe, élevée verticalement sur un édifice et communiquant avec de la terre humide, sans aucune solution de continuité, doit le protéger efficacement. Une semblable barre de fer convenablement disposée est appelée paratonnerre; Tidée première en est due à Franklin.
Dès Tinstant qu'un nuage orageux passe au-dessus d'un paratonnerre et se trouve dans sa sphère d'activité , il agit sur son électricité naturelle, et, par son intermédiaire , sur celle de la terre ;
424 BLBCrSTCIT^ ATHOSPHÉRIQIIE.
l'électricité du nuage attire celle de nom coniraîfe de rétectrfdté naturelle de la tige, et repousse l'autre dans ïe sol; btcntdt FélectricHé accumiilëe sur la pointe acquiert une tension telfe qn^elle s'en échappe pour reformer de l'électricité naturelle avec celle àa nuage. La tension est souvent si grande que, dans robscnrîté, Pélectrtcité s'échappe sous forme tfaigrette lumineuse.
L'action par influence est d'autant plus forte que les corps qm se trouvent à la surface du sol sont meilleurs conducteurs de Télectricîté ; il suit de là que le nombre des paratonnerres élevés sur un édifiée et leur hauteur doivent être en rapport avec le pouvoir conducteur des parties qui le composent.
En i 823, sur la demande du gouvernement, FAcadémîe des sciences Invita la section de physique à rédiger une instruction spéciale sur les paratonnerres; M. Gay-Lussac fut chargé du rapport au nom de la section; les instructions qtfil renferme sont devenues un manuel populaire, servant de guide aux pratidens. Depuis lors, l'électricité s'étant enrichie de découvertes importantes et la nature des constructions ayant éprouvé des changements considérables, dans un grand nombre de cas, les métaux remplaçant le bois et la pierre, on sentait la nécessité de revoir les instructions de 1823, ou, au moins, d'y ajouter des articles com* plémentaires. L'Académie des sciences fut appelée à s'occuper de nouveau de cette question par la compagnie du palais de cristal. La section de physique fut chargée de préparer le travail, en le reprenant là où l'avait laissé M. Gay-Lussac; M. Pouillet fut nommé rapporteur.
Entrons maintenant dans le détail des diverses parties d'un paratonnerre et sur son mode d'action, en prenant en considération les différents points qui ont été traités dans ces deux rapports.
L'expérience a prouvé que, toutes choses égales d'ailleurs, phas un paratonnerre est élevé dans Tair, plus il a d'efficacité. On ne sait pas encore au juste la distance à laquelle il étetid son action latérale : Pexpéricncc a appris seulement que les parties des édifices qui sont placées à une distance du paratonnerre de plus de trois à quatre fois sa longueur ont été foudroyées.
Charles a reconnu qu'un paratonnerre pouvait défendre efficacement autour de lui des atteintes de la foudre un espace circulaire d'un rayon double de sa hauteur. Cette règle, consignée dans rinstruction de 1823, a été adoptée dans la pratique pour les bâtiments en pielres et en bois que l'on arme d'un nomljre de para-»
ÉLÉCTBICrri ATMOSPinhlIQVS. 425
tonnerres dépMidaiit de leur kmgaeur et de leur fargettr; on pent, dans ce cas, se borner à faire ooimmomifier deux paratonnerres avec le même conducteur. Mais quand 11 9^agit de bâtiments en fer, qui exeroeot sur lés nuages (Mrageux une action par influence beaucoup plus énergique que la première, Fexpérience n*a pas encore fait cmmaHre les distances préservées à partir du pied du paratonnere : on sait seulement que Ton évitera d'autant plus Fexplosion qu'ils seront plus multipliés et en parfaite union avec un sol humide. Lorsque fun des c(HidQcteurs offre quelque part des solutions de continuité, il arrive que la fondre, après l'avoir firappé, l'abandonne pour 86 porter sur un corps voisin, qui lui offre plus de facilité afin de se r^dre ensuite dans le sol. Ce changement de conducteur est presque toujours accompagné d'explosion et de dégâts plus ou moins graves.
Pour parer à ce grave inconvénient, l'instruction de 1823 donne les conseils suivants : ir Si les bâtiments que Pon arme d^un para- « tonnerre renferment des pièces métalliques un peu considérables, « comme des lames de plomb qui recouvrent le faîtage et les arêtes « du toit, des gouttières en métal , de longues pièces de fer pour « assurer la solidité du bâtiment, il sera nécessaire de les faire « toutes communiquer avec le conducteur du paratonnerre : mais « il sufHra d*employer pour cei objet des barres de fer, de 8 millia mètres de côté, ou du fil de fer d'un égal diamètre. x>
La nature des matériaux qui composent un édifice est ^élément principal, nous le répétons, de Faction par influence exeroée par tm nuage orageux. Si ces matériaux sont en pierre ou en bois , cette action est très-faible; sMls sont en fer, en plomb et en zinc, elle est au contraire très-intense. Dans les instnictions de 4854, M. le rapporteur s'exprime comme il suit à cet égard : « Deux édi- « flces pareils pour la grandeur et la forme, étant situés sur le même « sol et disposés de la même manière par rapport à un nuage oraa geux, l'un construit en pierres et en bois, d'après l'ancien sys- « tème, l'autre en pièces métalliques, d'après le nouveau, si les «r paratonnerres manquent et que les conditions soient telles que « la foudre doive éclater, elle frappera toujours ce dernier, et jaamais le premier, celui-ci se trouvant protégé par son voisin, a dont les électricités naturelles sont influencées plus vivement. Il a arriverait là ce qui arrive quand on présente en même temps aux a conducteurs d'une machine électrique, à la même distance et de <n la même manière, une boule de pierre ou de bois et une boule de
ÉLBCTBICITB ÀTMOSPHiSfilQUB*
« métal; c'est toujours celle-ci qui reçoit l'étincelle dès qu'on Tapie proche assez près pour qu'elle éclate. »
Les paratonnerres sont donc d'autant plus indispensables que les édifices contiennent de plus grandes superBcies et de plus grandes masses de substances métalliques.
Fig. 110.
Jl
D après les instructions de 4823^ un paratonnerre est composé des parties suivantes : la tige AB est une barre de fer carrée ou ronde , amincie de sa base au sommet^ en forme de pyramide.
Pour une hauteur de 7 à 9 mètres , on lui donne à la base de 54 à 60 millimètres de côté. Le fer s'oxydant sous Faction de Teau et de l'air, Texlrémité de la tige AB est terminée par une tige conique AG de 55 centimètres de longueur, eu cuivre jaune^ dorée à son extrémité, ou terminée par une petite aiguille de platine kb, de 5 centimètres de longueur. L'aiguille en platine est soudée à la soudure d'argent avec la tige de cuivre ; dans la crainte qu'elle ne s'en sépare, on renforce l'ajustage par un petit manchon de cuivre jaune o^, comme le montre la figure. La tige de cuivre se réunit à la tige de fer au moyen d'un goujon qui entre à vis ^ dans toutes les deux en G.
Il Une tige de cette dimension étant d'un trans-
^^[i port difficile , on la coupe en deux parties AF, EB
^* ^Tiy aux trois ou aux deux cinquièmes environ de sa
"^"^ B JL longueur , à partir de sa base. La partie supérieure "^ AD s'emboîte exactement par un tenon pyramidal DF de i9 à 20 centimètres dans la partie inférieure ËB, et une goupille l'empêche de s'en séparer. Mais conmie, à la longue « la rouille peut établir une solution de continuité , il est convenable de souder à l'étain tous les joints.
Au bas de la tige , à 8 centimètres du toit , on place une embase destinée à rejeter l'eâu de pluie qui, coulant le long de la tige, pourrirait immédiatement les bois du toit. Au-dessus de l'embase, la tige est arrondie sur une étendue d'environ 5 centimètres , pour recevoir un collier brisé à charnières, portant deux oreilles entre lesquelles on serre l'extrémité du conducteur du paratonnerre au moyen d'un boulon : le plan du collier est indiqué en P ; au lieu du collier, on peut faire un étrier carré qui embrasse étroitement la tige.
liLECTBICITÉ ATM08PHBB1QUE. 437
Si la tige du paratonnerre doit être posée au-dessus de la toiture d'une ferme ; on perce le faîtage d'un trou rond ou carré de même dimension que le pied de la tige^ et par-dessus et en-dessous on fixe avec le boulon ou avec deux étriers boulonnés > qui embrassât et serrent le fattage, deux plaques de fer de 2 centimètres d'épaisseur, percées d'un trou semblable à celui qui est fait dans le bois. La tige s'appuie par une petite rondelle sur la plaque supérieure , contre laquelle on la presse fortement au moyen d'un écrou se vissant en dessous à l'extrémité de la tige contre la plaque inférieure.
Dans le cas où le paratonnerre doit être placé sur une voûte y on le termine par trois ou quatre empâtements qu'on scelle dans la pierre avec du plomb.
Le conducteur qu'on adapte au paratonnerre est une barre de fer de 13 à 20 millimètres en carré. On la réunit solidement à la tige en la pressant entre les deux oreilles du collier P au moyen d^un boulon^ ou bien on la termine par une fourchette qui embrasse la queue de Tétrier, et l'on boulonne les deux pièces ensemble. Ce conducteur est formé de plusieurs barres réunies bout à bout. Quand le conducteur a été replié sur la corniche du bâtiment^ sans la toucher, on l'applique contre le mur, le long duquel il doit descendre dans le sol , en le fixant au moyen de crampons que l'on scelle dans la pierre. Quand il est arrivé dans le sol, à 50 ou 55 centimètres au-dessous de sa surface, on le recourbe perpendiculairement au mur, et on le plonge dans cette nouvelle direction de ^ ou 5 mètres , puis on l'enfonce dans un puits, ou dans un trou de ^ à 5 mètres, si l'on ne rencontre pas d'eau ; car, si l'on en rencontre, on ne l'enfonce pas autant. Pour préserver de la rouille le fer qui s'enfonce dans le sol , on fait courir le conducteur dans un auget rempli de charbon ; on se sert à cet effet de braise de boulanger, qui, outre l'avantage de préserver le fer de l'oxydation, a celui de conduire mieux Pélectricité que le charbon ordinaire. Il ne sufRt pas que le conducteur soit mis en communication avec un puisard, ou une citerne, il faut encore s'assurer que ce puisard est en communication avec une grande nappe d'eau souterraine, sans quoi l'efficacité du paratonnerre serait nuUe.
L'expérience a prouvé que le fer, ainsi enveloppé de braise, n'éprouve aucune altération dans l'espace de trente années. Ce conducteur doit être plongé de 65 centimètres au moins dans l'eau, lorsqu'elle est le plus bas possible. Son extrémité inférieure est ter-
418 BLICTSICITÉ ATMOSPHéBIQUI.
minée ordinairement par deux ou trois racines , pour faciliter Técoutement de l'électricité dans le terrain environnant.
Qnand on veut foire passer le conducteur dans un terrain sec et maurais conducteur^ tel que le roc, on donne à la tranchée qui doit le recevoir une longueur au moins double de celle qui a été indiquée pour un terrain ordinaire; si cela n'est pas possible^ on en f«t d'autres transversales dans lesquelles on place de petites barres de fer entourées de braise, que l'on met en communication avec le conducteur : celui-ci doit toujours s*enfoncer dans un trou , s'y diviser en plusieurs racines et être recouvert de toutes parts de braise. Ces précautions sont de nul effet sll n'y a pas de nappes d'eau.
Les barres de fer ne pouvant, à cause de leur rigidité, suivre sans quelques difficultés les contours dubâtiment,onles remplace par des cordons métalliques qui ont l'avantage, sur les barres, de ne point avoir de raccords, ce qui diminue, par conséquent, les chances de solution de continuité. Ces cordes, qui sont formées de quinze fils de fer tordu, ont ordinairement un diamètre de 16 à 18 millimètres. Pour les préserver de l'action de l'air, chaque fil est goudronné séparément, puis la corde entière. Celle-ci est attachée à la tige du paratonnerre de manière à éviter les solutions de continuité, à l'aide d'une soudure forte; sans quoi il pourrait se faire que quelques fils seulement livrassent passage à l'électricité, et alors ces fils seraient fondus, comme on en observe de nombreux exemples surtout sur mer. On a reconnu, par expérience, que de semblables cordes n'éprouvaient pas d'altération dans l'espace de trente ans; cependant, quand on le peut, il vaut encore mieux employer des barres, qui sont beaucoup moins destructibles.
Il résulte de ce que nous venons dédire, que la construction du paratonnerre et de ses conducteurs repose sur les principes suivants ;
!• Ils doivent avoir partout une section suffisante;
^ Ils doivent être continus et sans lacune, depuis la pointe de la tige jusqu'à la partie humide du sol.
Il faut bien s'entendre d'abord sur la continuité : elle peut s'opérer par juxtaposition, en boulonnant les pièces; ou par une soudure forte ; dans le premier cas, les surfaces de contact peuvent s'oxyder, les intervalles se remplissent de corps étrangers; la conductibiUté électrique se trouvera donc altérée avec le temps. Dans le deuxième cas, on n'aura rien à craindre de semblable. L'instruction de 1823 n'a pas été aussi explicite à cet égard que celle de 1854, qui a adopté les règles pratiques suivantes :
BLEGTB1C1T£ ATMO^PUBRIOVS* 429
Première règle* Réduire autant que possible le nombre des)oiats sur la longueur entière du paratonnerre^ depuis la poinie jiMqu^au réservoir commun.
Deuxième règle. Faire au moyen de. la soudure à Tétain tons ceux de ces joints qu'il est nécessaire de faire sur place^ «oit à cauae de la forme^ soit à cause de la longueur des pièces.
Ces soudures à l'étain, qui devront toi^ours se faire sur les surfaces ayant au moins 10 centimètres carrés , seront en outre oo«« saltdées par des vis^ des boulons ou des naancbons.
Ces précautions doivent être prises particulièreiiiefit qmnd U s*agit d'édifices dans lesquels il entre beaucoup de pièces de métal, ou qui sont placés sur un sol vaste et bon conducteur, ou qu'il s'agit de vaisseaux.
Troisiè^iê règle. Modifier le sommet de la Uge duparatonaerre, tel qu'il a été indiqué plus haut et ccmibrntéaient àee qui mm dit ci-api*ès, car il arrive quelquefois <|iie rextrémité est fondue et courbée, ce qui fait perdre au paratonnerre une partie de sa pro* priété préventive.
La section de physique, pour parer à certains incimvénients, mmk d'abord émis Topinion suivante: l'extrémité supérieure du fer ne doil pas avoir moins de 3 centimètres carrés de seotioB, fw coDséqsent 2 centimètres de diamètre; on y fera, à la linw et dans i'aae, un cylindre ayant 1 centimètre de diamètre et 1 œntiiaètre de tam* teur, qui sera ensuite tanaidé; sur cette vis saïUante on adaptera un cône de platine de 2 centimètres de diamètre à la base et d'une hauteur double, c est-à-dire de 4 centimètres, Faogfe d'oovvrtaie à la pointe aiguë étant ainsi de â8 à 30 degrés; oe tém de ptatine, d'abord plein, sera creusé et taraudé pour faire écrou sur la vis, ensuite il sera soigneusement soudé au fer àk soudure forie, pour composer avec lui un tout continu et sans vides.
En substituant à la pointe aiguë et très^filée ifà a iemôué jusqu'ici les paratonnerres la pointe aiguë d'un angle de 30*, ou perd, à la vérité, une partie de l'action par influence exercée par un nuage orageux quand les distances sont petites ^ les iafcenskés fai* blés, OMÛs on gagne <x>nsidérablement à la résistance incoa|HH raUement plus grande qu'elle oppose à la fusion ou à l'jutioii pby*sique de la foudre.
L'Académie des sciences, qui avait conseillé d*«boid, «t avec quel* que raison , de terminer le paratonnerre par un cône en platine, est revenue sur sa décision, et s'est boruéeà jeconaottuder i
430 ÉLBCTRICITÉ ATMOSPHÉBIQUE.
l'avait dit aussi la commission de 18^ de faire la pointe du paratonnerre en cuivre rouge; la commission de 4854^ en lui proposant ce changement^ ne s'est pas dissimulé les altérations que le cuivre rouge éprouve de la part des influences atmosphériques; mais elle a pensé que ces inconvénients sont compensés par les avantages suivants :
1<» Le cuivre rouge, tel qu'on le trouve dans le commerce, est rangé avec Tor et l'argent parmi les meilleurs conducteurs de la chaleur et de Pélectricité ; la pointe du cône de ce métal s'échauffera donc beaucoup moins que celle du cône de platine sous l'influence des courants électriques et même des coups de foudre; ainsi^ avec la forme qu'on donne (le cylindre aura 2 centimètres de diamètre^ ^ centimètres de longueur^ et sera terminé en haut par un cône de 3 à 4 centimètres de hauteur) , il est très-probable qu'elle ne sera ni fondue^ ni profondément oxydée.
^ Le paratonnerre à pointe de cuivre rouge n'entraîne qu'à une moindre dépense ; il devient accessible ^ non-seulement aux communes mais encore à la plupart des propriétaires; il peut être fabriqué partout^ car il y a sans doute en France bien peu de vilkges où l'on ne trouve un ouvrier capable de travailler et d'ajuster toutes les pièces d'un paratonnerre d'après ce système.
Quoi qu'il en soit de ces deux décisions, nous en appelons à Texpérience pour savoir lequel des deux systèmes doit être préféré.
Il ne reste plus maintenant qu'à examiner la question relative à la hauteur à donner aux paratonnerres et à leur nombre, c'estràdire aux cercles de protection qu'ils peuvent exercer.
Dans l'instruction de 4823 se trouvent énoncés les principes suivants:
La hauteur des tiges des paratonnerres varie avec les bâtiments sur lesquels on les élève : les dômes et les clochei*s, par exemple, dominant de beaucoup les objets voisins, on n'a pas besoin, pour les protéger, de leur donner la même longueur que pour les édifices terminés par un toit très-étendu; aussi n'emploie-t-on que des Uges minces s'élevant de 1 à 2 mètres au-dessus des croix qui les terminent. On peut, si Ton veut, se contenter de ces croix en établissant une communication très-intime entre elles, le sol et la nappe humide.
La prudence recommande, quand il s'agit de garantir des magasins à poudre, de placer les tiges de paratonnerres à peu de distance : on évite par là les effets qui pourraient résulter des solutions -de continuité. Pour un vaisseau, la tige du paratonnerre se compose
ÉLECTRICITÉ ATlfOSPHÉRlQUS. 431
seulement de la partie en cuivre AC (figure 110^ page 426) ; cette tige est vissée sur une verge de fer ronde qui entre dans Fextrémité de la flèche du mftt de perroquet. Une barre de fer liée au pied de la verge descend le long de la flèche^ et se termine par un crochet ou anneau auquel s'attache le conducteur du paratonnerre^ qui est ici une corde métallique; celle-ci est maintenue de distance en distance à un cordage^ et^ après avoir passé dans un anneau fixé au porte-hauban y se réunit à une barre ou plaque de métal qui communique avec le doublage en cuivre du vaisseau. Les vaisseaux étant plus sujets à être foudroyés que les objets terrestres, à raison de la conductibilité de Teau de mer qui détermine une action par influence très-énergique, on ne saurait prendre trop de précautions pour établir une parfaite communication entre toutes les parties métalliques; il ne faut pas craindre, dans ce cas, de multiplier les soudures.
Lorsqu'on place un ou plusieurs paratonnerres sur un édifice, il faut avoir l'attention de les faire communiquer ensemble et avec un conducteur conmiun situé à égale distance de chaque tige. Pour trois paratonnerres, il est prudent de leur donner deux conducteurs. En général, il faut prendre un conducteur particulier pour chaque paire de paratonnerres, et établir une communication intime entre les pieds de toutes les tiges.
Ces règles ne sontpas invariables, tant s'en faut. Linstruction de 1854 reconnaît, par exemple, que les rayons du cercle de protection doit varier avec la nature des matériaux qui constituent la couverture ou comble de Fédifice. Ainsi, il ne doit pas être aussi grand quand cette couverture est en métal que lorsqu'elle est en bois, en tuiles ou en ardoise. Dans ce dernier cas erfectivement, la portion active du nuage orageux , quoique notablement plus éloignée du paratonnerre que de la couverture, exerce cependant sur le paratonnerre une action plus vive, tandis que, dans le premier cas, ces deux actions doivent être à peu près égales pour une distance égale.
Quafit à la hauteur à donner au paratonnerre, la commission s'exprime comme il suit à l'égard des bâtiments de mer et des bâtiments en fer tels que le palais de l'Industrie établi aux Champs- Elysées.
Bâtiments de mer^ a Le cuivre rouge a une grande supériorité sur le fer et le laiton dont on fait usage trop souvent pour composer le câble qui forme le conducteur du paratonnerre; il est moins al-
482 BLBCTIKIVÉ ATMQSffUVQliA.
térable sous rkifluence des agento êkQOêfbéàqaoê, et peut être employé avec une sectioa troU fois ptos pettle. Noi fieiUons donc exclasivemeot les eàUes de cuivre rouge; ils derroat avoir i ceatimètre carré de secUon métaUiqiie; aioai leur poids aen d*eavir(« 000 gramines par maire couMoi, ou 90 lûlûgnomas les 100 mètres; les filsauroBt de i miHiaiàtre à i*-,5 de diamètn; ils pounoiit être cordés à trois toroas, comme à rordinaire.
c Le pari^OBoerre peut u'avoir que quelques déeîmèins de k»gueur, y oomfNris sa poiute, eompoeée eoaoM nous l'aMos dit Sa jonction avec le oftbîe seim fiûte daes TaÉelier, k ht êouàûte k Tétain; pour cela on pourra, par exemple dans la tige, ménager ui tittt convenable^ et ramener le bout de 3à 4 dédaièUw de kwgaear pour le oorder et rarréier avec le iwle; eimile le Irou sera i pli d*une soudure qui impi^ègne tous ks fils et qui fonne^ d'entrée et de sortie du câble une sorte de large hémisphèfe.
a Avec cette diapositioa^ le patakmaerre ne pent pbs se vîskt Ittinnème au sommet de la flèche qui le reçoit; A fiMiÉca donc M donner une forme qin peraoette de le boulonner eolîdeaafl son support.
« A son extrémité inférieu», le cAUe nera ^ualé d'une j MMlogue dans une pièce de cuivre dafanaaeoovenafale^et il As» dra nécessairement que cette pièce de cuivre ÊOk aèm eUe-méme enpennanente commutniralinn avec le doublage duname.
« La précaution dont <tt use quelqnefeis d'iaoler kdotoedu porte-hauban est inutile, et Tbabitnde de îeAer la chaîne à la mer au moment de Tonige est dangereuse : l^en 4)e qu'il est poasîfale que Ton oublie delefûre;^ eneeqneaeuyeiftilnesufitpaaqna b dMlne coouniHÛqoe à Teau de fa JMT far â ^m 4{ déciniàÉKs carrés de surface. »
Pmiais de flfuêustrie, La eemnaJarion e eru devoir pr éa cnto r las obsentations saivanites, qui s'appliquent à tootes les < du même genre: « Les «constructions du pabis de rinâurtik vrent un rectangle de iOO mètres de largeur sur SoO mètres de longueur, sans compter les pavillons qui se tw w v e nt en dehors et sur les quatre faces. La ytoaia u iu lin lea t5anèt»asde lan f our ,€l la galerie ractangrihine qui hû eat oooAiguê et qui l'enveloppe de toutes parts, seulement ^8 mètres. Les fermes de cette fmnde charpente de 1er sont à 8 mètres l'une da Tautae ; elesaontnBées entre eUes par des paimes en teine de oarnières, par des ] ^ des «ntieioises, «toe vaste enseuaUe eat sappnrlé I
ÉLECTBICITÉ ÀTMOSPHÉIIQUE. 43S
centaines de colonnes de fonte ^ indépendamment du mur extérieur.
« Ce système de construction ne permet pas que les paratonneires aient plus de 6 à 7 mètres de hauteur^ et qu'ils soient posés ailleurs que sur les sommets des fermes. En conséquence on les établira de trois en trois fermes^ c'est-à-dire à 24 mètres Fun de l'autre* Ainsi^ la galerie rectangulaire aura trente paratonnerres^ la galerie centrale neuf ou dix; quant aux pavillons^ ils en recevront plus ou moins, suivant leur étendue et leur position.
a Un grand conducteur commun sera établi dans toute la longueur du chéneau qui fait le tour de la galerie centrale^ ayant ainsi 500 mètres de développement; il sera formé avec du fer portant 8 ou 9 centimètres carrés de section et métalliquement continu. Chaque paratonnerre sera muni d'un conducteur particulier qui viendra se souder au conducteur commun. Enfin le conducteur commun lui-même sera mis en communication avec le sol au moyen de quatre puits, au moins ^ qui seront creusés vers les quatre angles du rectangle ou vers les milieux des côtés, et qui devront être assez profonds pour avoir toujours 1 mètre d*eau. Il importe que ces puits soient éloignés les uns des autres; il importée pareillement que les conducteurs qui viennent y perdre la foudre se trouvent en contact avec le liquide par de grandes surfaces, soit qu'on les y ramifie, de diverses manières^ soit que Ton y soude des feuilles larges et épaisses de tôle étamée^ de zinc ou de cuivre.
« Les paratonnerres des pavillons seront de même reliés au conducteur commun, au plus voisin de ses embranchements qui se dirigent vers les puits.
« On doit remarquer qu'il se trouve environ 40 mètres de distance entre les pieds des paratonnerres correspondants de la galerie centrale et de la galerie rectangulaire, tandis que^ d'après les règles reçues par rapport au cercle de protection, les paratonnerres de 7 mètres ne comporteraient qu'une distance de 28 mètres. Mais ces conditions sont imposées par la nature delà construction^ qiii ne permet, comme nous l'avons dit , de placer des paratonnerres qu'au sommet des fermes; au reste, il nous parait que cet excès de distance ne peut avoir grand périls puisqu'à partir du pied des paratonnerres^ la couverture ayant la forme d'un cylindre hoi^ntal à base circulaire va s'abaissant rapidement.
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