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tels que la glace, certains sels, comme le chlorure de plomb, les chlorures alcalins, le verre , ete., acquièrent cette faculté quand ils sont fondus, et même souvent avant leur point de fusion. Parmi les corps solides qui jouissent de cette propriété, on a cité l’iode qui devient conducteur quand il est fondu (Inglis et Palmieri). D’après M. Beetz, lors du passage d’un courant électrique entre deux lames de platine plongées dans l’iode fondu, il y a polarisation des lames, ce qui indiquerait la présence d’une matière décomposable par l'électricité et mélangée à Piode en faible proportion.
Le sulfure d'argent, le bi-iodure de mercure et le fluorure de plomb jouissent d’un pouvoiranalogue (Faraday). Le sulfure d'argent, qui conduit l'électricité quand il est même faiblement chauffé, se décompose électro-chimiquement lors de cette action (Hittorf).
Le bi-iodure de mercure commence vers 110° à livrer passage aux courants électriques, c’est-à-dire à une température bien inférieure à son point de fusion, et l’on trouve autour de l’électrode négative du mercure réduit.
Le fluorure de plomb devient conducteur au-dessous de Ja température rouge et éprouve de même une décomposition électro-chimique (Beetz).
Quant aux composés siliceux, aux verres, ils conduisent également l'électricité à une température peu élevée, et leur pouvoir conducteur s’accroit rapidement à mesure que l’on approche de la température rouge. De même que les corps précédents, ces substances éprouvent une décomposition électro-chimique. On verra, dans le livre suivant, Papplication de ce principe à la construction des couples pyro-électriques.
Voici quelques déterminations indiquant les résistances d’un tube de verre chauffé à diverses températures (de Buff) :
Température du verre chauffé. Résistances relatives. DOS LÉRENT dr Strans 238,2 DDR 2e PR TRe 158,3 00 16,8 EPP NT er Er 11,8 100 ane 8,4
La chaleur, comme on le voit, agit différemment sur ces corps que sur les métaux puisqu'elle augmente leur pouvoir conducteur tandis qu’elle diminue celui des métaux; mais aussi la conductibilité électrique est liée à la décomposition électro-chimique de ces composés qui est favorisée par suite d’une élévation de température, et
elle se manifeste principalement lorsque les corps sont fondus, et même, dans quelques cas, bien avant la fusion. La chaleur agit sur eux dans le même sens que sur les liquides, comme on va le voir plus bas; d’après cela, ces exemples ne peuvent être invoqués en faveur du passage de l'électricité au travers des corps composés sans décomposition. Du reste, nous traiterons cette question dans le second volume, après avoir parlé des décompositions électrochimiques.
Résistance des liquides. Un grand nombre de liquides, et principalement les dissolutions salines et les sels en fusion ignée, conduisent l'électricité; mais en général la résistance qu'ils opposent au passage de cet agent est plus grande que dans les métaux. Quant aux huiles essentielles, etc., elles sont isolantes dans les conditions ordinaires. 4
Il est facile de déterminer les résistances des liquides et par conséquent leur pouvoir conducteur à l’aide d’un procédé analogue à celui qui à été décrit précédemment. On s’arrange pour qu'ils soient enfermés dans des tubes et que l’on puisse faire varier à volonté les longueurs des colonnes liquides suivant des nombres déterminés. L'appareil représenté ci-après permet d’atteindre ce but E. Becquerel).
Fig. 47
Il est nécessaire d’abord de disposer un couple voltaïque, ou une pile, et un multiplicateur à deux fils, comme le représente la
figure 45; mais à la place des circuits métalliques AA’; BE’ de cette même figure, on emploie deux colonnés conductrices liquides &b, a'b', représentées figure 47. Sur une table MN se trouvent deux éprouvettes AB, A'B', de quatre ou cingcentimètres de diamètre et de trois décimètres de hauteur, Dans ces éprouvettes plongent deux tubes cylindriques ab, a'b', ayant même axe que les premières et retenus par en haut à l’aide de liéges, et s’arrêtant à quatre centimètres du fond. Dans ces tubes, exactement calibrés et placés verticalement, peuvent se mouvoir de haut en bas et de bas en haut des lames circulaires de platine horizontales E, E’, ou d’un autre métal, d’un diamètre un peu plus petit que celui de ces tubes, et attachées à des fils de platine soudés dans des tubes de verre FE, FE’. Des lames de différents métaux DL, D'L' sont placées horizontalement au fond des éprouvettes, et communiquent à des fils métalliques qui débouchent en dehors: On peut élever ou abaisser à l’aide d’une crémaillère GHle disque E et déterminer sur la tige de cuivre UH sa marche en millimètres et fractions de millimètre. On comprend d’après cette disposition qu’en plaçant le liquide dont on étudie la conductibilité dans les éprouvettes, et qu’en divisant le courant suivant les deux circuits, il sera facile d’arriver à obtenir légalité de résistance comme avec les fils métalliques de la figure 45 ; il suffira pour cela de tourner le bouton de la crémaillère dans un sens ou dans l’autre, et d’examiner si l'aiguille du multiplicateur est arrivée au O0.
Ce point une fois atteint, et les deux circuits ayant même conductibilité, on énlève le fil de cuivre V qui établit la communication entre les godets Get R, et l’on met à la place un fil métallique de cuivre ou de platine d’une longueur déterminée qui doit servir de fil étalon : aussitôt Paiguille du multiplicateur est chassée de sa position d'équilibre, car on allonge un des circuits de toute la longueur du fil étalon placé en V; mais si alors on abaisse la lame E avec la crémaillère, l'aiguille revient peu à peu au zéro, et quand elle s’y maintient on note de combien on a diminué la colonne ab. Il est évident que l’on est de nouveau arrivé à l'égalité de résistance des deux circuits. Mais comme le circuit PCQRS est augmenté du fil de cuivre étalon ét diminué d’une partie du liquide, on en conclut quê la diminution de la longueur de la colonne liquide équivaut, en résistance, au fil métallique étalon placé en V.
Il est indispensable d’interposer dans le circuit PGEFQS une boussole des sinus qui donne dans le cours de ces expériences
PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX. ot
l'intensité du courant actif, et cela indépendamment du multiplicateur à deux fils placé comme dans la figure 45.
On comprend que par ce procédé, en plaçant diverses longueurs de fil étalon en V, et en employant successivement dans les deux éprouvettes des liquides différents, on parvient à trouver quelles sont les longueurs des colonnes liquides équivalentes à un même fil étalon; ces longueurs sont en raison inverse de leur résistance à la conductibilité. On peut aussi bien mettre en V un des rhéostats décrits plus haut, par exemple le banc de résistancé (fig. 44), et fairé varier également le fil étalon que l’on interpose dans le circuit.
Il est d'autant plus nécessaire pour les liquides d'opérer en diminuant Ou en allongeant les colonnes liquides sur lesquelles on opère, au lieu de prendre la résistance de la colonne liquide entière, y compris les électrodes métalliques, que l'électricité, lors du passage d’un métal dans un liquide , éprouve une résistance parti- Culière, nommée résistance au passage, et indépendante de la résistance propre du liquide. Il en sera question plus loin.
Lorsqu'on emploie pour liquides des dissolutions métalliques décomposées par le courant électrique, il faut, autant que possible, faire passer le courant de manière que les lames inférieures soient positives, et qu’elles soient de même nature que le métal dissous: Aïnsi avec des dissolutions de zinc, de cuivre, d'argent, d’or, il faut placer des lames positives de zinc, de cuivre, d'argent, d’or, à la partie inférieure. Si l'on ne peut remplir cette condition, il est nécessaire de diminuer l'intensité du courant de facon à éviter le plus possible les dégagements de gaz sur les lames conduüctrices.
Voici quelques-unes des conclusions auxquelles ont conduit les Yecherches sur la résistance des liquides :
1° Lorsque la longueur d’une colonne liquide est plusieurs fois plus grande que son diamètre, les lois IL et IIT indiquées pout les métaux page 83 s'appliquent également aux liquides; ainsi la résistance à la conductibilité électrique est proportionnelle à la lon-
gueur eten raison inverse de la section.
Si l’on voulait appliquer ces lois aux cas où les dissolutions ne seraient plus renfermées dans des tubes , mais bien dans des bassins plus ou moins vastes , et où les électrodes au lieu d’avoir même section que les colonnes liquides seraient des lames plongeant à une certaine distance l’un de l'autre dans ces bassins, on ne trouverait aucun résultat exact. En effet, dans ces conditions, l’électricité, au lieu de suivre seulement la direction longitudinale de la
colonne liquide qui sépare les deux électrodes , passe de tous les côtés en quantité variable et donne lieu à des résultats très-com- .pliqués.
2° Les liquides conduisent beaucoup moins bien l'électricité que les corps solides. Une dissolution de sulfate de cuivre à la température ordinaire, par exemple, offre une résistance seize millions de fois plus grande que celle que présente le cuivre métallique. En outre le liquide le meilleur conducteur est encore un million de fois plus résistant que l'argent métallique.
On peut citer comme exemples les nombres suivants qui représentent les pouvoirs conducteurs de différents liquides , rapportés à celui dun cylindre d'argent qui aurait même diamètre (E. Becquerel) :