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que par l'intermédiaire des particules matérielles ; or, si les gaz transmettent l'électricité par conductibilité, comnrent se fait-il qu’en les raréfiant, alors qu’il y a moins de particules matérielles sur la route du courant, la conductibilité soit meilleure, et que, dans le vide, elle soit à son maximum? La quantité de matière étant moindre, la conductibilité devrait être également moindre.
Mais, si l’on adoptait l’hypothèse qui attribuerait le passage de l'électricité à des décharges au travers des gaz, il serait difficile de comprendre comment un très-faible courant électrique, qui ne franchit pas le milieu gazeux à la température ordinaire , se trouve transmis lorsque la température atteint le rouge. La force élastique du gaz étant la même à froid et à chaud, et l'excès de tension électrique ne changeant pas, on serait alors dans la nécessité d'admettre que la chaleur facilite la transmission de l’électricité dans un espace, même lorsqu'il est privé de matière, ou bien que les électrodes métalliques portées à la température rouge laissent détacher des particules matérielles, alors que l’excès de tension électrique est très-faible, et que ces particules établissent une circulation continue d'électricité. Dans l’état actuel de la science, Pune ou Pautre de ces deux conséquences ne paraissent pas admissibles, et surtout la seconde , car jusqu'ici aucune expérience ne justifie cette émission de particules métalliques de la part des électrodes.
D'un autre côté, la propagation par conductibilité moléculaire dans les gaz échauffés permet d'expliquer avec facilité non-seulement la transmission des courants au travers des flammes, mais encore ce résultat important, que les flammes interposées entre deux fils métalliques inégalement échauffés donnent lieu à un courant thermo-électrique , éomme le ferait un conducteur métallique en communicatiou avec ces fils. Aussi, en rapprochant ces résultats de ceux qui se déduisent des observations précédentes, nous croyons plus probable l'hypothèse qui consiste à expliquer la transmission de l'électricité au travers des gaz chauds par voie de conductibilité.
Résistance au passage ow perle au passage. Lorsqu'un courant électrique traverse un circuit mixte composé de métaux et de liquides , plusieurs causes tendent à diminuer la quantité d'électricité qui passe : 1° les résistances propres des solides et des liquides, ainsi que nous l'avons vu précédemment; 2° les résistances qui se produisent au changement de conducteur, et qui proviennent de leur
différence de nature. Quand les conducteurs sont successivement solides et liquides , ces dernières proviennent en grande partie du transport des matières sur les lames, et principalement des gaz, c’est-à-dire de la polarisation de ces lames. Nous avons étudié les conductibilités propres des corps avec détail; il nous reste à dire quelques mots des résistances au passage ou pertes au passage.
La résistance au passage d’un courant électrique d’un corps solide dans un autre est accusée par des effets calorifiques dont nous parlerons plus loin, et comme le prouvent les effets produits dans les circuits métalliques composés, aux points de contact des métaux. On verra, en effet, que l’on peut avoir une augmentation ou une diminution de température aux surfaces de jonction. Mais les résistances ou pertes qui proviennent de la polarisation des électrodes sont toujours beaucoup plus grandes que les précédentes, et, en général, on les confond ensemble sous le nom de la résistances totales au changement de conducteur.
On peut montrer très-simplement combien cette résistance a d'influence pour diminuer la quantité d'électricité qui passe dans un circuit, en interposant des lames métalliques dans une colonne liquide faisant partie de ce circuit, de façon que le courant d’un ou de plusieurs couples traverse non-seulement le liquide divisé, mais encore chaque lame perpendiculairement à leur surface. On troüve alors que quoique la résistance propre du métal introduit dans le circuit soit bien faible comparativement à résistance totale, cependant le courant diminue beaucoup d'intensité.
Le changement d'intensité du courant peut provenir d’un courant secondaire dû à la polarisation des lames, dirigé en sens inverse du courant de la pile et diminuant la force électro-motrice de celle-ci (Ohm, Delarive, etc.) ; ou bien elle peut résulter d’une résistance analogue à la résistance que le courant éprouve en parcourant un fil d’une longueur déterminée (Fechner, Poggendorf, etc.). Nous reviendrons , dans le livre suivant, sur ces deux hypothèses , à propos de la théorie des piles voltaïques; il nous suffit d'indiquer ici qu’en tout cas cette cause d’affaiblissement du courant peut être évaluée en longueur de fil (puisqu’en diminuant la longueur de la partie métallique du circuit dans les expériences précédentes on peut rendre au courant son intensité premiere), mais on arrive alors à cette conséquence, qu’elle est fonction de l'intensité du courant électrique lui-même.
A l’aide de lappareil déjà décrit page 89 et représenté figure 47, on peut facilement déterminer la résistance totale au passage lors des changements de conducteurs. Il suffit de placer en V, au
Fig. 47.
lieu dun fil d'une longueur fixe, un rhéostat, afin de pouvoir in-troduire dans le circuit une longueur variable d’un fil métallique normal. On détermine alors la résistance d’une longueur déterminée de la colonne liquide ab en fonction du fil normal du rhéostat; puis on enfonce la lame E jusqu’à ce que les deux lames DL et E se touchent. On reconnait ainsi que la résistance du circuit mixte liquide et solide CDEF, est plus considérable que la résistance de la colonne liquide isolée EB, jointe à celle du conducteur métallique. La différence indique la résistance au passage.
On peut également, à Paide d’une boussole des sinus ou des tangentes et en se servant d’un seul circuit voltaïque, mesurer Pintensité du courant dans chaque cas, et, à l’aide d’un rhéostat, ramener les déviations à la même intensité électrique; alors, à l’aide de Ja formule de la pile voltaïque qui sera donnée dans le livre suivant, on arrive à déterminer la valeur de la perte au passage ou force électro-motrice inverse, ainsi que l'ont fait les physiciens cités plus haut, auxquels il faut ajouter les noms de MM. Marianini, Worselman de Herr, Lenz, Marié, ete.
D’après les résultats obtenus, on peut déduire les conséquences suivantes :
1° Lorsqu'un courant électrique passe d’un solide dans un liquide, et vice versa, s’il n’y a pas de polarisation sur les lames (par exemple, si l’on opère avec le sulfate de cuivre en dissolution et deux lames de cuivre) et que la température ne change pas, la résistance au changement de conducteur est peu appréciable ; mais si, par suite d’une polarisation , des gaz viennent se déposer à la surface de séparation des métaux et des liquides, alors la résistance acquiert immédiatement une valeur assez grande et facilement appréciable (E. Becquerel).
2° La résistance ou perte au passage, dans ce dernier cas, est fonction de l'intensité du courant; elle diminue à mesure que celle-ci augmente, mais de manière que, toutes choses égales d’ailleurs, le produit de la résistance par l'intensité du courant n’est pas un nombre constant (E. Becquerel, Marié , ete.) (*)}.
3 Dans la polarisation, chaque électrode donne lieu à une résistance qui peut être différente, et dont la somme constitue la perte au passage (Poggendorf, Lenz et Saweljev).