CHAPITRE V
Vitesse de propagation de l'électricité.
Nous avons parlé jusqu'ici des courants électriques et des différences de conductibilité des corps, mais il est nécessaire d’indiquer avec quelle vitesse l'électricité se propage. Quant au mode même de propagation, on ne sait rien de certain sur ce point; nous nous reportons à ce que nous en avons dit dans le livre premier en parlant des hypothèses émises sur l’origine de Pélectricité.
Lors des premières expériences faites avec la bouteille de Leyde, on chercha à s'assurer si la vitesse de transmission de l'électricité à une certaine distance pouvait être appréciée; les recherches d'Otto de Guéricke, de Grey, celles de Lemonnier, de l’abbé Nollet, faites avec une bouteille de Leyde dont la décharge passait dans un circuit formé par six cents personnes, montrèrent que le temps de la transmission de l'électricité d’une extrémité à l'autre de la chaîne n'était pas appréciable. Ce n’est qu'en 1834 que M. Wheastone fit connaîlre un moyen de mesurer la durée de l’étincelle; dès lors, on put se former une idée de l'énorme vitesse de propagation de Pélectricité, qui est de l’ordre de grandeur de celle de la propagation de la lumière.
L'appareil à l’aide duquel M. Wheastone a déterminé la vitesse de l'électricité consiste en unñ miroir tournant autour d’un axe vertical avec une très-grande rapidité; on place en avant de ce miroir deux boules situées sur une même ligne verticale, et destinées à faire éclater entre elles une étincelle. Si lon examine l’image de l’étincelle par réflexion dans le miroir quand celui-ci est fixe, on voit une ligne lumineuse verticale, parce que le passage rapide d’un point lumineux parait une ligne continue, par suite de la persistance des impressions lumineuses sur la rétine. Mais si l'électricité met un certain temps à passer d’une boule à Pautre, et que le mou-
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