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Le second appareil dépolarisateur (fig. 62) diffère du précédent en
ce qu'il ne possède qu’un seul interrupteur cylindrique, et qu’il est pourvu de deux vases VV’ au lieu d’un seul. Au-dessus de cet interrupteur est fixé un autre cylindre fixe et évidé intérieurement , et dont le bord supérieur, au lieu d’être partout horizontal, est échancré en plan légèrement incliné, de manière à produire l’effet
suivant : la traverse mobile qui porte les deux tiges f', à l'extrémité
desquelles sont soudées les lames de platine L, L’, est composée de
deux parties mobiles dans le sens vertical au moyen d’une char-
nière , et dans le sens horizontal à l’aide d'un rouleau d’acier qui
repose sur le bord supérieur du cylindre échancré. Lorsque le
cylindre interrupteur est en mouvement, les deux branches des ailes &, a’ s'élèvent ou s’abaissent alternativement, de manière à transporter chaque lame de platine d’un vase dans l’autre. Les deux vases renferment, suivant les expériences que l’on a en vue, le même liquide ou deux liquides différents. L’interrupteur met toujours en relation la lame positive ou la lame négative avec le même bout du fil du multiplicateur. La communication entre les
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deux vases est établie, soit avec un arc en platine, soit avec une mèche de coton ou un tube en U rempli d’un liquide conducteur.
Ces appareils sont mis en mouvement au moyen d’un petit électromoteur construit par M. Froment, et dont nous donnerons la description dans la suite de cet ouvrage.
Lorsqu'on veut chercher à l’aide de ces instruments, par exemple, à l’aide du second appareil (fig. 62), la réaction électrique qui s'exerce entre deux dissolutions, on place entre les vases V et V' de appareil une mèche de coton ou d’asbeste disposée comme dans la figure 9 ter.
Quand on opère avec l’appareil dépolarisateur, on peut obtenir des résultats inverses de ceux que présentent deux dissolutions réagissant l’une sur l’autre quand on les met chacune dans l’une des branches d’un tube en w. On peut citer comme exemple de cette inversion le résultat que l’on obtient quand on fait réagir le bicarbonate de soude sur le sous-carbonate. Soit, en effet, abc une succession de mèches de coton interposées entre les deux vases V, V' de l'appareil (fig. 62) remplis d’eau distillée. Supposons que & et cd soient humectés d’eau distillée ; que ab soit humectée d’eau saturée de sous-carbonate de soude, et bc d’eau saturée de bicarbonate de la même base. On observe, quand l'appareil dépolarisateur fonctionne, un courant dirigé dans le sens de la grande flèche, mais il n’est que la résultante de trois courants partiels représentés par les trois petites flèches, et qui ont lieu en «, bete, à la surface de séparation des liquides. En effet en a, entre l’eau et le sous-carbonate, on a un courant allant de la dissolution saline à l'eau ; en b, entre les deux dissolutions salines, le courant est en sens contraire ; en €, il est dirigé de la dissolution à l’eau: les deux derniers sont inverses du premier, mais leur somme est moins forte, puisque le courant final est dans la direction du premier.
Ainsi, en tenant compte de l’action de l’eau distillée, on peut obtenir des effets inverses de ceux que donneraient deux dissolutions en réagissant l’une sur l’autre.
Les diverses expériences faites par cette méthode ont conduit à ce fait général : lorsque l’eau ct plusieurs solutions neutres, acides ou alcalines, sont en contact deux à deux, de manière à ne se combiner ou à ne se mélanger que très-lentement, Peffet électrique
Fig. 62 bis.
produit est la résultante des effets électriques individuels qui ont lieu à chaque surface de contact. On doit remarquer que ce fait est en opposition avec le principe avancé par Volta, savoir que, lorsque plusieurs substances solides ou liquides sont en contact les unes à la suite des autres, les effets électriques qui se produisent sont les mêmes que si les deux substances extrêmes étaient immédiatement en contact. Une conséquence qui en résulte, c’est que l’on peut former des chaînes électriques avec des liquides seuls; l’existence de telles chaines dans les corps organisés produit nécessairement dans les tissus des effets électro-chimiques. On en donnera des exemples plus loin.
En résumé, on a trouvé qu’indépendamment de quelques-unes des conséquences indiquées précédemment, on pouvait admettre les principes suivants :
1° Il n’y a dégagement d'électricité dans les actions chimiques qu’autant que les deux corps en présence sont conducteurs de l’électricité; ainsi, dans la combinaison d’un métal avec l’oxygène, l’iode ou le brome sec, il n°y a pas de production d'électricité.
2% Dans le mélange des acides avec l’eau ou dans leur combinaison avec elle, Peau se comporte comme une base, tandis qu’elle agit comme un acide par rapport aux dissolutions alcalines.
3° Les dissolutions concentrées de sel neutre agissent à l’égard de l’eau, sous le rapport des effets électriques produits, comme les acides par rapport aux bases.
4 Les acides, dans leur combinaison ou leur mélange avec d’autres acides, se comportent de telle sorte que les acides les plus oxydants sont les plus électro-positifs. Les acides, dans leurs combinaisons avec les bases, paraissent conserver cette même propriété , de telle sorte que, dans la réaction ou le mélange de deux dissolutions saturées de sel neutre, le nitrate est positif par rapport au sulfate , le sulfate à l'égard du phosphate, etc.
5° Lorsque plusieurs dissolutions acides, neutres ou alcalines sont placées les unes à côté des autres de manière à se mélanger très-lentement, les effets électriques produits sont la résultante des effets individuels qui ont lieu à chaque surface du contact.
6° Contrairement à l’opinion de Volta, on peut former une chaïne électrique ou plutôt un circuit fermé uniquement avec des liquides dans lesquels circule un courant, et d’où résultent des phénomènes de décomposition et de recomposition s’il existe dans ce circuit des corpuscules conducteurs de l'électricité, Les corps orga-
nisés vivants présentent dés exemples nombreux de circuits de ce genre pouvant donner lieu à des effets électro-chimiques qui n’ont pas éncore été étudiés.
Nous venons de voir que les'dissolutions, en réagissant les unes sur les autres, donnent lieu à des effets électriques analogues à ceux que l’on observe dans les combinaisons ; il faut montrer actuellement comment on peut reconnaître; au moyen de ces effets, s’il y à simplement combinaison ou solution, ce qui n’est pas toujours facile, quand les réactions sont tellement faibles, qu’il en résulte de si petites quantités de composés qu’il est impossible d’en constater l’existence, ou bien quand il n’y a que de très-faibles variations de température. On opère de la manière suivante, d’après M. Peltier : l'appareil complet se compose de deux multiplicateurs, d’une pile thermo-électrique et de deux capsules en platine. On en prend une, que l’on met en communication avec l’un des bouts du fil d’un multiplicateur à fil long; puis on dispose un trépied thermoélectrique composé de trois couples, bismuth et antimoine, dont les extrémités inférieures sont de rang pair ou impair, afin qu'étant échauffées ou refroidies en même temps, elles produisent des courants dirigés dans le même sens; on place ensüite la seconde capsule en communication avec l’autre bout du fil du multiplicateur sur le trépied ou pile thermo-électrique qui est en relation avec le multiplicateur à fil court, et l’on joint les deux capsules au moyen d’une mèche de coton ou d’asbeste. On verse dans chaque capsule une dissolution, et les deux dissolutions agissent alors l’une sur l’autre. Sil y a combinaison, les deux capsules s’échauffent ; celle qui repose sur le trépied lui communique une portion de la chaleur qu’elle a | prise, et qui est aussitôt accusée par l'aiguille du multiplicateur \ thermo-électrique. S'il y a simplement solution, l’abaissement de température de la capsule produit un courant thermo -électrique dirigé en sens inverse du premier, en sorte que la direction du courant thermo-électrique suffit pour indiquer quand il y a combinaison ou solution, lors même que les variations de température qui en résulteraient seraient excessivement faibles, et exigeraient des thermomètres d’une très-grande sensibilité pour être appréciées.
Actions des acides el des dissolutions sur les métaux. Lorsque l’on plonge l’un après l’autre dans l’acide nitrique ordinaire les deux bouts du fil de cuivre d’un multiplicateur, on à aussitôt un courant électrique qui réagit sur l'aiguille aimantée de telle manière que le boüt plongé le premier prend au liquide l'électricité positive. Cet
effet est dù à la différence des actions chimiques exercées par l’acide sur les bouts du fil, différence en faveur du bout plongé le dernier qui est le plus attaqué, attendu que sa surface est recouverte d’une couche d'oxyde. Dès lors, quand un acide réagit sur un métal , celui-ci dégage de l'électricité négative , et l'acide de l’électricité positive.
Plongeons dans de l’acide nitrique pur deux des bouts de deux fils d’or à surface très-propre, en communication par les deux autres bouts avec les extrémités du fil d’un multiplicateur à fil long : ilne se produit aucun effet; mais, si l’on ajoute une très-petite quantité d'acide chlorhydrique près de la partie immergée de l’un des deux bouts , l’aiguille aimantée accuse aussitôt, par sa déviation, la production d’un courant, dont la direction indique que le bout attaqué prend à l’acide l'électricité négative, et lui donne l’électricité positive. En remplaçant l'un des fils d’or par un fil de platine, les effets sont les mêmes, c’est-à-dire qu'il n’y a production de courant qu'autant qu'on ajoute de l'acide hydrochlorique; le bout attaqué prend encore l'électricité négative. Cette expérience met bien hors de doute ce fait fondamental, savoir que, lorsqu'un acide réagit sur un métal, l'acide prend Pélectricité positive ; le métal lélectricité négative (Becquerel).
On peut obtenir des effets analogues avec d’autres métaux et d’autres liquides actifs; on opère alors en plaçant leliquide que l'on em-
Fig. 63. ploie dans un vase CD (fig. 63), et en f plongeant les deux lames métalliques A et B, sur lesquelles on agit, dans ce liquide, ces lames étant en relation aveclesextrémités d’un multplicateur.
Si l’on opère avec du zinc et du platine , le liquide étant de l’eau acidulée par Pacide sulfurique ; le zinc est négatif, le platine positif. Le système formé par l’ensemble des deux lames et du liquide constitue un couple analogue à celui de Volta : l'électricité se produit à la surface de séparation du zinc et du liquide ; le platine est Jà seulement pour recueillir une portion de l'électricité positive du liquide.
Les effets électriques dus aux réactions exercées par les liquides sur les métaux peuvent être également observés à l’aide des électroscopes ; mais ils ne sont appréciables que lorsque leur intensité est
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suffisante. En opérant avec le zinc, on peut se servir de l'appareil déjà décrit page 55, et qui est représenté (fig. 30). On place sur
Panneau D communiquant au plateau inférieur B d’un électromètre condensateur très-sensible, une capsule en platine dans laquelle on verse de l’eau acidulée avec une ou deux gouttes d’acide sulfurique. On plonge une lame de zinc par une de ses extrémités dans l’eau de la capsule, en ayant soin qu’elle ne touche pas la capsule ellemême ; l’autre extrémité de la tige de zinc est mise en relation avec le plateau supérieur A du condensateur. En enlevant la tige de zinc immédiatement après le contact, et séparant les deux plateaux Pun de l’autre, on trouve que les feuilles d’or divergent en vertu d’un excès d'électricité positive. Afin d'éviter que les doigts ne touchent le zinc, on soutient la lame métallique à l’aide d’une pince de verre enduite de gomme laque.
Il est facile, comme on le comprend, de varier ces expériences; mais les observations faites avec les galvanomètres sont plus faciles pour mettre bien en évidence les différentes conditions nécessaires au développement de l'électricité dans les réactions exercées sur les métaux. Nous avons supposé qu’un seul des deux métaux plongées est attaqué par le liquide; mais, si les deux le sont à la fois, on a toujours un courant électrique dû à la différence des effets ; le métal le plus attaqué prend l'électricité négative. L'expérience suivante montre bien l'influence de l’action chimique. Si lon prend pour lames
métalliques des lames de fer et de cuivre, et qu’on les plonge, comme l'indique la figure 63, dans de l’eau acidulée par l'acide sulfurique, il se produit un courant électrique dirigé de telle manière que le fer prend au liquide l'électricité négative ; le fer est dans ce cas le métal le plus attaqué. Mais si, après avoir lavé les lames dans l’eau, on les plonge de la même manière dans une solution de persulfure de potassium , on observe alors avec le multiplicateur un courant électrique dirigé en sens inverse. Dans ce cas le cuivre noircit rapidement et est attaqué plus vivement que le fer. Ainsi, suivant la nature du liquide conducteur, le même couple peut présenter un courant électrique dirigé dans un sens ou dans un autre.
Dans l’action des dissolutions sur les métaux, on doit encore avoir égard aux effets produits, 4° par l’action des dissolutions qui se forment autour des lames sur le liquide conducteur lui-même ; 2 par celle des gaz ou d’autres substances qui se déposent sur les lames. Nous allons parler d’abord des premiers effets, il sera question ensuite avec détails des seconds, appelés effets de polarisation.
Reprenons l’expérience déjà citée. Soïent deux capsules a, a
Fig. 64. remplies d'acide azotique et communiquant ensemble au moyen d’une mèche d’asbeste.
Si lon prend deux lames d’or en relation par des fils de même métal avec les extrémités du fil d’un multiplicateur, et qu’on les plonge chacune dans l’une des capsules , il n’y aucun effet électrique toutes les fois que les surfaces ont ét lavées avec soin dans de Peau distillée pour enlever les corps étrangers adhérents : mais, si on verse dans la capsule & quelques gouttes de chlorure d’or près de la lame qui y plonge, l'aiguille aimantée est aussitôt déviée fortement, dans un sens tel que le bout & devient négatif par rapport au liquide ; si au lieu de la dissolution de chlorure d’or, on verse quelques gouttes d’acide chlorhydrique, l'effet est le même. Dans le premier cas, l’effet est dù à la réaction de acide nitrique sur le chlorure d’or; dans le deuxième, à la réaction de l’eau régale sur l'or, et à celle de la dissolution formée sur Pacide nitrique. Voilà donc deux causes donnant lieu à un dégagement d'électricité dans le même sens, attendu que la dissolution d’or est négative par rapport à l'acide.
Si l’on remplit d’une dissolution de nitrate de cuivre les deux capsules & et a mises en communication au moyen d’une mèche
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de coton, et que l’on plonge dans chacune d’elles le bout d’une lame de cuivre parfaitement décapée, dont l’une et l’autre sont en relation avec les deux extrémités d’un multiplicateur, il ne se produit aucun effet électrique; mais, si l’on verse une goutte d’acide nitrique dans le liquide de la capsule a, le cuivre qui plonge dedans devient fortement négatif. Dans ce cas , on a bien l'effet électrique résultant de la réaction de Pacide sur le métal, le courant produit dans la réaction du composé qui se forme sur la dissolution environnante devant être très-faible, et même nul , puisque la solution de nitrate est déjà saturée.
L’étain et son sulfate, le fer et son chlorure, le plomb, lantimoine et le bismuth, agissent de même que le cuivre par rapport à ses dissolutions , quand on ajoute quelques gouttes d’acide. Il en est de même du zinc, du fer, avec les dissolutions de leur nitrate; le métal s'empare de l’électricité négative , conformément au principe général ; mais avec des dissolutions de leurs sulfates , ces deux derniers métaux produisent quelquefois des effets inverses: à l’instant où l’on ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique, le métal devient positif. On voit donc combien il est important, dans les appareils destinés à produire de l'électricité au moyen de actions chimiques, de prendre en considération les effets résultant de la réaction des dissolutions les unes sur les autres ; car il peut arriver quelquefois que cette réaction, qui est une cause puissante de dégagement d'électricité, contrarie les effets que l’on a en vue (Becquerel).
Examinons quelques particularités qui peuvent se présenter dans ces expériences; les conséquences que nous en déduirons seront utiles pour la construction des couples voltaïques que nous exposerons dans le chapitre suivant.
Prenons une lame de cuivre, une lame de zinc et une solution de sulfate de zine, chaque lame se trouvant dans une capsule particulière et les deux capsules communiquant ensemble au moyen d’une mèche de coton. A l'instant de Pimmersion, le cuivre prend au liquide l'électricité positive, et le zinc l'électricité négative. Ce fait nous démontre, comme du reste on devait le présumer, que le zinc est plus attaqué par la solution que ne l’est le cuivre.
Supposons la déviation de l'aiguille aimantée de 62°; si l’on ajoute quelques gouttes d'acide nitrique ou de nitrate de cuivre dans la capsule où se trouve la lame de cuivre, et où l’action chimique est la moins forte, l'aiguille, au lieu de rétrograder, parce que le cuivre est plus attaqué, se porte à 86°, et reste stationnaire dans cette position, Pour expliquer ce fait, il suffit de tenir compte de la réac-
tion de l'acide nitrique ou du nitrate de cuivre qui se forme continuellement , sur le sulfate de zinc, et en outre de ce que, au pôle négatif, l’acide azotique ou le nitrate de cuivre enlève le gaz hydrogène provenant de la décomposition de l’eau par l'action du couple lui-même, ce qui diminue la résistance au passage, et augmente l'intensité du courant,
Du reste , les expériences suivantes montrent bien nettement la manière dont chaque dissolution se comporte vis-à-vis des métaux dans la disposition des couples voltaïques. Nous les invoquerons plus loin, quand il sera question de la construction des couples à courant constant (Becquerel).
On prend une petite boîte en verre ou en bois vernissé, divisée en deux compartiments au moyen d’un diaphragme” en baudruche, appliqué soigneusement | sur les parois avec : (l du mastie, et dans |:
Ce CT mu fm an NT …—- D
chacun desquels on.
verse une solution
de même nature ou de nature différente ; dans une expérience on a + | | |
opéré d’abord avec de l’eau renfermant Æ d’acide sulfurique ; d’un côté on a plongé une lame de zinc, de l’autre une lame de cuivre, l’une et l’autre en communication avec un multiplicateur. On a
obtenu les résultats suivants : Fi 1e" Tableau. \ l a:
LIQUIDE LIQUIDE DURÉE DÉVIATION {1 contenu dans la case! contenu dans la del 1 de l'aiguille | 4 cuivre. case zinc. eLHOMErSIOnS aimantée, } Lau et d’acide sul- 0 63° | | furique. 1 15 minutes. 53 M | 30 46 |
En ajoutant quelques gouttes d’acide nitrique dans la case cuivre, i
le courant a augmenté d'intensité, quoique le cuivre füt attaqué, et qu'il dût en résulter un courant en sens inverse. Cet effet était
dû , non-seulement à la réaction des dissolvants les uns sur les au-
tres , mais encore à ce que l'acide nitrique, en attaquant le cuivre, |
facilitait le passage du courant du liquide dans ce métal et absor-
bait l'hydrogène naissant déposé par l’action du courant :
LIQUIDE contenu dans la case cuivre. 3
Eau et-> d'acide sulfurique , à laquelle on ajoute + d’acide
2° Tableau.
LIQUIDE DURÉE DÉVIATION contenu dans la de l'aiguille
case zinc. de l'immersion. aimantée.
Eau el + d’acide 0 sulfurique.
15 minutes.
hitrique ou d’une dissolution saturée 30 de nitrate de cuivre.
Passons au cas où le cuivre plongeait dans une dissolution saturée de nitrate de cuivre, et le zinc dans une dissolution saturée de sulfate de zinc; on a obtenu alors les résultats suivants :
5° Tableau.
LIQUIDE LIQUIDE © DURÉE DÉVIATION contenu dans la case | contenu dans la 4 : de l'aiguille cuivre. case zinc. de l'immersion: aimantée.
ee
Dissolution saturée| Dissolution salu- 0 de nitrate decuivre.| rée de sulfate du
15 minutes.
Ces résultats mettent en évidence l'influence produite par la réaction des deux dissolutions l’une sur Pautre, car le courant est plus intense dans ce cas-ci que dans les expériences précédentes, toutes choses égales d’ailleurs, et bien que le zinc ne soït pas attaqué avec autant de force que lorsque la dissolution était acide. Dans le 2e tableau, le mélange des acides sulfurique et nitrique se trouvait dans la case cuivre; on la transporté dans la case zinc, alors on a eu:
4° Tableau.
LIQUIDE LIQUIDE DURÉE DÉVIATION contenu dans la case | contenu dans la ‘ de l'aiguille cuivre. case zinc. de l'immersion. aimantée.
Eau + d'acide sulfu-| Eau d'acide sul- 0 62 rique. furique, et = nitrique. 15 minutes. 64
Les déviations ayant été successivement égales à 62%, 64°, 64°, le courant tendait donc ainsi à devenir constant. Nous verrons ultérieurement les conditions à remplir pour construire les appareils à force constante. Il est prouvé seulement ici qu’en mettant dans la case cuivre de l’acide sulfurique, cet acide attaque le cuivre, concurremment avec l’acide nitrique qui s’infiltre peu à peu au travers du diaphragme, et d’où résulte un sel de cuivre dont la décom- : position dépolarise la lame de cuivre et tend à rendre le courant constant. Tel est le principe des piles à courant constant, comme on le verra plus loin.
En plongeant dans l’acide nitrique concentré et dans l'acide nitrique étendu divers couples métalliques, on forme le tableau suivant, dans lequel chaque métal est positif par rapport à celui qui le précède (Delarive).
ee
De
Acide nitrique concentré. Acide nitrique étendu, Fer oxydé...... ncovsboavonarie Ârgent. | ATHENL-PE = ne RTE Cuivre. ‘1 NMARAB dvorodessroonoe Sr ECHOXVOE- | PIOMD mere netesemce he:
COIVTÉ eee HUE Plomb.
IN bee Sion E ne en loe . Mercure. | JD re ce en Etain Etain ne eme Zinc: | |
Ces résultats montrent de suite l'influence de laction chimique sur le dégagement de l'électricité, puisque l’ordre des métaux É Il change avec le degré de concentration de l’acide nitrique. |
Un couple or et cuivre ne donne aucun effet quand on emploie le mercure comme corps liquide. M. Delarive a émis le doute que { ( la formation d’un amalgame füt une véritable action chimique; | mais cette assertion ne saurait être fondée, attendu qu'il ÿ a com- | | binaison en proportions définies. Il y a sans nul doute des effets | électriques produits ; mais le multiplicateur ne peut les accuser, i attendu que les deux électricités trouvent plus de facilité à se re- l | combiner sur la surface de contact de l'or et du mercure qu’à suivre le fil du multiplicateur (Becquerel).
Effets électriques dus au contact des gaz et des métaux inoxydables. Lorsqu'une lame de métal plonge dans un liquide capable de réagir chimiquement sur elle , on a vu qu’il se produit un dé- 14 gagement d'électricité dont on a donné les lois : ce dégagement M
est nul si la lame n’est pas attaquée, à moins qu’elle ne soit recouverte de substances solides ou gazeuses capables de réagir chimiquement sur le liquide. Nous avons étudié ce qui arrivait avec des substances solides; il nous reste à montrer comment se comportent les gaz dans la même circonstance.
Quand on décompose de l’eau distillée avec deux lames de platine plongeant dedans et en communication avec une pile voltaïque, si l’on interrompt la communication au bout de quelques instants, et qu'ayant détaché les deux lames des extrémités de la pile on les réunisse avec un fil en relation avec un multiplicateur, ilse produit un courant dirigé en sens inverse du premier, c'est-à-dire que la lame qui primitivement était le pôle positif devient le pôle négatif, et réciproquement; cet effet se reproduit également en opérant avec un seul couple; peu à peu le courant diminue d'intensité et finit par disparaître. Le courant électrique qui se manifeste dans cette circonstance a reçu le nom de courant secondaire , et l’action en vertu de laquelle l'effet électrique se produit par suite du transport des gaz sur les lames décomposantes, porte le nom de po/urisation des électrodes ou des lames décomposantes.
Pile secondaire. On peut, en réunissant plusieurs couples semblables au précédent, former une pile secondaire, comme l’a montré pour la première fois Ritter. On prend plusieurs bocaux (fig. 66),
Fig. 66.
que l’on remplit d’eau acidulée ou même d’une solution de sulfate de potasse, et l’on joint les vases par des ares métalliques formés d’un seul métal, de platine ou de cuivre, «b, a‘b', a"b", ab", ete. ; cette réunion de vases ne donne lieu à aucun effet électrique , puisqu’un seul métal se trouve plongé dans le même liquide conducteur. Mais si l’on fait passer pendant quelques instants un courant électrique dans le circuit, en mettant a en communication avec Pun des pôles d'une pile, et D" avec l’autre pôle, en interrompant le circuit et établissant la communication entre les deux extrémités a et b"" et un multiplicateur, on trouve alors que l'appareil fonctionne comme une pile. D’autres effets, en outre, sont produits, tels que la décom-
DE L'ÉLECTRICITÉ. 203 position de l’eau; etc. ; mais l’action de cette pile secondaire est de courte durée et finit par s’anéantir quand les produits déposés sur les lames 6, a’, D’, a”, etc... et qui donnent lieu au courant ont disparu. La direction du courant secondaire est inverse de celui qui circulait primitivement dans l’appareil, et cela par suite des réactions chimiques produites sur le liquide ambiant.
On peut employer toute autre disposition pour manifester le phénomène. Une pile à colonne, formée seulement d’une succession de rondelles de cuivre et de drap humecté de sulfate de potasse, donne un résultat analogue.
Les effets produits s’expliquent comme il suit : Quand deux lames de platine plongeant dans une solution saline font partie d’un circuit voltaïque, la surface de la lame positive se recouvre d'éléments acides et d'oxygène, et la surface de la lame négative d'éléments alcalins et d’hydrogène. Les deux lames se trouvent donc dans le même état que si la première ayait été mise en contact avec une solution acide, et que l’autre eût été plongée dans une solution alcaline; dans les deux cas, les effets sont les mêmes, On a montré précédemment ce qui arrive en mettant une lame dans une solution de potasse , et l’autre dans de l'acide nitrique (Becquerel) ; on peut également, en mettant en contact pendant quelque temps les lames avec du gaz hydrogène et du gaz oxygène, puis les plongeant dans de l’eau distillée, produire des effets analogues (Matteucci). On ohtient ainsi, en mettant en relation ces lames avec les extrémités d'un multiplicateur, des déviations considérables : la lame recouverte d’oxygène prend à Peau l'électricité positive, et celle recouverte d'hydrogène, l'électricité négative; ces deux gaz, en réagissant sur l’eau, donnent done lieu à des effets électriques semblables à ceux que l’on aurait obtenus directement dans la combinaison de loxygène avec lhydrogène. Les lames conservent pendant longtemps cette propriété. Il est nécessaire, pour la leur enlever au bont de plusieurs heures, de les faire rougir.
L’azote se comporte, quand il adhère à une lame de platine, à l'égard de l'oxygène comme l'hydrogène , et relativement à celui-c comme l'oxygène. Ainsi des particules gazeuses adhérentes aux lames métalliques exercent, par l'intermédiaire d’un liquide conducteur, la même action que des particules acides et alcalines, et peuvent constituer des couples voltaïques. (Becquerel, Matteucci, Schoenbein, Peltier, etc.)
Polarisation. Lorsque les lames métalliques recouvertes de gaz