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vapeur sulfureuse; un mur en brique, d’un mètre d'épaisseur et de 3®,63 de hauteur, fut arraché de ses fondations et soulevé en masse; l'explosion le transporta verticalement, sans le renverser, à quelque distance de là ; l’une des extrémités avait avancé de 3 mètres et l’autre de 1",33. Ce mur pouvait peser environ 26,000 kilogrammes. Nous pourrions multiplier les citations des effets de ce genre, mais les deux exemples qui précèdent suffisent pour montrer la puissance de l'électricité agissant comme force mécanique.
La foudre transporte avec elle, quand elle frappe des bâtiments, des matières pondérables dans un grand état de ténuité; ces matières sont composées de fer, de soufre, de charbon, etc. Fusinieri a remarqué que ces dépôts sont d’autant plus marqués que l’électricité éprouve plus de difficulté à traverser les corps, et qu'à mesure qu’elle dépose de la matière, elle en prend de nouvelle dans les corps qu’elle traverse.
Nobili a observé sur des pierres détachées par l'effet de la foudre une couche de sulfure de fer d’un demi-millimètre d’épaisseur, et même des cristaux de ce composé, lesquels, d’après leur position, paraissent avoir été formés dans le trajet de la foudre à travers le métal.
M. Boussingault a reconnu l'existence de l’oxyde de fer sur des arbres foudroyés, ainsi que celle d’une matière charbonneuse sur des roches syénitiques.
Plusieurs voyageurs ont constaté l'existence du fer métallique sur diverses roches. Il semblerait résulter de là, comme du reste Fusinieri l’a avancé, que le fer existe dans les nuages orageux, et qu'il est enlevé aux roches situées à la surface de la terre, principalement aux cimes des montagnes.
Nous ne devons point passer sous silence enfin les effets mécaniques remarquables opérés par la foudre sur le bois; non-seulement elle le brise, mais elle le divise en lattes excessivement minces. On a vu des portions d’arbres, dans toute leur séve, desséchées et divisées en longues tiges minces après avoir été foudroyées. Ces effets sont dus à ce que, les liquides qui humectent le bois étant seuls conducteurs , lorsque la foudre le frappe, l’action se porte entièrement sur ces liquides, les vaporise peut-être, et par suite divise les parties frappées en lattes longitudinales, dans le sens des fibres.
Effets calorifiques. La foudre casse , brise, enflamme et fond les corps qui sont mauvais conducteurs, combustibles, métalliques ou
fusibles. On cite un coup de foudre qui fondit dans toute son étendue une chaîne de 40 mètres de long, en communication avec la mer par l’une des extrémités, et dont le diamètre des divers chaînons n’excédait pas 6 millimètres.
Quand la foudre traverse des fils métalliques qu’elle ne peut fondre, elle les raccourcit, comme le fait l'électricité ordinaire (voir page 308); on cite en effet des fils de fer servant de cordons de sonnettes et qui furent raccourcis après l’action de la foudre. Lorsqu’elle fond des métaux, elle laisse des traces de leur fusion sur les murs, les bois contigus et même sur le corps des personnes foudroyées qui portaient sur elles des pièces métalliques.
La foudre , en traversant les corps et comprimant l'air, dégage assez de chaleur pour enflammer rapidement les liqueurs alcooliques et les substances ténues, telles que la paille, le foin, le coton. Ces effets d’inflammation sont les plus fréquents quand la foudre tombe sous la forme d’éclairs en boule.
Les bulles et couches vitreuses que les voyageurs ont observées sur les sommets des hautes montagnes sont rapportées à des effets dus aux décharges électriques : on est d'autant plus porté à admettre cette explication que ces enduits sont semblables à ceux que l’on remarque sur les briques et sur les autres substances fusibles non conductrices frappées de la foudre.
Lorsque la foudre tombe sur un point quelconque du sol, elle suit toujours les corps meilleurs conducteurs qui se présentent à elle pour se rendre dans l’intérieur; mais si, pour atteindre les nappes d’eau à une certaine profondeur au-dessous du sol, elle est obligée de traverser des masses plus ou moins considérables de sable ou de matières capables d’être fondues à une température élevée, il se forme alors, dans la direction de la décharge, des tubes vitrifiés appelés {ubes fulminaires. On les reproduit sur de petites dimensions en faisant passer la décharge d’une très-forte batterie à travers du verre pilé en poudre.
Effets magnétiques. Quand la foudre traverse des barres de fer, elle y produit des effets magnétiques semblables à ceux que lon obtient avec l'électricité, lesquels seront exposés en traitant de l’électro-magnétisme.
Il arrive quelquefois qu'après un orage, lorsque la foudre a éclaté, les chevilles en fer, les clous et même les aiguilles possèdent la propriété magnétique.
Les orages altèrent quelquefois laimantation des aiguilles de
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boussole; ils peuvent également déranger la marche des chronomètres, comme M. Duperrey a eu l’occasion de l’observer dans son voyage sur la Coquille (Part. hydrog., p. 19).
Les montres marines qui se trouvaient à bord avaient été fixées , le 27 octobre 1823, de la manière suivante :
N° 118, de Louis Berthoud.,..... — 5",3 NO Done etes iosiobar = Ti N° 26, de Mote................ + 10,1
En partant d’Amboine pour se rendre au port Jakson , il dirigea sa corvette de manière à prendre connaissance de Timor et des îles Java. « Dans ce premier trajet, dit M. Duperrey, et notam- «ment en vue de Timor, de fréquents orages, dans lesquels la « foudre éclatait souvent avecun fracas extrême auprès du bâtiment, «sont venus nous assaillir. La conséquence de ces orages est qu'à « notre arrivée auprès des îles Java , dont la différence en longi- «tude avec Amboine avait été exactement déterminée en 1792, « dans le voyage d’Entrecasteaux , aucune des montres de la Co- « quille ne s’est trouvée en état d’en fixer la position ; leur marche « diurne observée à Amboine n’était plus la même. Ces montres, « qui jusqu'alors permettaient de compter sur la longitude à moins « de 5’ de degré près, étaient en erreur aux îles Java de 15 à «20, et plus tard, à l’arrivée de la corvette au port Jackson, elles « ont placé le bâtiment à plus de 40 lieues dans l'intérieur de la « Nouvelle-Hollande. »
Elles furent réglées au port Jackson, et voici quelle fut leur nouvelle marche diurne, le 49 janvier 4826 :
Nb HE ra me 2 or EN APTE ER Er LT NC hemtente. Bee spéerhmens LC TA
On voit par là que les trois montres ont eu leur mouvement accéléré; mais, comme cette nouvelle marche diurne donne avec exactitude la différence de longitude entre Java et le port Jackson, on ne peut attribuer le changement survenu dans leur marche observée à Arboine qu’aux violents orages qui, dans les parages de Timor, ont été si bruyants et si multipliés autour de la corvette.
Effets chimiques. Non-seulement la foudre enflamme les matières combustibles, fond les métaux ainsi qu’on l’a vu, mais elle détermine en outre la combinaison de l’oxygène avec l'azote , d’où
résulte de l'acide nitrique , qui se combine avec les bases libres se trouvant dans atmosphère, la chaux, l’'ammoniaque, etc. Les combinaisons formées se retrouvent dans les eaux pluviales qui se déversent en temps d’orage.
On a vu, pages 292 et suivantes, que l’action de l'électricité, même à faible tension, sur l'oxygène, donnait lieu à une production d'ozone qui, en réagissant ensuite sur l’azote humide de l’atmosphère, pouvait donner de l’acide nitrique. Il est probable qu'il se forme ainsi continuellement de l’ozone dans l'air, et qu’une partie de l'acide nitrique des nitrates recueillis dans l’eau de pluie lui doit son origine. On a proposé de déterminer dans les observatoires la production d'ozone aux différents instants de la-journée; mais la difficulté de doser ce corps, ainsi que le manque d’observations, fait que nous nous bornerons à mentionner ce projet. Lorsque la foudre éclate, Podeur sulfureuse qui se manifeste doit sans doute encore être rapportée à la production de l’ozone.
On est dans l'habitude d'attribuer à la présence de l'électricité à forte tension dans l'air, l’acescence du lait et la corruption des chairs, qui sont plus promptes dans la saison des orages que dans toute autre. On ne sait rien de positif à cet égard; peut-être ces effets dépendent-ils de la température élevée dans la saison où se manifestent ces phénomènes.
Effets physiologiques. Suivant l'intensité de la foudre, les hommes et les animaux sont tués ou seulement contusionnés ou paralysés dans quelques parties. Quelquefois ils sont préservés de ses atteintes par un vêtement de soie ou une étoffe non conductrice. La foudre détermine des lésions dans les organes, et particulièrement dans le système vasculaire, par suite desquelles il y a épanchement du sang et d’autres liquides qui occasionne instantanément la mort; à raison de ces désordres, la putréfaction s’y manifeste très-promptement.
Choc en retour. Quelquefois des personnes ou des animaux peuvent être foudroyés à distance d’un nuage orageux par un effet d’influence facile à expliquer. Toutes les fois qu’un nuage est fortement électrisé et qu’une personne se trouve dans sa sphère d’activité, l'électricité naturelle de cette personne est décomposée par influence; celle de nom contraire à l’électricité du nuage .est attirée, et électricité de même nom est repoussée dans le sol; la personne se trouve donc dans un état électrique contraire à celui du nuage. Mais, si le nuage vient à se décharger en un point quelcon-
Fig. 109
que, sur un arbre, par exemple, comme lindique la figure 109, même à une assez grande distance, alors, perdant tout à coup une portion de son électricité, il ne peut plus maintenir dans un état électrique contraire la personne qui est située au-dessous de lui; celle-ci cesse donc tout à coup d’être électrisée par influence. L'énergie de la secousse est en rapport avec la charge du nuage, et peut être assez forte pour donner la mort. La personne est alors foudroyée par un effet de choc en retour.
Il n’est peut-être pas sans intérêt de donner le nombre de personnes foudroyées annuellement dans différents pays, d’après une statistique dont les documents ont été puisés dans les archives du ministère de la guerre (Boudin).
D’après cette statistique, le nombre des personnes tuées en France par la foudre s’est élevé, en 1835, à 111, et en 1847, à 108; il n’est question, bien entendu , que des personnes tuées roides, et non de celles qui ont été plus ou moins blessées. Or Volney comptait aux États-Unis, dans un seul trimestre, 17 personnes tuées par la foudre et 86 blessées grièvement. En partant de cette base, qui, il faut le dire, est peu certaine, on en tire la conséquence que le nombre des individus frappés doit être au moins trois fois plus considérable que celui des personnes tuées sur le coup. IL s’ensuivrait qu’en France le nombre des personnes frappées annuellement par la foudre dépasserait 200.
Dans d’autres pays, on trouve que le nombre de personnes tuées annuellement est en moyenne:
De 3 en Belgique,
De 9,64 en Suède,
De 22 en Angleterre.
En construisant une carte géographique indiquant la répartition par départements des morts causées par la foudre, cette carte permet d’en tirer les conséquences suivantes :
1° Aucun département français n'échappe complétement aux accidents de la foudre.
2% Les accidents sont très-irrégulièrement répartis entre les divers départements. Le maximum correspond aux départements du plateau central et à quelques autres départements montagneux. Ainsi on trouve annuellement 2 décès dans l'Eure; 3 dans Eure-et- Loir et le Calvados ; tandis qu’ils s'élèvent à 20 dans le Cantal, à 26 dans l’Aveyron, à 27 en Corse, à 28 dans Saône-et-Loire, à 44 dans la Haute-Loire, et à 48 dans le Puy-de-Dôme.
En supputant le nombre des foudroyés par mois, on trouve en France, sur 103 personnes tuées, en janvier, 0; février, 0; mars, 4 ; avril, 6; maï,8 ; juin, 29; juillet, 43; août, 19; septembre, 14; octobre, 15; novembre et décembre, 0. On voit par là que les quatre mois les plus froids ne présentent aucune victime.
Le maximum des personnes tuées par un seul coup de foudre ne dépasse pas 8 ou 9.
Il paraïtrait, d’après les renseignements recueillis, que les animaux sont beaucoup plus maltraités que l’espèce humaine , peutêtre aussi parce qu'ils se trouvent réunis en plus grand nombre. M. d’Abbadie rapporte à ce sujet qu’en Éthiopie un seul coup de foudre a tué 2,000 moutons. Très-souvent il arrive que le berger, le cavalier et le chasseur sont épargnés, tandis que les bestiaux, les chevaux et les chiens sont frappés (Boudin).
Paratonnerres. La foudre, quand elle tombe, frappe de préférence les édifices élevés et les arbres; elle suit tous les conducteurs métalliques qui se trouvent sur son passage pour se rendre dans le sol; on conçoit sur-le-champ qu’une longue barre de fer, terminée en pointe, élevée verticalement sur un édifice et communiquant avec de la terre humide, sans aucune solution de continuité, doit le protéger efficacement. Une semblable barre de fer convenablement disposée est appelée paratonnerre ; l'idée première en est due à Franklin.
Dès l'instant qu'un nuage orageux passe au-dessus d’un paratonnerre et se trouve dans sa sphère d’activité, il agit sur son électricité naturelle, et, par son intermédiaire, sur celle de la terre;
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