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V’avait dit aussi la commission de 1823 de faire la pointe du paratonnerre en cuivre rouge; la commission de 4854, en lui proposant ce changement, ne s’est pas dissimulé les altérations que le cuivre rouge éprouve de la part des influences atmosphériques; mais elle a pensé que ces inconvénients sont compensés par les avantages suivants :
1° Le cuivre rouge, tel qu’on le trouve dans le commerce, est rangé avec l'or et l'argent parmi les meilleurs conducteurs de la chaleur et de Pélectricité ; la pointe du cône de ce métal s’échauffera donc beaucoup moins que celle du cône de platine sous Pinfluence des courants électriques et même des coups de foudre; ainsi, avec la forme qu’on donne (le cylindre aura 2 centimètres de diamètre, 20 centimètres de longueur, et sera terminé en haut par un cône de 3 à 4 centimètres de hauteur), il est très-probable qu’elle ne sera ni fondue, ni profondément oxydée.
2% Le paratonnerre à pointe de cuivre rouge n’entraîne qu'à une moindre dépense ; il devient accessible, non-seulement aux communes mais encore à la plupart des propriétaires; il peut être fabriqué partout, car il y a sans doute en France bien peu de villages où l’on ne trouve un ouvrier capable de travailler et d’ajuster toutes les -pièces d’un paratonnerre d’après ce système.
Quoi qu'il en soit de ces deux décisions, nous en appelons à l'expérience pour savoir lequel des deux systèmes doit être préféré.
Il ne reste plus maintenant qu’à examiner la question relative à la hauteur à donner aux paratonnerres et à leur nombre, c’est-àdire aux cercles de protection qu’ils peuvent exercer.
Dans l'instruction de 1823 se trouvent énoncés les principes suivants :
La hauteur des tiges des paratonnerres varie avec les bâtiments sur lesquels on les élève : les dômes et les clochers, par exemple, dominant de beaucoup les objets voisins , on n’a pas besoin, pour les protéger, de leur donner la même longueur que pour les édifices terminés par un toit très-étendu ; aussi n’emploie-t-on que des tiges minces s’élevant de 1 à 2 mètres au-dessus des croix qui les terminent. On peut, si l'on veut, se contenter de ces croix en établissant une communication très-intime entre elles, le sol et la nappe humide.
La prudence recommande, quand il s’agit de garantir des magasins à poudre, de placer lestiges de paratonnerres à peu de distance: on évite par Jà les effets qui pourraient résulter des solutions de continuité. Pour un vaisseau, la tige du paratonnerre se compose
seulement de la partie en cuivre AC (figure 110, page 496) ; cette tige est vissée sur une verge de fer ronde qui entre dans l’extrémité de la flèche du mât de perroquet. Une barre de fer liée au pied de la verge descend le long de la flèche, et se termine par un crochet ou anneau auquel s’attache le conducteur du paratonnerre, qui est ici une corde métallique; celle-ci est maintenue de distance en distance à un cordage, et, après avoir passé dans un anneau fixé au porte-hauban , se réunit à une barre ou plaque de métal qui communique avec le doublage en cuivre du vaisseau. Les vaisseaux étant plus sujets à être foudroyés que les objets terrestres, à raison de la conductibilité de l’eau de mer qui détermine une action par influence très-énergique, on ne saurait prendre trop de précautions pour établir une parfaite communication entre toutes les parties métalliques ; il ne faut pas craindre, äans ce cas, de multiplier les soudures.
Lorsqu'on place un ou plusieurs paratonnerres sur un édifice, il faut avoir l'attention de les faire communiquer ensemble et avec un conducteur commun situé à égale distance de chaque tige. Pour trois paratonnerres, il est prudent de leur donner deux conducteurs. En général, il faut prendre un conducteur particulier pour chaque paire de paratonnerres, et établir une communication intime entre les pieds de toutes les tiges.
Ces règles ne sontpas invariables, tant s’en faut. L’instruction de 1854 reconnaît, par exemple, que les rayons du cercle de protection doit varier avec la nature des matériaux qui constituent la couverture ou comble de l'édifice. Aïnsi, il ne doit pas être aussi grand quand cette couverture est en métal que lorsqu'elle est en boïs, en tuiles ou en ardoise. Dans ce dernier cas effectivement, la portion active du nuage orageux , quoique notablement plus éloignée du paratonnerre que de la couverture, exerce cependant sur le paratonnerre une action plus vive, tandis que, dans le premier cas, ces deux actions doivent être à peu près égales pour une distance égale.
Quant à la hauteur à donner au paratonnerre, la commission s'exprime comme il suit à l’égard des bâtiments de mer et des bâtiments en fer tels que le palais de l'Industrie établi aux Champs- Élysées.
Bütiments de mer. «Le cuivre rouge a une grande supériorité sur le fer et le laiton dont on fait usage trop souvent pour composer le câble qui forme le conducteur du paratonnerre ; il est moins al-
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térable sous l'influence des agents atmosphériques, et surtout il peut être employé avec une section trois fois plus petite. Nous conseillons donc exclusivement les câbles de cuivre rouge; ils devront
‘avoir 4 centimètre carré de section métallique ; ainsi leur poids sera
d'environ 900 grammes par mètre courant, ou 90 kilogrammes les 400 mètres; les fils auront de 4 millimètre à 4wm,5 de diamètre; ils pourront être cordés à trois torons, comme à l’ordinaire.
« Le paratonnerre peut n'avoir que quelques décimètres de longueur, y compris sa pointe, composée comme nous l’avons dit. Sa jonction avec le câble sera faite dans l'atelier, à la soudure à l’étain ; pour cela on pourra, par exemple dans la tige, ménager un trou convenable, et ramener le bout de 3 à 4 décimètres de longueur pour le corder et l'arrêter avec le reste; ensuite le trou sera rempli d’une soudure qui imprègne tous les fils et qui forme aux points d’entrée et de sortie du cäble une sorte de large hémisphère.
«Avec cette disposition, le paratonnerre ne peut plus se visser lui-même au sommet de la flèche qui le reçoit; il faudra donc lui donner une forme qui permette de le boulonner solidement avec son support.
« À son extrémité inférieure, le câble sera ajusté d’une manière analogue dans une pièce de cuivre de forme convenable, et il faudra nécessairement que cette pièce de cuivre soit mise elle-même en permanente communication avec le doublage du navire.
«La précaution dont on use quelquefois d'isoler la chaîne du porte-hauban est inutile, et l'habitude de jeter la chaîne à la mer au moment de l'orage est dangereuse : 1° en ce qu’il est possible que l'on oublie de le faire ; 2° en ce que souvent il ne suffit pas que la chaîne communique à l’eau de la mer par 2 ou 3 décimètres carrés de surface. »
Palais de l'Industrie. La commission a cru devoir présenter les observations suivantes, qui s’appliquent à toutes les constructions du même genre: «Les constructions du palais de l'Industrie couvrent un rectangle de 100 mètres de largeur sur 250 mètres de longueur, sans compter les pavillons qui se trouvent en dehors et sur les quatre faces. La galerie centrale a 25 mètres de largeur, et la galerie rectangulaire qui lui est contiguë et qui enveloppe de toutes parts, seulement 28 mètres. Les fermes de cette grande charpente de fer sont à 8 mètres l’une de l’autre ; elles sont reliées entre elles par des pannes en forme de cornières, par des moises et des entretoises, et ce vaste ensemble est supporté par plusieurs
centaines de colonnes de fonte, indépendamment du mur extérieur.
«Ge système de construction ne permet pas que les paratonnerres aient plus de 6 à 7 mètres de hauteur, et qu’ils soient posés ailleurs que sur les sommets des fermes. En conséquence on les établira de trois en trois fermes, c’est-à-dire à 24 mètres l’un de l’autre. Ainsi, la galerie rectangulaire aura trente paratonnerres, la galerie centrale neuf ou dix ; quant aux pavillons, ils en recevront plus ou moins, suivant leur étendue et leur position.
«Un grand conducteur commun sera établi dans toute la Iongueur du chéneau qui fait le tour de la galerie centrale, ayant ainsi 300 mètres de développement; il sera formé avec du fer portant 8 ou 9 centimètres carrés de section et métalliquement continu. Chaque paratonnerre sera muni d’un conducteur particulier qui viendra se souder au conducteur commun. Enfin le conducteur commun lui-même sera mis en communication avec le sol au moyen de quatre puits, au moins, qui seront creusés vers les quatre angles du rectangle ou vers les milieux des côtés, et qui devront être assez profonds pour avoir toujours 4 mètre d’eau. Il importe que ces puits soient éloignés les uns des autres; il importe pareillement que les conducteurs qui viennent y perdre la foudre se trouvent en contact avec le liquide par de grandes surfaces, soit qu’on les y ramifie de diverses manières , soit que l’on y soude des feuilles larges et épaisses de tôle étamée, de zinc ou de cuivre,
« Les paratonnerres des pavillons seront de même reliés au conducteur commun, au plus voisin de ses embranchements qui se dirigent vers les puits.
« On doit remarquer qu’il se trouve environ 40 mètres de distance entre les pieds des paratonnerres correspondants de la galerie centrale et de la galerie rectangulaire, tandis que, d’après les règles reçues par rapport au cercle de protection, les paratonnerres de 7 mètres ne comporteraient qu'une distance de 28 mètres. Mais ces conditions sont imposées par la nature de la construction, qui ne permet, comme nous l’avons dit, de placer des paratonnerres qu’au sommet des fermes; au reste, il nous paraît que cet excès de distance ne peutavoir grand péril, puisqu’à partir du pied des paratonnerres, la couverture ayant la forme d’un cylindre horizontal à base circulaire va s’abaissant rapidement.
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