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ET ÉLECTRO-MAGNEÉTISME. 249

une machine ordinaire, ou plutôt avec l’électromètre de Lane (voir tome [e, page 25). Nous avons déjà cité, tome I‘, page 357, l’appareil à l’aide duquel M. Masson a étudié la composition de la lumière électrique; nous allons y revenir : d’après la disposition adoptée par ce physicien, un condensateur MN (fig. 405), chargé à l’aide des conducteurs F et S, était déchargé latéralement en AB; alors, avec l’appareil d’induction dont les extrémités communiquaient à F et à $, il a pu obtenir une succession-‘d’étincelles trèsbrillantes en AB.

MM. Grove et Gassiot ont opéré sur une plus grande échelle en se servant d’une pile d'un grand nombre d'éléments pour obtenir le courant principal passant dans l'appareil d'induction ; ils ont reconnu que l’addition d’un condensateur dans les mêmes conditions que précédemment accroissait l’énergie des décharges, pourvu que la surface du condensateur augmentât avec la force de la pile. Avec 30 éléments d’une pile à acide nitrique et un condensateur de 0,54 carrés, ils ont vu entre les extrémités de l’excitateur latéral un jet volumineux d’étincelles de 4 millimètres de long, et qui prirent même une longueur de 40 millimètres quand on interposait la flamme d’une lampe à alcool (la flamme étant conductrice de l'électricité, ainsi qu’on l’a vu tome I", page 94). Dans ces expériences, on peut faire usage de bouteilles de Leyde ou de jarres bien isolées, pourvu que l’armature intérieure communique avec l'extérieur du fil induit, c'est-à-dire à la partie où lon remarque l'excès de tension électrique ; mais, dans tous les cas, on doit proportionner l'étendue du condensateur à la puissance du courant électrique que l’on emploie.

Emploi de l'appareil d'induction pour l'explosion des mines. L’appareil d’induction que nous avons décrit n’offre pas seulement un intérêt purement spéculatif, si l’on considère les services qu’il peut rendre à l’art des mines. Les procédés employés jusqu’à ce jour pour enflammer la poudre dans les mines sont impraticables dans certains cas, et le plus souvent insuffisants et dangereux. L'incandescence dun fil métallique interposé dans un circuit voltaïque avait déjà permis de provoquer une explosion à distance à un moment donné ; mais, outre que l'effet n’est pas instantané. l’embarras de la disposition de couples, dont le nombre dépend de la longueur du circuit, est tel que l’on n’a pas utilisé la puissance calorifique de l'électricité dans cette circonstance.

L'appareil d'induction de M. Ruhmkorf n’offre pas ces embarras

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de manipulation; au lieu d’une pile de plusieurs éléments, il n’en exige qu'un seul, et encore peut-il être remplacé par un appareil magnéto-électrique toujours prêt à fonctionner. Cependant le problème n’est pas aussi simple à résoudre qu’il parait l’être, et , en excitant l’étincellé d’induction au milieu de lä poudre, celle-ci pourrait ne pas faire explosion; mais, en ayant recours aux fusées de Sfateham , on peüt provoquer explosion de la poudre à l’aide des étincelles d’induction dans toutes les conditions possibles.

Les fusées dont il est question ont été construites par M. Statoham, d’après cette observation faite par lui, que les étincelles électriques suivent la légèré empreinte de sulfure de éuivre laissée sur là gutta-pércha qui à sérvi à envelopper un fil de cuivre. Pour les obtenir, on prend deux boüts de fil de cuivre rouge recouverts de gutta-percha ordinaire ; on dégarnit de gutta-percha leurs extrémités, puis on les fait pénétrer dans une enveloppe de gutta-percha vülcanisée, que l’on à coupée et enlevée de dessus un fil qui en avait été réboüvert depuis longtemps. La figure 210, n° 2, page 259, représenté une de ces fusées, AB étant l’enveloppe de gutta- Déreli sur laquelle une échancrure a été pratiquée. On placé les extrémités des fils de cuivre à deux ou trois millimètres Pune de Pautre, etl’on recouvré les pointes dé fulminate de mercure, afin de rendre plus aisée l’inflammation de la poudre. Où remplit l’échancrure de poudre, et l’on enveloppe le tout avec un tuyau de caoutchouc, où däns üne cartouche pleine de poudre.

L’empreinte de sulfure de cuivre laissée sur là gutta-percha facilite la décharge, et par l'élévation de température donne lieu à linflammation des matières explosibles. Maïs quand on a préparé une fusée, avant de mettre la poudre, il faut l’essayer et régler l'étendue de la solution de continuité. Si le sulfure de cuivre est en trop grande quantité, il devient bon conducteur, et l’étincelle ne peut se produire; s’il ést en trop faible quantité, il ne facilite pas suffisamment la décharge. Quand on a obtenu un bon résultat, on peut en toute sûreté placer les matières explosives, et se servir de la fusée pour Pinflammation par l'étincelle.

Des expériences ont été faites à l’aide de ces fusées et de Pappareil d’induétion, par MM. Verdu, colonel espagnol, et Ruhmkorf, et par M. Savare, capitaine du génie français. MM: Verdu et Ruhmkorf ont opéré l’inflammation de la poudre à des, distances variables de 400 mètres à 26,000 mètres, soit en employant un circuit composé de deux fils, soit en prenant la terre comme second con-

ducteur, et ainsi qu'on le verra à propos de la télégraphie électrique ; ils se sont servis de deux couples de Bunsen pour faire fonctionner l'appareil. On voit donc qüé l'excès de tension dé lélectricité fournie «pär la machine est suffisant pour que Pétincelle éclate à cette distance à l’extrémité des conducteurs.

Un dés printipaux avantages de ce mode d’inflammation est dé pouvoir produire simultanément l’explosion en plusieurs éndroits à la fois: MM. Ruhmkorf et Verdu äâvaient cherché à obtenir ce résultat en inlerposant plusieurs fusées dans le même circuit, mais l'étincelle se tFouvé äffaiblie par 168 solutions de continuité successives, ét tout âuü plus si oh peut faire partir simultanément plus de 3 Où 4 fusées Où mines,

M. Saväre a établi les fisées sur dés dérivations d'un circuit principal, ét à disposé ces dernières de façoñ que les bouts de fil constituant la solution de continuité soient’terminés par des pointes effilées d’alliage fusible. Si on fait fonctionner l’appareil d’induction ; celle des mines qui présente le moins de résistance à la transmission dé l'électricité fait explosion; dans cette inflammation , le métal fusiblé $e trouve fondu ; et le courant ne pouvant passer par le circuit en traverse un autre, et ainsi dé Suite, le tout avec une grande rapidité. Avec ce système, M. Savare a pu enflammer simultanément jusqu’à 10 fourneäux de mine à 700 mètres de distance, À

M. du Moncel a proposé une disposition ingénieuse, qui permet de produire l’inflammation simultanée avec un nombre quelconque de fourneaux de mines. Cette disposition a été du resté employée avec succès pour les travaux de la rade de Cherbourg ; elle est indiquée sur la figure 210, que nous empruntons à l'ouvrage de M. Dumoncel, ainsi que sa description :

« On a eu recours à un commutateur à rotation représenté fig. 210, « partie 5, et consistant dans.une roue épaisse de gutta-percha AB, « fg. 4 et 5, mise en mouvement par un ressort de pendule CF, et «dont la circonférence portait cinq plaques métalliques séparées «les unes des autres par un intervalle de 2 centimètres environ. « Sur cette circonférence appuyait un frotteur E, qui, par l’inter- « médiaire d’un bouton d'attache et d’un fil, était mis en rapport « avec celui des pôles de l’appareïl de Rhumkorf qui fournit létin- « celle à distance. Les plaques elles-mêmes communiquaient, par « l'intermédiaire de lames métalliques appliquées sur les deux sur- « faces planes de la roue, à cinq ressorts frotteurs, mis en relation

Fig. 210.

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« par des boutons d'attache avec les cinq fils des circuits. Enfin «une détente à encliquetage ID, destinée à brider le ressort quand «il était tendu, permettait, à un instant donné, de dégager le «mouvement de la roue. Le jeu de cet appareil est facile à conce- «voir : quand la roue entrait en mouvement , elle présentait suc- «cessivement au frotteur commutateur E les différentes plaques de «sa circonférence; mais comme celles-ci, par leurs relations avec «les autres frotteurs , se trouvaient mises en communication avec «les différents circuits, le courant était renvoyé successivement «d’un circuit dans l’autre, dans un temps inappréciable. (Notice sur l'appareil d’induclion électr. de Ruhmkhorf, p. 120.)

La disposition des fils et des appareils est représentée fig. 20, partie 4. M représente l’appareil d’induction; OP, le commutateur à rotation , et les mines sont figurées en Q, R, $, T. Le pôle extérieur du courant induit communique au ressort E du commutateur; celui qui ne fournit pas d’excès de tension électrique est en rapport avec un long fil recouvert de gutta-percha vulcanisé, qui circonscrit les différentes mines, Sur ce fil on pratique des déri-

vations qui vont rejoindre l’un des deux fils de chaque mine, l’autre fil de ces mines s’attachant à un des ressorts frotteurs du commutateur. Quant à la disposition des fils à l’intérieur des mines, elle est indiquée partie 3.

Cette propriété d’inflammation due à l'emploi des appareils d’induction pourrait être encore utilisée fort avantageusement dans l'artillerie, pour les explosions sous-marines; et dans toutes les circonstances où l’on veut provoquer une explosion à distance à un moment donné, et simultanément en plusieurs endroits à la fois.

Appareils divers d’induction. Nous citerons encore d’autres appareils d’induction parmi ceux qui ont été construits, mais qui sont spécialement destinés pour les usages médicaux, et qui peuvent être dans quelques circonstances avantageusement employés.

Dans l’appareil construit par M. Bianchi, la bobine d’induction A est séparée de l'interrupteur, qui offre une disposition particulière ; c’est un interrupteur employé par M. Ritchie, et qui consiste en un petit électro-aimant rectiligne ab, mobile par le moyen d’une tige faisant pivot au centre d’un montant vertical. Ge montant est

Fig. 210 bis.

placé au milieu des deux branches CD d’un aimant en fer à cheval, de sorte que ab, en raison de la tige de fer doux qu'il contient , tend à se placer dans la direction de la ligne des pôles. Mais le petit fil conducteur qui entoure ab se termine par deux petites tiges en platine, qui viennent verticalement plonger par leur extrémité dans un bain de mercure placé dans une coupe supportée également par le montant; ce bain de mercure est divisé en deux par une cloison qui ne met pas arrêt au mouvement circulaire de l’électroaimant, la surface supérieure de la cloison étant au-dessous des pointes de platine terminant le lit; mais, comme le mercure ne mouille pas les parois du vase dans lequel il est contenu, sa sur-

face supérieure convexe dépasse le niveau de la cloison, et les extrémités du platine peuvent être en contact avec le mercure. De cette manière, le bain mercuriel divisé en deux, et dans chaque moitié duquel plongent successivement les extrémités du fil, forme un commutateur qui permet de changer à chaque demi-circonférence le sens du courant circulant dans @b.

On conçoit aisément alors que, si le courant d’un couple P, avant d’être dirigé dans le gros fil inducteur de la bobine À, passe par le petit électro-aimant mobile ab au moyen du commutateur à mercure, et que celui-ci soit convenablement orienté, ab se met en rotation avec une grande vitesse, interrompant le courant indncteur un très-grand nombre de fois par seconde, et donne lieu, dans le fil fin, à une succession de courants induits successivement de sens contraire , pouvant être perçus à l’aide des conducteurs » et n. Pour augmenter l’action inductrice, on place dans la bobine A des fils ou des tiges en fer, dont le diamètre et le nombre servent à graduer les effets physiologiques.

M. le docteur Duchenne a disposé un appareil d’induction dans lequel il fait usage à volonté des courants inducteurs et des courants induits. Cet appareil est pourvu d'accessoires permettant de graduer les commotions, et est très-convenable pour les applications électromédicales qui ont été faites par lui.

Du reste, quand on veut employer les appareils d’induction construits par MM. Breton , Bianchi, Duchenne, Loïiseau , etc., ou bien celui de M. Rhumkorf, il est nécessaire de graduer les commotions etla manière dont on peut les appliquer. Pour les graduer dans l’appareil de M. Breton, on peut approcher ou éloigner l'armature mobile en fer doux. Dans les autres, on change la longueur ou le diamètre du fer doux ou le nombre des fils de fer placés dans l’hélice. On peut également, dans chacun de ces appareils, se servir d’un cylindre de cuivre enveloppant l’hélice qui, d’après les observations de M. Dove, amortit les commotions. Enfin, dans chacun d’eux , on peut interposer dans le circuit une colonne liquide de longueur variable , en enfonçant plus ou moins deux fils de platine dans deux bouchons placés aux extrémités d’un tube de verre rempli de liquide.

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