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quantité d'électricité qui traverse le circuit induit^ entre le moment où le déplacement commence et le moment où il p^nit. Dès lors, il est évident que la tension sous laquelle circule cette quantité constante d'électricité augmente avec la vitesse, et diminué avec la durée du mouvement relatif du circuit inducteur et du circuit induit.

Ilrésulte de là que, pour un mouvement relatif de signe et d*étendue déterminés :

1° L'action inductrice totale^ et la quantité d'électricité qui traverse le circuit induit pendant la durée du mouve- . ment relatif, restent indépendantes de la durée et de la vitesse de ce mouvement.

2" La force électromotrice développée dans le circuit induit augmente en môme temps que la vitesse, et diminue avec la durée du mouvement relatif.

De ces deux principes et de la loi de Lenz il est facile de déduire les conclusions suivatites :

1" Si l'on imprime successivement deux mouvements l'elatifs de signes contraires à un circuit voltaïque et à un circuit métallique fermé, ce dernier circuit est traversé par deux courants induits successifs et de signes contraires.

2^* Si ces deux mouvements relatifs sont de même étendue, ce sont des quantités égales d'électricité qui traversent, successivement et m sens contraires^ le circuit métallique fermé pendant que s'effectuent ces mouvements.

3" Pour que les deux forces électromotrices opposées successivement développées dans le circuit induit aient la même intensité, il ne suffit pas que les deux mouvements soient de rtiême étendue^ il faut encore qu'ils s'exécutent

PHÉNOMÈNES b'INBUGTION BANS LES FILS MÉTALLIQUES. 171

avec la même vitesse, — Si les mouvements relatifs des deux circuits, quoique de même étendue^ ne s'exécutent pas en temps égaux ^ la force électromotrice la plus intense correspond à celui de ces deux mouvements dont la vitesse est la plus grande.

b. — Induction produite par une variation d'intensité du courant inducteur. — L'action inductrice commence et finit avec la variation d'intensité du courant inducteur. Pendant toute la durée de cette variation d'intensité, le circuit métallique fermé reste soumis à une série d'actions inductrices partielles et concordantes^ dont la somme est égale à l'action inductrice totale. Un raisonnement analogue à celui que nous avons développé à propos du mouvement relatif des deux circuits conduit aux proposi* tiens suivantes :

1" L'action inductrice totale ei \d; quantité d'électricité mise en mouvement dans le circuit induit augmentent avec Y étendue do la variation d'intensité du courant inducteur.

2*» Pour une variation d'intensité du courant inducteur de signe et d'étendue déterminés, la quantité d'électricité mise en mouvement dans le circuit induit est constante^ et indépendante de la vitesse de la variation ; mais la force électromotrice développée dans ce circuit augmente avec la vitesse de la variation d'intensité.

3* Si le courant inducteur éprouve deux variations d'intensité successives et de signes contraires^ le circuit induit est traversé par deux courants successifs et de sens contraires. — Si ces deux variations d'intensité du courant inducteur ont la 7nême étendue, ce sont des quan-

tùéségales d'électricité qui traversent, successivement et en &em contraires, le circuit induit, pendant que s'effectuent ces variations. — Pour que les deux forces électromotrices opposées successivement développées dans le circuit induit soient égales, il ne suffit pas que les deux variations d'intensité du courant inducteur aient la même étendue, il faut encore qu'elles s'effectuent dans des temps égaux; si ces deux variations d'intensité, quoique de même étendue, ont des durées inégales, la force électro-motrice la plus intense correspond à la variation qui s'opère dans le temps le plus court,

Spirales A deux fils. — Il n'est pas nécessaire de faire deux spirales distinctes, l'une avec le fil inducteur^ l'autre avec le fil induit. Prenons deux fils métalliques de même longueur; après les avoir recouverts d'une enveloppe isolante de soie, réunissons-les en un seul cordon. Si nous enroulons ce cordon autour d'un axe de bois ou de carton, nous aurons une spirale B à deux fils[Fig, .'525), composée de deux circuits métalliques accolés, parallèles et isolés. a, a', sont les extrémités de l'un des fils ; c, c\ sont les extrémités de l'autre fil. Si nous faisons communiquer le fil aa' avec les pôles d'une pile, et si nous complétons le circuit du fil ce' avec un galvanomètre, aa' représente le circuit inducteur, et ce' le circuit induit. Toutes les fois que le circuit voltaïque aa' est fermé, un courant induit inverse traverse ce'; au moment de la rupture du circuit voltaïque aa', un courant induit direct se développe dans le fil ce'.

Avantages d«) la disposition des fils en spirale. —

L'expérience démontre que, l'intensité du courant vol-

PHÉNOMÈNES d'iNDUCTION DANS LES FII^ MÉTALLIQUES. 173

taïque inducteur et la longueur des circuits restant les mêmes, les courants induits sont beaucoup plm forts quand les fils sont enroulés en spirale, que lorsqu'ils sont tendus

Fis. 33S.

en face Tun de l'autre suivant deux lignes droites parallèles. La raison de cette supériorité des spirales sur les circuits rectilignes est facile à comprendre. En effet :

Quelle que soit la forme des deux circuits, cliacun des éléments du circuit inducteur n'agit pas seulement sur l'élément le plus voisin du circuit induit, mais sur la totalité du fil qui le compose, et la force électromotrice totale du courant induit est la somme des forces électroniotrices concx)rdantes développées par toutes ces actions |>artielles. D'autre part, l'action d'un élément inducteur sur un élément induit déciroît rapidement, à mesure que leur distanc-e augmente, [.a disposition en spirale, ayant pour résultat évident de maintenir à de moindres dis- II. 10.

174 ÉLECTRICITÉ DYNAMIQDE,

tances les diverses portions des deux fils, doit nécessairement favoriser Faction du courant inducteur sur le circuit induit. L'enroulement en spirale n'a donc pas seulement l'avantage de permettre d'employer des fils d'une très grande longueur : il rend plus considérable l'action totale du circuit inducteur sur le circuit induit, et augmente l'intensité de la force électromotrice du courant induit.

Avant de pousser plus loin l'étude des phénomènes d'induction, nous devoîfis nous occuper de la description de quelques appareils d'un emploi très fréquent et très commode. Les uns sont destinés à opérer exclusivement sur le courant inducteur, les autres fonctionnent h la fois dans les deux circuits, l'inducteur et l'induit.

Comnintatenr. — On donne le nom de coimnutateur à tout appareil destiné à renverser à volonté le sens d'un courant. Nous nous contenterons de décrire (Fig. 326 et 327) celui que M. Ruhmkorff a employé dans sa puissante machine d'induction.

C est un cylindre de verre horizontal porté sur deux équerres métalliques E, E', au moyen de deux tourillons métalliques rf, d\ Le tourillon d se termine par un bouton B, qui sert à imprimer un mouvement de rotation au cylindre. Sur le cylindre C sont appliquées deux épaisses plaques métalliques Ç, P', amincies vers les bords, assez étroites pour être complètement isolées et laisser à découvert une grande partie de la surface du cylindre C. La plaque P est fixée au moyen de deux vis, dont une reste noyée dans la masse de verre, tandis que l'autre b pénètre dans le tourillon cf' , et maintient une communication invariable entre c-ette plaque P, l'équerre E' et le bouton

PHÉNOMÈNES d'iNDUOTON DANS LES FILS MÉTALLIQUES. 175

métallique A\ La plaque F est également fixée par deux vis symétriquement placées ; la plus longue «pénètre dans le tourillon métallique d, et établit une communication permanente entre la plaque P', Téquerre E et le bouton métallique A ; Vautre vis reste noyée dans la masse de

Fîg. 3«6.

verre. Deux ressorts métalliques R, R' (Fig. 327), sont fixés latéralement par des boutons métalliques, et frottent sur deux points opposés de la surface du cylindre.

Faisons communiquer le bouton R avec le pifle positif et le bouton R' avec le pôle négatif d'une pile; fixons, en outre, les extrémités du fil d'un galvanomètre aux boutons A, A'. — Dans la position du commutateur indiquée par la Figure 327, les ressorts R, R', ne touchent pas les plaques métalliques P, F, le courant ne passe pas. — Au moyen du [bouton B , faisons exécuter au cylindre un

quart de révolution, de manière à mettre la plaque P en contact avec le ressort R ; en même temps la plaque P' touche le ressort opposé R'. Dans ce cas, le circuit est fermé, et l'électricité passe de R à P, de P au tourillon d! , à réquerre E', au bouton A'; le courant marche de A' en A à travers le fil du galvanomètre, et revient au pôle négatif R' par réquerre E, le tourillon d et la plaque P'. — Faisons, au contraire, tourner le cylindre de manière à mettre P' en contact avec le ressort R ; en même temps P touche le ressort opposé R'. Dans ce cas aussi le circuit est fermé, mais le courant est renversé, et marche de A en A' à travers le fil du galvanomètre.

Dans cet appareil très simple et très commode, le cylindre de verre C est souvent remplacé par un cylmdre isolant d'ivoire.

Boue d'interroption. — Cet appareil se compose

Fig. 328.

(Fig. 328) d'un disque épais R de verre, d'ivoire ou de bois, mis en mouvement à l'aide d'une manivelle M, au-

PHÉNOMÈNiiS d'induction DANS LES FILS MÉTALLIQUES. 177

tour d'un axe métallique qui passe par son centre. Sur le disque est ajusté un anneau de cuivre, dentelé dans une moitié de sa laideur, et sur un cAté seulement. Les (lents sont égales entre elles et aux espaces qui les séparent. Les espaces placés entre les dents sont remplis par la matière isolante du disque lui-même. Un ressort métallique r porte sur la partie continue de Fanneau, un seex)nd ressort métallique i^ correspond à sa partie dentelée. Quand le disque est en rotation, le ressort r est constamment en contact avec l'anneau métallique ; le ressort r', au contraire, touche alternativement les dents métalliques de Vanneau et la matière isolante qui les sépare. Cet appareil est souvent désigné sous le nom de rhéotome simple.

Soit A une spirale communiquant par une extrémité au ressort r', et par Vautre extrémité au pôle négatif d*un couple V. Faisons, en outre, communiquer le pôle positif du couple V au ressort r, complétons le circuit d'une seconde spirale B au moyen du fil métallique F, et mettons la roue R en mouvement. Toutes les fois que le ressort r' touche une dent métallique, le circuit voltaïqueest fermé, le courant passe ; toutes les fois, au contraire, que le ressort r' est en contact avec la matière isolante qui sépare les dents de l'anneau, le circuit est rompu et le c>ouranl ne passe plus. La spirale A joue donc le rôle de spirale inductrice^ par rapport à la spirale B dans laquelle elle est placée. Tant que dure le mouvement de rotation du dis- (|ue R, le circuit fermé de la spirale B est traversé par une série de courants induits directs et inverses^ qui se succèdent d'autant plus vite que le mouvement du disque R est lui-même plus rapide.

178 BLECTRICITÉ DYNAMIQUE.

Boue è séparation de» courants d'Uidaetion. — Sur

un même axe (Fig. 329), on monte deux disques R, R', semblables au précédent. Au disque R correspondent deux ressorts.r,r', et au disque R' une seconde paire de ressorts /, /'. Chaque paire de ressorts est, d'ailleurs, disposée comme dans la roue d'interruption de la Figure 328. Le circuit du couple V est complété par la spirale inductrice A et les ressorts r, r' du disque R; le circuit de la spirale induite B est complété par le galvanomètre G et les ressorts /, /' du disque R\ Les deux disques R, R', tournent ensemble autour de leur axe commun.

Si, comme l'indique la Figure 329, les dents métalliques du disque R' correspondent à celles du disque R, les deux

Fig. 349.

circuits sont fermés et rompus en môme temps. Dans ce cas, évidemment, le courant induit inverse peut seul circuler et influencer le galvanomètre.

PUENOMÈMÎS d'induction DANS LES FILS METALLIQITES. . 179

Si, au contraire, les dents métalliques du disque R' alternent avec celles du disque R, le circuit de la spirale induite B est interrompu toutes les fois que celui de la spirale inductrice A est fermé; par suite, le circuit de la spirale induite B est fermé toutes les fois que celui de a spirale inductrice A est rompu. Il en résulte nécessairement que le jcQurant induit direct^ ou de rupture^ peut seul circuler et influencer le galvanomètre.

D'ailleurs, la disposition de Tappareil pennet de donner à volonté au disque R' Tune ou l'autre de ces deux positions, par rapport au disque R. On peut donc aussi à volonté recueillir, seulement^ ou le courant induit direct ^ ou le courant induit inverse,

Ehéotrope. -> MM. Massou et Breguet (1) ont donné ce nom à un assemblage de disques semblables à la roue d'interruption. Ils ont employé cet appareil pour recueillir à la fois le courant induit inverse et le coumnt induit direct^ et pour les faire passer tous les deux dans le même sens à travers un galvanomètre.

Le disque 1 (Fig. 330) est une simple roue d'interruption qui, avec la spirale inductrice A, complète le circuit du couple V. Dans les disqiibs 3 et /i, les contacts des ressorts et des d^ts métalliques se currrçspondent ; dans les disques 2 et 5, les contacts des ressorts et des dents métalliques se correspondent aussi, mais alternent avec ceux desdistiues Set A.

La spirale induite B comnmnique, par ses extrémités, avec deux tringles métalliques isolées P, P'. De la tringle P

(I) Ânn, de Chmuet dephy^., V Bérie. 1842, t. lV\p. 133.

180 ÉLKCTRICni DYNAMIQLE.

pai'tent deux, ressorts métalliques ;% /, qui vont aux parties continues des anneaux métalliques des disques 3 et 5; de la tringle P' partent deux ressorts semblables r', /', qui appuient sur les parties continues des anneaux métalliques des disques 2 et /i.

De la plaque métallique R partent deux ressorts rf, e, qui vont aux dents des anneaux métalliques des disques H et 5 ; de la plaque métallique R' partent deux ressorts

semblables d», e', qui vont aux dents des anneaux métalliques des disques 2 et 3.

Enfin, les plaques métalliques R, U', comnmniquent avec les extrémités du fil d'un galvanomètre G.

PHÉNOMÈNES d'iNDUCTION DANS LES FILS MÉTALLIQUES. 181

La Figure 330 représente le temps de la rotation du système correspondant au moment où le circuit du couple V et de la spirale inductrice A est fermé. — Dans ce cas, il sort de la spirale induite B, dans le sens des flèches supérieures et indiquées en lignes pleines^ un courant induit inverse qui gagne P, passe par /, par l'anneau du disque 3, par d\ par R', traverse le galvanomètre G de R' en R, revient par e, par l'anneau métallique du disque U, par r', par P', et rentre dans la spirale induite B.

Déplaçons le système tout entier de manière à inteiTompre le circuit de la pile et de la spirale inductrice A ; les contacts des ressorts des plaques R, R', avec les portions dentelées des anneaux des disques 2, 3, û, 5, sont complètement intervertis. — Dans ce cas, il sort de la spirale induite B , dans le sens des flèches inférieures et indiquées en lignes ponctuées^ un courant induit direct (jui gagne P', passe par /', par l'anneau du disque 2, par e\ par R', traverse le galvanomètre G de R' en R, revient par R, par rf, par l'anneau métallique du disque 5, par r, par P, et rentre enfin dans la spirale induite B.

Avec cette disposition, les courants induits, direct et ùtverse^ traversent tous les deux le système, mais ils sont dirigés de manière à avoir le même sens dans le circuit du galvanomètre G, et à dévier l'aiguille aimantée du même côté.

Propriétés des eonrants indoila. — Les courants iuduits jouissent des mêmes propriétés, et produisent les mêmes effets physiques et chimiques que les courants voltaïques. La roue à séparation des courants (Fig. 331) est très commode pour le démontrer. Après avoir placé II. 11

cet appareil dans les circuits de la pile , de la spirale inductrice et de la bobine induite^ il est facile de faire les expériences suivantes :

l^'Dans le circuit de la bobine induite, plaçons un galvanomètre ; unseul des deux courants induits traverse

Fig. 531.

le système. I/aiguille aimantée est toujours déviée, et le sens de la déviation est toujours d*accord avec celui du courant induit recueilli. Par conséquent, le côté vers lequel Taiguille aimantée est repoussée change avec le sens du courant induit auquel l'appareil livre passage.

2° Dans le circuit de la bobine induite, plaçons une petite spirale contenant une aiguille d'acier trempé. Quand le système entre en mouvement, l'aiguille s'aimante, et le sens de l'aimantation acquise est toujours d'accord avec celui du courant induit qui traverse la jietite spirale.

3* Quand le circuit delà bobine induite est complété par

PUÉNO!dÈNES d'induction DANS LES FILS MÉTALLIQUES. 183

un til très fin de platine, §i le mouvement de rotation du rhéotome est rapide, le fil s'échauffe et rougit.

U° Nous verrons plus tard que les courants induits exercent aussi une action inductrice sur les circuits métalliques voisins.

5* Enfin, complétons le circuit de la spirale induite avec un voltamètre à eau acidulée. — L*eau est décomposée, et, l'appareil n'étant traversé que par un seul des deux courants induits^ Tune des cloches ne contient que de l'oxygène et l'autre que de l'hydrogène. Ajoutons seulement que la position des pôles du voltamètre se renverse avec le sens du courant induit recueilli.

TcMftlMB électrique des extrémitéai des eirenils son- Mle *riBd«eUoB. — MM. Masson et Breguet (i) ont étudié avec soin la tension électrique des extrémités d'une forte bobine soumise à l'induction. La spirale tViductrice fermait le circuit d'une pile voltaïque, et l'appareil était disposé de manière à agir seulement sur le courant induit direct, c'est-à-dire sur celui qui se développe au moment de la rupture du circuit inducteur. Une des extrémités de la bobine induite était en contact permanent avec le plateau inférieur d'un condensateur, et l'autre était iiîaintenue en présence et à faible distance du plateau supérieur. A chaque rupture du circuit inducteur, une vive étincelle éclatait, à travers l'air interposé, entre l'extrémité libre du circuit induit et le plateau correspondant ; le condensateur prenait une forte charge.

MM. Masson et Breguet trouvèrent que le courant iu-

(I) Ann. dechinu et de phys., V série, 1842, t. IV, p. 146.

iSU ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.

duit inverse peut aussi comraui^^quer une charge au condensateur, mais n'a pas assez de tension pour donner une étincelle à Tair libre.

D'ailleurs, qu'on agisse avec le courant inverse ou avec le courant direct^ la distribution des deux électricités sur les plateaux du condensateur est parfaitement d'accord avec le sens du courant induit employé.

Il résulte de ces observations que la génération des courants induits peut et doit être assimilée à celle des courants voltaïques. — Au moment où il commence comme au moment où il finit, le courant inducteur développe, dans un conducteur voisin, une force électromotrice traduite et mesurée par la différence algébrique des tensions opposées des extrémités de ce conducteur. — Quand le circuit Jnduit est fermé, cette force électromotrice détermine la circulation de courants induits dont le sens dépend du sens de la force elle-même. Ces courants induits sont instantanés et alternativement de sens inverses, parce que la force électromotrice développée au commencement du courant inducteur est directement opposés à celle qui correspond à son interruption, et que, dans le premier comme dans le second cas, la force électromotrice d'induction n'a elle-même qu'une durée excessivement courte.

Les expériences de MM. Masson et Breguet prouvent, en outre, que la diftérence algébrique des tensions opposées des extrémités du circuit induit est plus considérable au moment où le courant inducteur finit qu'au moment où i\ commence. Elles montrent, en eflét, que la tension du courant induit direct l'emporte sur cdledu courant induit inverse.

PBÉNOyÈNES d'induction DANS LES FILS MÉTALLIQUES. 185

Action iadncUrirc d!an connint vollaïqoe sur son propre cireait. — MM MassoD, Pouillet , Nobili, Jenkin, etc., avaient constaté que l'introduction d'une forte spirale dans le circuit d'une pile suffit pour augmenter considérablement l'intensité de l'étincelle à la rupture. M. Faraday a postérieurement analysé ce phénomène ; il a prouvé (l) que ce renforcement de l'étincelle de rupture est dû à une action inductrice du courant voltaïque sur le fil qui lui sert de conducteur.

Lorsque les deux extrémités d'un circuit voltaïque plongent dans le mercure, il est facile de constater les faits suivants. — Si le circuit est fermé par un fil rectiligne courte on obtient, à la rupture, une faible étincelle. — L'étincelle à la rupture devient plus brillante quand la pile est fermée par un fil rectiligne très long; l'introduction d'une forte bobine dans le circuit voltaïque donne encore plus d'éclat à l'étincelle. — Cependant l'intensité du courant voltaïque diminue à mesure que le circuit s'allonge; par conséquent, l'étincelle à la rupture devrait s'affaiblir dans les mêmes proportions, si un phénomène nouveau n'intervenait pas.

Pour expliquer cette influence de l'introduction d'un fil rectiligne treslong et surtout des fortes bobines dans le circuit de la pile, on admet que le courant exerce une action inductrice sur son propre conducteur, tant au moment où le circuit est fermé qu'au moment où il est rompu.

Au moment de la rupture, l'induction développe dans le circuit une force électromotrice directe, ou de même sens que

(I) Expérimental Researches, 1. 1, p. 322.

celle du courant inducteur. Cette force électromotrice directe donne naissance à un courant induit direct qui s'ajoute au courant inducteur, le prolonge et augmente Tintensité de rétincelle de rupture : c'est Y extra-courant direct.

Le courant, au moment où il est fermé, exerce aussi une action inductrice sur son propre circuit. Mais la farce électromotrice d'induction développée dans ce cas est mverse, ou opposée à celle du courant inducteur. Cette force électromotrice inverse ne donne pas réellement naissance à un courant, mais elle se conduit comme une résistance nouvelle introduite dans le circuit ; son action se borne donc à diminuer momentanément l'intensité du courant inducteur. On appelle extra-courant inverse le courant induit que cette force électromotrice tend à développer dans le circuit du courant inducteur.

1^ Extra-conrant direct on de raptnre. — L'exis-

tence de l'extra-courant direct est facile à démontrer. En effet, soit V (Fig. 332) une pile hydro-électrique, dont le circuit abefcd contient, en ef, une forte spirale A. Entre le point c et le point b plaçons une petite spirale s composée d'un fil très fin de platine. Le courant voltaïque traverse le circuit entier abefcd, et fournit, en 6, un courant de dérivation qui parcourt le trajet bscd.

Si la spirale s est formée avec un fil de platine très fin et, par suite, très résistant, le courant de dérivation est assez faible pour ne pas aimanter sensiblement une aiguille d'acier trempé plac-ée dans cette spirale. On s'asgure du fait, en introduisant l'aiguille d'acier dans la spirale s après avoir fermé le circuit, et en la retirant avant sa rupture,

PHÉNOMÈNES D'iNDCCTION DA^S LES FILS MÉTALLIQUES. 1H7

Cela posé, le circuit étant fermé et TaigulUe d'acier placée dans la spirale «, intorompons le circuit en a ou eu (i. Nous trouvons alors que Taiguille est aimantée, et

Fig. 53«.

({ue le sens de Taimantation communiquée accuse le pas- >age d'un courant dirigé de c en 6, à travers la spirale s. Ce courant d'induction produit par la rupture du circuit a donc traversé la petite spirale s dans un sens contraire à celui du courant voltaïque dérivé^ mais il a parcouru la portion befc du circuit total dans le même sens que le courant v(rftaïque inducteur: c*est donc un courant induit direct développé, au moment de la rupture du cii'cuit, dans le conducteur du courant voltaïque, ou un extra-courant direct. — Quand la rupture du circuit est

pratiquée entre 6 et e ou entre c et f^ le courant de Télectromoteur V passe tout mtkr par l£^ spirale 5 et la traverse de 6 en c; le courant d'induction, au contraire, ne peut pas s'établir, parce qu'il n*existe plus de communication entre les extrémités e, /, de la grande spirale induite A. Dans ce cas, Taimantation de l'aiguille est due au courant de la pile V, et accuse un courant qui traverse s de ô en c.

Remplaçons, en 5, la petite spirale par deux fils de cuivre gros et courts. Ces deux fils additionnels sont soudés l'un on ô, l'autre en c, et se touchent par leurs extrémités libres. Au moment de la rupture du circuit en a ou en rf, si les deux fils additionnels continuent à se toucher, \ extra-courant passe tout entier par dérivation de c en ô, et il n'y a qu'une très faible étincelle au point de rupture du circuit. Mais, si les deux fils additionnels sont séparés au moment où le circuit est rompu en a ou en d, on voit apparaître, dans l'espace bc, et entre les bouts séparés des fils additionnels, une très brillante étincelle qui accuse le passage de Y extra-courant direct développé dans la grosse spirale A.

Remplaçons, en s, la petite spirale par un galvanomètre. Tant que le circuit reste fermé, l'aiguille aimantée est déviée par un courant dérivé dirigé de b en c. Laissant le circuit fermé, ramenons l'aiguille à zéro, et assujettissons-la dans cette position au moyen de deux petites goupilles placées contre ses extrémités. Ces goupilles l'emp<*chent d'obéir à l'action du courant dérivé dirigé de b en /;, mais lui permettent de se mouvoir en sens inverse. — ^ Au moment de la rupture du circuit en a ou en (/, l'aiguille aimantée est déviée, et accuse le passage d'un cou-

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