DISTRIBUTION DB L'ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
«Les premières observations d'électricité atmosphérique furent faites par les temps d'orage; cependant l'expérience ne tarda pas à démontrer que, même par un temps parfaitement serein, l'atmosphère est toujours dans un état de tension électrique. Vers la fin de septembre 1752, Le Monnier fit, à Saint-Germain, une série de recherches intéressantes ^r ce sujet (1). Les hautes barres métalliques, isolées et terminées en pointe, conseillées par Franklin, et les autres appareils fixes analogues, sont aujourd'hui généralement abandonnés et remplacés par des instruments mobiles. Les électroscopes armés de tiges dont on se sert ordinairement sont terminés, tantôt par
(l) Mémoirtt de V Académie des sciences , 1752, p. 233.
une boule, tantôt par une pointe ; dans Tun et l'autre cas, ils se chargent par influence.
En général, un électroscope n'est influencé ni dans les lieux bas dominés par des arbres ou par des édifices, ni dans la cour ou l'intérieur d'une maison, ni dans les rues d'une ville. En rase campagne et même sur les hauts plateaux, c'est seulement à environ un mètre au-dessus du sol que les pailles d'un électroscope commencent à diverger; l'intensité de cette électrisation par influence augmente à mesure que l'appareil est porté dans des régions plus élevées. — L'aiguille d'un galvanomètre est déviée et accuse le passage d'un courant, lorsque le fil est disposé de manière que l'une de ses extrémités plongeant en terre, l'autre soit librement suspendue à une certaine hauteur. La terre et l'atmosphère se conduisent donc comme deux corps en présence dont les tensions électriques diffèrent par leur signe ou du moins par leur intensité.
Bien que l'air soit un mauvais conducteur, cependant les couches inférieures de l'atmosphère, toujours imprégnées d'humidité et en contact continuel avec les aspérités dont le sol est hérissé, ne peuvent pas conserver une tension différente de celle des couches superficielles de la terre. Ces circonstances exphquent pourquoi, dans les villes, les appareils doivent être élevés au-dessus des édifices pour donner des indications d'électricité libre, et pourquoi, même dans les plaines nues, c'est seulement à une certaine hauteur au-dessus du sol, vaiiable avec l'état hygrométrique, que les électroscopes sont influencés.
Tempii serein. — Par un temps serein, lorsque l'at-