‹ Traité d'électricité statique (volume 2)Chapitre 103 sur 201 · Machines donbies. — M. Poggendorf (*) a indiqué une · texte numérisé non relu

Machines donbies. — M. Poggendorf (*) a indiqué une

(*) Pogg. Ann., t. CXLI, p. 161. — Annales de Chimie et de Physique, 4e série, t. XXIII, p. 355.

autre disposition qui conduit à peu près au même résultat, au point de vue de la conservation de la charge, sans qu'il soit aussi facile d'en donner la raison : ce sont les machines doubles. La machine double que M. Poggendorf a fait construire, uniquement dans le but d'augmenter le débit, se compose de quatre plateaux dont deux mobiles portés par un même axe, et deux fixes placés de part et d'autre des premiers ; les plateaux fixes ont chacun deux fenêtres munies d'armures de papier dont les pointes sont dirigées delà même manière. Entre les plateaux mobiles sont placés deux doubles peignes situés en face des armures de papier et communiquant avec les deux branches du conducteur. L'ensemble de l'appareil représente donc deux machines ordinaires réunies séparément par leurs pôles de même nom; la quantité d'électricité est en effet double de celle que l'on obtient avec un seul plateau mobile.

La machine double de M. Poggendorf est disposée d'une manière incommode pour les communications qu'il est nécessaire d'établir entre les conducteurs ; celle que construit M. Ruhmkorff (fig. 255) a une forme beaucoup plus avantageuse.

Les deux plateaux fixes, munis de leurs armures de papier, sont situés à l'intérieur, et les plateaux mobiles à l'extérieur. Les papiers placés en regard l'un de l'autre sur les plateaux fixes s'électrisent de la même manière, les peignes correspondants sont portés par une mâchoire métallique analogue à certes des machines à frottement. Les deux conducteurs de métal qui portent ces mâchoires forment les pôles de la machine et peuvent être réunis à leurs extrémités P et N par une branche mobile à poignée d'ébonite, qui constitue un excitateur; ces conducteurs communiquent, comme d'habitude, avec les armatures intérieures de deux bouteilles de Leyde K et H réunies en cascade. Deux tiges de métal P' et N', portées par des plaques d'ébonite, peuvent être élevées à volonté par des tubes à coulisse jusqu'au contact des boules P et N; ces tiges sont souvent utiles pour établir d'une manière commode les communications des pôles de la machine avec des corps étrangers, et surtout pour ménager des distances explosives dans un circuit.

Quand on veut amorcer l'appareil, il suffit, pendant que les plateaux tournent dans un sens convenable et que l'excitateur

est fermé, d'introduire entre les plateaux fixes une plaque d'ébonitc électrisée, avec laquelle on touche l'une des armures de papier; les autres armures se chargent bientôt par le jeu des influences réciproques.

Cette machine double ne devrait, en théorie, différer d'une machine simple que par le débit ; mais on obtient des étincelles plus longues (22 centimètres, au lieu de 18, avec des plateaux de 50 centimètres de diamètre), et surtout on peut impunément ou-

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vrir l'excitateur sans qu'elle cesse de fonctionner; si on abandonne l'appareil à lui-même, dans une atmosphère qui ne soit pas trop humide, il reste électrisé pendant plusieurs heures et se remet à fonctionner aussitôt que l'on fait tourner les plateaux, sans qu'il soit nécessaire de l'amorcer de nouveau. Cette conservation curieuse de la charge est assez difficile à expliquer. Les conducteurs ne doivent y jouer aucun rôle puisqu'ils communiquent entre eux et sont par conséquent au même potentiel ; elle est duc plutôt à la disposition des armures de papier. Deux ar-

mures voisines sont en effet dans le même état, par raison de symétrie, et la couche d'air située entre elles se trouve maintenue à un potentiel constant égal à celui des armures (surtout si celles-ci ont de grandes dimensions et sont très-rapprochées), de sorte que la déperdition d'électricité qui peut avoir lieu par cette couche d'air est considérablement diminuée; les pointes des armures sont d'ailleurs assez mousses pour ne pas causer non plus une déperdition rapide.

Quoi qu'il en soit, la machine double ainsi disposée donne, comme il est facile de s'en assurer par une bouteille de Lane, une quantité d'électricité deux fois aussi grande que les machines simples, lorsque la distance explosive est faible ; mais le rapport des débits est bientôt modifié, quand on augmente la longueur des étincelles, et croit sans limites, puisque la machine simple cesse de fonctionner pour des distances auxquelles la machine double , à diamètre égal , continue de donner des élincelles. Nous indiquerons plus loin les résultats numériques de cette comparaison.

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