RICHESSE DU LIQUIDE EN ACIDE SULFURIQUE
Zinc — Platine. . . .
Zinc — Argent ...
Argent — Platine. . .
Zinc — Cuivre. . . .
Aluminium — Platine.
Fer — Platine. . . .
912. Couple à gaz. — M. Grove (*) découvrit que l'aiguille d'un galvanomètre se trouvait déviée d'une manière permanente quand on le faisait communiquer avec deux petites lames de platine recouvertes par des tubes renfermant de l'oxygène et de l'hydrogène. Il y avait donc là une force électromotrice nouvelle
(*) Annales de Chimie et de Physique, 5e série, t. VIII, p. 24G el t. "XI, p. 228,
où les gaz jouaient un rôle important; le passage du courant était d'ailleurs accompagné par la disparition progressive de l'hydrogène et de l'oxygène et la formation d'une certaine quantité d'eau. M. Grove profita de cette observation pour construire un couple qu'il appela couple à gaz, et auquel il donna la forme suivante. Les gaz sont renfermés dans des tubes T (fig. 255), qui
contiennent une lame de platine platiné reliée par un fil avec un godet métallique E, où l'on met une goutte de mercure. Deux tubes semblables 0 et H sont montés dans les tubulures latérales d'un flacon V à trois tubulures. Ce flacon étant complètement rempli d'eau acidulée, on fait passer dans les cloches de l'hydrogène et de l'oxygène, de façon que les lames de platine continuent de toucher le liquide.
Dans ces conditions, le godet P, correspondant à l'oxygène, forme le pôle positif, et le godet N le pôle négatif; si le circuit extérieur est fermé, les gaz disparaissent peu à peu dans les proportions convenables pour former de l'eau.
Le moyen le plus commode d'obtenir des gaz dans les deux cloches est d'employer une pile étrangère que l'on met en communication avec les deux pôles P et N, de manière à décomposer l'eau du flacon. On pourrait alors attribuer l'action du couple à gaz à la petite quantité d'ozone qui se forme toujours dans la décomposition de l'eau, mais l'expérience démontre que les résultats sont absolument indépendants de la manière dont les gaz ont été préparés.
Fier. 253.
M. Grove a formé ainsi une pile (fig. 254) en réunissant une série de flacons semblables par leurs pôles de noms contraires. Un seul couple suffisait pour décomposer l'iodure de potassium, deux couples donnaient déjà une décomposition sensible de l'eau acidulée; avec 50 couples, on éprouvait une commotion en touchant les deux pôles, et M. Grove obtint des étincelles brillantes entre des cônes de charbon. (Juand on emploie celte pile pour décomposer l'eau, on observe qu'il disparaît clans chacun
Piar. 254.
des couples une quantité de gaz sensiblement égale à celle qui se dégage dans le voltamètre. C'est là une propriété importante, dont on trouve l'analogue dans toutes les piles électriques.
L'origine de la force électromotrice est ici plus difficile à préciser. Les lames de platine prennent des états physiques différents par suite des gaz dont elles se sont imprégnées, et, en marquant par des indices convenables le platine ainsi modifié, on rencontre dans le couple les contacts suivants :
Pt | Pt0H-Pt0 1 Aq -f- Aq | Pth -t-Pth | Pt = E.
Ces expériences prouvent en définitive que le contact des gaz donne lieu à des tensions qui ne suivent pas la loi de Volta.