‹ Traité d'électricité statique (volume 2)Chapitre 152 sur 201 · DE COUPLES · texte numérisé non relu

DE COUPLES

PROPORTIONNELLE

Ces deux tableaux montrent donc, avec un degré d'approximation très-remarquable, que la racine carrée de la force répulsive et, par suite , la tension ou la force électromotricc de la pile, est proportionnelle au nombre des couples.

922. Dans un mémoire de M. Werner Siemens (l), on trouve des expériences intéressantes, qui ont été entreprises dans un but un peu différent, mais qui peuvent être considérées comme une vérification des propriétés de la pile électrique. La méthode de M. Siemens consiste à électriser un condensateur par les deux pôles d'une pile, et à déterminer la quantité d'électricité à l'aide d'un galvanomètre placé, soit sur la communication de la pile avec le condensateur pendant la charge, soit entre les deux armatures pendant la décharge. Si l'isolement des organes est suffisant et les communications établies pendant un temps assez long pour que l'équilibre soit atteint, il est clair que la charge du condensateur doit être égale à la décharge, indépendante de la résistance du circuit, proportionnelle à la force électromotrice de

v1) P°9fJ- Annal. , t. Cil, p. 66.

la pile déterminée par une méthode d'opposition, el proportionnelle aussi à la capacité du collecteur; enfin, les résultats ne doivent pas être modifiés quand les deux pôles de la pile sont isolés, ou que l'un d'eux est mis en communication, soit, avec le sol, soit avec un conducteur à un potentiel quelconque.

L'un des condensateurs était formé d'une lame de mica d'un décimètre carré environ et de ~ de millimètre d'épaisseur, couverte de feuilles d'étain sur ses deux faces. Comme chacune des charges ou décharges ne correspond qu'à une quantité d'électricité très-faible, M. Siemens employa une bascule à vibration qui produisait un grand nombre de charges et de décharges successives; il suffisait alors de faire passer ces courants successifs par le galvanomètre pour obtenir une déviation permanente de l'aiguille. Les figures suivantes donneront une idée de la disposition des expériences.

Dans la figure 256, les deux armatures A etB du condensateur

Fig. 256.

sont mises en communication permanente avec les pôles de la pile P par l'intermédiaire du galvanomètre G. Si l'isolement est suffisant, l'aiguille doit rester au zéro.

Dans la figure 257, L est une lame vibrante qui communique avec une des armatures A, et oscille entre deux pointes métal-

Fig. "loi.

liques C et D ; ces pointes sont reliées toutes deux à l'armature opposée B, la première directement, la seconde par l'intermédiaire du galvanomètre et de la pile. On voit aisément que les courants de charge seuls agiront sur l'aiguille.

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Enfin, avec la disposition de la figure 258, le galvanomètre n'est plus traversé que par les courants de décharge.

Fig. 258.

La pile était formée avec des couples Daniell montés à neuf tous les deux jours.

Les oscillations de l'interrupteur étant de 60 par seconde, la durée de chaque contact était inférieure à ^ de seconde, mais cet intervalle était assez grand pour établir l'équilibre. La déviation de l'aiguille resta la même quand on fit varier la résistance du fil de 1 à 100.

L'intensité du courant (charge ou décharge) a été proportionnelle à la force électromotrice de la pile, et indépendante de la communication d'une des armatures avec le sol.

(Juand on modifiait les dimensions du condensateur, pour une même nature de milieu isolant, l'intensité du courant était toujours proportionnelle à la surface du condensateur et en raison inverse de la distance des armatures. Ces expériences donnent donc un moyen très-simple de comparer les capacités électriques et de vérifier les lois de la condensation. On peut encore employer la même méthode pour déterminer les pouvoirs inducteurs spécifiques de différents milieux. M. Siemens a constaté ainsi que l'air et tous les gaz ont le même pouvoir inducteur spécifique, quelle que soit la pression ; il a obtenu le nombre 0,78 comme pouvoir inducteur de la stéarine et 2,9 pour le soufre. 11 suffit de comparer ces résultats à ceux que nous avons indiqués plus haut (581), pour reconnaître l'influence du temps signalée par M. Gaugain (584).

925. Nous citerons aussi quelques nombres déterminés par M. Branly. Une pile à tasses de Volta parfaitement isolée, comme dans les expériences de Peltier, fut réunie avec le sol par un de ses pôles et, par l'autre pôle, avec les deux boules d'une balance de Coulomb à miroir, que l'on ramenait à une distance à

peu près constante par une torsion convenable. Les expériences montrent que la force répulsive des boules à l'unité de distance est proportionnelle au carré du nombre des couples, c'est-à-dire au carré du potentiel du pôle isolé.

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