MINIMUM
mm.
15mm
50mn»
On voit que la résistance minimum et la pression limite augmentent toutes deux à mesure que le diamètre du tube diminue, et que la résistance croît avec la distance des électrodes.
494. Influence de la température. — La Conductibilité des Va-
peurs et des gaz chauds a été reconnue par des expériences trèsanciennes. Ainsi, les flammes jouissent au plus haut degré du
(*) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LVI, p. Gb9. (-) Pogg. Annalen, t. CXXXV, p. 249. — Annales de Chimie et de Phtjsique, 4" série, t. XVI, p. 479.
iOC TRAITÉ D'ÉLECTRICITÉ STATIQUE.
pouvoir des pointes. Gilbert (*) avait déjà remarqué qu'un corps frotté perd ses facultés attractives dans le voisinage d'une flamme; de même, un corps qui communique avec une lampe conductrice allumée ne peut recevoir la moindre charge électrique, et un électroscope muni d'une lampe qui brûle s'électrise sous l'influence de corps très-éloignés : il suffit même de placer au-dessous d'un corps électrisé une barre de fer rougie au feu pour que l'air chaud qui s'élève ramène rapidement ce corps à l'état neutre (Canton) .
Henley (2) plaçait un double pendule isolé au-dessus d'une machine électrique et à une distance assez grande pour qu'il ne pût s'électriser. En posant sur la machine une bougie récemment éteinte ou un vase renfermant de l'eau bouillante, il vit les boules du pendule diverger rapidement, par suite de l'électricité qui était entraînée avec les fumées ou la vapeur d'eau (5).
M. Grove montrait que réchauffement d'un gaz à pression constante rend plus facile le passage des étincelles, en plaçant la flamme d'une lampe à alcool isolée entre les branches d'un excitateur reliées à une bobine d'induction ; la distance explosive est ainsi considérablement augmentée. La même expérience peut être répétée avec les décharges des batteries.
495. M. Fernet (4) a mis la même propriété en évidence d'une manière ingénieuse. Deux tiges de métal bien rectilignes sont disposées presque verticalement à une petite distance l'une de l'autre, de façon à former un angle très-aigu, dont le sommet est dirigé vers le bas. Ces deux tiges sont recourbées à angle droit au point où elles sont le plus voisines et mises en communication avec les pôles .d'une bobine d'induction. Si la distance des tiges et l'angle qu'elles forment sont convenablement choisis, l'étincelle se produit d'abord au coude des deux tiges, aux points les plus rapprochés, puis s'élève peu à peu jusqu'à la partie supérieure, malgré l'accroissement de la distance. A ce moment, l'étincelle reparait subitement à la partie inférieure et
(l) De magnete, p. 4G et 06.
(•) Cavallo, Traité d'électricité, p. 249.
(r>) M. Thomson affirme cependant avoir constaté que la vapeur d'eau est un excellent isolant {Heprint ofpapers, p. 251, note).
(*) Comptes tendus de l' Académie des sciences, t. LIX, p. 100j.
DÉCHARGES MSRHPTIVES. 107
remonte encore, pour recommencer indéfiniment de la môme manière. Il y a quelquefois plusieurs étincelles simultanées qui se suivent de bas en haut comme des échelons. Si, au contraire, les tiges sont disposées horizontalement, l'étincelle part toujours au coude, à la plus courte distance. L'explication de cette expérience est très-simple : l'air échauffé par le passage d'une première étincelle s'élève lentement, et l'étincelle suivante pourra trouver une moindre résistance dans cette couche plus chaude, si l'écartement des tiges n'augmente pas trop rapidement ; rien de pareil n'a lieu si les tiges sont horizontales. La même expérience peut être réalisée avec la machine de lïollz, si l'on a soin d'enlever les bouteilles de condensation, et il est bon même de ménager sur le circuit une interruption que l'on règle par tâtonnements, de façon que les étincelles se succèdent à des intervalles convenables. Enfin De la Rive (L) a reconnu que les vapeurs métalliques qui forment Tare lumineux entre deux charbons, dans l'expérience de la lumière électrique, facilitent aussi le passage des étincelles.
496. Il semble résulter d'une expérience de M. Harris(2) que la diminution de résistance des gaz échauffés tient uniquement à ce que la masse absolue de l'unité de volume va alors en diminuant. M. Harris enferma de l'air à la pression atmosphérique et à la température ordinaire dans un globe de verre muni de deux garnitures par lesquelles passaient deux tiges de métal terminées en boule et placées en regard l'une de l'autre. Ces tiges communiquaient avec les armatures d'une jarre électrique, et il détermina par une bouteille de Lane la quantité d'électricité nécessaire pour provoquer des décharges entre les boules. Il porta ensuite le globe à la température de 148° et reconnut que la charge explosive n'avait pas changé. A ce moment, il suffisait de mettre brusquement le gaz intérieur à la pression atmosphérique en ouvrant un robinet, pour que la charge explosive diminuât brusquement, pour reprendre peu à peu sa valeur primitive à mesure que l'appareil se refroidissant revenait à la température extérieure.
Toutefois, cette unique expérience ne suffit pas pour démon-
(*) Annales de Chimie et de Physique, 4,; série, t. VIII, p. 437. !*) Phil. trans. (1834), part. II, p. 229.
trer que c'est là une propriété générale. L'accroissement de conductibilité qu'acquièrent les corps solides ou liquides par une élévation de température permet de prévoir qu'il doit en être de même pour les gaz et les vapeurs, et que la diminution de masse n'en est pas la seule cause. M. Ed. Becquerel (*) a démontré, en effet, que les gaz deviennent assez conducteurs, à partir de la température du rouge naissant, pour être traversés par le courant de quelques éléments de pile, ce qui suppose un accroissement de conductibilité incomparablement plus grand que celui qui résulterait de la diminution de densité.