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Pantins, carillon et grêle électriques. — Oïl a mis à

profit les actions électriques pour construire des appareils trèsvariés dont le mouvement est entretenu par une suite d'attractions et de répulsions. L'une des plus anciennes expériences de ce genre est celle des pantins électriques : ce sonl des figurines construites en moelle de sureau dont la tète est munie d'une petite houppe de fils de soie. On place ces figures entre deux plateaux métalliques horizontaux dont le supérieur communique avec

une machine électrique et l'inférieur avec le sol ; le pantin est attiré d'abord par le plateau supérieur puis repoussé aussitôt qu'il l'a touché, et saute de l'un à l'autre, tant que la machine est en mouvement. Les houppes jouent un rôle dans le phénomène, et l'on peut maintenir un de ces pantins suspendu et immobile entre les deux plateaux, comme nous l'avons déjà vu pour le poisson de Franklin (116).

Un corps léger quelconque, placé entre deux conducteurs électrisés, peut osciller de l'un à l'autre, en les touchant alternativement, aussi longtemps qu'il existera entre ces deux conducteurs une différence de potentiels suffisante. Telle est, par exemple, l'expérience du carillon électrique (fig. 212). Deux timbres T et T'

Fisr. 212.

sont suspendus par des chaînes à une tringle métallique qui communique avec une machine électrique ; un timbre intermédiaire T" attaché au même support par un fil de soie communique avec le sol; enfin deux boules de métal b et b' sont suspendues par des cordons de soie dans l'intervalle. Le timbre T" se charge par influence d'électricité contraire à celle de la machine, et les boules oscillent des timbres extrêmes au timbre du milieu en produisant une suite de chocs qui les font résonner.

De même, on place de petites balles de moelle de sureau sur un plateau métallique qu'on recouvre d'une cloche. Un conducteur terminé par une sphère ou un plateau (fig. 215) traverse la tubulure de la cloche et communique avec une machine électrique;

les balles sont attirées vers le conducteur électrisé, puis retombent et produisent un petit bruit qui rappelle la chute de la grêle. Cette expérience, qui porte le nom de grêle électrique, a une certaine célébrité parce que Volta a expliqué la suspension des grêlons dans l'air par des mouvements analogues entre deux nuages électrisôs. On peut la répéter d'une manière plus simple en électrisant l'intérieur d'une cloche en verre, soit par un conducteur de même forme, comme pour la bouteille de Leydc à armatures mobiles (151), soit mieux à l'aide d'une pointe métallique ; on renverse ensuite cette cloche au-dessus des balles qui prennent aussitôt les mêmes mouvements. Dans ce cas, on accélère les oscillations en approchant de la cloche la main ou un large conducteur non isolé.

Des expériences analogues se réalisent encore plus facilement

à l'aide des bouteilles de Leyde. Ainsi on obtiendra un carillon électrique à l'aide d'une petite boule de métal B (fîg. w214) suspendue par un fil de soie entre deux timbres A et C dont l'un communique avec l'armature extérieure et l'autre avec l'armature intérieure d'une bouteille de Leyde. Les oscillations durent plus longtemps si la balle mobile est formée d'un corps très-léger comme du liège ou de la moelle de sureau. Franklin employait pour cela un morceau de liége noirci à la lampe auquel il attachait plusieurs bouts de fil pour figurer grossièrement une énorme araignée (fîg. 215)*

584. Roues électriques. — Franklin, en 1748, a même construit une roue électrique qui prenait ainsi un mouvement de rotation continu. Un disque de bois horizontal mobile autour d'un axe vertical était muni de 50 rayons en verre terminés par des dés en métal. Deux bouteilles de Leydc chargées d'électricités contraires étaient placées aux extrémités d'un même diamètre, de façon que les dés isolés pussent toucher alternativement les armatures intérieures ou du moins y provoquer des étincelles; il suffisait d'imprimer un petit mouvement de rotation à l'appareil pour le voir s'accélérer et se maintenir jusqu'à ce que les deux bouteilles fussent sensiblement déchargées.

Un autre appareil de Franklin était formé de 1 2 piliers en verre disposés sur une même circonférence et terminés par des dés métalliques. Le disque mobile était en verre et muni de feuilles d'or sur ses deux faces de manière à constituer un condensateur; les deux armatures communiquaient séparément avec deux boules qui pouvaient, par suite de la rotation, provoquer successivement des étincelles avec tous les dés isolés. Cet appareil, une fois chargé, pouvait marcher pendant une heure à raison de 10 tours à la minute en moyenne, ce qui faisait 600 tours ou 7200 étincelles pour chaque boule, c'est-à-dire en tout plus de 14000 étincelles.

Le tourniquet de M. Ruhmkorff (115) fonctionne d'une manière analogue par le jeu des pointes, et nous en verrons d'autres exemples à propos des machines de Holtz.

On trouve dans certains cabinets de physique un appareil qui rappelle la roue de Franklin. Une série de tubes étineelants terminés par des boules de métal sont disposés verticalement sur une même circonférence. Entre ces tubes est un tourniquet formé d'une seule branche à deux pointes lesquelles, par suite de la rotation, passent à petite distance de toutes les boules des tubes étineelants. On met le tourniquet en communication avec une machine et la base de tous les tubes avec le sol. Le tourniquet se met à tourner rapidement et, si la première communication est interrompue en un point pour provoquer une étincelle auxiliaire, les décharges qui se produisent sur les différentes colonnes les illuminent tour à tour.

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