Déeluirges des bobines dladoctioa. — Lc mélange d'tt
grettes el d'étincelles est presque toujours la forme que prennent les décharges de la bobine d^induction dans Tair, à la pression atmosphérique. Si les interruptions du courant inducteur sont rapides, ce qui a lieu avec les bobines de dimensions moyennes, les décharges paraissent se produire d'une manière continue, et sont composées d'une flamme violacée et d'étincelles ayant l'ap* parence de traits de feu. La flamme a une durée sensible, car elle s'élargit quand on l'examine dans un miroir tournant (M. Lissajoux), tandis que le trait de feu est instantané, et ces deux parties de la décharge peuvent être modifiées séparément par des influences extérieures. Ainsi, quand on projette avec un soufflet ou avec la bouche un courant d'air sur la décharge, la flamme est déviée par le courant, et l'étincelle continue de se propager en ligne droite avec quelques jets de feu latéraui (M. Du Honcel). 11 suffit même de placer un corps étrango* quelconque, conducteur ou non, dans le voisinage des deux points entre lesquels éclate la décharge, pour en séparer les deux éléments : Taigrette n'est pas modifiée, le trait de feu se dévie et va d'une pointe à l'autre en touchant le corps voisin (M. Perrot). On peut d'ailleurs de plusieurs manières séparer la flamme de Tétîncelie; M. Perrot (^) a obtenu ainsi la production de ces deui formes de la décharge sur deux dérivations difîércntes du circuit total, ce qui promet d'en étudier séparément les propriétés.
51 7 . Lueur et décharge obaenre. — Il arrive quelquefois qu'uue machine électrique en activité présente aux extrémités des conducteurs, surtout quand elles sont terminées par des boules de petit diamètre, une lueur d'un éclat et d'une étendue variables, tranquille, continue, et qui n'est accompagnée d'aucun bruit. Faraday, qui a étudié avec beaucoup de soiii cette décharge particulière, a constaté que, pour transformer l'aigrette en lueur dans l'air ordinaire, il faut diminuer les dimensions du conducteur aux points ou se fait la décharge, forcer le débit de la machine et éloigner tous les corps étrangers. Ainsi, le conducteur d'une machine étant muni d'une tige arrondie de petit diamètre de manière à obtenir une lueur, il se forme des aigrettes quand
(') Annales de Chimie et (te Pfnjsitjitc, û* série, t. LXI, p. '214.
DfiCEURGES DISRUPTIVES. 139
1 ralentit ou qu'on aiTâtc la machine. L'appareil fonctionnant ; manière à produire des aigi-etlcs, l'approche d'une pointe gué suffit pour transformer les aigrettes en lueurs. Enfin, si la achinc tourne assez rapidement poui^donner une lueur cl qu'on I approche la main, la lueur se contracte d'abord, puis se transrmc en atgi'cltcs avec de grandes l'amiiications. On peut cuire, en présentant au contlucLeur de la machine une petite boule lunic d'une pointe, en tirer des éLinccUes des aigi-cttcs ou des
Fis. ***- rii.itt.
«an, smvant que la direction de la poiote se rapproebe plus 1 moins de la normale au conducteur.
Il est impossible d'apercevoir dans ces lueurs des déchargea rtermittcntes ; elles paraissent donc être le siège d'une commuieation continue d'électricité à l'air ambiant, ce que semble idiqner encore rexislcncc d'un courant d'air assez rapide au oint où elles se manifestent. La lueur négative est beaucoup plus ilficile à obtenir dans l'air que la lueur positive ; mais c'est vliculièrement dans les gai raréûés qu'on observe ces appa-
130 TBilTÉ DÉLECTRICnt STATHJIE.
rences. et le passagp île l'aigrette à la lueur se fait alors par une
série de transitions insensibles.
518. DiMMiMMiMi 4n gmm NvMé*. — Supposons, par exempie. qu'on las^e respénence avec un œuf électrique. L'appareil étant rempli d'air à la pression ordinaire, on met la garniture inférieure en communication avec le sol, et la garniture supérieure à une petite dislance du conducteur de la machine. Si U distance des doux boules de l'œuf n'est pas trop grande, il se produit à cliaquo élincelle extérieure, une étincelle ordinaire en zigzag entre les deux boules (âg. 191).
A partir de ce moment . si l'on raréfie graduellement Tair contenu dans l'œuf électrique, le phénomëne se modifie : l'étincelle fournit d'abord des ramifications latérales, puis se transforme en une véritable aigrette.
A la pression de 5 ou 6 centimètres, il s'échappe de la boule supérieure qui est positive, une multitude de bandes de couleur pourpre, dont les unes sont dirigées vers les parois de l'œuf, tandis que d'autres constituent un faisceau de rubans lumineux ayant la forme d'un fuseau, et aboutissant à la boule négative. En même temps, cette dernière boule et la lige qui la supporte sont enveloppées d'une couche épaisse de lumière violacée (fig. 192).
Enfin, à la pression de quelques millimètres , l'intervalle des deux P^ boules est rempli par une colonne
fusiforme de lumière pourprée, dont l'éclat va en augmentant graduellement vers les extrémités, surtout du cùlé di> In houle positive, et la boule négative est toujours enveloppée d'une auréole de couleur violette {fig. 193).
Il est difficile de saisir le moment h partir duquel l'aigrette a perdu son caractère, mais à une pression faible il est clair que le phénomène est transformé : ce sont de véritables lueurs.
DÉCHARGES DTSRUPTIYES. iSl
519. Si la garniture supérieure de Tœuf est mise en communication directe avec le conducteur de la machine ou terminée par une pointe qui donne un flux continu, la décharge ne se produit plus à une aussi grande distance; la boule positive donne une gerbe de lumière pourpre, la boule négative est enveloppée d'une auréole violacée, mais la gerbe et Fauréole sont séparées par un intervalle complètement obscur, au moins par comparaison avec les portions voisines (fig. 194). Cet espace plus sombre qui s'observe dans tous les gaz est nécessairement le siège d'un mouvement des fluides électriques, et c'est là ce que Faraday appelle la décharge obscure. Toutefois, il est difficile d'affirmer qu'il ne s'y produise aucune apparence lumineuse ; l'obscurité n'est probablement pas absolue et ne parait aussi complète que, par un effet de contraste.
520. Dans l'azote pur, les résultats sont sensiblement les mêmes que dans l'air ; les autres gaz donnent lieu à des variations de forme analogues, mais la couleur est très-différente d'un gaz à l'autre. En même temps, les caractères que nous avons signalés pour les deux pôles sont généralement moins manifestes, et quelquefois il est difficile de distinguer les deux électricités. Faraday a même obtenu une lueur, très-faible il est vrai, dans l'essence de térébenthine.
On répète facilement ces expériences en mettant les deux garnitures de l'œuf électrique en communication avec les deux pôles de la machine de Holtz, soit directement, soit avec une interruption sur le trajet pour provoquer une étincelle auxiliaire. On peut alors mettre l'une ou l'autre des garnitures de l'œuf électrique en communication avec le sol, ou les isoler toutes deux ; les apparences ne sont pas sensiblement modifiées.
521 . Les bobines d'induction donnent des résultats tout à fait semblables et ici il n'y a plus d'utilité à recourir aux étincelles extérieures puisque, d'après la nature même du phénomène, les décharges sont toujours discontinues. La figure 194 représente, par exemple, les lueurs que Ton obtient à la distance de 30 centimètres avec de Tair à une pression de quelques millimètres. Si la bobine est suffisamment puissante pour franchir cet intervalle, les décharges directes passent seules ; l'œuf est traversé par une belle gerbe lumineuse rougeàtre partant de la
152 TRAITÉ DtLECTRIGlTÊ STATIQUE.
boule positive et s'éteignant à quelque distance de la boule négative; celle-ci, ainsi que la tige correspondante, est enveloppée par une auréole violacée formée de trois couches différentes, et séparée de la gerbe par un intervalle obscur.
L'auréole d'un bleu violet qui entoure le pôle négatif dans les décharges des bobines a été signalée d'abord par MM. Masson et Bréguel (*) ; elle jouit de propriétés curieuses. M. Hittorf (*) a constaté que, dans Tair raréfié à une pression inférieure à 2 millimétrés, Tauréole bleue négative se répand d*autant plus que la surface du conducteur qu'elle entoure diminue. K ce conducteur est formé par un fil affleurant au milieu d'un tube de verre, l'auréole a la forme d'une boule et, lorsque la preasion ^diminue suffisamment, elle peut s'étendre jusqu'à I4 lueur du pôle positif en supprimant d'une manière complète Tespaoe diseur qui les séparait. Cette auréole négative parait être le siège d'une résistance particulière au passage des décharges. Ainsi, quand les deux électrodes sont les mêmes et qu'elles sont soudées dans un tube de verre renflé au voisinage de l'une d'elles, le courant est sensiblement plus intense si le pôle négatif se trouve dans la partie large du tube. M. Hittorf a vérifié d'ailleurs, à l'aide d'un micromètre à étincelles placé en dérivation sur le circuit, qu'avec un tube dont l'une des électrodes A est placée dans une boule sphérique et l'autre B dans un tube cylindrique de diamètre plus petit, la résistance au passage des étincelles est 20 fois plus grande quand le pôle négatif est en B que s'il est en A.
Si le iil qui aboutit d'abord à la sphère est prolongé de manière à se terminer dans l'intérieur du cylindre, il arrive même que la lueur négative ne se produit plus.