Influence de rélectrotonn». — Un COUraut COUtinU aSSCZ
faible, qui traverse une portion d'un nerf moteur, ne provoque pas de contraction permanente dans le muscle corix?spondanl, mais le passage du courant met le nerf dans un état particulier, dit élecfrotornis, qui en modifie beiuicoup l'excitabilité. Les parties de ce nerf les plus rapprochées du pôle négatif sont plus excitables par un nouveau courant qu'elles ne l'étaient dans l'état primitif; les parties voisines du pôle positif sont au contiviire moins sensibles et il so trouve nécessairement, entre les deux pôles, un point dont l'excitabilité n'a pas été modifiée, (le point neutre n'est pas situé à égale distancx^ des deux pôles : il est toujours plus près du pôle négatif et s'en rapproche d'autant plus que le courant permanent est lui-même plus intense. Les effets de l'électrotonus persistent encore quelque temps après qu'on a supprimé le courant qui l'avait produit, (les modifications inégales de l'excitabilité du nerf jiendant l'électrotonus interviennent sans doute pour une grande part dans les différences des contractions musculaires, suivant (pie le courant excitateur est établi ou su|)primé, suivant (|u'il marcli;^ dans un sens ou en sens contraire.
r^SO. TranftmlfMlon do la €M>ntraelion el de IViLoitalItm. — La
contraction musculaire et le transport de» l'excitation du nerf au muscle sont des eflets mécaniques, en relation directe avec la
KXPÉRIENCES D'ÉLECTRICITÉ ET PROIMUÉTÉS HE I/ÉTINCELLE. \99
struclurc de ces organes, et ne peuvent se produire instautuuéincnt. En effet, un courant d'une durée trop courte ne provoque pas rie contraction. D'autre part, quand on excite un muscle diroctement, il s'écoule un temps appréciable {excitation latente) entre rétablissement du courant, par exemple, et le début de la contraction ; celle ci va en croissant d'abord, puis en diminuant et finit par disparaître, mais d*une manière plus lente, après quelques oscillations dues à l'élasticité des tissus. Si Ton excite un muscle d'une certaine longueur, la contraction qui se manilest? d'abord au point excité se communique ensuite de proche en proche aux parties voisines avec une vitesse assez faible, puisqu'elle ne dépasse guère \ mètre par seconde.
De même, quand on excite deux points d'un nerf moteur, le muscle n'entre en contraction qu'au bout d*un certain temps et se relâche ensuite: la période d'excitation latente est d'autant plus grande que les points du nerf attaqués sont plus éloignés du muscle, de sorte qu'en faisant deux expériences différentes sur le même organe ([ue l'on excite en deux points inégalement rloignés du muscle, et déterminant la différence des temps qui s'écoulent entre rétablissement du courant el le début de la contraction musculaire, on peut évaluer la vitesse avec laquelle l'excitation se transmet dans le nerf. M. Helmholtz a trouvé ainsi 26°', 4 pour les nerfs de la grenouille et 52 mètres environ chez l'homme ; ces résultats sont intéressants à signaler à notre point do vue, parce qu'ils sont tout à fait de même ordre que la propagation des effets électriques dans les corps médiocrement conducteurs, comme des cordes mouillées.
590. Efret« deii eonranUi d'indnelion. — LcS pileS électriquCS
sont le procédé le plus commode pour produire les excitations physiologiques, parce qu'on peut modifier à volonté la durée du courant, soit par un poids qui tombe d'une certaine hauteur et ferme le circuit pendant une portion de sa chute, soit par des interrupteurs à bascule ou à rotation, et faire varier l'intensité en introduisant des résistances dans le circuit ou en changeant lo nombre des éléments de la pile. Toutefois, la détermination de l'intensité du courant, môme en valeurs absolues, ne suffit pas pour définir le phénomène électri(|ue qui provoque les contractions. Ainsi, quand on ferme le circuit d'une pile, il se produit
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une chute d^électricité tout à fait analogue à la décharge d'une batterie ; la force vive correspondante et la durée du phénomène dépendent du nombre des éléments de la pile, de leurs dimensions, de la conductibilité des différentes parties du circuit, et toutes ces circonstances devraient entrer en ligne de compte si l'on voulait préciser exactement les conditions de rexpérience. L'emploi des condensateurs permettrait de définir d'une manière très-simple l'énergie des décharges, mais, pour produire des secousses de faible durée, on a eu le plus souvent recours aux appareils d'induction.
Si l'on fait passer la décharge d*une bobine entre deux points d'un nerf moteur, on constate que le courant induit direct, A\\ à l'ouverture du courant inducteur, produit des contractions plus énergiques que le courant inverse, ce qui était à prévoir d'après la plus courte durée du premier. Une succession lente de courants induits de sens inverses provoque une succession de secousses physiologiques ; mais, si les courants induits se succèdent trop rapidement, le muscle n'a pas le temps de se relâcher après chaque secousse et prend une contraction tétanique. Une étude plus attentive de ce phénomène permet de montrer alors que le muscle contracté n'est pas immobile, et qu'il éprouve une sorte de vibration dont les oscillations sont isochrones avec les décharges de la bobine d'induction. Masson a reconnu que le tétanos ne se produit plus si les décharges alternantes sont plus rapides encore; cette suppi*ession des secousses peut être due en partie à ce que les décharges empiètent alors les unes sur les autres, et que les contractions relatives à chacune d'elles n'ont plus le temps de s'exercer.
Quand une bobine d'induction, dépourvue de noyau magnéti* que, produit des décharges alternatives assez rapides pour pi*ovoquer le tétanos d'un muscle, il suffit quelquefois d'introduire un paquet de fils de fer dans la bobine pour faire disparaître l'état tétanique ; cependant les décharges sont alors plus énergiques, mais l'aimantation a pour effet d'en augmenter la durée et, par suite, de faciliter l'empiétement des courants successifs.