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PHÉNOMÈNES CHIMIQUES

1025. Déffagemeat des gwut. — Les réactions qui s*efTcctucnt soit entre les liquides, soit entre les liquides et les corps solides, sont toujours accompagnées d'un développement d'électricité ; mais nous n'avons pas à revenir ici sur ces phénomènes qui rentrent dans les effets du contact que nous avons suffisamment étudiés. Il nous reste à considérer les cas où les actions chimiques donnent lieu à un dégagement de gaz, soit à la température ordinaire, comme dans la préparation de l'hydrogène par un acide et un métal , soit à une température plus élevée, comme dans la combustion des flammes.

Lavoisier et Laplace (') mirent de la limaille de fer dans un bocal à large ouverture en communication avec un électroscope condensateur. Ayant versé de l'acide sulfurique étendu sur la limaille, il y eut une vive effervescence avec dégagement abondant d'hydrogène et, au bout de quelques minutes, le condensateur fut tellement électrisé qu'on en put tirer une assez vive étincelle. Dans cette circonstance, le liquide avait pris de l'électricité négative. L'action de l'acide sulfurique sur le carbonate de chaux et celle de l'acide nitrique sur le fer donnèrent exactement les mêmes signes électriques, avec moins d'intensité.

1026. CombiMtioB. — Lavoisier et Laplace firent la même expérience avec des réchauds remplis de charbon allumé, et reconnurent que l'électroscope condensateur se chargeait aussi d'une grande quantité d'électricité négative. Des expériences analogues, répétées ensuite par différents physiciens, ont donné souvent des résultats contradictoires. Pouillet (') a repris l'étude de ce phépomène et indiqué les précautions que l'on doit prendre si l'on veut obtenir des effets constants. Pour recueillir l'électricité de l'acide carbonique qui provient de la combustion du charbon, Pouillet prend un charbon d'un gros diamètre taillé en cylindre, cl, après avoir allumé la base supérieure,

(>) Mémoires de l'Académie des sciences (1781), p. 292<

(*) Annales de aUmie et de Physique, 2* série, t. XXXV, p. 401.

552 THAITÉ D'ÉLECTRICITÉ STATIQUE.

il le place verticalement à 6 ou 8 centimètres au-dessous d'une plaque de laiton qui communique avec Tun des plateaux de rélcclroscope condensateur. Au bout de quelques instants, l'appareil est électrisé et indique que l'acide carbonique est positif. L'expérience réussit moins bien si le charbon est allumé sur sa surface latérale, sans doute parce que l'acide qui se dégage lèche ensuite le charbon après s'être refroidi. Pour observer réleclricilé du charbon lui-même, il suffit de le placer sur l'un des plateaux du condensateur, d'allumer sa base supérieure et d'entretenir la combustion par un petit courant d'air ou d'oxygène. On obtient en quelques secondes une électrisation négative du plateau correspondant.

Il faut avoir soin, dans toutes ces expériences, de produire la Combustion loin de tout corps électrisé et dans une atmosphère où aucune machine électrique n'a fonctionné depuis quelque temps, car une colonne de gaz chauds joue le rôle de pointes à un très-haut degré, comme nous l'avons déjà vu, et l'influence des corps étrangers pourrait dominer le phénomène de la combustion elle-même. Cette observation s'applique, à plus forte raison, à l'élude des flammes.

1027. Pour déterminer l'électricité produite par la combus" tion de l'hydrogène, par exemple, Pouillet enflamme un jet abondant de ce gaz qui s'échappe par un tube de verre vertical, de manière à donner une flamme de 3 pouces de hauteur, et il en approche une hélice de platine communiquant avec un des plateaux de l'électroscope condensateur. Dès que l'hélice est à 10 millimètres de la flamme, elle s'électrise positivement; la charge augmente d'abord à mesure que la distance diminue, puis les signes électriques deviennent incertains quand la flamme touche l'hélice. La flamme paraît donc entourée d'une atmosphère d'électricité positive. Si l'on veut obtenir l'état électrique du gaz lui-même, on peut plonger dans l'intérieur de la flamme une pelite hélice de platine, ou faire brûler le gaz à l'extrémité d'un tube de métal isolé qui communique avec l'électroscope ; dans les deux cas, on recueille de rélectricitè négative. 11 semble résulter de là que, dans les phénomènes de combustion à l'air, le corps combustible se charge d'électricité négative et les produits de la combustion d'électricité positive.

DES SOURCES DtlJ-CTBlCITÉ.

1028. Toutofois rexpérieneo est en réalité beaucoup moins simple qu'elle ne le parait. L*introduciion d'un corps étranger dans la flamme pour y récolter l'électricité peut jouer un rôle important, s'il n'est pas la cause principale du phénomène. M. Becquei*el avait déjà déterminé l'état électrique des flammes en y introduisant des fils de métal comme sondes et conclu de ses expériences qu'il s'y produisait, par suite de la température iné* gale de deux sondes, de véritables courants thermoélectriques.

Plusieurs physiciens, en particulier MM. Becquerel, BufT, Grove, Malteucci, Gaugain et Uankel, ont étudié ce phénomène MUS toutes les formes. De l'ensemble de leurs travaux on peut conclure que, dans un grand nombre de cas au moins, l'ensemble de deux sondes métalliques plongées dans une flamme constitue un véritable couple thermoélcctrique, dans lequel les gaz chauds interviennent comme un conducteur, pour établir une communication entre deux métaux à des températures tnsdiiTérentes. M. Uankel (*|, par exemple, plongeait dans la flamme d'une lampe â alcool isolée deux fils métalliques entourés de tubes de verre, sauf a leur extrémité, et il évaluait par un élec- Iromëtre à feuilles d'or la différence de potentiel de ces deux fils; il est arrivé aux conclusions suivantes :

Si l'un des fils est placé dans l'alcool, et un autre fil de même nature au-dessus, à côté ou dans Tintérieur de la flamme, il s*établit entre les fils une dilTéivnce de potentiel déterminée, comme entre les deux pôles d*un couple voltaîque ; cette différence de potentiel varie considérablement quand on change la distance du second fil à Textrémité de la mèche. Si les deux fils sont situés dans la flamme, le plus chaud est toujours au potentiel le plus élevé, et la diflerence devient imlle lorsqu'ils ont la même températui^e. La combustion n*y joue aucun rôle, car il suffit de remplacer le conducteur supéiieur par un creuset de platine renfermant de la glace, ou par une veine liquide, pour Toir aussitôt disparaître toute variation de potentiel due au déplacement de ces conducteui^s par rapport à la flamme.

Ou peut d'ailleurs remplacer réiectromètrc par un galvanomètre à grande résistance (M. Grove) pour observer les mêmes

^•} Ammmkê ée Chimie et de Pktjnique, 3« série, t. UX, p. 481.

53 i TRAITÉ D ÉLECTRICITÉ STATiQQE.

phénomènes. Avec cette disposition, l'intensité du courant dépend, non-seulement de la force électromotrice, mais aussi de la résistance du gaz et, par suite, de la distance des deux sondes, de sorte que les résultats ne sont pas aussi directement comparables.

1029. Cooplea * gwuL therni<iéle«triqiiefl. — On ne doit pUS

négliger cependant le rôle du gaz et les forces électromotrices qui peuvent se manifester au contact des deux métaux qui se^ vent de sondes avec les gaz de natures différentes dans lesquels ils sont plongés, comme pour le couple à gaz de Grove (912); M. Matteucci croit que la polarisati o des métaux par les gaz est une des causes principales du développement d'électricité. Une ancienne expérience de M. Becquerel permet, en eflet, d'envisager la question sous un autre point de vue. Un tube de verre, fermé à l'une de ses extrémités, renferme un fil de platine qui communique avec l'un des plateaux de l'électroscope condensateur. Autour de l'extrémité fermée du tube on enroule un autre fil de platine communiquant avec le sol, et on chauffe cette extrémité avec une lampe à alcool : le condensateur s'électrisc très-rapidement aussitôt que le verre est porté à une température assez élevée pour qu'il commence à se ramollir. Les deux fils de platine sont alors à des potentiels différents, et il se produit dans l'appareil une force électromotrice comme avec un couple électrique. La série des contacts parait cependant ne présenter aucune dissymétrie, si l'on ne tient compte que des fils et du verre, et la différence des températures des deux métaux ne parait pas suffisante pour expliquer le phénomène; mais il faut remarquer que le fil extérieur et la surface du verre correspondante sont plongés dans les gaz de la flamme , lesquels sont éminemment carbures, tandis que le métal et le verre restent dans l'intérieur en contact avec l'air que le tube renfermait primitivement.

1030. Pour démontrer que c'est là l'origine de la force électromotrice, M. Gaugain (^) introduit quelques gouttes d'alcool dans le tube, avant de faire l'expérience, et constate alors que toute électricité disparait, les deux fils de platine étant entourés par des gaz de môme nature.

(*) Comptes rendus de l'Académie des scicttceSf t. XXXVII, p. 5RI.

Une autre manière de faille Texpérience consiste à prendre deux tubes de verre A et B bouchés à Tune des extrémités et renfermant des fils de platine a et 6, le premier communiquant avec Tun des plateaux A' de Télectroscopc et Tautre avec le sol. On met quelques gouttes d*alcool dans le tube A et on chaufle avec une lampe les deux bouts fermés et rapprochés Tun de Tautre. Le deuxième plateau de Télectroscope ayant été maintenu isolé, on le fait communiquer quelques secondes avec le sol, et on supprime les communications: le plateau A' est chargé d*éleclricité négative. Le fil de platine du tube a air donnerait de même de Télectricité |>ositive. Pour prouver que la combustion de Talcool ne joue aucun rôle, on chauffe les tubes d*abord et on n*établit la communication du deuxième plateau qu'après avoir enlevé la lampe ; les résultats sont les mêmes. Comme les charges électriques sont très- faibles, il est utile d'employer un éleclroscope à double condensation.

I/expérience ne réussit que lorsque Tun des tubes renferme de loxygène ou de Tair, laulre tube contenant un gaz non corn* burant quelconque, azote, acide carbonique, hydrogène, valseurs d*eau, d'alcool, d ether, etc. ; le fil du tube ù oxygène est toujours positif, et la nature de Tautre gaz ne parait pas influer sur la charge. De même, la nature du métal semble indifférente et l'expérience réussit aussi bien avec le cuivre. L'effet parait donc dû au contact de l'oxygène et du verre a une température voisine du ramollissement, et il est sans doute accompagné d'une action chimiquç, telle qu'une oxydation du verre.

Cet appareil présente d'ailleui^s tous les caractères d'un véritable couple caractérisé par une force éleclromolrice déterminée; car il donne à un condensateur sa charge maximum en un temps très-court, la quantité d'électricité est proportionnelle à la surface du condensateur ou à sa force condensante, et trois couples semblables disposés en tension ont produit une quantité d'électricité beaucoup plus grande qu'un seul couple. Les deux fils |>euvent encore êti^e réunis à un galvanomètre et produire un courant électrique.

Voici quelques expériences différentes qui conduisent aux mêmes conclusions. Si l'un des fils est formé d'un métal ottddble plongt'' dans l'air, le gaz qui retitôim* ^ inmiKif^ p^n h fft^ti H

iï*lal éieclrique final n'est pas le même qn'au début. Lorsque les deux fils sont en fer, il ne se produit rien, ce qui se conçoit d a* près la symétrie du couple. Avec un fil de fer et un fil de platine dans des tubes à air, on obtient d'abord sur le fer de grandes quantités d'électricité négative qui diminuent peu à peu et finissent par disparaître. Si alors, le fer étant isolé, on i^lie le tube qui le contient a Télectroscope, on obtient de même de grandes charges négatives. Ce sont là de véritables couples formés de plusieurs contacts successifs, dont quelques-uns ont lieu entre les gaz et les métaux ou le verre.

1031. liCS couples pyroélectriques de M. Becquerel se rattachent à la même propriété, et nous les citerons ici, à la suite des couples à gaz, à cause du rùle que joue dans les deux cas le verre ramolli par la chaleur. Deux fils, Tun de fer et l'autre de cuivTe, communiquant avec un galvanomètre, ne produisent aucun courant quand on les plonge en môme temps dans un foyer à une température très-élevée, si Ton a soin que les fils ne se touchent pas. 11 est probable qu^en réalité le courant n'est pas absolument nul et qu'on pourrait l'observer avec un galvanomètre à très-long fil, mais l'intensité doit être très-faible à cause delà grande résistance électrique du gaz. Si l'un des fils est entouré d'un tube de verre contre lequel l'autre fil est appliqué, il se piMxiuil un courant allant du fer au cuivre au travers du verre. On arrive au même résultat d'une manière plus simple en plaçant un fil de cuivre dans un tube de verre vert, et celui-ci dans un canon de fusil bourré de verre pilé ; on place ensuite le canon de fusil au milieu d'un foyer.

Toutefois, on ne peut pas conclure de cette seule expérience que les tensions de contact du verre fondu avec les métaux n obéissenl pas à la loi de Voila. L'échaufïcment d'une soudure fer et cuivre donne bien un courant thcrmoélectrique allant du cuivre au fer à travers la soudure, mais il se produit une iuvei'sion à la température du rouge, d'après les expériences de M. Becquerel, et il faudrait démontrer que la force éleclromotiîce est alors difféienle de celle que l'on obtient par l'interposition du verre fondu, pour savoir si les couples pyroélcctriques de M. Becquei*el doivent être comparés aux couples thermoéleclriques ordinaiivs ou aux couples hydroélectriques.

DKS SOIRCES n1-LECTHI<:iTf:. .Vm

Eli résuiné, ou peut considérer connue déuiuntix! que les conla<*ts des gaz avec les corps solides ou liquides, et sans doute aussi le contact des gaz entre eux, donnent lieu à des diflerences de potentiel. Ces phénomènes n'obéissent pas, en général, à la loi des tensions et peuvent être comparés à ceux que donnent les couples a liquides. Il semble en résulter aussi que les effets électriques attribués à la combustion doivent également être rapp<irtés à lelectricité de contact.

KLECTRICIT^: PHYSIOLOGIOtîf: .

1U5'2. Co«MMil propre de la grraovllle. — Nous avOUS VU (|U0

plusieurs des expériences de Galvani paraissent démontrer Texistence d'une force éleclromolrice dans les membres d'une grenouille, indépendamment de tout contact avec une substance métallique, de sorte que si Ton ivunit un muscle et le nerf cori*es|K)ndant par un circuit qui n'introduise pas de contact nonveau, ce circuit est traversa» par un courant électrique.

Nobili (*) a démontré cette propriété de la manière suivante. Deux verres contenant de Teau distillée et communiquant avec un galvanomètre sont ivunis par une patte de griMiouille récemment sacrifiée, dont les muscles plongent dans Tun des vases cl les nerfs lombaires dans Tautre vase. L\iiguille est déviée et indique un courant (|ui va du nerf aux membres par le circuit extérieur. Nobili construisit ainsi une pile formée de plusieurs grenouilles semblables disposées en tensiim et obtint un courant d'autant plus intense que le nombre de couples était plus grand. On peut même manifester cette électricité par des contractions musculaires ; il suffit de réunir sc»parémeiit les nerfs et les mus* clés d'une grenouille convenablemeni pirpan'^e à deux points différents du nerf d'une ixuUv gi'enouille, pour provoquer des secousses à chaque établissement ou suppression du contsict.

L'ex|)érience de Galvani était enctn-e plus simple, puisqu'il dt^ terminait des contractions en réunissant par un lil d'or ou par un morceau de muscle les pattes de la grenouille avec les nerfs

l* Mmmim de Chimie H de Hty^ique, t R^ne. I. XXX Vni, p. :»5.

lombaires, ou môme en louchant directement le nerf par le muscle ; dans ce cas, Torgane producteur d'électricité servait en môme temps d'clectroscope.

1033. Dans toutes les expériences de cette nature, remploi des fils métalliques pour loucher différents points d'un organe im^ prégné de liquide peut causer des erreurs graves, et il est nécessaire d'éliminer le plïénoméne de polarisation des électrodes. M. Du Bois-Reymond prend, par exemple, deux petits augcts en zinc contenant des solutions saturées de sulfate de zinc parfaitement pur ; sur le bord de ces vases sont placés des paquets de bandes de papier à filtrer régulièrement taillées et serrées par des lanières de caoutchouc. Ces bandes sont imprégnées de sulfate de zinc. Les deux augets communiquant avec un galvanomètre à très-grande résistance, on réunit les deux paquets par des bandes de papier également imprégnées de sulfate de zinc : le courant doit être nul. S'il se manifeste d'abord une petite déviation de l'aiguille, par suite d'une dissymétrie dans l'appareil ou d'un défaut d'équilibre dans les températures, on attend que raiguilic revienne au zéro. Alors on enlève les bandes mobiles et l'on réunit les paquets par les organes que l'on veut étudier. Un moyen plus simple encore d'éviter la polarisation des électrodes est de munir les fils du galvanomètre de deux lames de zinc protégées par des tubes de verre, et terminées par des bourrelets d'argile plastique imprégnée de sulfate de zinc ; on peut donner à cette argile une forme quelconque et s'en servir pour toucher les deux points entre lesquels on veut manifester une différence de potentiel.

1034. Propriétés du eylladre nerveux on miuiciilalre. — L'élec-

tricité animale a donné lieu à un grand nombre de travaux que nous ne pouvons pas analyser ici ; nous résumerons seulement quelques-uns des faits principaux.

Les expériences que l'on réalise, soit avec un animal entier, soit avec un membre dont on conserve en même temps les muscles et les nerfs, correspondent en réalité à un phénomène complexe, dans lequel chacun des organes élémentaires intervient pour une part. Considérons d'abord un cylindre musculaire ou nerveux PQP'Q' (fig. 294), dont les bases sont formées par des sections artificielles perpendiculaires à la direction des fibres, et flont |os faces latérales sont parallèles aux fibres. IjCs* iièstiltats

DES SOURCES DtLEGTBIClTÉ. 539

que Ton obtient en étudiant un pareil organe suivent toujours la même marche, quelles que soient les dimensions du cylindre, que la surface latérale soit naturelle ou artificielle ; on est donc autorisé à conclure que les propriétés du cylindre musculaire ou nerveux ne sont que la traduction et la multiplication des propriétés inhérentes aux fibres élémentaires des muscles et des nerfs. Appelons équateur de ce cylindre le cercle CD déterminé sur la surface par un plan perpendiculaire au milieu des arêtes, et pôles les extrémités A et B de Taxe. Si Ton réunit par un circuit extérieur deux points quelconques M et N situés dans un plan passant par Taxe, il se produit en général un courant, à moins que les deux points touchés ne soient symétriquement placés par rapport à Téquateur ou à Taxe, y^»

M jT

La loi du phénomène est trèssimple : le courant va toujours par le fil extérieur vers celui -^ des deux points touchés qui est p

le plus rapproché de Tun des "

pôles. L'intensité de ce courant Fig. t94.

est variable avec la position et

la distance des points touchés : elle est maximum quand Tun

des points est sur Téquateur et Tautre sur un pôle.

Le potentiel est donc variable aux différents points de la surface du muscle, maximum sur Téquateur, minimum aux deux extrémités de Taxe, et il varie dans l'intervalle d'une manière continue. On peut représenter la valeur du potentiel en chaque point par une normale à la surface comptée positivement vers l'extérieur; si Ton admet, par exemple, que le potentiel soit nul sur le pourtour des deux bases, on obtiendra ainsi une courbe comme celle qui est pointillée sur la ligure. La force éleclromotrice du courant que l'on obtiendra en réunissant par un fil deux points quelconques M et N sera proporlionnelle à la différence algébrique des ordonnées correspondantes MM' et NN' de la courbe des potentiels.

L'intensité du courant nerveux ou musculaire dépend encore des dimensions du tronçon que l'on examine : elle croit avec le diamètre et avec la longueur.

Si l'une des extrémités du muscle conserve h portinti tpndi-

hka TRAITÉ D'ÉLECTRICITÉ STATIQUE.

ncusc qui la termine, cette extrémité, quand on examine le muscle aussi frais que possible, se comporte comme la surface longitudinale : elle est positive par rapport à une section trans^ versale. L'extrémité tendineuse est même d'abord positive par rapport à la surface longitudinale; mais, au bout de quelque temps, son potentiel diminue et elle finit par se comporter comme une section transversale artificielle.

1055. Les résultats dépendent d'ailleurs, non-seulement de la structure de l'organe, mais de la forme même du fragment qui sert aux expériences. Quand on coupe un muscle Cylindrique par deux plans parallèles entre eux, mais obliques sur la direction des fibres, on obtient un cylindre oblique dont la section par un plan méridien perpendiculaire aux bases est un parallélogramme PQP'Q' (fig. 295). La distribution des potentiels n'est

plus la même que

p ..■■-•-"""" I ^ * • , pour le cylindre pré-

\~~ ^ ^ cèdent : on obtient un

^^^4 [ Kb courant, par exem-

\ \,>f pie, quand on réunit

i\^^ ^- l^p. deux points situés sur

-- la base à égale dis-

Fig. 29o. tance de l'axe, et ce

courant va de l'angle obtus vers l'angle aigu parle fil extérieur. Le potentiel minimum n'a pas lieu à l'extrémité A de Taxe, mais en un point A' situé entre cette extrémité et le sommet le plus aigu, et la droite CD qui joint les points à potentiel maximum n'est plus normale à l'axe. La courbe de distribution des potentiels à la surface aura une forme analogue à celle qui est représentée en pointillé sur la figure; on voit bien, d'après cette courbe, quel sera le sens du courant que l'on obtiendra en réunissant deux points quelconques par un circuit extérieur.

Ces courants, dus à l'obliquité des sections, ont été appelés courants A' inclinaison; ils sont quelquefois très-intenses et arrivent bientôt à voiler le phénomène principal. Ainsi, avec le muscle gastrocnémien d'une grenouille, M. Du Bois-Reymond a obtenu un courant d'inclinaison doi^t la foil^e électromotrice équivalait à 0,114 d'un couple Daniell, tandis que la force élec-

DES SOIRCËS D ÉLECTRICITÉ. ^41

tromotrice développée entre les sections longitudinale et transversale sur un muscle normal est de 0,04 à 0,08 d'un DanielL et que celle du nerf sciatique n'atteint que 0,028.

II suffit d'ailleurs de tailler dans un muscle quelconque une petite lame en forme de losange et de toucher deux angles voisins par des électrodes non polarisables, pour obtenir un courant qui va de l'angle obtus à l'angle aigu. Ce qui prouve bien que l'effet est dû à la forme môme du losange, c'est qu'on renverse le sens du courant en étirant le muscle, de façon que les angles primitivement obtus deviennent aigus et inversement.

Quand on étudie l'électricité fournie par un membre entier, en établissant une communication entre les muscles et les nerfs, les effets que l'on obtient sont la résultante des actions de toutes les fibi*es élémentaires. Comme les muscles forment la masse la plus volumineuse des tissus et que leurs courants, à dimensions égales, sont aussi plus forts que ceux des nerfs, on peut considérer les muscles comme intervenant pour la plus grande part dans la production d'un courant général.

1036. inaiwBce des contractions. — Lcs propriétés électri-* ques d'un muscle sont en relation directe avec son état de contraction ou de relâchement. Lorsqu'un muscle cylindrique dont on a ménagé le nerf est mis en communication avec un galvanomètre par Tune des extrémités de Taxe et un point de Téquateur, l'aiguille éprouve une certaine déviation ; si l'on excite alors le nerf, soit par la chaleur, soit par une action mécanique ou un courant d'induction, de manière à produire une contraction tétanique, aussitôt l'aiguille du galvanomètre se rapproche du zéro ; l'aiguille revient à sa position primitive quand le muscle renti*c au repos, et les mêmes modilicutions se manifestent pour une nouvelle contraction. 11 y a donc, au moment de la contraction, une variation négative du courant musculaire, et les différences de potentiel de la surface tendent à s'annuler. Les variations de température qu'éprouve alors le muscle interviennent peut-être en partie dans cette modification électrique.

Un autre moyen de mettre le même phénomène en évidence est de réunir par un galvanomètre les deux membres inférieurs d'une grenouille reliés encore par leurs nerfs lombaires; l'aiguille alors n'est pas déviée* mais il suffit de provoquer la con-

542 TRAITÉ DtLEGTBIGlTÉ STATIQUE.

traction d'un des membres pour obtenir un courant qui va, par l'extérieur, du membre contracté à celui qui ne Test pas.

Dans les expériences de cette nature on opère presque toujours sur des organes enlevés à des animaux sacrifiés ; quand on emploie des animaux vivants, il est nécessaire de pratiquer des blessures pour détacher Tépiderme qui est mauvais conducteur et pénétrer jusqu'à la surface véritable des muscles ou des nerfs. On peut donc attribuer la production d*électricité à des effets chimiques ou thermoéleclriques , parce que les o^ ganes exposés à Tair subissent une altération rapide et laissent exsuder des liquides diiTérents, et que l'inflammation qui se manifeste au voisinage d'une plaie ou d'une blessure sur un animal vivant y provoque une élévation de température très-sensible. Toutefois les résultats ne sont pas modifiés quand on fait les expériences dans un gaz quelconque privé d'oxygène et quand on pénètre dans les tissus d'un animal vivant de manière à n'y pas produire de blessures appréciables.

1037. M. Du Bois-Rcymond a manifesté parles contractions musculaires des courants qui paraissent présenter quelque analogie avec le phénomène de la variation négative. On fait communiquer avec un galvanomètre deux vases renfermant de l'eau salée ou tout autre liquide conducteur. Un observateur tient une barre de bois par les deux mains en plongeant les index séparément dans les deux liquides. L'aiguille étant en repos, on contracte une des mains en serrant la barre : aussitôt l'aiguille est déviée, indiquant un courant qui va, par le corps de l'observateur, du bras contracté à celui qui ne l'est pas. Ces courants disparaissent peu de temps après que la contraction a cessé.

M. Buff a réalisé ainsi une véritable pile en formant une chaîne de 16 personnes qui se tenaient par les mains. Toutes les personnes de la chaîne contractant le même bras, il se produisait un courant d'un certain sens, et le courant changeait de sens par la contraction de l'autre bras.

On répète cette expérience d'une manière plus simple en tenant dans les mains deux poignées de cuivre, comme celles qui servent pour les secousses physiologiques, reliées à un galvanomètre à fil très-long. 11 se manifeste un courant dans un sens ou dans le sens opposé, suivant que l'on contracte l'une ou l'autre

fruits deux aiguilles de platine, Tune du coté de la queue, et l'autre du côté de l'œil. Suivant les espèces de fruits, le courant allait tantôt dans un sens et tantôt en sens contraire.

M. Becquerel (^) louchait de môme, par des aiguilles de platine, deux points de la surface obtenue en coupant une tige par une section transversale, et il a constalé que la moelle était toujours positive par rapport aux portions ligneuses plus éloignées, de sorte que le potentiel serait maximum dans Taxe de la plante et irait en diminuant d'une manière continue jusqu'à la couche corticale ; dans cette couche, au contraire, les elTets électriques seraient inverses et le potentiel irait en augmentant avec la dislance à l'axe. M. Becquerel a fait aussi beaucoup d'expériences avec des feuilles, des tubercules, des racines et a toujours obtenu des courants très-marqués.

L'emploi des aiguilles de platine est sujet à beaucoup d'eri*eurs, parce qu'il est très-difficile d'éviter la polarisation des électrodes, et les expériences réalisées sur des portions détachées des végétaux peuvent être en outre influencées soit par les altérations que les tissus éprouvent au contact de l'air, soit par la forme même des fragments, comme pour les cylindres musculaires à sections obliques. M. Buff (^) a repris cette étude en évitant, autant que possible, de mutiler les plantes et en prenant pour électrodes des colonnes d'eau en contact avec du mercure, de manière à éliminer toute force électromolrice étrangère. Pour comparer l'élat électrique des feuilles avec celui des racines, la plante était enlevée de terre, les racines bien lavées dans un courant d eau, puis on plongeait les racines et les feuilles séparément dans les deux vases servant d'électrodes ; il se pioduisit toujours un courant allant des feuilles aux racines par le galvanomètre. L'expérience donnait les mêmes résultats quand on comparait une branche séparée du végétal avec les feuilles, les fleurs et les fruits. On peut donc regarder comme établi que les racines et toutes les parties internes des plantes, qui sont remplies des sucs de la végétation, sont négatives par rapport à la surface plus ou moins humide des feuilles, des fleurs, des fruits et des jeunes rameaux.

(*) Annales de Chimie et de Physique y 3* iiérie. t. XXXI, \t. 40. (*) Annattê de Chimie et de Physique, 3* série, U Xli, p. 198*

544 TKAITÉ D'ÉLECTRICITÉ STATIQUE.

1050. Électricité dans les Yéffétanx. — Il est à présumer,

d'après cela, que la végétation des planlcs el les différents organes qui constituent les végétaux doivent aussi être des sources d'électricité. Pouillet a placé de la terre végétale dans des capsules de verre vernies et parfaitement isolées, qu'il mettait en communication avec un électroscope condensateur. Il a semé dans la terre humide des graines de plantes à végétation rapide, comme le blé, le cresson, la girodée et la luzerne. Tant que le germe des graines n'était pas sorti de terre, le condensateur ne donnait aucune trace d'électricité; mais, dès que la végétation a l'air eut commencé, l'électroscope essayé à différentes heures de la journée ou de la nuit, et ramené à l'état neutre api'ès chaque observation, se montra toujours chargé d'électricité négative. Ces expériences ne réussirent que dans l'intérieur d'une chambre où l'air était convenablement desséché , sans doute parce que l'humidité condensée sur les vases établissait une communication suffisante avec le sol pour faire disparaître Télectricité à mesure de sa production. On pouvait donc en conclure que les gaz qui s'échappent des plantes, pendant l'acte de la respiration, sont électrisés positivement par rapporta la surface du sol, et deviennent ainsi l'une des sources importantes de l'électricité atmosphérique.

Toutefois ces résultats ont été mis en doute par M. Riess (*). Ce physicien remplit de terre végétale, maintenue constamment humide, un vase de laiton ou de porcelaine en communication avec un électroscope condensateur, et il y fit germer du cresson. Un deuxième vase tout semblable, et contenant la même terre non ensemencée, fut relié avec un autre électroscope pour senir de témoin. En observant l'appareil tous les jours il trouva souvent des traces d'électricité, mais de signes variables, et les deux vases donnèrent constamment les mêmes résultats, ce qui semble indiquer que Torigine de rélcctricité est tout à fait accidentelle el ne saurait iMre attribuée à la végétation.

1040. Au contraire, l'existence de forces électromotrices dans les organes des végétaux ne paraît pas douteuse. M. Donné, par exeni])lc, obtenait un courant électrique en plongeant dans des

,»; Pogg. Annal., t. XIX, p. »i-2K.

DES SOIRCKS D KLECTHICITÉ. Mo

fruits deux ai^aiiilos de platine, l'une du côté de lu queue, et i*autre du côté de l'œil. Suivant les espèces de fruits, le courant allait tantôt dans un sens et tantôt en sons contraire.

.M. Becquerel (') touchait de munie, par des aiguilles de platine, deux points de la surface obtenue en coupant une lige par une section transversale, et il a constaté que la moelle était toujours positive par rapport aux portions ligneuses plus éloignées, de sorte que le potentiel serait maximum dans Taxe de la plante et irait en diminuant d'une manière continue jusqu*à la couche corticale ; dans cette couche, au contraire, les efléts électriques seraient inverses et le potentiel irait en augmentant avec la distance à Taxe. M. liccquerel a fait aussi beaucoup d'expériences avec des feuilles, des tubercules, des racines et a toujours obtenu des courants trés-marqués.

l/emploi des aiguilles de platine est sujet a beaucoup d*erreurs, parce qu'il est trés-diilicile d*éviter la polarisation des électrodes, et les expérii»nces réalisées sur des portions détachées des végétaux peuvent être en outre influencées soit par les altérations que les tissus éprouvent au contact de Tair, soit par la forme même des fragments, comme pour les cylindres musculaires à sections obliques. .M. liulï (*) a repris cette étude en évitant, autant que possible, de mutiler les plantes et en prenant |)our électrodes des colonnes ^l'eau en contact avei' du mercure, de manière à éliminer toute force électromotrice étrangère. Pour comparer l'élat électrique des feuilles avec celui des racines, la plante était enlevée de terre, les racines bien lavées dans un c(mrant d eau, puis on plongeait les racines et les feuilles séparément dans les deux >ases servant d'électrodes; il se produisit toujours un courant allant des feuilles aux racines par le galvanomètre, ^expérience donnait Icb mêmes résultats quand on comparait une branche séparée du végétal avec les feuilles, les Heurs et les fruits. On peut donc ivgarder comme établi que les racines et toutes les parties internes des planto, qui sont œmplies des sucs de la végétation, sont négatives par rapport â la surface plus ou moins humide des feuille>, des fleurs, des fruits et des jeunes rameaux.

,*) Annales de CJiimie et de Physti^ue^ ô* MiTic. t. XXXI, |>. ftO. (*) AnnaUê de Chimie ei de Pk^tique, > wrie, U lU. p. iW.

5i6 TRAITÉ D ÉLECTWaTÉ STATIQUE.

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