Expériences de H. Wheatstone. — WollastOU ni FraUCn
hofer ne se prononcent sur la cause des raies brillantes qui se manifestent dans le spectre de la lumière électrique ; M. Whealstone (*) a examiné le même phénomène à l'aide d'un appareil magnéto-électrique qui donnait des étincelles plus fixes. Avec Tétincelle tirée du mercure, il a observé dans le spectre sept bandes définies séparées les unes des autres par des intervalles obscui's; en tirant les étincelles d'électrodes de zinc, de cadmium, de plomb et de bismuth, il a constaté que le nombre et la position des bandes dépendent de la nature des métaux. Cette influence des électrodes est tellement grande que, si l'étincelle part entre deux boules de métaux différents, on aperçoit simultanément les raies brillantes caractéristiques de chacun des métaux. Enfin les résultats ne sont pas modifiés quand le passage de rétincelle a lieu dans le vide de Torricelli, dans Tair, l'acide carbonique ou l'oxygène. M. Wheatstone conclut de ses recherches que la lumière électrique est le résultat de la volatilisation et de rignition (mais non de la combustion) de la matière pondérable du conducteur. Cette conclusion est importante à signaler parce qu'elle n'est autre chose que le principe de l'analyse spectrale énoncé pour la première fois dans la science; toutefois il n'est pas absolument exact que la nature du milieu ambiant, dans le cas des étincelles électriques, n'intervienne pas aussi dans la composition du spectre.
'.*) Aisociat. h'ifann. pour l'avancement des sciences. Dublin (1835).
I^CHARGES DFSRUPTITES. i5i
519. Si la garniture supérieure de Tœuf est mise en communication directe avec le conducteur de la machine ou terminée par une pointe qui donne un flux continu, la décharge ne se produit plus à une aussi grande distance; la boule positive donne une gerbe de lumière pourpre, la boule négative est enveloppée d'une'aurëole violacée, mais la gerbe et Tauréole sont séparées par un intervalle complètement obscur, au moins par comparaison avec les portions voisines (fig. 194). Cet espace plus sombre qui s'observe dans tous les gaz est nécessairement le siège d'un mouvement des fluides électriques, et c'est là ce que Faraday appelle la décharge obscure. Toutefois, il est difficile d'affirmer qu'il ne s'y produise aucune apparence lumineuse ; l'obscurité n'est probablement pas absolue et ne parait aussi complète que par un effet de contraste.
520. Dans l'azote pur, les résultats sont sensiblement les mêmes que^dans l'air ; les autres gaz donnent lieu à des variations de forme analogues, mais la couleur est très-différente d'un gaz à l'autre. En même temps, les caractères que nous avons signalés pour les deux pôles sont généralement moins manifestes, et quelquefois il est difficile de distinguer les deux électricités. Faraday a même obtenu une lueur, très-faible il est vrai, dans l'essence de térébenthine.
On répète facilement ces expériences en mettant les deux garnitures de l'œuf électrique en communication avec les deux pôles de la machine de Holtz, soit directement, soit avec une interruption sur le trajet pour provoquer une étincelle auxiliaire. On peut alors mettre l'une ou Tautre des garnitures de l'œuf électrique en communication avec le sol, ou les isoler toutes deux; les apparences ne sont pas sensiblement modifiées.
531 . Les bobines d'induction donnent des résultats tout à fait semblables et ici il n'y a plus d'utilité à recourir aux étincelles extérieures puisque, d'après la nature même du phénomène, les décharges sont toujours discontinues. La figure 194 représente, par exemple, les lueurs que Ton obtiicnt à la distance de 30 centimètres avec de Tair à une pression de quelques millimètres. Si la bobine est suffisamment puissante pour franchir cet intervalle,, les décharges directes passent seules ; l'œuf est traversé par une belle gerbe lumineuse rougeâtre partant de la
boule positive et s'éteignant à quelque distance de la boule négative ; celle-ci, ainsi que la tige correspondante, est enveloppée par une auréole violacée formée de trois couches différentes, et séparée de la gerbe par un intervalle obscur.
L'auréole d un bleu violet qui entoure le pôle négatif dans les décharges des bobines a été signalée d'abord par MM. Masson et Bréguet (') ; elle jouit de propriétés curieuses. M. Hittotrf (*) a constaté que, dans l'air raréfié à une pression inférieure à 2 millimètres, l'auréole bleue négative se répand d'autant plus que la surface du conducteur qu'elle entoure diminue. Si. ce conducteur est formé par un fil affleurant au milieu d'uB tube de verre, l'auréole a la forme d'une boule et, lorsque lia preswan diminue suffisamment, elle peut s'étendre jusqu'à la lueur du pôle positif en supprimant d'une manière complète Tespace ùh»* cur qui les séparait. Cette auréole négative parait être le siège d'une résistance particulière au passage des décharges. Aimi, quand les deux électrodes sont les mêmes et qu'elles sont soudées dans un tube de verre renflé au voisinage de l'une d'dUes, le courant est sensiblement plus intense si le pôle négatif se trouve dans la partie large du tube. M. Hittorf a vérifié d'ailleurs, à l'aide d'un micromètre à étincelles placé en dérivation sur le circuit, qu'avec un tube dont l'une des électrodes A est placée dans une boule sphérique et l'autre B dans un tube cylindrique de diamètre plus petit, la résistance au passage îles étincelles est 20 fois plus grande quand le pôle négatif est en B que s'il est en A.
Si le fil qui aboutit d'abord à la sphère est prolongé de manière à se terminer dans l'intérieur du cylindre, il arrive même que la lueur négative ne se produit plus.