I. lï. p. un
grains de sable agglutinés, dont le diamètre intérieur varie de
1 à 50 millimétrés cl dont la longueur peut atteindre jusqu'à 10 métrés. On attribue ces tubes fulminaires ou fulguriies au [passage de la foudre, car on a pu en observer qui étaient encore ( hauds et qui sY'taient produits aux points où Ton avait vu toml)cr la foudre. On peut imiter ce phénomène en faisant passer la décharge d'une batterie au travers d'une couche de verre pile ou de sable mélangé de sel pour en augmenter la fusibilité. Beudant, Hachette et Savart ont obtenu ainsi, avec la gi^ande batterie du Conservatoire des arts et métiers, des tubes de 30 millimètres de long sur 2 millimètres de diamètre intérieur, qui présentaient quelque analogie avec les fulgurites.
M. Rollmann (*) a réalisé cetle expérience d'une manière plus simple en substituant au verre pilé des matières beaucoup plus fusibles, comme de la fleur de soufre. Il fait passer la décharge d'une bouteille de Leyde, ou Tétincelle de la machine de Holtz, au travers de la fleur de soufre renfermée dans un lube ou mieux tassée dans un verre. En renversant ensuite le verre et faisant tomber doucement la poudre, on en retire un tube fondu trèsfragile, mais qui a quelquefois 60 millimètres de longueur et
2 millimètres de diamètre intérieur; ces petits tubes sont souvent ramifiés. Si la tige supérieure qui sert d'électrode ne touche p is le soufre, la fulgurite se Icimine souvent par une sorte d'entonnoir. Enfin, si la décharge es! ralentie par une corde humide, on obtient au lieu d'un lube une tige pleine fondue. De semblables effets ont été souvent observés dans les coups de foudre.
561 . Propai^ation de l'électricité A la sarfacc de» corpa §■••
lanis. — On a déjà remarqué à propos des figures de Liclitenberg (100 et 118) que, lorsqu'on dépose de l'électricité sur quelques points d'un gùteau de résine, cette électricité se répand, surtout si elle est positive, à une grande distance du point primitif le long de la surface.
De même, dans les machines éledriques à plateau, il se produit entre les mâchoires et les coussins, lorsque la machine est chargée à refus, de longues étincelles circulaires qui lèchent la surface du verre et parcourent ainsi un espace beaucoup plus grand qu'elles
') Pogg. Ann., t. CXXXIV, p. 605. — Annales de Chimie et de Physique, 4» série,
i. XV. p. 47:».
EXPÉRIENCES DtLKCTRICITÉ ET PHOPRIÊTÉS DE L*ÉT1NCELLE. 17i
îu* pourraiont le faire dans Tair. Dans tous les cas analogues, IVIcilricilé ne eheniine pas en ^'ênêral, au moins d'une manière compicle, au lravei*s du corps mauvais conducteur; elle passe le plus souvent, soit dans la couche de gaz qui est innnédiatement en ctmlact avec le plateau, soit par les substances étrangères qui se tnnivent sur la surfare. On sait d'ailleurs que les corps solides, et le verre en particuli(*r, ont la propriété de condenser les gaz ambiants et surtout riiumidité atmosphérique; cette couclie su|»er(icieUe offre un passage plus facile à Tétiiicelle.
Ainsi encore, quand une batterie électrique est fortement électristV, on entend des crépitements dus à des décharges partielles; dans l'obscurité, on aperçoit entre les armatures une multitude d*aigrettes qui courent à la surface des bouteilles ou sur la couche de vernis dont on a recouvert les surfaces non métallisc'cs. Si à ce moment on augmente encore la charge électrique de la batterie, on ne tarde |)as à la voir se décharger par une longue étincelle qui éclate d'une armature à l'autn^ le long de la surface des bouteilles et à une distance beaucoup plus grande que celle qu'on obtiendi^ait dans l'air.
Cette conductibilité superficielle des corps isolants solides ou
liquides donne lieu à un grand nondne de phénomènes curieux
que nous indiquerons rapidement. On peut mettre en évidence
les traces qu'ont suivies lestliVIiarges de deux manières : soit eu
faisant apparaître avec des poudres < onvenables l'électricité qui
tv>te encore adhérente à la surface du corps isidant, soit en
i»bs4Tvant les altérations plus ou moins profondes qu'a subies la
surface.
•)()2. riffwres 4e UHiicaber«. — Le premier phénomène de
<<*lle nature qui ait été observé est connu sous le nom de iigui'es
J«' Uchtenberg; nous en avons profité pour metti*e en è>idence
*|'ielques effets d'influence et dénnmtrer les pmpriétés de rék*c-
''^'pliui-e. On jKMit (d)tenir ces ligures en projetant sur une sur-
f.ue électrisèe partiellement, comme un ^«Ueau de ivsine, une
l^iiifliv quelconque à l'état neutre, qui s'attachera de prélércnce
'' tou> |(»s piiiiits éleclris<'»s. Si la surlace porte des taehes diffé-
'^nlc'^ ipélectricilès contraires, on pourra y pivjeter une |>oudre
*''le-iii,\,nj^ électrisèe : ainsi la poudre de lyco|K)de, tamistV au
r.i\#*rs d'une èti»ffe de lin, est un peu électrisiV |msitivemeiil.
de sorte qu'elle se réunira en plus grande abondance sur les points chargés d'électricité négative. Le mélange de minium et de soufre, imaginé en 1788 par Villarsy, donne encore des résultats plus complets puisque les deux poudres sont éleclrisées en sens contraires par leur frottement réciproque, et dessinent séparément les taches des deux espèces d'électricité. Ce mélange constitue ainsi un électroscope extrêmement délicat. Enfin, on peut couvrir d'abord de poussière d'une manière uniforme une surface parfaitement neutre et y produire ensuite les décharges électriques; alors les poussières sont rejelées à une certaine distance et les parties dénudées reproduisent encore des figures analogues aux précédentes.
563. On remarque dans ces iigures, par quelque procédé qu'on les ait obtenues, que l'électricité positive s'étend toujours à une plus grande distance que In négative. M. Riess (*) a cherché à comparer ces deux sortes de conductibilités. Il a placé une double plaque de résine entre deux pointes et, mettant l'une de ces pointes en communication avec l'armature extérieure d'une bouteille de Leyde, il provoquait une étincelle entre le bouton de la bouteille et un conducteur communiquant avec l'autre pointe. Avec le mélange des poudres, on obtenait ensuite sous la pointe négative un cercle rouge, et sous la pointe positive une étoile rayonnante jaune. Les rayons positifs s'étendaient toujours plus loin que le cercle négatif; le rapport des rayons des deux surfaces couvertes par les décharges a été sensiblement égal à 2 lorsque l'armature intérieure était négative, et à 3 quand cette armature était positive avec une charge égale.
Ces nombres n'ont pas de signification générale, car les i-ésultats sont très-diiférents quand on opère avec des potentiels plus faibles. Si le gâteau, par exemple, au lieu de recevoir une véritable décharge en aigrette, est placé pendant assez longtemps à quelque distance d'un corps électrisé, comme une grosse boule reliée à Tarmature intérieure d'une bouteille de Leyde, et qu'on y projette ensuite les poussières après avoir enlevé la bouteille, on obtient des taches circulaires bien régulières, quelle que soit l'espèce d'électricité; ce phénomène est dû sans doute aux molê-
' Hetlmngsrit'/itrifitfit, Bd II, p. 745.
EXPfiRIElICES DtLECTRIClTÉ ET PROPRIÉTÉS DE LÊTINCELLE. 173
cules de gai ou aux matières suspendues dans l'air qui s eleo triscnt sur la boule et sont repoussées de là vers la plaque isolante.
I>e même, si Ton promène sur la plaque une pointe communiquant avec Tun des polos positif ou négatif d*une pile sèche, on obtient dans les deux cas des traits déliés qui ne présentent d'autri'> dilTéi'cnces (|ue la couleur des poussières.
Knfin, Tair extérieur joue un rôle, dans le phénomène, car Lichtenberg avait remarqué Ç) que les taches s'élargissent l)eaucoup quand on fait rexpérience dans le vide et que 1 image négative, tout en restant plus petite, s'entoure aussi de ramifications, de sorte que la différence d'aspect des deux électricités diminue de plus en plus.
Four rendre compte de ces différences, M. Uiess fait remarquer d'abord que toutes les surfaces exposées à l'air sont couvertes de |K)ussièi-es ou au moins de gouttelettes de vapeur condensée, et que presque toutes les poudres s'éleclrisent négativement par le tnittemeni. Au moment de la décharge, toutes ces substances sont chassées le long de la surface, s'éleclrisent négativement et ofTrent ainsi un chemin plus facile à l'électricité positive.