Expériences de De Senarmont. — A la même époque, de
Senarmont (*) poursuivant Tordre d'idées qui l'avait conduit à l'étude de la conductibilité de la chaleur dans les cristaux, fit des expériences tout à fait analogues à celles de M. Wiedemann par une méthode un peu différente. Après avoir découpé dans une feuille d'étain un trou circulaire, de Senarmont la colle sur la surface plane d'un corps mauvais conducteur qu'elle enveloppe d'ailleurs complètement, et place au centre du vide circulaire une pointe métallique. Dans les premiers essais, il provoquait une explosion entre la pointe centrale et la circonférence métallique, pour observer ensuite les traces permanentes que l'électricité laisse sur la surface; mais il n'obtint de celte manière que des résultats irréguliers et il utilisa ensuite les lueurs qu'on obtient dans les gaz raréfiés. L'appareil est placé sous une cloche, la feuille d'étain communiquant avec le sol, et l'on iailconunu* niquer la pointe avec le conducteur positif d'une machine de Nairne. Quand la pression est suffisamment faible, la surface bien nettoyée et les bords de la feuille nettement découpés, le flux continu et silencieux d'électricité qui s'échappe par la pointe forme une nappe lumineuse dont le contour est circulaire ou elliptique suivant la nature de la surface. Lorsque la pointe est négative, la lueur électrique paraît se propager avec la même facilité dans toutes les directions, aussi bien sur la surface des
(*) Annalcê de Chimie et de Phjfsiqur, 3' série, t. XXYUl, p. 257.
EIFÉEIENCES D'ÉLECTRICITÉ ET PROPRIÉTÉS DE LtTINCELLE. 175
rristaux, quel que soil leur syslùinc, (|uc sur celles des corps is()(mpes; rêleclricilé positive, au contraire, donne en général des taches elliptiques.
Ix.*s expériences i-éaiisées par de Senarmont ont porté sur un plus grand nombre d échantillons, avec des faces naturelles ou artilicielles, et dans des conditions plus variiVs que celles de M. Wiedeinann ; elles ont conduit aux conclusions suivantes :
l*Pour les cristaux du système cubique, comme pour les corps 'iriifirphes, la conductibilité superficielle est égale en tous sens cl îiiir toutes les faces;
t^* Pour les cristaux qui ont un axe de cristallisation, la con- (Iti4-tibilité est égale en tous sens sur les faces per|)endiculaiix*s à l^uxe; sur les faces parallèles à Taxe, il existe une direction de coiiductihilité maximum qui lui est parallèle ou perpendiculaii*e; sur les faces inclinées à cet axe, la direction de conductibilité niuximum est pai*allèle ou jK'rpendiculaire à la trace de la section principale;
3* Pour les cristaux des auti'es systèmes, il existe sur une face quelconque une direction fixe de conductibilité maximum. (>iiand la face contient dans son plan un ou deux axes de symétrie, cette direction obéit à ki même symétrie. Quand la face ne contient pas d*axes de symétrie, la direction de conductibilité maiinmm ne peut pas être prévue à priori ; elle ne coïncide nécessairement ni avec les directions des axes d'élasticité opti- <IU€, ni avec celles des axes de conductibilité calorifique.
^66. ^f Im éicctri^niM. — L emploi des poudres électrisées permet de reproduire, non-seulement la forme générale, mais aussi les détails des surfaces conductrices par lesquelles on apporte rêleclricilé sur les corps isolants. Nous avons déjà ^u(l(H)) qu'un corps électrisé posé sur une surface isolante y provoque d*abord dans les points les plus Toisins une couche **lcctrique de signe contraire avant (|u*il se produise une dé- *'hargc directe. Si Ton pose par exemple un disque conducteur, ^'ïnune une médaille munie d'un rebord saillant, sur un gâteau *^^ résine et qu*on électrisé ce disque positivement, puis qu'après '^^oir enlevé on projette sur la surface un mélange de minium ^1 de soufre, on verra une tache circulaire rouge due à de Télec- ^'^cité négative développée par influence, entourée d*une circon^
férencc jaune d'autant plus nette et moins étoilce que la charge électrique était plus faible.
On peut obtenir ainsi des effets très-variés. M. Riess (*) pose sur un gâteau de résine bien plan un cachet métallique muni d'une pointe dont il approche un corps électrisé positivement, ou qu'il fait communiquer avec le pôle positif d'une pile sèche. Au bout d'un temps plus ou moins long, on enlève le cachet et on projette sur la surface le mélange des deux poudres. Tous les creux du cachet se reproduisent en rouge et les reliefs sont dessinés par des lignes jaunes d'autant plus nettes que la tension de l'électricité était plus faible.