DISTANCE DES CENTRES
faction exercée sur le soufre et la résine est donc la moitié environ de celle qui a lieu pour un métal.
102. L'influence est plus énergique au contact et en même temps elle donne lieu à des effets persistants.
Œpinus avait déjà constaté que si Ton met l'extrémité d'un bâton de verre en contact pendant quelques instants avec le conducteur d'une machine électrique et qu'on l'enlève ensuite, on trouve sur le verre, dans le voisinage du contact, une zone élec- Irisée positivement comme la machine, plus loin une zone négative, puis une autre zone positive, et ces alternatives peuvent se reproduire cinq ou six fois le long du bâton. L'expérience réussit plus facilement avec un bâton de cire d'Espagne, de résine ou de gomme laque. On met d'ailleurs ces différentes zones en évidence par le procédé des ligures de Lichtenberg en projetant sur le bâton, avec un soufflet, un mélange de fleur de soufre et de minium ; les régions positives se couvrent de la poussière jaune du soufre et les régions négatives de la poudre rouge du minium.
Toutefois, l'observation d'Œpinus est incomplète, parce qu'au début de lexpérience, les points du verre qui sont en contact avec le conducteur sont chargés par influence d'électricité contraire qui disparait plus ou moins lentement ; c'est à cause de cela qu'un corps léger reste en contact pendant quelque temps avec un corps électrisé avant d'en être repoussé. On peut faire l'expérience avec une balance de torsion dont la boule mobile
est isolante et à 1 clat neutre et la boule fixe conductrice et électrisée; dans ce cas, la boule mobile se maintient en contact quelque temps avec la boule fixe avant d'être repoussée. Le contact est encore plus long si la boule fixe est elle-mùme isolante.
Les expériences suivantes, indiquées par M. Matteucci, montrent bien le détail de ce phénomène. Sur un gâteau de résine on pose un petit disque isolant électrisé positivement, par exemple, et on Tenlève au bout de quelques instants. En projetant sur ce gâteau le mélange de minium et de soufre, on reconnaît qu'à l'endroit où était posé le disque il y a une plage négative; autour de cette plage est une zone circulaire positive, puis une zone négative suivie d'une autre zone positive, etc., et l'on peut constater cinq ou six alternatives régulières, si la surface de la résine est parfaitement plane et si elle était bien à l'état neutre. Si le contact a duré assez longtemps, la plage négative disparait par suite de la production d'un certain nombre de petites étincelles; la tache centrale est alors positive et entourée, comme précédemment, d'anneaux alternatifs.
Avec un disque électrisé conducteur, on peut obtenir le premier effet, la tache de signe contraire, quand la charge est faible et qu'on opère rapidement; mais si la charge est plus forte et si le contact se prolonge, ce premier eflet disparait, la tache centrale est positive et la suite des anneaux se produit de môme.
Une expérience de Faraday (') s'explique de môme par l'élec-
Fig. 61.
irisation polaire des corps mauvais conducteurs. On met des brins de fil de soie ou des fragments de fil de verre dans un vase en verre (fig. 61) contenant de l'essence de térébenthine; deux
( ') Expérimental Re$earches, t. I» p. 420.
parois opposées de ce vase sont traversées par des tiges métalliques A et B terminées en pointe dans le liquide. On met l'une de ces tiges en communication avec le sol et l'autre avec une machine électrique ; on voit aussitôt les fragments de soie ou de verre accourir de tous les points du liquide et former une chaîne continue d'une pointe à l'autre ; cette chaîne offre une assez grande résistance à la rupture et se reforme après qu'on l'a rompue. Les différents éléments de cette chaîne sont chargés d'électricités contraires à leurs extrémités et rattachés entre eux par leurs pôles opposés. Aussitôt que l'on supprime les communications ou qu'on décharge la machine, tous ces fragments se dispersent.
103. M. Matteucci a cherché à déterminer le rapport des charges enlevées à un conducteur électrisé par le contact de divers isolants. 11 se servait pour cela d'une balance de torsion chargée à la manière ordinaire ; il touchait la boule iixe pendant un certain temps par une plaque carrée formée d'une matière isolante et, après avoir enlevé cette plaque, il mesurait la diminution de torsion nécessaire pour ramener la boule mobile à la même distance que précédemment. En répétant cette expérience avec diverses substances, il a obtenu les résultats suivants :
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