‹ Traité d'électricité théorique et appliquée. 3Chapitre 16 sur 47 · III · texte numérisé non relu

III

242 RAPPOnTS DR l’électricité avec les phénomènes NATL’RELS. ou nuUes, si je prends la moyenne des déclinaisons moyennes de tous les jours du mois. En effet, le premier résultat dépend de la grandeur de l'amplitude de la variation de la déclinaison dans un même jour, tandis que le second ne dépend que du changement que l’aiguille peut éprouver dans sa direction moyenne absolue d’un jour à l’autre, ou mieux d’un mois à l’autre, changement qui peut être nul ou très-faible, lors même qu’il y a eu de très-grandes différences dans l’amplitude de la variation diurne entre un jour et le suivant.

Ce que nous venons de dire de la déclinaison s’applique également aux variations diurnes, annuelles et séculaires des deux autres éléments, l’inclinaison et l’intensité; mais, comme nous le verrons, les variations, surtout en ce qui concerne l’intensité, sont beaucoup moins sensibles et par conséquent bien plus difficiles à apprécier.

La découverte des variations diurnes de l’aiguille aimantée remonte à l’année 1722; elle a été faite par Graham; mais ce n’cst que depuis le commencement de ce siècle, surtout depuis trente à quarante ans, que ces variations ont été observées dans plusieurs endroits avec assez de soin pour qu’on ail pu y découvrir quelque loi. Si on ne considère la variation diurne que d’une manière générale, voici en quoi on peut dire qu’elle consiste :

Dans l’hémisphère nord, le p61e nord de l’aiguille de déclinaison marche de l’est à l’ouest depuis 8 h. j du matin jusqu’à 1 h. ; après midi; de l’ouest à l’est depuis 1 h. ^ après midi jusqu’au soir.

Dans l’hémisphère sud, le pèle sud de l’aiguille de déclinaison marche-de l'est à l’ouest depuis 8 h. ^ du matin jusqu'à 1 h. î après midi, et de l'ouest à l’est depuis 1 h. ; après midi jusqu’au soir.

On voit, d’après cela, que les mouvements de l’aiguille dans un des hémisphères sont opposés à ce qu’ils sont dans l’autre; de sorte que si un observateur partant de Paris s’avance vers l’équateur, la pointe nord de son aiguille, tant qu’il sera dans notre hémisphère, effectuera tous les matins un mouveQient vers l’occident, tandis que dès qu’il aura passé dans l’autre,

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cette même pointe éprouvera tous les matins un mouvement vers l'orient. Or il semble impossible que ce changement du mouvement occidental en mouvement oriental se fasse d'une manière brusque. On a donc cru qu'il deVait y avoir nécessairement entre la zone où s'observe le premier de ces mouvements, et celle où s'opère le second, une ligne où le matin le pèle nord de l'aiguille ne marcherait ni à l'orient ni à l'occident et resterait par conséquent stationnaire. Cette ligne est-elle l’équateur terrestre, l’équateur magnétique? C’est ce qu’on ignore encore. On a bien trouvé que l’amplitude des variations diurnes était beaucoup moindre dans les lieux voisins de ces lignes, mais on n’a pas eqcore trouvé de points où elle fût complètement nulle; il est probable, comme nous le verrons, qu'il n’en existe pas.

Revenant aux variations diurnes dans l’hémisphère nord, si nous les suivons de plus près, nous trouvons, comme cela résulte d’un très-grand nombre d'observations et en particulier de celles de M. Arago, que l’aiguille, pour revenir de son excursion orientale vers l'occident, s’y prend à deux fois dans les vingt-quatre heures, qu’elle fait ainsi deux oscillations complètes et éprouve par conséquent deux déclinaisons maxitna et deux marima de la manière suivante :

1* A partir de 11 heures du soir, le pôle nord de l’aiguille marche de l’occident à l’orient, atteint une déclinaison maximum à 8 h. 1 du matin, et rétrograde ensuite vers l’occident pour atteindre sa déclinaison maximum à 1 h.

2“ A partir de 1 h. l’aiguille marche de nouveau vers l’orient, atteint un second minimum entre 8 et 9 h. du soir et revient ensuite vers l’occident pour un second maximum à il h. du soir. L’amplitude la plus grande est celle de la demioscillation qui s’exécute de 8 h. du matin à 1 h. de l’après-midi; c’est pourquoi nous l’avions indiquée comme constituant d’une manière générale la variation diurne.

L’amplitude des variations diurnes n'est point la même dans les divers lieux; elle n'est point non plus la même aux différentes époques de l’année dans le même lieu. Ainsi, au moyen d’observations faites pendant quinze années, de 1820 à 1834,

244 RAPPORTS DE l'électricité AVEC LES PHÉNOMÈNES NATURELS. Arago a trouvé que l’amplilude de la variation diurne était en moyenne de 13 à 11 minutes pendant les mois de mars, d'avril, de mai, de juin, de juillet, d’août, de septembre et d'octobre et de 8 à 6 pendant les mois de novembre, de décembre, de janvier et de février; que le maximum moyen de la variation diurne a lieu en avril et le maximum moyen en décembre, et que la variation diurne moyenne est comprise entre 3 et 17 minutes qui sont les deux valeurs extrêmes, la première en décembre, la seconde en juin.

L’inclinaison a aussi une variation diurne, mais cette variation plus faible que celle de la déclinaison ne va pas en général au delà de 3 à 4 degrés. D’après les observations de M. Arago, il y aurait un maximum d’inclinaison entre 8 et 9 heures du matin, un minimum après 2 cl 3 heures après midi, un second maximum entre 8 et 9 heures du soir, et un minimum entre 1 1 heures du soir et minuit. Les plus grandes amplitudes des variations diurnes semblent avoir lieu après les équinoxes.

L’intensité éprouve aussi des variations diurnes indépendantes de celles de l’inclinaison, ainsi que cela résulte de nombreuses observations de M. Arago faites et calculées avec beaucoup de soin. M. Ilansteen, qui avait aussi observé des variations diurnes d’intensité, estime qu’elles ne sont qu’apparentes si on a soin de tenir compte de la variation de l’inclinaison.

Cependant on a généralement reconnu qu'il existe une variation diurne, non-seulement pour l’intensité horizontale, celle.qui- dépend à la fois de la variation de l’inclinaison et de celle de l’intensité absolue, mais aussi pour cette dernière intensité qu’on désigne sons le nom A'iniensilé totale.

Indépendamment des variations diurnes, M. Arago a constaté, en prenant les déclinaisons moyennes mensuelles, deux majcima vers mars et septembre, c’est-à-dire vers les équinoxes, et deux minima vers juin et décembre, c’est-à-dire vers les

' Les mois de mars et d'octobre sont ceux de ces mois où l'amplitude moyenne de la variation est la moindre (11' 22 et 1 1' 0) ; te mois d'avril est celui où elle est la plus forte (13' 20' ).

, MAG.NÉTISME TEHHESTRE. 245

solstices ; ce résultat est d'accord avec celui qu'avait obtenu Cassini qui le premier avait remarqué une vari^lion annuelle ; mais d’après ce savant cette variation consistait seulement en ce que la déclinaison diminue depuis l’équinoxe du printemps . jusqu’au solstice d’été, et que, à partir de cette époque jusqu’à l’équinoxe du printemps, c’est-à-dire pendant les neuf autres mois, la déclinaison moyenne mensuelle augmente, l’aiguille reprenant son chemin vers l’ouest. M. Arago avait trouvé que des observations faites par Gilpin constataient l’existence à Londres en 1800 d’une oscillation périodique semblable à celle découverte à Paris en 1786 par Cassini.

Au milieu de toutes les observations sur les variations diurnes des trois éléments magnétiques et dont les résultats sont généralement d’accord *, nous transcrivons le tableau suivant qui renferme le résumé d’observations de trois années (1843,. 1844 et 1845) faites avec le plus grand soin par M. Lamont à Munich. Nous y trouvons réunies les ifariations diurnes des trois éléments; les variations de la déclinaison et de l’inclinaison sont exprimées en minutes; celles des intensités horizontale et totale en dix millièmes de la valeur entière. Comme les variations présentent des caractères essentiellement différents selon que la déclinaison du soleil est boréale ou australe, M. Lamont divise l’année en deux moitiés, et distingue les variations de l'hiver et les variations de l’été.

' Il existe cependant une exception remarquable à la loi générale dea-variationa diurnes, c'est celle qui a été observée par M. Gay à Valdivia, au Chili, aur lacdte occidentale de l'Amérique du Sud. Au lieu de deux mouvemenis'de va et vient dans les vingt-quatre heures, M. Gay en a constamment observé trois : un le malin à l'est, un .second au milieu de la Journée A l'ouest, et le troisième le soir enepre à l’est; les heures des maiima et des mmima durèrent un peu suivant les saisons ; mais le triple mouvement a toujours lieu de sorte qu'on peut regarder le phénomène comme constant. L’amplitude des variations change beaucoup d'un Jour à l'autre ; cependant, d'après un grand nombre d'observations, on peut l'évaluer à 6' 6", 2, moyenne de six mois; en été, celle moyenne serait de T l", 9^ et en automne de â' 8", i.

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