‹ Traité d'électricité théorique et appliquée. 3Chapitre 21 sur 47 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

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Somme.

Rapport en tuppoMtt 1 000 âlH itNYt boré«let par an.

II semble résulter de ces tableaux que le phénomène des aurores boréales affecte une périodicité annuelle et présente deux

de Jour et de nuit ; les descriptions détaiilécs ont été faites par M. Fearniey, adjoint 1 rObserratoIrc, et par M. Hansteen lui-inéme. Dans les années suivantes, l'état du ciel a été noté seulement pour les einij bciires ordinaires 2,1, 10 et 21 lieures.

' Les observations de l'année |7 4S ne sont pas comprises dans les sommes vu qu'elles sont incomplètes.

.102 RAPPORTS D£ L’ÉLECTRiaHÊ AVFX LFS PHÉSOMÈNES NATURELS. maxima Irès-prononcés aux époques des deux équinoxes , et deux minima aux épo(jues des solstices. Le minimum du solstice d'été est même si prononcé que, pendant les Ifi années qu’embrassent les observations de M. Uansteen du premier tableau , on n’a pas constaté la présence d’une seule aurore boréale au mois de juin, et que pendant les vingt-trois années du second tableau, une seule aurore a été observée dans ce même mois.

Ces difFérences dans le nombre des aurores boréales visibles dans chaque mois tiennent à deux causes, d’abord à ce que, dans les mois où les nuits sont les plus courtes, tels que mai, juin et juillet, on doit en apercevoir beaucoup moins, lors même qu’il y en aurait autant que dans les autres, ensuite à ce qu’il y a évidemment des mois où les aurores sont plus fortes, puisqu’on en voit davantage en mars, septembre el octobre que dans les mois mêmes où les jours sont les plus courts. Cette influence des deux équinoxes est facile à comprendre d’après notre théorie; en effet, quand le soleil^ au printemps, se rapproche de notre hémisphère, la quantité de vapeurs qui s’élèvent de la mer pour être portées par le courant tropical vers le pôle boréal, augmente naturellement beaucoup; et, comme en mars et avril, l’atmosphère des régions boréales n’est point encore réchauffée par le soleil, ces vapeurs s’y condensent facilement , ce qui n’a plus lieu au même degré dans les mois de mai, de juin et de juillet. Mais quand le soleil s’éloigne de ces régions, et en particulier à l'équinoxe d’automne, toutes les vapeurs accumulées pendant les mois de l'été qui ont précédé éprouvent de nouveau successivement une forte condensation ; et la condensation’ près des pôles, des vapeurs fortement chargées d’électricité positive dont l’atmosphère est remplie, est, comme nous l’avons vu, la cause des aurores boréales. 11 est probable qu’une périodicité analogue doit exister pour les aurores australes; mais les observations ne sont pas assez nombreuses pour pouvoir l’établir autrement que par analogie. Cette double périodicité expliquerait la coïncidence assez généralement remarquée entre l’apparition des aurores boréales et celle des aurores australes. En ell’el, le passage du soleil à

MAr.NtrisME TtRRmnr.. 1103

chacun <ies t^quinoxes , étant pour le même hémisphère , les deux moments de l’année, où par «ne cause différente , les décharges électriques autour du pùle doivent être les plus abondantes, il est évident que l’autre hémisphère en éprouvera le même effet. Seulement , tandis qu’à l’équinoxe d’automne ce sera pour l’hémisphère boréal, comme à l’etpiinoxe de printemps pour l’hémisphère austral , la condensation des vapeurs accumulées dans les mois précédents qui facilitera l’écoulement de l’électricité, ce sera à l’équinoxe de printemps pour l’hémisphère boréal, comme àcelui d’automne pour l’austral, l’arrivée des vapeurs nouvelles dans une atmosphère très-refroidie , qui apportera une grande dose d’électricité.

Mairan avance qu’il y a dans l’apparition des aurores boréales des variations séculaires, c’est-à-dire qu’il y a des époques comprenant un certain noml)re d’années pendant lesquelles on voit plus d’aurores et d’autres pendant lesquelles on en voit moins. Il cite en particulier une longue période dans le dix-septième siècle, de 1621 à 1688, où il n’est fait mention d’aucune aurore boréale. Ce physicien, qui regarde l’aurore boréale comme un phénomène cosmique et par conséquent extra-atmosphérique, est disposé à attribuer ces variations à la position variable de la terre par rapport à l’atmosphère solaire dont, suivant lui, les aurores boréales seraient une émanation. Rcmanpions d’abord que pour bien comparer, sous le rapport de la frèiucnce des aurores boréales, les époques anciennes à l’époque actuelle, il aurait fallu avoir à ces époques des observateurs aussi nombreux, aussi exacts, et surtout aussi rapprochés des régions polaires qu’on en a maintenant; ce qui n’est pas. Nous ne pouvons donc attribuer une grande portée à la remarque de Mairan ; cependant il se pourrait que l’accumulatiou des glaces dans le voisinage des régions polaires, accumulation constatée par les documents les plus positifs', ait dû contribuer à augmenter dans les deux

* Il est bien reconnu que les eûtes du Groenland, actuellement bordées par le grand banc de glace appelé la banquise, étaient autrefois libre! et facilement abordables ; on est assez généralement disposé ! attribuer, comme nou's l'avons déjà dit, rétablissement permanent de ces glaces à un sonlévement du fond de

304 RAPPORTS DE l’ÉLKCTRICITÉ A\'EC LES PBiNOUÈNES NATURELS, derniers siècles le nombre des aurores boréales. En effet l’aurore boréale.n’étant, suivant nous, que l’effet lumineux des décharges électriques qui ont lieu autour des pôles entre le sol et les vapeurs qui y sont portées, il faut pour que cet effet soit produit, que les décharges rencontrent sur leur route des particules glacées, et que par conséquent le sol lui-même soit recouvert de glaces. A l’égoqœ donc où les régions situées autour du pôle magnétique n'étaient pas constamment recouvertes de glaces, où, en particulier, elles étaient la mer elle-même, il devait bien y avoir des décharges électriques, mais des décharges peu ou point lumineuses. Nous concevons donc facilement que le déplacement des glaces polaires, joint à celui du pôle magnétique de la terre, ait pu déterminer momentanément des conditions peu favorables à l’apparition de l’aurore boréale. Une chose assez remarquable, c’est que cette longue période sans aurore boréale coïncide avec l’époque où l’aiguille aimantée était exactement dirigée dans le méridien terrestre (année 16ü2).

Nous ne nous arrêterons pas à certains autres faits de périodicité qu’on a encore remarqués, tels qu’un retour de l’aurore boréale au môme jour de l’année; ainsion apbscrvé, le 18 octobre 1836 et le 18 octobre 1837, une aurore boréale, et en général on a remarqué que de 1837 à 1850, c’est-à-dire dans 13 années, le phénomène s’était reproduit 14 fois du 12 au 22 octobre. Mais cette fréquence de l’apparition de l’aurore dans les jours dont il s’agit, tient très-probablement à ce que le mois d’octobre est un des mois de l’année où il y a le plus d’aurores boréales; par conséquent la périodicité appartient au mois et non pas au jour; elle s’explique, comme nous avons dit, par l'inllucnce de la position du soleil sur la production et la condensation des vapeurs.

Nous pouvons terminer ce long paragraphe sur les aurores boréales par le résumé suivant :

1* Toutes les observations concourent à démontrer que l’au-

la mer qui les arrête maintenant, nu lieu de les laisser flotter comme clics le fai.saient quand In mer était plus profonde.

rore boréale est un phénotnène ayant son siège dans l'atmosphère, et qui consiste dans la production d’un anneau lumineux ayant pour centre le pôle magnétique, et d’un diamètre plus ou moins grand.

2* L’expérience démontre qu’en opérant dans de l’air raréfié la réunion des deux électricités près du pôle d’un fort aimant artificiel, on produit un path anneau lumineux semblable à celui qui constitue l’aurore boréale, et animé d’un mouvement de rotation semblable. '' ^

3* L’aurore boréale serait due par conséquent à des décharges électriques, alopcrant dans les régions polaires entre l’électricité positive de l’atmosphère et la négative du globe terrestre.

4* Ces décharges électriques ayant lieu constamment, mais avec des intensités variables suivant l’état de l’atmosphère , l’aurore boréale devrait être un phénomène journalier plus ou moins intense, par conséquent visible à déplus ou de moins grandes distances, et seulement quand les nuits sont claires ; ce qui est parfaitement d’accord avec l’observation.

5° Les phénomènes qui accompagnent l’aurore boréale, tels que la présence et la forme des cirro-stratus, et surtout ceux qui sont relatifs aux perturbations qu’éprouvent l’aiguille aimantée, sont de nature à démontrer la vérité de l’origine électrique que nous venons d’attribuer à l’aurore; hypothèse avec laquelle ces phénomènes se concilient jusque dans leurs moindres détails.

6* L’aurore australe, ainsi que cela résulte du petit nombre d’obervations dont elle a été l’objet, présente exactement les mêmes phénomènes que la boréale, et s’explique par conséquent de la meme manière.

Liste des principaux traraux relatifs aux sujets traités dans ce chapitre: Gauss et Weàer. — Description dei magnétomètres. — ResuUate aus den beobachlungen des magnetischm Vereins im Jahrr. 1836, p. I3; et 1837, p. t04. — Carrespastâsmtt mathématique de Quelelet (troisième série), t. i (Janv. 1838), p. 41. ’

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lit.

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MAGNÉTISME TEnnESTIlE. 307

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SKPTIÈME PARTIE

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