I. Deux mouvements vers la gauche de l’aiguille droite
J est omis, on le ixmiplace par G.
K. Trois mouvements vers la gauche de l’aiguille ilroite.
I. et 5. Deux mouvements de l’aiguille droite ; le premier à droite, le second à gauche.
M et (>. Deux mouvements de l’aiguille droite ; le premier à gauche, le second à droite.
N et 7. Un seul mouvement vers la droite de l’aiguille droite.
O. Deux rnouvemems vêts la droite de l’aiguille droite.
P. Trois mouvements vers la droite de l’aiguille droite.
Q est omis, on lui substitue K.
K et 8. l u mouvement (larallèle, vers la gauche, des deux aiguilles.
S. Deux mouvements parallèles, vers la gauche, des deux aiguilles.
T. Tixtis mouvements parallèles, vers la gauche, des deux aiguilles.
U et !l. Deux mouvements parallèles des deux aiguilles; le premier à droite, le second à gauche.
V et 0. Deux mouvements parallèles des deux aiguilles; le premier à gauche, le second à droite.
W. Un mouvement |»arallèle des deux aiguilles vers la droite.
.\. Deux mouveineiiLs parallèles des deux aiguilles vers la droite.
V. Trois mouvements parallèles des deux aiguilles vers la droite.
Z est omis, on lui substitue S.
Le signe +, appelé itop pur les Anglais, est le point final par lequel celui qui envoie la dépêche annonce que le mot est fini; il s’indique par un mouvement de l’aiguille gauche vers la gauche. Ce signe sert aussi à celui qui reçoit la dépêche pour indiquer qu’il ne comprend pas; quand il comprend, il montre la lettre E; deux fois E, ou deux mouvements de l’aiguille gauche s’emploient pour dire ovi.
■ APPLtCATIO:iS PnTSIQUKS. 367
• Les mots attendez, allez toujours, gravés sur rinslrumont, sont d'utiles signaux. Si Londres s’adresse à Douvres quand Douvres est occupé et ne peut prêter attention à la correspondance que Londres veut entamer, Douvres dirige le botit inférieur de ses aiguilles sur la lettre U, et dit par là même : attendez. Quand il est redevenu libre et prêt à recevoir le message, il dirige les aiguilles sur W ce qui veut dire : allez.
11 est surtout important pour les deux stations qui ouvrent une correspondance de bien s’entendre avant que de commencer. 11 faut que celui qui reçoit sache qui lui envoie, et que celui (|ui envoie un message sache bien si c’est la station avec la(|uelle il veut correspondre qui le reçoit réellement. On grave au-dessus des six grandes lettres II, C, E, II, N, W, les noms des six stations du groupe^ et ces stations seront désorm.ais toujours désignées par ces lettres. Dans l’appareil (6g. 374), Il est Londres, C llcigate, E Tunbridge, H Ashford, N Folkstone, W Douvres. Si mainleuant Londres veut correspondre avec ïunbridge, il dirige pendant quelques instants son aiguille sur E; chaque mouvement fait sonner le timbre de Tunbridge, qui, comme nous l’avons vu, se trouve sur le môme 61 que l’aiguille gauche; l’attention de l’employé est éveillée; il fait sortir sa sonnerie du circuit, et transmet à Londres le même signal, ce qui veut dire implicitement : Cest bien, je suis à mon poste : Londres est alors sùr d'étre attendu à Tunbridge. Il dirige alors l’aiguille sur la lettre H qui désigne Londres, et Tunbridge sait à son tour que c’est Londres qui lui parle, et en répétant ce même signal H, il dit qu’il l’a reçu. Londres alors sonne de nouveau à Tunbridge, la correspondance commence, et Tunbridge montre après chaque mot la lettre E, compris, ou la croix -j-, pas compris. Quand la dépêche est achevée, Londres produit deux déviations de l’aignille gauche vers la gauche; l’employé de Tunbridge les reproduit s’il n’a rien à ajouter, et procède à la transmission de la dépêche à sa destination ultérieure.
Doux employés du télégraphe peuvent modider leur vocabulaire, de telle sorte que les stations intermédiaires qui voient leurs signaux ne puissent pas les déchiffrer. Ils peuvent conve-
368 APPLICATIONS DE l' ÉLECTRICITÉ,
oir, par exemple, que les déviations à droite se liront à gauche et réciproquement, pour l’une des aiguilles ou pour toutes les deux; 2“ que l’aiguille gauche deviendra une seconde aiguille droite, ou l’aiguille droite une seconde aiguille gauche; 3" que l’aiguille droiledeviendraraiguille gauche, etl'aiguille gauche l’aiguille droite, etc., etc.
Les chiffres sont écrits sous certaines lettres, et le signe H suivi d’une croix 4* indique que c’est le chiffre qu’on va montrer et non la lettre correspondante. Pour éviter toute erreur, le correspondant répète aussitôt le même signe H -j-, indiquant par là qu’il attend un chiffre et non pas une lettre. La lettre W, interposée entre les chiffres, sert à séparer les fractions complexes ou décimales. Ainsi H E W N signifie ou 43 livres 7 sols, ou 43 pieds 7 pouces, ou 43 heures 7 minutes, etc. Des signaux spéciaux indiquent les périodes, les paragraphes, les mots soulignés, ou d’autres circonstances importantes : les employés ont inventé un signal pour rire et pour exprimer leur étonnement, etc. , etc. Les employés anglais sont si bien exercés qu'ils expédieraient les dépêches les plus difficiles, alors même qu’aucune lettre, ou chiffre, ou signal ne seraient indiqués sur le cadran de leur appareil.
On peut , comme on le comprend , disposer facilement le télégraphe à deux aiguilles pour qu’il agisse comme un télégraphe à une seule aiguille, ce qui est fort précieux dans bien des cas, comme, par exemple, lorsque l’un des deux fils nécessaires au télégraphe à deux aiguilles vient à se déranger ou à se rompre ou lorsque ces deux fils viennent, par l’effet d’un violent orage ou d’un accident, à se toucher de manière à n’en faire plus qu’un. Du reste, le télégraphe à une seule aiguille, quoique sa manipulation exige un peu plus de temps, peut rendre de grands services; c'est celui dont on se sert généralement pour les avertissements à donner sur les chemins de fer entre les diverses stations, son emploi présentant plus de simplicité et même dans quelques cas plus de sécurité.
Le télégraphe à deux aiguilles est peut-être le plus parfait de tous en théorie, et quoiqu’il exige l’emploi de deux fils, il mérite la préférence dans le plus grand nombre de cas, soit
à cause de sa simplicité, l'action sur laquelle il repose étant une action directe qui n’exige aucun mécanisme intermédiaire, soit à cause de son infaillibilité qui tient à la même cause puisqu’il est moins susceptible que tout autre de se déranger et de donner lieu à des erreurs. La facilité avec laquelle les manivelles se prêtent aux mouvements à exécuter, et la rapidité qui en résulte dans la transmission des dépêches sont également remarquables. M. Walker, à la suite de sa longue pratiqué, a observé que dans les cas ordinaires, on transmet facilement douze à quinze mots par minutc,^ que bien souvent quand tout est bien en ordre et que l'isolement est bon, on en transmet dii-sept à dix-huit et même jusqu’à vingt. Ces considérations expliquent pourquoi le télégraphe à deux aiguilles est généralement adopté dans la Grande-Bretagne, pourquoi on le conserve malgré la supériorité évidente que présente, comme nous le verrons, sous certains rapports, le télégraphe de Morse; elles nous serviront également de justification pour les développements étendus que nous lui avons consacrés.
Il existe un autre télégraphe à aiguille imaginé par M. Bain, r qui a été installé en 1846 sur la ligne d'Edimbourg à Glascow. Ce télégraphe est à une seule aiguille; cependant le nombre des mouvements nécessaires pour former un signal ne dépasse jamais quatre-, c'est un de plus seulement que dans le télégraphe à deux aiguilles, et un de moins que dans celui à une aiguille de Wheatstone etdeCooke, et il a le grand avantage de n’exiger qu’un seul fil. Ce télégraphe repose, comme le précédent, sur l’action qu’exerce sur l’aimant le courant qui traverse le fil d’une bohine, mais la disposition des différentes pièces de l’appareil est très-dilférente; les deux aimants permanents de forme demi-eirculaire sont liés ensemble au moyen d’une tige en cuivre diamétrale, sur laquelle est fixée perpendiculairement à ce diamètre l’aiguille iudicatriee ijui part de son centre où passe également l’axe de rotation. Les deux aimants demi-circulaires ont leurs pèles de même nom près l’un de l’autre; il n’existe entre eux qu’un intervalle de deux à quatre millimètres; deux bobines sont placées de façon que dans l'état d’inaction les deux pôles voisins des aimants sont également dans ni. 24
Dk
370 APPLICATIONS DE l'ÉI FXTIIICITÉ.
l iiilérieur de la même bobine ; il en résulte que dès qu’un courant pénètre dans le fil de la bobine Tun des pôles est chassé de l’intérieur de la bobine, tandis que l’autre y pénètre; ce qui produit, suivant le sens du courant, un mouvement de l’aiguille indicatrice ou à gauche ou à droite. Le même effet a lieu sur les deux autres pôles des deux aimants demi-circulaires qui pénètrent également dans l'intérieur d’une seconde bobine. Il est facile maintenant de comprendre qu'au mojen d'un commutateur on peut produire des mouvements aussi nombreux qu’en le veut et qui se succèdent rapidement, soit à droite, soit à gauche, de l'aiguille indicatrice dont on a soin de faire concorder le sens des déviations avec celui du mouvement que la main imprime au bras dont est muni le manche qui fait marcher le commutateur.
On a essayé d'employer pour faire marcher les télégraphes A aiguilles, au lieu du courant d'une pile, les courants d'induction produits par des aimants permanents; il en est résulté des modilicalions assez notables dans la construction des appareils, mais comme ce môme mode de production de l'électricité a été appliqué à d’autres systèmes télégraphiques, nous réunirons dans un même examen l'étude des télégraphes dans lesquels la magnéto-électricité est la force motrice.
b. Télégraphes à cadtân.
On désigne sous ce nom les télégraphes dans lesquels une aiguille parcourant un cadran par une succession d'impulsions élémentaires de même sens ou en sens contraire, peut s’arrêter pendant un instant très-court, sur un point quelcouque, et moutrei' par conséquent toutes les lettres de l'alphabet ou des signes quelconques. Quelquefois c’est le cadran qui est mobile et qui s’arrête un instant, quand la lettre ou le signe sur lequel on veut attirer l’attention est dans une certaine position convenue. Le plus grand avantage des télégraphes à cadran, c’est que chaque signe est montré directement à l'employé, et que sa perception est le résultat d’un seul instant d’attention; celui qui transmet le signal n’a aussi à imprimer qu'un simple mou-
APPurATiONR mrsiotES. ;j7 j
venienl de rolalion plus ou moins prolongé pour amener l’aiguillc mdicalnce sur le signe à montrer à distance, ou le cadran mobile à la place ou ce signe doit se trouver. Les télégraphes à cadran sont fondés sur un principe analogue à celui de l'alarme dont nous avons parlé plus haut; c’est toujours un électroaimant qu on aimante par le courant qu’on a à sa disposition qui. agissant sur une armature ou, comme on l'appelle un coruact de fer doux, détermine, au moyen de cette pièce de’ fer doux, un mouvemenl dans un système de rouages plus ou moins compliqué; mouvemenl qui est imprimé directement par la pjeceen question, ou qui résulte d’un mécanisme étranger a electro-aimaul, dont l’action est arrêtée et libérée sui^nt la position de la piece, comme cela a lieu dans l’alarme L’iiiconvenient de quelques-uns des télégraphes à cadran, c’est qu en général chaque signal y étant dépendant de ceux nui le precedent, les erreurs peuvent s’accumuler; leur mécanisme est (1 ailleurs nécessairement toujours plus ou moins compliqué ce qui les rend plus susceptibles de se déranger et par consé^ quent assez difficiles à régler et à maintenir réglés. C’est encore a Wheatstone qu’on doit la première idée du télégraphe à cadran; il en a construit lui-même un assez grand nombre en cberclianl à les perfectionner; il n’est pas le seul, car soit en Angleterre soit en Allemagne, soit en France on en a imaginé unefou leplus ou moins ingénieux et plus ou moins parfaits. Jbhgt de nous restreindre, nous nous bornerons à parler de ceux des télégraphes à cadran dont la pratique a fait connaître la supériorité; nous ne nous étendrons pas même très-longuement sur ce qui les concerne, vu que leur emploi, même des meUleurs, n est pas très-général comparativement à celui du lé egraphe a aiguilles dont nous avons déjà parlé et à celui du telcgrapJie de Morse dont nous nous oeçuperons plus lard Pour faire bien comprendre le piécanisme du télégraphe à cadran, nous commencerons par décrire le plus simple de tous qui est plutôt destiné à la démonstration du principe qu’à être employé dans la pratique. Dons ce télégraplie il faut distinguer coinme dans tous les autres, le manipulateur et le récepteur L’aigu.lle du récepteur (fig. 380) e..l montée sur mie roue a qui porte
372 APPLICATIONS DE l’ÉLECTRICITÉ.
vingt-six dents correspondant aux vingt-cinq lettres de l’alphabet, écrites sur le cadran et au signe appelé /îna/, qui sert de point de repère. Ces dents sont taillées en plan incliné par .rapport au rayon et par rapport aux deux chevilles ô et rf de l’ancre bcd qui reçoit un mouvement de va-et-vient de droite à gauche et de gauche à droite; quand l’ancre va à gauche, la cheville b frappe sur le milieu du plan incliné de la
dent qu’elle rencontre, et, par la pression, fait avancer la roue d’une demi-dertt; quand elle revient, la cheville ô se dégage et la cheville d fait à son tour, par le même mécanisme, avancer la roue d’une demi-dent dans le même sens. Ces mouvements sont imprimés à l’ancre par l’extrémité g du levier g h qui est attiré à droite par l’électro-aimant r, lorsque le courant passe dans son fil, et qu’un ressort ramène à gauche, dès que le courant cesse de circuler. Supposons l’aiguille arrêtée sur le final, on l’amènera sur la lettre A en fermant et interrompant une fois le circuit ; sur la lettre B, toujours en partant du final, en répétant deux fois la même opération et ainsi de suite pour toutes les autres lettres; voici maintenant comment le manipulateur (fig. 380 bis) produit cet effet; il porte un cadran absolument semblable au précédent; seulement son aiguille plus forte se meut à la main et entraîne dans son mouvement
APPLICATIONS PHTSIQCES. 373
la roue sur la laquelle elle est montée; celle-ci porte vingt-six dents ; deux ressorts sont placés à droite et à gauche, l’un y fait l’oflice du cliquet dans la roue à rochet en empêchant la roue de tourner à rebours et se trouve toujours en contact avec elle, l’autre x ne la touche que par une saillie terminale, lorsqu’une dent passe devant lui; deux flls de communication, dont chacun est lié à l’une des extrémités du fil de l’électro-aimant du récepteur, viennent s’attacher le premier au pôle positif de la pile, le second au ressort y, tandis que le ressort x communique avec le pôle négatif; il résulte de cette disposition que chaque fois qu’une dent passe devant le ressort x, le circuit est établi et qu’il est interrompu quand ce même ressort se trouve dans l’intervalle qui existe entre deux dents, .\insi, quand on fait passer l’aiguille du manipulateu;' d’une lettre à la suivante, il se produit successivement une fermeture puis une interruption du circuit, ce qui fait précisément passer aussi l’aiguille du récepteur d’une lettre à la suivante. Par conséquent si les deux aiguilles sont d’accord et c’est à ceci que sert le final sur lequel doivent toujours être arrêtées les aiguilles des deux appareils, lorsqu’ils ne fonctionnent pas, elles passeront ensemble sur toutes les lettres, en les indiquant simultanément, et il suffira pour transmettre un mot d’arrêter un instant l’aiguille du manipulateur sur chacune des lettres qui le composent. Chaque station doit avoir une pile, un manipulateur et un récepteur; l'employé qui reçoit la dépêche tient sa pile et son manipulateur au repos en dehors du circuit; il n’a autre chose à faire qu’à suivre des yeux l’aiguille de son récepteur pour lire ce qu’elle indique. Quand c’est à son tour à transmettre une dépêche, il ôte son récepteur du circuit au moyen d'un commutateur, il y met en même temps sa pile et son transmetteur; il fait sonner l’alarme de la station à laquelle il s’adresse; son correspondant fait une manœuvre inverse et la communication s’établit. L’appareil que nous venons de décrire, excellent pour la démonstration, est inférieur aux autres du même genre pour la vitesse et la silreté dans la transmission des dépêches; les dérangements dont il est susceptible proviennent de ce que l’ancre d’échappement du récepteur peut quelquefois laisser
374 APPLICATIONS DE l’électricité.
passer une dent au lieu d’une deuû-denl, à cause de la vitesse d’impulsion, et de ce que la main de celui qui fait tourner l’aiguille du transmetteur n'a rien pour se guider et surtout pour s’arrêter là exactement où elle doit le faire; la moindre incertitude qu’elle éprouve ou en avant, ou en arrière peut produhu quelque désaccord entre les aiguilles.
Le premier appareil de M. Wheatstone, quoique moins parfait que ceux qu’il a construits plus tard, ne présente pas cependant les inconvénients que nous venons d’indiquer. Dans cet appareil (fig. 381) l'armature A est attirée par l 'électroaimant Ë Ë, des que le courant passe, et aussitôt qu’il vient à
Fig. 384.
cesser', cette même armature poussée par la réaction d’un ressort, retourne à sa première position. Ën fermant donc et en rompant le circuit alternativement, on fait avancer ou revenir l’armature. Ce mouvement alternatif dans des directions opposées, est transformé en uu mouvement circulaire dans une seule direction, par le moyen des deux tiges ou bras de levier c et d, le bras d tirant la dent quand l’attraction s’exerce, et c la poussant quand l’attraction fait place à la répulsion ; il en résulte ((ue la roue b, et par conséquent le disque de papier ou cadran fixé sur elle, avance d’un pas chaque fois que l’attraction ou la répulsion cessent. Sur la circonférence du cadran, on a écrit les lettres dé l'alphabet ou d’autres signes, en nombre double du
nombre des dents de la roue d'écbappement, c'est vingt-quatre dans le cas actuel (les vingt-quatre lettres de l'alphabet). L'instrument est renfermé dans une boite qui n’est pas représentée dans la ligure; iine plaque decuivrequ'on ne voit pas non plus, placée devant le cadran, porte une petite ouverture qui ne permet de voir à la fois qu'un des signes tracés sur le cadran. On peut amener à volonté chacun des signes devant l'ouverture, en établissant et rompant le circuit un nombre suffisant de fois. Tel est le récepteur, soit indicateur ; quant au transmetteur ou manipulateur, il est formé d'un cercle en cuivre se mouvant librement autour d’un pied F, aussi en cuivre; la circonférence du cercle porte douze entailles remplies avec des morceaux d'ivoire ou de bois dur, de telle sorte qu'elle présente des intervalles égaux de substance conductrice et non conductrice, un ressort (i presse contre celte circonférence pendant qu'un autre ressort K s’appuie contre un anneau d'ivoire, garni sur son pourtour d'une pièce de cuivre en contact métallique avec le cercle. Uuatre vis de pression sont unies par des fils métalliques de la manière suivante : 1 avec 2, 2 avec le ressort K, 3 avec le support F et 4 avec le ressort G. Les deux pèles de la pile sont respectivement unis avec les vis 1 et 4, et les deux fils qui doivent mettre le récepteur dans le circuit avec les vis 2 et 3. La surface supérieure du cercle porte des caractères correspondants à ceux du cadran, et vingt-quatre petites broches destinées à faciliter le mouvement de rotation produit par le doigt, 11 y a un arrêt qui empêche que le doigt puisse entraîner le cercle au delà du point voulu. Quand l'appareil ne fonctionne pas, le signe -H doit se trouver vis-à-vis de cet arrêt; le ressort G presse contre une des divisions non conductrices de la circonférence du cercle, le ressort K étant toujours appuyé contre la pièce en cuivre placée sur l’anneau en ivoire. Dans cette disposition la pile n’est pas dans le circuit, ce qui permet, s'il y a lieu, aux fils conducteurs qui se trouvent ainsi libres de servir à une communication venant de la station où est le récepteur à cellQ où est le manipulateur, *au moyen d'un appareil semblable, mais disposé d'une manière inverse. MainleiiBut si un tourne le cercle avec le doigt, le ressort G passe
alternaliveracnt sur des divisions conductrices et "non conductrices, et le circuit est ainsi tour à tour fermé et rompu, ce qui fait marcher le cadran dû récepteur d’autant de dents qu’il y a eu au transmetteur d’interruptions. Si donc tout a été convenablement ajusté, il suffira pour faire paraître une certaine lettre sur le cadran du récepteur, d’appliquer le doigt à la broche correspondante à la même lettre sur le transmetteur et de l’amener jusque devant l’arrêt; ce mouvement déterminera le nombre d'interruptions du circuit, nécessaire pour faire niarchei' la roue et par conséquent lè cadran qui lui est fixé, ilii nombre de dents voulu pour obtenir le résultat désiré.
•M. NVheatstone a imaginé beaucoup de manières de transformer le mouvement alternatif de l’armature en un mouvement circulaire intermittent du cadran. Le mode direct que nous venons de décrire qui est le plus simple, exige un courant trop fort pour pouvoir être employé (juand la distance à parcourir par la dépêche est considérable. Aussi dans les appareils perfectionnés et destinés à de longues lignes, M. Wbeatstone a lié le cadran à signes à un mouvement d’horlogerie mis en action par un ressort et par un poids, lesquels, lorsqu’il n’y a pas d’empêchement, communiquent à la roue à laquelle le cadran est fixé, une rotation rapide. Mais un mécanisme ana- ' logue à l’ancre d’échappement ne permet à la roue de n’avancer que de la distance d’une demi-dent, chaque fois que l’armature est attirée par l’électro-aimant ou repoussée au moyen du ressort auquel elle est liée, quand l’aimantation cesse. L’instrument devient ainsi beaucoup plus sensible et peut agir avec un courant beaucoup plus faible. On conçoit en effet qu’il faille beaucoup plus de force pour donner directement le mouvement au cadran que pour dégager une simple roue d’éebappement. C’est également par l’adjonction d’un mouvement d’horlogerie (juc W'heatstone est parvenu, comme nous l’avons déjà vu à l'occasion de l’alarme et comme nous en verrons plus loin d’autres exemples, à obtenir une multitude d’effets mécaniques.
Le télégraphe à cadran a reçu, comme nous l’avons déjà dit, un très-grand nombre de modifications dont l’une des plus heureuses est celle que lui a apportée M. Bréguet qui a rendu l’instru-
APPLICATIONS PHTSIQLES. 377
meul d’ün usage beaucoup plus sûr et beaucoup plus facile. Il a aussi introduit un mouvement d’borlogerie qui tend à faire mouvoir la rouesur laquelle est posée l’aiguille destinée à parcourir le cadran du récepteur; l’électro-aimant cesse encore ici d’être le moteur; il n’est plus qu’un interrupteur permettant au mouvement d’horlogerie de faire passer une demi-dent de la roue, etl’arrêtant juste aumomentoù elle est passée, luipennettant de faire passer la demi-dent suivante pour l’arrêter encore et ainsi de suite. Ce qui distingue surtout le télégraphe de M. llréguet, c’est l’échappement particulier qu’il a mis sous la dépendance de l’électro-aimant pour que celui-ci remplisse bien sa fonction, c’est-à-dire pour qu’il laisse bien échapper juste une demi-dent à chaque vibration de retour. Cet échappement fonctionne au moyeu de deux petites palettes montées sur un axe qui est seulement un axe d’oscillation, et qui sont disposées à une distance telle et de manière que la dent de la roue ne peut passer sans les rencontrer, rencontre qui, au moyen du jeu de l’électro-aimant, n’a lieu qu’au moment opportun. Le manipulateur de M. Bréguet est aussi disposé d’une manière ingénieuse qui contribue pour sa part également à remédier à plusieurs des inconvénients du télégraphe à cadran. Nous reviendrons sur ces mécanismes à l’occasion du télégraphe à signes conventionnels, construit également par M. Bréguet.
Mais l’un des plus ingénieux parmi les télégraphes de cette espèce, est sans contredit celui de M. Froment. C’est surtout dans le transmetteur soit manipulateur que se trouvent les perfectionnements imaginés par M. Froment. La figure 382 représente l’ensemble de l’appareil. A B est le manipulateur dans lequel on distingue les 28 touches du clavier, qui forment sa partie extérieure, et qui sont, sous la main de celui qui envoie la dépêche, exactement comme les touches du piano sont sous la main du pianiste. Les lettres et les différents signes y sont gravés en même nombre et dans le même ordre que sur le cadran du récepteur C D qui est vu en élévation, mais qui peut être aussi éloigné qu'on le veut du manipulateur. Celui-ci est muni de sa cloche d’appel dont le marteau est mis en mouvement par un électro-aimant particulier très-ingénieusement
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378 ■ àpplicàtions de d'électucité.
disposé, qu’on met en action en pressant une touche du clavier
du manipulateur.
Fig. J82.
La pièce la plus importante du manipulateur est un arbre d’acier droit et très-rigide, qui va d’une extrémité à l’autre de la caisse (fig. 383); sur cet arbre sont implantés autant de bras qu’il y a de touches, c’est-à-dire 28; ces bras, tous égaux et
Kg. 383.
perpendiculaires, divisent en 28 parties égales la longueur de l’arbre comprise entre la première et la dernière touche ; ils divisent également sa circonférence en 28 parties égales, formant ainsi la révolution complète d’une hélice, üe plus, chaque touche porte au milieu de son épaisseur et dans le point conve-
APPLICATW.NS PIIYSIQLKS. 379
nable Je sa longueur, uuo choville J'arréi sous laquelle le bras correspondant de l'arbre d’acier passe librement quand la touche est dans sa position naturelle, mais contre laquelle il vient heurter et s’arrêter quand la touche est abaissée et pressée par le doigt. L’arbre d’acier est lui-même mis en rotation par un mouvement d’horlogerie et il est muni d’une roue à interruption, comme dans les transmetteurs ordinaires, (|ui ouvre et ferme le circuit pour chaque tour, un nombre de fois qui dépend du nombre des signes à transmettre l’aiguille du récepteur marche ou s’arrête suivant que le cylindre tourne ou reste arrêté, quand du moins le circuit est établi. A l’extrémité de l’arbre se trouve une roue en rochet et qui, arrêtée par un levier horizontal, empêche dans l'état ordinaire l’arhre de tourner. Mais, en abaissant une touche on fait mouvoir le levier horizontal qui dégage ainsi la roue en rochet; le mouvement d’horlogerie fait alors tourner l’arbre jusqu’à ce qu’il s’arrête de nouveau quand la cheville correspondante à la louche arrive devant celle-ci. Aussitôt que la touche se relève, le levier horizontal engrène de nouveau la roue en rochet. Ainsi chaque touche fait partir le mouvement d’horlogerie dès qu’on la presse, et celui-ci s’arrête quand le bras de l’arbre en rotation, qui correspond à la touche abaissée, vient à la rencontrer; mais comme l’aiguille du récepteur marche synchroniquement avec l’arbre au moyen de la roue à interruption, il en résulte que cette aiguille, qui s’arrête en même temps que l’arbre, indique alors un signe correspondant à celui qui est marqué sur la touche qui a été abaissée.
Le jeu du télégraphe de M. Froment est en même temps trèsrapide et très-exact. La dernière roue du mouvement d’horlogerie tourne avec une grande vitesse, elle fait par exemple 1, 2 et même 3 tours par seconde, et elle imprime par conséquent cette même vitesse à l’arbre d’acier qui la porte. Cette grande vitesse ne nuit point à la régularité de la marche de l’appareil. .\insi la roue à interruption a sur son pourtour 14 dents et 14
• Comoie le elavier a 28 touches correspondantes A 28 sli:ncs, la roue a sur son pourtour H dents et 1 4 espaew vides.
380 APPLICATIONS DE l’ÉLECTRICITÉ.
espaces vides, puisque le clavier a 28 touches et qu’il y a, par conséquent, 28 signes à transmettre ; le contact du ressort et d’une dent produit la fermeture du circuit, tandis que le passage d’un vide devant la saillie du ressort produit la rupture. On comprend alors que l’aiguille du récepteur étant sur la marque il faut, pour que le clavier soit d’accord, que le bras de l’arbre d’acier qui correspond à la touche marquée -j- soit précisément sous sa cheville d’arrêt; les bras correspondants aux lettres A, B, C, etc., se trouvent ainsi respectivement à des distances de leur arrêt de n , A, A, etc., de circonférence; donc si l’on presse une touche quelconque, on détermine juste la rotation voulue pour que l’aiguille du récepteur vienne s’arrêter sur la lettre correspondant à cette touche, et le même accord se soutient indéfiniment, quelle que soit la vitesse de la rotation de l’arbre. La régularité de la marche est telle qu’on peut passer la main d’un bout du clavier à l’autre d’une manière quelconque, sans ordre ni aucune attention, en pressant même plusieurs touches à la fois, sans que le récepteur et le clavier aient perdu leur accord; en mettant le doigt sur une touche, on voit l’aiguille du récepteur marquer la lettre correspondante, comme si on venait de régler l’appareil.
Nous ne pouvons, ainsi que nous l’avons déjà dit, nous arrêter sur toutes les modifications si nombreuses qu’a éprouvées le télégraphe à cadran; telles que l’emploi de mouvements d'horlogerie mardiant synchroniquement aux deux stations et qu'on arrête à l’aide d’actions électro-magnétiques au même inslant, telles que la substitution de pièces d’acier aimanté aux armatures ordinaires de fer doux, ce qui fait qu'on peut se passer du ressort destiné à ramener l'armature à sa première position. En effet dans ce cas, les électro-aimants agissent sur l’armature déjà aimantée par elle-même, par répulsion aussi bien que par attraction, suivant le sens du courant; on augmente ainsi la sensibilité de l’appareil, et on est indépendant de l'intensité variable du courant, qui exige qu’on règle le ressort quand les armatures sout de fer doux, pour chaque intensité en particulier. M. Gloésener, quia employé les armatures aimantées dans la construction de différents systèmes de télégraphes.
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APPUCMIONS PHYSIQUES. 381
y a trouvé l’avantage que présente également, comme nous le verrons, l’emploi des machines magnéto-électriques au lieu de piles, celui de détruire plus rapidement par la production de courants induits, l’aimantation des électro-aimants qui persiste quelquefois quelques instants après que le courant a cessé de passer. Mais, malgré ces divers avantages, nous croyons que si l’on n’a pas adopté généralement les armatures aimantées, c’est que leur aimantation doit s’altérer très-rapidement sous l’action intermittente des électro-aimants.
Tous les télégraphes alphabétiques, soit ceux que nous venons de décrire, soit ceux qui leur ressemblent, peuvent être caractérisés d’une manière générale, en disant qu’ils ont nécessairement un manipulateur qui se meut à la main par celui qui envoie la dépêche, et que par suite, celui qui reçoit la dépêche est obligé de se taire et de rester passif jusqu’à ce que sou correspondant lui laisse la liberté de parler à son tour; quant aux diftérences qui existent entre les divers appareils, elles ne portent que sur le mécanisme qui sert à transformer le mouvement, de va-et-vient en mouvement de rotation, ou sur la disposition du cadran, ou sur la forme de l’interrupteur, ou enfin sur le nombre des divisions tant conductrices que non conductrices dont il se compose. Il n’en est pas do même du télégraphe imaginé par M. Siemens, qui diffère totalement des autres en ce qu’il maintient à l’opérateur qui reçoit la dépêche, pendant môme qu’il la reçoit et qu’il l’écrit, son action directe et immédiate sur l’opérateur qui la lui envoie, et cela sans avoir recours à un second fil, sans rompre l’accord des cadrans et des appareils, et sans amener la moindre perturbation dans la série des signes dont la transmission est commencée.
Pour réaliser cet avantage, M. Siemens supprime tout à fait l’interrupteur et il dispose son appareil à cadran pour qu'il agisse absolument de la même manière, soit qu’il doive envoyer une dépêche, soit qu’il doive la recevoir. Afin de bien faire comprendre le mécanisme ingénieux au moyen duquel ce résultat est obtenu, nous emprunterons sa description au rapport si remarquable que M. Pouillet a fait à l’Académie des sciences en 1850, sur le télégraphe à cadran de M. Siemens.
Pi. - -
382 APPLICATIONS DE l’ÉLECTIUCITÉ.
L’armature de l’éleclro-aimant porte un levier d’environ 1 décimètre de longueur qui exerce deux actions trcs-difiérenles.
Par la première, il fait passer, à chaque vibration double {aller et retour), une dent de la roue sur l’axe de laquelle est montée l’aiguille indicatrice du cadran, et par conséquent, il porte cette aiguille d’une lettre à la lettre qui suit.
P Par la seconde action, il rompt le circuit et arrête le courant dont il a lui-même reçu le mouvement; mais il ne l’arrête qu’au moment où il est lui-même arrêté par un buttoir dans son excursion à'aller, c’est-à-dire quand l'armature, attirée par l'électro-aimant, est venue aussi près des pôles qu’elle doit le faire; alors le circuit étant rompu, l'armature cesse d’être attirée, et se trouvant immédiatement rappelée par son ressort, le levier accomplit son retour. \ peine touche-t-il à cette autre limite de son excursion, qu’il complète de nouveau le circuit, rétablit le courant, et à l’instant se trouve de nouveau emporté par l’armature pour accomplir son deuxième aller, qui, par la même cause, est suivi d’un deuxième retour. Ces vibrations isochrones s’accompliraient ainsi indéfiniment tant que la pile fournirait un courant de même intensité; puis, elles deviendraient plus lentes quand la pile s’affaiblirait, et enfin elles cesseraient, après un temps plus ou moins long, quand l’action du couraut serait devenue trop faible pour que la force attractive de l’électro-aimant pût vaincre l’inertie de l’armature et la tension du ressort qui la relient éloignée des pôles
beux appareils semblables introduits dans le circuit, l’un à Berlin, l’autre à Paris, marcheraient de pair et avec un synchronisme parfait, sauf la vitesse de l’élcclricilé qui peut ici être négligée; et s’ils étaient d’accord au premier instant, c’està-dire si les aiguilles correspondaient au même signe, elles feraient des milliers de tours et marcheraient pendant des jour-
‘ Ce système, qol consiste h so servir do l'oction maencUsantc du courant lui-mènie pour rinterrompri- ou le rétAbUr, avait déjà été mis en pratique, soit par iiiui-mcme dans la construction de l'appareil que J'ai nommé condensateur clrclro~cliimii]Ue, et que j’ai décrit dans le premier volume de ce Traité, soit pinr d’autres physiciens, et eu particulier par M. Kroment dans plusieurs de ses ingénieux appareils.
APPLICATIONS pmsiQOKS. - 383
nées ou des années entières, en se trouvant toujours d’accord, c’est-à-dire toujours au même instant vis-à-vis des mêmes signes.
Aucun opérateur n’est nécessaire; la pile se charge de tout.
Cependant, jusque-là, l’aiguille indicatrice du cadran n'aurait qu’un mouvement régulier et saccadé analogue à celui de l’aiguille à secondes d’une pendule; toutefois il serait bien plus rapide. Car l’aiguille indicatrice pourrait faire une révolution entière par seconde, ne mettant qu’un trentième de seconde pour passer d’un signe du cadran au signe suivant, ce qui suppose dans le levier de l’armature, trente vibrations doubles par seconde. Il est vrai que M. Siemens n’essaye ses appareils qu’avec une vitesse moitié de celle-ci, .c’est-à-dire un tour en deux secondes, ou une vibration double du levier de l’armature en un quinzième de seconde. Cela ne veut pas dire toutefois que son télégraphe puisse faire I.ï signes par seconde ou 900 par minute, car l’œil pourrait à peine suivre l’aiguille; d’ailleurs, avee cette vitesse régulière et uniformément saccadée, elle montre tous les signes également, et fait en dernier résultat la même chose que si elle n’en montrait aucun, puisque l’observateur qui la suit ne peut rien distinguer, rien démêler dans ses mouvements : elle fait à peu près comme quelqu’un qui réciterait l’alphabet plusieurs fois de suite, d’une voix parfaitement réglée et monotone, sans faire sentir aucune lettre en particulier; à coup sûr il serait bien impossible de démêler ce qu’il a voulu dire. . ' ■
Il faut donc ajouter quelque chose au mécanisme dont nous venons de parler; il faut arrêter l’aiguille dans sa course, non pas longtemps, mais pendant une demi-seconde, un tiers de seconde ou peut-être un quart de seconde, suivant la justesse des mouvements de celui qui envoie la dépêche, et le coup d’œil plus ou moins prompt de celui qui la reçoit, par là l’aiguille montre, choisit, ou si l’on veut, prononce en quelque sorte les lettres sur lesquelles l'opérateur doit exclusivement porter son attention. Pour obtenir ce résultat, M. Siemens adapte circulairement autour de son cadran autant de touches qu’il porte de signes, et sur chaque touche est répété, en caractère très-
384 ' APPLICATIONS jDE l’électhicité.
apparent, le signe auquel elle correspond. En posant le doigt sur une touche, on abaisse une petite tige verticale de 1 04 2 millimètres de diamètre, qui vient alors barrer le passage à un levier horizontal parallèle à l'aiguille et monté sur son axe. C’est exactement comme si l'on arrêtait l’aiguille elle-même; mais le mécanisme est caché au-dessous du cadran pour n'en pas troubler l'aspect, et pour ne pas fatiguer l’attention de l'opérateur. Il ne suffit pas que l’aiguille soit bien fidèlement arrêtée vis-à-vis du signe qu’elle doit indiquer, il importe de plus que le levier moteur, lié à l’armature, dont le même obstacle arrête aussi la vibration, se trouve alors vers le milieu de son retour, c’est-à-dire vers le milieu de l’excursion qu’il fait sous l’influence du ressort qui le rappelle. On comprend, en effet, qu’à cet instant le circuit étant rompu depuis un certain temps, et les effets du courant ayant cessé, il y a moins de chance pour que l’armature contracte une polarité magnétique capable de troubler la marche régulière de l’appareil. Ces conditions sont très-habilement remplies par M. Siemens.
Celui qui envoie la dépêche n’a donc qu'une seule opération à faire : poser le doigt successivement sur toutes les touches qui correspondent à la série des signes qu’il veut transmettre. Il abaisse une touche, et l’aiguille indicatrice de son appareil, emportée par le mouvement régulier qui l’anime, n’éprouve rien encore; elle continue sa marclie jusqu’à l’instant où elle arrive au signe dont la touche est abaissée ; là elle s’arrête. L’aiguille de l’autre station, mue parla même force et soumise au synchronisme, ne peut pas cependant s’arrêter mathématiquement au même instant, car le levier q^ui la fait mouvoir, rappelé aussi par son ressort, achève forcément son retour, puisqu’il ne rencontre pas, comme son homologue de la première station, un obstacle matériel qui l’arrête; il achève donc son retour, et prend la position où, pour sa part, il complète le circuit et rétablit le courant. Cependant ce qu’il fait là ne peut pas avoir à l’instant même son efQcacité, puisque son homologue de la première station est alors retenu en uh point où il rompt le circuit. C’est ainsi que l’opérateur qui envoie la dépêche, posant le doigt sur une touche pendant une certaine
APPLICATIONS pirysiocES. 385
fraction de seconde, détermine un instant d’arrêt pareil dans l'aiguille de la seconde station ; mais, il faut bien le remarquer, les deux aiguilles ne peuvent pas s’arrêter au même instant; la seconde ne s’arrête qu’après un temps qui équivaut à peu près au quart de la durée d’une vibration complète. Cette circonstance est importante par l’influence qu’elle exerce sur le nombre des signes qui peuvent être transmis dans un temps donné.
Quand celui qui envoie la dépêche lève le doigt qu'il avait posé sur la première touche pour le porter sur la seconde et faire le deuxième signe, les phénomènes suivants s’accomplissent. Le levier de son appareil, obéissant à l'action du ressort qui le tire, est libre enfin d'achever son retour, et il l'achève en eff'et. Alors, le circuit étant partout fermé, le courant se rétablit ; les armatures des deux stations sont attirées simultanément, et les aiguilles reprennent leur marche concordante jusqu'à l'instant où celle de la première station marque le second signe; l'aiguille de la seconde station le répète à son tour, et les mêmes phénomènes se reproduisent Jusqu'à la lin de la dépêche. Si tout se passe bien, üopérateur de la seconde station n'a autre chose à faire qu'à suivre avec attention les mouvements de son aiguille indicatrice, à écrire ou à dicter les signes qu'elle lui désigne. S'il a un doute, il pose le doigt sur une touche; alors l'aiguille de la première station s'arrête à ce signal, et celui qui envoie la dépêche est ainsi prévenu que son correspondant veut parler; l'entretien s'engage, les explications s'échangent, et bientôt le travail primitif reprend son cours.
L’appareil dont nous venons de donner une idée sommaire se suflit à lui-même; il n’a besoin d'aucun auxiliaire et il ne présente d’autres chances d’erreurs que celles qui peuvent provenir de l’observateur qui a pu se tromper, soit en lisant les mouvements de l’aiguille, soit en écrivant les signes après les avoir lus. Pour éviter jusqu’à la possibilité de ces erreurs, M. Siemens joint au besoin à son appareil une imprimerie qui marche également par une action électro-magnétique dont l'origine est dans une pile locale, pile dont le circuit est fermé pour mettre en activité l’appareil imprimeur, par le courant qui fait marcher le télégraphe lui- même. L’intervention de la pile
386 APPLICATIONS 1>K L'ÉLKCTtUCITÉ.
locale est nécessitée par le besoin d'avoir pour faire marcher l'imprimerie électro-magnétique un courant électrique plus énergique que celui que requiert le télégraphe même, qui est d'ailleurs déjà affaibli par le Inget qu'il a parcouru d'une station à l'autre. Nous n'entrerons pas dans plus de détails sur le mécanisme passablement compliqué de cet appareil, comme l'est au reste celui de tous les différents télégraphes imprimeurs qui ont été imaginés avant et après celui de M. Siemens; nous renvoyons, pour l'exposition des principes sur lesquels reposent ces télégraphes, au paragraphe suivant, qui sera coniacré aux télégraphes enregistreurs.
Le télégraphe de M. Siemens requiert, pour bien mareber, une perfection d'exécution qui a été réalisée par M. Halske, habile mécanicien de Berlin, mais qui ne peut être en général que difficilement atteinte. Cette circonstance, jointe à la complioaticM) et par conséquent au coût élevé de l'appareil, en ont rendu l'emploi peu général ; mais elle n'en diminue nullement la valeur thterique qui est encore augmentée par les œnsidérations nouvelles et intéressantes sur la télégraphie électrique, dont son inventeur en a accompagné la d^riptioa ; considérations sur lesquelles nous aurons occasion de revenir plus loin.
C'est encore dans la catégorie des télégraphes à cadran que nous devons évidemment placer celui à signaux construit par M. Bréguet pour l'administration française. Il est destiné à reproduire les mêmes signes que ceux qui étaient donnés par les anciens télégraphes aériens; l’admioistratioa d^ lignas télégraphiques françaises ayant trouvé divers avantages dans cette modification apportée aux télégraphes ordinaires à cadran, d'abord celui d’avoir un personnel habitué à ces signes dont l’usage était consacré depuis un demi-siècle et dont les vocabulaires étaient arrêtés depuis longtemps, ensuite d’obtenir une transmission plus rapide des dépêches, puisque, en se servant des signes anciens, ce sont des mots et non pas seulement des lettres qu’on transmet, enfin de s'assurer par là plus facilement du secret des dépêches. Ce dernier avantage n'est pas très-réel, puisque, ainsi que nous l'avons déjà dit, rien n’est plus facile de l'obtenir avec un télégraphe quelconque, moyennant une
Dir • -
convention préalable analogue à celles qu'on fait pour les correspondances ordinaires, quand elles sont chiffrées. Les deux premiers avantages, quoique plus fondés, ne sont pas toutefois assez grands pour compenser les inconvénients qui résultent de la complication de l'appareil, de la difficulté plus grande de sa manipulation, ainsi que de la nécessité de deux fils télégraphiques et d'un courant électrique très-énergique pour le faire marcher. Aussi croyons-nous que ces télégraphes finiront par être abandonnés totalement comme ils commencent déjà à l'étre partiellement en France, qui est le seul pays où ils ont été employés; c'est ce qui fait que nous nous bornerons à en donner une description très-sommaire, malgré l'intérêt au point de vue mécanique que peut exciter la manière aussi habile qu'ingénieuse dont M. Dréguet est parvenu à résoudre le problème dont la solution lui avait été demandée par l'administration française.
Le système télégraphique dont il s'agit consiste en un double télégraphe à cadran, ce qui permet de faire mouvoir deux aiguilles; ces aiguilles doivent prendre chacune huit positions diiïérenles par rapport à une ligne horizontale, positions qui sont par conséquent à 45° do distance les unes des autres. En combinant chacune des huit positionsde l'une des aiguilles indicatrices avec les huit positions de l'autre, on obtient ainsi soixante-quatre signes. Les deux aiguilles sont mues chacune par un mouvement d'horlogerie, et portent sur leur axe une roue à échappement munie de quatre dents suffisantes pour obtenir les huit
Fig. 384.
positions à donner'. L'échappement se fait au moyen d’une ancre mue par un électro-aimant. C'est ce qui est représenté
' Ce système est semblable à celui employé par M. Dréguet pour sou télégraphe A cadran, dont nous arons parlé plus haut.
:,gl
388 APPLICATIONS DE l'ÉLECTRICITÉ.
dans la figure 384, où l’on voit pour chaque indicateur a et b, les deux palettes x et y, une portion de l'arbre oscillant qui les porte et la roue à quatre dents qui fait passer juste une demident ou I de circonférence quand l’oscillation du levier dégage une des palettes pour mettre l’autre en prise. Seulement, comme nous l’avons dit, le système est double; comme il y a deux indicateurs qui doivent se mouvoir, d’une manière parfaitement distincte et indépendante, chacun a son mouvement d’horlogerie, son échappement, son électro-aimant et son courant séparé. Il est facile de comprendre d'après cela le jeu de l’appareil qui exige seulement un mouvement d'horlogerie assez puissant et en même temps très-exact, conditions difficiles à concilier, mais qui l’ont été grâce à l'habileté de M. Bréguet.
Passons maintenant au manipulateur qui est composé de deux parties indépendantes semblables à celle de la figure 385; chacune d’elles est en rapport avec un des côtés du récepteur
par un fil spécial, ce qui exige, comme nous l’avons déjà dit, l'emploi de deux fils. Les deux manipulateurs sont identiques,de sorte qu’il suffit d’en décrire une.
G est un disque fixe divisé en huit parties égales par des crans dans lesquels on ' peut engager une tige fixée à la manivelle mobile M; R est une roue également fixe, sur un côté de laquelle est creusée une gorge quadrangiilaire à angles arrondis, dans laquelle se meut un galet porté par la partie supérieure du levier L; BD est l’axe de mouvement des deux leviers L et L'. L est le levier qui porte à son extrémité le galet qui entre dans la roue de la gorge R. L' est le levier qui porte dans le bas une pièce à ressort oscillant entre les deux contacts C et C'; C et C' sont deux contacts métalliques encastrés dans une ‘ pièce d’ivoire, sur lesquels vient appuyer le levier L'; C communique avec le pôle de la pile et C avec le récepteur par un fil conducteur; le fil de la ligne est fixé au bas de la colonne.
APPUCATIOKS PBTSIQITES. 389
faisant mouvoir la manivelle dans le même sens, autant de fois l'on aura passe devant les crans du disque G, autant de fois le levier L' aura produit d'interruption du courant par l'effet du jeu des leviers L et L'.
L’ensemble du récepteur et des manipulateurs est représenté dans la figure 386; on ne voit que l’apparence extérieure du récepteur, la forme de la hotte dans laquelle sont les mouvements d'horlogerie et l'échappement que nous avons décrit figure 384; on voit également la face qui est tournée vers l’opérateur, portant en haut, à droite et à gauche, deux petits cadrans qui servent à régler la tension du ressort de chaque armature, puis un peu plus has le régulateur horizuutul fixe et les deux indicateurs dont chacun est monté sur l'axe de la roue à quatre
Fig. 386.
dents de la figure 384, afin de se mouvoir avec elle. Les deux manipulateurs sont également représentés dans la figure 386.
On prend d'une main le manche m qui est articulé, on l'éloigne un peu du cercle a, et on le tourne pour le porter dans l'une des huit encoches, où il s’arrête par une cheville qu'il porte. • , . L’indicateur qu’il fait marcher s'arrête aussi dans la même position. Ce que nous venons de dire du manche m s’applique
à l’autre, qui agit de son côté de la même manière sur l’indi*cateur qui est sous son influence. Ainsi les deux mains sont à l’œuvre, et après quelque temps d’exercice, elles acquièrent une habileté merveilleuse dans ce genre d’opération où il faut qu’elles perdent toute habitude de mouvements symétriques. La manœuvre simultanée des deux manéhes de gauche et de droite fait donc marcher simultanément les deux aiguilles de gauche et de droite du récepteur, aussi bien à la station de celui qui envoie la dépêche qu’à la station de celui qui la reçoit; seulement celui-ci est obligé de mettre et de maintenir son manipulateur hors du circuit pendant tout le temps qu’il reçoit les signes de son correspondant.
Nous avons déjà dit que les télégraphes à cadran exigeaient en général l’emploi de courants passablement énergûiues; aussi les fait-on marcher le plus souvent aveedes couples de Uunzen. En France, en particulier, ce sont ces couples qu’on emploie avec les appareils télégraphiques à signaux anciens. 11 est même nécessaire d’employer des piles composées de plusieurs de ces couples; dans quelques cas, pour assurer le service, il en faut jusqu’à trente, ce qui entraîne une dépense assez forte. Quant aux conducteurs, ce sont en France des fils aériens et supportés par des poteaux en bois et isolés àu moyen de supports en porcelaine. En Prusse, où le télégraphe de Siemens a été employé, on s'est longtemps servi de iiU souterrains isolés par la guttapercha; M. Siemens a donné une description détaillée de ce mode de communication qui, du reste, parait avoir été abandonné, malgré les précautions qu’on avait prises pour le rendre aussi parfait que possible, et les moyens imaginés pour découvrir les points où une communication avec le sol avait lieu, quand par hasard il s’en établissait par l’effet de quelque solution de continuité dans la couche isolante.
c. Tèligruphet enregùtreurs.
Les télégraphes enregistreurs sont ceux qui laissent une trace permanente de la dépêche transmise en l’enregistrant, comme leur nom l’indique, de façon qu'on peut la conserver et la con-
Digilized by Coogle
APPLICATIONS PBT8IQVLS. 39i
trdier. On conçoit le grand avantage qui en résulte pour le ser* vice télégraphique, soit en rendant les erreurs beaucoup plus rares, soit en permettant, quand il s'en glisse, de remonter à leur origine.
Les télégraphes imprimeurs dont nous avons déjà parlé à l’occasion du télégraphe de Siemens appartiennent à la coté* gorie des télégraphes enregistreurs, mais ce ne sont ni les plus simples, ni par conséquent les plus usuels. Leur but est de fournir toute la dépêche imprimée en caractères ordinaires; iis se composent en général de quatre mécanismes différents : 1° d'un mécanisme compositeur au moyen duquel une roue portant les caractères de l'alphabet gravés en relief présente devant un repère celui des caractères qui est désigné; 2° d’un système pour encrer les caractères; 3“ d’un mécanisme imprimeur qui presse la bande de papier sur laquelle doit être imprimée la dépêche contre le type ou le caractère placé devant le repère; 4° d’un gouverneur de la bande de papier propre à la bien diriger et à la faire avancer après chaque impression de lettre, d’une quantité suffisante pour que les impressions ne se superposent pas. La grande difficulté du problème était d’obtenir le fonctionnement de ces divers organes mécaniques sous l’influence d’un même courant, et c’est principalement par les moyens employés pour vaincre celte difficulté que les différents systèmes qui ont été proposés se distinguent les uns des autres. Nous avons déjà indiqué que dans le télégraphe imprimeur de M. Siemens, c’est à l’aide d’une forte pile locale dont le circuit est fermé par le courant qui met en activité le télégraphe à cadran, que marche le mécanisme destiné à opérer l'impression. Mais déjà longtemps auparavant Wheatstone avait le premier imaginé d’écrire les dépêches en recourant à un appareil distinct formé de vingt-quatre bandes on ressorts portant des caractères en relief et des marteaux qui, en frappant individuellement chaque bande, imprimaient la lettre sur le papier en plusieurs exemplaires. M. Bretl avait apporté à ce télégraphe uii perfectionnement qui consiste à imprimer la dépêche au moyen d’un second cadran indicateur que l’on passe contre le papier chargé de noir de fumée. Mais plus tard il avait lui-même
392 APPLICATIONS DE l’ÉLECTRICITÉ.
imaginé un télégraphe imprimeur dans lequel la fonction du mécanisme imprimeur s'opère à l'aide d'un régulateur à force centrifuge, sous l'influence d'un temps d'arrêt sufilsamment tenu pour la transmission de la lettre qu'on veut imprimer. Dans le télégraphe de M. Drett, celle fonction s'accomplit par l'intermédiaire d'un appareil hydraulique dont les mouvements ascendants s'opèrent avec facilité et dont les mouvements des conduits s'cffectnent avec lenteur. Dans un système récemment inventé par M. Tlieiler, le mécauismc télégraphique est en mouvement synchronique avec celui du Iransmclleur, de sorte qu’il suffit d'arrêter celui-ci en face de telle ou telle lettre pour qu'aussitèt le mécanisme lélégrapliique soit arrêté et présente celte lettre au mécanisme imprimeur. Or celui-ci se trouve mis en action sous l'influence électrique même qui a détermiué l'arrêt de l'autre mécanisme télégraphique. Dans un système imaginé par M. Dumoncel, le mécanisme télégraphique marche sous l’influence du courant dirigé dans un certain sens, et le mécanisme imprimeur opère sa fonction sous l'influence du même courant dirigé en sens contraire. Il y aurait encore, si nous voulions faire une énumération complète, bien d'autres essais du même genre à citer ; mais tous ces appareils sont tellement dispendieux, tellement lents dans la transmission des dépêches, tellement délicats d.ms leur manœuvre et par conséquent tellement susceptibles de se déranger, que quelque perfeclionués qu'ils soient', ils ne deviendront probablement jamais pratiques et qu'on préférera toujours eu fait de télégraphes enregistreurs, les télégraphes à signaux simples qui ne nécessitent pas un personnel nombreux et auxquels on peut faire exprimer une langue slénographique Irès-abréviatrice. C'est donc de ceux-là que nous allons nous occuper, d'autant plus qu'indépendammenl de la propriété qu'ils ont d'enregis-
’ De tous les difTrrents systèmes de télégraphes Imprimeurs, celui qui certainement lonctianne le plus rapidement est celui du M. Thciler; il a en outre l'avantage d'etre d’une manœuvre très.simplc pour l'opérateur. Il ne serait donc pas impossible qu'il pût être employé pratiquement dans quelques cas spéciaux, par exemple quand il s'agirait de fournir un moyen aux aveugles d'écrire euxmêmes sans avoir besoin de dicicr.
APPLICATIONS PUTSIQliES. 393
trer la dépêche, ils présentent tant d’autres avantages que leur emploi tend à devenir, comme nous l’avons dit, toujours plus général.
C’est en 1837 que Morse fit connaître au public le télégraphe enregistreur, qui, avec raison, a gardé son nom et dont il parait bien qu’il avait déjà conçu l’idée en 1832. Le principe en est fort simple. Ce télégraphe n’exige qu’un seul circuit, par conséquent qu’un seul ül isolé et le retour par la terre. A l’extrémité du circuit où la dépêche doit être reçue, est un électroaimant dont le fil communique par une de ses extrémités avec le sol et par l’autre avec le hl isolé qui établit la communication entre les deux stations. L’armature de l'électro-aimant est fixée au bout d’un petit levier dont l’autre bout porte une plume ou un crayon. Sous la pointe de la plume ou du crayon marche, d’un mouvement uniforme, une bande de papier qui est mue au moyen d’un mécanisme. Maintenant, à l’extrémité du circuit d’où part la dépêche est une pile dont l’un des pôles communique avec le sol, tandis que l'autre pôle peut être mis à volonté en communication avec le fil isolé qui relie les deux stations. Si le circuit est fermé, l’armature de l’électro-aimant est attirée, et cette attraction fait que la pointe de la plume ou du crayon touche le papier, et y trace une ligne dont la longueur dépend du temps pendant lequel le circuit est resté fermé. Si celui-ci ést fermé et ouvert rapidement, il se produit sur le papier de simples points dont le nombre dépend du nombre de fois que le circuit est interrompu et rétabli. L’espace blanc qui sépare les points et les lignes est d’autant plus grand que le circuit reste ouvert plus longtemps. On voit donc qu’on peut à volonté, en agissant à l’une des stations, tracer sur le papier qui se déroule à l’autre, une succession de points ou de lignes séparés par des intervalles blancs, qui peuvent être combinés de manières assez variées pour donner naissance à des signes correspondants aux différentes lettres de l’alphabet et aux divers chifi'res de l’arithmétique. C'est ce qu’a fait M. Morse, et son système de signes a été généralement adopté avec une seule modification, dont la pratique a fait reconnaître la convenance; c’est, au lieu d'employer deux traits l'un plus long que l’autre outre le
394 APPLICAtlOm DE L'ÉtECTRICITÉ.
point, de n'avoir que deux signes; savoir, une ligne toujours de la même longueur et un point. Nous verrons plus loin comment, au moyen de ce point et de cette ligne, on peut représenter tous les signes dont on a besoin dans la transmission des dépêches. Nous avons supposé dans ce qui précède que la transmission de la dépêche n'avait lieu que dans une seule direction ; il va sans dire que pour qu'elle ait lieu dans les deux, il faut double système d'appareils.
Sans nous arrêter aux diverses modifications successives qu'a éprouvées le système de Morse, je le décrirai immédiatement tel qu'il est maintenant pratiqué généralement, en particulier en Allemagne et en Suisse où, grâce aux perfectionnements introduits successivement par M. Steinheil et par M. Hipp, il atteint un haut degré de précision et de rapidité dans la transmission des dépêches. L'appareil enregistreur ou écrivant (11g. 387) repose sur la combinaison de deux appareils essentiellement différents; l'un consiste dans un levier H qui, lors-
Fig. 387.
qu’on rabaisse, presse sur une feuille de papier P avec une pointe t dont il est muni. Ce levier est abaissé au moyen de i’électro-aimant H qui attire l'armature/) fixée au levier; chaque fois que le courant passe dans le fil de l'électro-aimant, l'armature entraîne en effet le levier auquel elle est fixée et produit
APrtiCATIONS PHT81QU1S. 395
ainsi la pression de la pointe contre le papier. Une ris i sert à limiter le jeu de l'armature et un ressort en hélice / joint au levier l’oblige, par son élasticité, à se séparer de l’électro-aimant lorsque le courant cesse d’agir, ce qui fait que la pointe ne presse plus. L’autre partie de l'appareil est destinée à faire passer sous la pointe, avec une vitesse uniforme, une longue bande de papier P qui est enroulée sur un cylindre et qui est à cet effet serrée entre deux cylindres de laiton à surface rugueuse, O et Y. Deux ressorts tiennent le cylindre supérieur pressé contre le cylindre inférieur qui est mis en mouvement par un rouage d'horlogerie, au moyen d'un poids s auquel on a maintenant substitué avec avantage un ressort ordinaire. Le papier est entraîné entre les deux cylindres par le mouvement du cylindre inférieur et passe ainsi sous la pointe. Quant à celte pointe, apres avoir successivement essayé une plume et un crayon, la difficulté de fournir l'encre à la plume et de tailler le crayon y a fait renoncer, pour les remplacer par une pointe en acier très-dur; pour que cette pointe ou plutôt ce style laisse son empreinte sur le papier, on a pratiqué sur le cylindre supérieur V une rainure qui correspond au style; il en résulte que lorsque le levier est attiré par l'éleclro-aimanl, le style atteignant le papier, le presse contre le fond de la rainure, ce quiproduit un trait distinct. Si le style ne presse sur le papier que pendant un temps très-court, il ne marque qu’un point; s’il agit pendant un temps plus long, il marque un trait; il peut donc marquer des points et des traits, ce qui suffit, comme nous l’avons dit, pour former un alphabet complet.
Avant dedécrire l’appareil transmetteur représenté figure 387 de profil on d, nous devons faire connaître un appareil essentiel dans le système télégraphique de Morse; c'est celui qu’on a nommé le relais, appareil, du reste, dont on fait usage dans beaucoup d’autres applications du même genre. Le but du relais, c’est lorsque le courant d’une pile transmis à une grande distance par un fil télégraphique est trop faible pour faire fonctionner directement l’appareil récepteur, d’employer ce courant à faire agir sur l’appareil le courant plus fort d’une pile locale; fonction qui n’exige que très-peu de force dans le courant. Or, le
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396 APPLICATIONS DE l’ÉLEGTRICITÉ.
récepteur, dans le télégraphe de Morse, exige, pour fonctiouner, un courant assez énergique, et à moins d’employer des piles très-puissantes, ce qui serait fort dispendieux et souvent fort embarrassant, on ne peut le faire agir par un courant transmis d’une station à l’autre. On a donc recours au relais qui consiste (fig. 388) dans un électro-aimant E E dont le fil est mis, par les extrémités F et F', en communication avec la ligne télé-
graphique; de sorte que cet électro-aimant fonctionne sous l’action du courant transmis d'une station à l’autre. L’armature en fer doux A est attachée à un levier L L mobile autour de> l’axe a a' ; l’extrémité L se meut entre deux vis p, et p, dont l’une p, est terminée par une pointe en ivoire, et l’autre p, entièrement métallique communique, au moyen de la colonne métallique G et des conducteurs S v, avec le pôle d’une pile locale P; l’autre pôle de cette pile communique, par l’intermédiaire du fil de l’électro-aimant de l'appareil enregistreur et du ressort R, avec le levier métallique L L'. Lorsque le circuit télégraphique ou F F' est ouvert, l’électro-aimant ne fonctionne pas, l’extrémité L du levier s’appuie contre la pointe d’ivoire p, par l’effet du ressort R ; mais si on ferme le circuit à la station de départ, l’armature A du relais est attirée, L touche la pointe métallique p^ et le circuit de la pile locale P étant fermé, l’appareil récepteur de la station d’arrivée peut fonctionner. La vis V G' sert à tendre plus ou moins le ressort R pour régler le jeu du l'elais, suivant
APPLICATIONS PHYSlOrES.
l'intensité du courant 11 est maintenant évident que si la pile locale a une force sufQsante pour faire fonctionner le récepteur du télégraphe de Morse, chaque fois qu’il y aura contact court ou prolongé dans le transmetteur de la station de départ, il y aura contact court ou prolongé en pj et de même dans le récepteur; ainsi les signaux peuvent se produire par l’intermédiaire du relais aussi bien que directement, seulement le relais permet à la pile locale d’agir pour les former.
Il nous reste maintenant à faire connaître le manipulateur désigné aussi dans ce cas sous le nom de levier clef. Il se compose (fig. 387 d et fig. 389) d’un petit marteau métallique » soulevé par un ressort r et qui communique avec un des fils n
du circuit; au-dessous du marteau est une petite enclume métallique q communiquant avec l’autre bout m du fil du circuit. On peut ainsi, en appuyant avec le doigt en D sur le ressort, fermer le circuit ou le rompre à volonté; si on ne produit le contact entre le marteau et l’enclume que pendant un temps très-court, le courant ne passera que pendant cet instant dans le circuit; en le maintenant au contraire plus longtemps, le
' Le ressort est destiné A rappeler les bras du levier dans sa première position, quand l'électro-aimant cesse d'agir; mais il est essentiel, pour qu'on puisse produire un grand nombre de mouvements dans un temps donné, que ee ressort fonctionne rapidement. H. Hipp a proposé pour cela de placer, au lieu d'un ressort, deux ressorts opposés dont on modiQe la tension, mais de façon à ce qu'on en laisse prévaloir un qui ramène le levier A la première positionj combinaison qui, quand l'appareil foucUonne, donne lieu à un rappel plus rapide que lorsqu'il n'y a qu'un ressort.
Fig. 389.
398 APPLICATfONS DE L’iLECTBICITÉ .
courant pourra passer tout le temps dans le fil télégraphique. On voit que le levier-clef est un appareil très-simple ; toutefois on lui a donné une disposition un peu plus compliquée dans le but de lui faire remplir, en même temps que l'office de manipulateur, celui de moyen de communication entre la station d’où vient une dépêche et la station où il se trouve lui-même. On le construit donc de manière qu'il satisfasse aux conditions suivantes : 1° lorsqu'une dépêche est transmise, de laisser ouvert le circuit de la pile locale et celui de la pile principale' de la station de départ; 2* dans l'état de repos, de laisser fermé le circuit de la ligne télégraphique afin que le courant de ligne provenant de la station voisine puisse circuler ; 3* de permettre en même temps que ce courant puisse circuler autour de l’électro-aimant du relais de façon qu’au moment où il circule, le circuit de la pile locale soit aussitôt fermé; 4* enfin, de cesser d’être en communication avec le relais au moment où l’on ferme le circuit de la pile principale de la station, afin que le courant de cette pile aille directement aux appareils de l’autre station sans être obligé de traverser le fil de l’électro-aimant du relais qui est à la station de départ. L'appareil suivant (lig. 390) remplit très-bien les conditions voulues. Sur une petite table en bois T T est une plaque en laiton P P avec deux
supports verticaux métalliques S S, dans lesquels s'engagent les extrémités a a de l’axe d'un levier à deux branches L L, toujours en contact métallique avec la plaque P P. Sur l’un des
■ Nons déslgiions looa ce nom, par oppoeiiion à ta pile locale, la pile dealinêe k fournir le worant tranamia à trarera le III télégraphique d'oM idation à l'autre, qu'on appelle couronf de ligne.
prolongemenls du levier se trouve un marteau M, au-dessous duquel est une petite enclume métallique E, de laquelle il est tenu éloigné dans l'état de repos par un ressort R. L'autre prolongement du levier courbé à angle droit en Q est alors eu contact intime avec un petit cylindre métallique entouré d'un cylindre d'ivoire isolant et communiquant avec la vis de pression V,. L'enclume communique avec une autre vis de pression V„ et la plaque P P avec la troisième vis V. C’est à cette dernière vis qu'aboutit le fil de ligne ou le Q1 de terre, de façon que dans l'état de repos, le courant principal entrant par la plaque arrive par U à la vis Y, qui communique avec le relais de la station. Mais si on presse sur le levier de manière à faire toucher le marteau M et l'enclume E, on met en communication le fil de ligne ou le fil de terre avec la vis V, qui communique avec l'un des pôles de la pile principale dont l'autre pôle aboutit au fil de terre ou au fil de ligne, et on agit alors sur le relais et par conséquent sur l'appareil télégraphique de l'autre station.
11 nous est facile maintenant de nous représenter la manière dont se fait la communication entre deux stations. 11 faut qu'il y ait à chacune : 1* une pile principale et une pile locale; 2° un appareil écrivant; 3* un relais; 4* un levier-clef. Le levier-clef communique à cbacunedes stations d'une manière permanente avec le sol au moyen d'un conducteur qui part de la vis V en contact avec la plaque métallique PP; il communique par la vis V| avec l'une des extrémités du fil de l'électroaimant du relais dont l’autre extrémité aboutit h une pièce métallique à laquelle aboutit également le fil de ligne; cette môme pièce est en communication avec l’un des pôles de la pile principale dont l'autre pôlo communique avec la vis Y, du levier-clef. Il résulte de cette disposition que si le levier-clef de la seconde station est baissé, le courant principal de cette station fait agir le relais de la première, puisque son circuit est complet ‘. Ce circuit est
' Le couraot en elTet, partant de l'un des pôles de la pile principale, arrive à la pièce métallique du relata, où 11 trouva le bout du fli de llgae, patuuurt œ 01, pnia parvient i la pièce métallique du relais de la première station, traverae le 01 de l'électroaimant de ce relata, arrive A la via V, du levier-etd, de U ae
400 APPLICATIOSS DE L’ÉLECTRICITÉ.
par contre rompu dès qu'on presse sur le levier-def de la pre* mière station ; mais alors on met dans le circuit du fil télégra> pfaiqne la pile principale de cette station qui va agir sur le relais de la seconde, en supposant que son levieiMsIef soit dans l’état de repos, comme il doit l'étre naturellement quand on n'agit pas; or on n'agit jamais aux deux stations en même temps.
Aux trois appareils que nous venons de décrire, appareil à enregistrer, relais et levier-clef, M. Steinheil en a ajouté un qu’il a nommé tranalateur, qui est destiné à transmettre une dépêche entre deux stations qui ne se suivent pas immédiatement, à travers les stations intermédiaires. 11 est indispensable pour cela d’introduire dans le circuit les piles principales de cfaaquestation, carie courantd'uneseulede ces piles ne pourrait vaincre la résistance que lui présentent ensemble des conducteurs qui relient deux stations très-élôignées l'une de l'autre. On conçoit que cette opération peut se faire facilement au moyen de leviers - clefs munis d’électroaimant qui , lorsqu'ils sont parcourus par le courant de la ligne, déterminent dans le levier auquel ils appartiennent un mouvement qui ferme le circuit de la pile principale exactement comme cela a lieu quand on presse avec le doigt ; ainsi la dépêche peut être transférée dans une direction ou dans l'autre; c'est pourquoi on a donné à l’appareil le nom de translateur. Dans l'état de repos, il faut que les transe lateurs de chaque station unissent avec le sol les extrémités du fil télégraphique compris entre deux stations consécutives; mais quand on veut que la dépêche traverse les stations intermédiaires pour parvenir directement à une station extrême, il faut que les clefs s'abaissent de manière à rompre la communication avec le sol et à introduire la pile principale dans chacune des lignes partielles qui unissent entre elles les stations intermédiaires. La clef du translateur peut s'abaisser dans un sens ou dans un autre, suivant que la dépêche marche dans une certaine direction ou dans la direction inverse.
rend d*n« le lol, d'où retournant à la seconde station, il pénètre par le DI de terre dans le levier-clef de cette station, qui étant baissé le conduit à la vis V,, qui est en communication avec l'autre pôle de la pile.
Diyitlzeri by GoogU
applications POYSlQUES,
Mais il est plus simple, comme l'a encore fait M. Sleinbeil d unir le translateur à l'appareil à écrire de Morse, ce qui peut s effectuer facilement au moyen d'une légère addition à cet appareil. 11 suffit en effet d’ajouter à l'extrémité du levier de 1 appareil a écrire opposée à celle où est le style une petite piece qui vienne en contact avec une au-dessous d'elle au moment ou le levier est mis en mouvement par l'attraction de e ectr^aimant. Ce contact, par une disposition facile à comprendre, ferme le circuit de la pile principale de la station où est I appareil, de maniéré à transmettre la dépêche à la station suivante et ainsi de suite. La dépêche est ainsi transmise d'une station extrême à une autre extrême, à travers toutes les stations intermediaires, en laissant dans chacune d’elles sa trace. Il est utile cependant qu’elle puisse passer aussi sans laisser sa trace. On remplit ce double but au moyen d’un commutateur que les employés disposent de façon que, d’après un premier signe parti de la première station, qui indique l’endroit auquel la dépêché est destinee, le courant de la pile locale puisse mettre la pile principale dans le circuit télégraphique sans faire mar-
“““ ‘ 'a Jépiche
M Stemheil, qui a si puissamment contribué au perfectionnemen de la télégraphié électrique, avait trouvé convenable de jomdre aux piles principales de chacune des stations une résistance considérable dont on pût changer la grandeur sans interrompre le courant. C’est ce qu’il avait obtenu au moyen d un rhéostat consistant en un fil de laiton très-fin ; en choisissant ce fil de manière qu’une longueur do 40 pieds offre à peu près la même résistance que 16.000 pieds ou une lieue du condimteur on parvient à produire, par des fils de laiton de 400 à 600 pieds de longueur, des résistances égales à celles des conducteurs compris entre deux stations consécutives ou de ce que nous appelons des lignes partielles. Nous ne décrirons pas les details de ce rhéostat di.sposé de façon qu’on peut, dans un instant très-court, introduire dans le circuit des résistances équivalentes à une heue, deux lieues, trois lieues et jusqu’à onze lieues du fil de ligne; uii second rhéostat joint au premier per-
ni.
402 APPLICATIONS DB l'ÉLECTmClTÊ.
met d'introduire également très-promplement des résistances équivalentes à ^ de celles du premier, Ô%t-à-dire à etc., de lieue du fil de ligne. La nécessité da nette introduction, dans le circuit, d'une résistance variable, tient & l'importance d'avoir, pour agir sur le relais, un courant de force constante, vu que l'appareil une fois réglé par la tension du ressort, il ne marche plus bien si le courant devient plus ou moins intense que celui sous l’influeuce duquel il a été réglé. Or le courant qui met les appareils en mouvement est variable, car son intensité dépend de l'état delà pile, qui, même dans les piles les plus constantes, peut varier, et surtout de l’isolement du fil de ligne qui change avec le degré d’bumidiié de l'air et des supports. Il faut donc chaque jour faire varier la résistance additionnelle provenant de l'introduction du rhéostat dans le circuit, de manière à avoir un courant toujours, autant que possible, de même intensité, ce dont on juge au moyen d'une boussole entourée d'un fil galvanométrique qui fait partie du circuit principal et dont chaque station est pourvue.
La rectification de la force du courant règle la marche des appareils et elle apprend en outre à connaître l’état de toute la ligne, car les pertes de courant sont d’autant plus fortes, et par conséquent l'isolement du fil de ligne d'autant plus imparfait, qu'il faut davantage augmenter la déviation de la boussole à la station de départ, en y diminuant la résistance, pour obtenir à l'autre station la déviation qui correspond au courant normal sous l'action duquel les appareils doivent marcher. Malgré les avantages incontestables du rhéostat, nous verrons cependant dans un instant que l’cipérience a montré qu’on pouvait s’en passer sans inconvénient, et qu'il était plus simple et plus commode de régler les appareils chaque jour, suivant l'intensité variable du courant, en tendant plus ou moins les ressorts des relais. '
Avant d’aller plus loin et d'indiquer par quelques détails pratiques la manière de se servir du télégraphe de Morse, il est temps de faire connaître la nature des signes, soit l'alphabet dont on est convenu de faire usage. Comme nous l’avons déjà dit. les signes sont au nombre de deux : un point et une
APHICATIONS PHTSIQUES. 403
ligne; et c’est en le» MjBobinant deux à deux, trois à trois et quatre à quatre qu’oi^jihîient à obtenir en tout 30 indications différentes corresponian» aux lettres de l’alphabet et à quelques diphtbongues. Voici le tableau de ces combinaisons mises en regard des lettres qu’elles représentent, ainsi que des chiffres pour lesquels on emploie cinq signes.