‹ Traité d'électricité théorique et appliquée (volume 2)Chapitre 30 sur 64 · ACTION MUTUELLE DU MAGNÉTISME ET DES COURANTS · texte numérisé non relu

ACTION MUTUELLE DU MAGNÉTISME ET DES COURANTS

teurs en fil de cuivre contournés comme on en a besoin pour les expériences; mais il faut donner déplus grandes dimensions aux figures, que forment les divers conducteurs, quand on ne met pas en pratique le système de la multiplication (fig. 85).

Du reste, avec les uns comme avec les autres, on peut facilerneut faire toutes les mêmes expériences qu'on fait avec Tappareil construit d'après le mode de suspension d'Ampère, et en particulier obtenir la direction par le globe terrestre d'un courant rectangulaire ou circulaire. 11 faut seulement avoir bien soin, quaqd on n'emploie qu'un seul couple voltaïque, de ne pas oublier que , comme nous Tavons déjà fait remarquer dans la première partie de cet ouvrage, l'électricité positive se porte à la plaque de cuivre ou de platine, et la négative à celle de zinc; que, par conséquent , c'est, suivant notre convention , de la plaque de cuivre ou de platine que se trouve partir le courant pour traverser le conducteur, aller de là au zinc et retourner à travers le couple à son point de départ. Pour qu'on puisse mettre les diiférents conducteurs successivement dans le circuit du couple, la rondelle de liège porte deux petites capsules cylindriques en bois remplies de mercure, qui communiquent Tune avec le platine, l'autre avec le zinc du couple, et dans lesquelles on fait plonger les extrémités du conducteur à travers lequel le courant doit être transmis.

$ 2. Action mutuelle de deux courants électrl^nca

Dès Torigine de ses recherches, M. Ampère s'était îu'un courant électrique n'agit pas seulement sur un a tuais qu*il exerce aussi une action sur un autre courai)

218 MAGNftTtàBfE ET tLEGtAO^-D^TIAMlQtJK.

trique. Il Ifouva que cette action consistait eu ce que si deut portions de courants rectilignes et parallèles Tune à Tautre sont mobiles toutes les deux, ou sont Tune fixe, Vautre mobile, elles s'attirent mutuellement lorsqu elles sont dirigées dans le même sens, ef se ?*ej)oussent lorsqu'elles sont dirigées en sens con* traire. L'attraction ne cesse point ici avec le contact, comme lorsqu'il s'agit de l'attraction des corps électriques dans l'élertricité statique ; elle persiste tant que les courants continuent à traverser les conducteurs.

Pour démontrer ce principe par l'expérience, on peut se servir de la pile flottante ou de l'appareil d'Ampère, en adaplaul à l'une comme à Tautrc le conducteur asiatique vertical. On présente à l'une de ses branches verticales un til métallique pn-

rallèle traversé par le courant d'une pile un peu forte ; on voit ce fil , qu'on peut tenir simplement à la main, attirer la branche du rectangle si les deux courants sont dirigés dans le même sens, c'est-à-dire tous les deux également de haut en bas ou de bas en haui, et la repousser s'Os sont diriges en sens conlrairr, l'un de bas en haut et l'autre île haut en bas (fig. 8(1)'.

M. Ampère ne tarda pas à généraliser la loi des courants parallèles en l'étendant au cas des courants angulaires, c'est-à-dire au cas où les deux conducteurs traversés chacun par un courant forment un angle, en étant situés soit dans le môme plan, soit dans des plans différents; dans ce dernier cas, l'angle

Fig. 86.

< On peut tenir à la main le lU qui réunit les deux pôles de la plie pour le présenter au courant mobile, tans que le courant cesse de le travener, vaqua le métal est un conducteur tellement supérieur au corps bumain, que les dem éleetricités ie traversent exclusWement pour se réunir rune à Tautre.

ACTION HtTUKLLE DU MAGNÉTISME £T DES COURANTS. 2l9

fermé par les deux courants est celui «pie font les deux plans dans lesquels ils sont situés, et il a pour sommet la ligne droite qui niesure leur plus courte distance. La loi que trouva Ampère dans ce cas général est la suivante : c'est que les deux courants angulaires s attirent lorsque leur direction est telle que tous les deux tendent vers le sommet de Vangle, ou que tous les deux en partent^ et qu'ils se repoussent lorsque l'un va vers le commet et que Vautre en part. Cette loi comprend quatre cas différents, pour rintelligence desquels il est nécessaire de jeter les yeux sur la fig. 87, dans laquelle les plus grosses flèches

Fig. 87.

i^résentent la direction des courants, et les plus petites le sens dans lequel les conducteurs cheminent Tun à Tégard de l'autre. Quand la suspension du courant mobile et la disposition du courant fixe sont telles que l'angle qu'ils forment entre eux reste invariable, cette action peut donner naissance à un mouvement continu de rotation. Mais, avant d'étudier cette forme particulière sous laquelle elle se présente quelquefois, nous devons la constater d'une manière plus di« recte, en nous occupant du cas dans lequel l'arrangement de lexpérience permet aux deux courants de s'approcher ou de s'éloigner, de manière que l'angle qu'ils tonnent entre eux augttente ou diminue.

On peut faire usage dans ce but de la pile flottante, en y ajustant le conducteur astatique horizontal. On présente à la branche supérieure un courant rectiligne également horizontal, de manière qu'il forme avec elle un angle dont le sommet est à l'une des eitrémités de chacun des deux courants (iig. 88 ). AussitAt, quel que soit cet angle, aigu, obtus ou droit, on voit, si lesdeux courants sont dirigés de façon à converger Tun él l'autre vers son sommet ou à en diverger, la branche mobile, en- Iratnaiii avec elle tout le circuit dont elle fait partie, tournet

220 MAtîNÉTISME ET iLEGTRO-I>Y>âAU(ilIE,

autour de ce somme l pour venir se placer parallèlement au conducteur fixe el aussi près de lui que possible. Dam cette po^iLiyij,

Fîg. 88.

les deux courants :^e Irouvent êlrtj devenus parallBleë, et dirigés dans le même seus Tuu à Tégard de l'autre* Si, coutraire, Tun des courants est primitivement dirigé ven» le summet de Tangle et que Tautrc en parle, on voit la bmiiehc mobile, tournant toujours autour de ce sommet» fuir le condu leur Jixe en augmeiiLant Tangle qu'ils forment entre eux, \ tendre à venir se placer dans le prolongement de ce condticté4 en formant avec lui un angle de 1811*, c est-à-dire le plus gra angle possible.

(iorarae la distance entre les diverses parties des deux ce ducteurs, qui ne sont pas très-rapprochés du sommet de Tanj est nécessairement Irès-grande, il faiit, pour que rexpérieB réussiBse bien, que les courants soient très-énergiques. Uiipcd pour augmenter cet le énergie, faire faire plusieurs tuui*s ai que forme le conducteur astatique, eu ayant soin de le recc vrir de soie pour éviter le contact métallique. Mais II est |*rt^ f érable de se servir, pour ce genre d'expériences, de Tap pareil qui permet remploi d'un courant produit par um* forle pile. On y suspend le conducteur asiatique liurizontal, i on y adapte, pour agir sur la branche inlérieure, un condis teur iixe horizontal, qu'on place au*dessous, mais aussi

Âcnoif inmjÈLLS t>u magnétisme st des coiirants. 221 ae possible de cette branche. On peut faire passer à travers le ODducteur fixe le même courant que celui qui parcourt le conacteur mobile, si on préfère, ce qui est plus commode, ne pas mployer deux piles différentes. Cette observation s'applique gaiement à l'expérience dans laquelle on démontre, avec ce nême appareil, l'action d'un conducteur vertical fixe sur la branche verticale du conducteur astatique mobile. Mais pour réaliser tous les cas possibles en n'employant qu'un seul courant qui parcourt successivement tout le système des conducleurs fixes et mobiles, il faut pouvoir changer le sens du courant , non-seulement dans les deux conducteurs à la fois, ce qui est toujours facile, puisqu'il suffit pour cela de changer de place les deux pôles de la pile , mais aussi dans l'un des conducteurs seulement sans le changer dans l'autre, ce qui exige un artifice particulier.

Voici, en conséquence, comment on peut disposer l'appareil delafigure 82, pour servir à toutes les expériences relatives à l'attraction et à la répulsion mutuelle des courants électriques. On place sur la table qui porte l'appareil (flg. 89) trois capsules en

Fig. 89.

icier remplies de mercure et disposées en arc de cercle, dont les leux extrêmes aetc communiquent chacune avec l'un àf orts métalliques en potence ([ui sont destinés à mettre ucteur mobile dans le circuit. Celle du milieu b est i ommunieation avec une pince métallique ou une cap

222 MAGNÉTIS]\aE ET Éf£CTRO-DTNAMIQII¥<

destinée à recevoir l'une des cxlrémités du coiiducteur fiiCiSoil vertical y soit horizontal, dont Taiitre extrémité alK)utit ^une seconde pince ou à une seconde capsule n, do laquelle part un conducteur qui va à Tun des pôles de la pile. Le second pAle est fixé à un petit cylindre métallique o, placé au centre du cercle auquel appartient Tare formé par les trois premières capsules. Le long de ce cylindre vertical glisse à frottement juste une douille d'où part un conducteur métallique horizontal qui, par son extrémité recourbée, peut plonger à volonté dans Tune des trois capsules a, 5 ou c. De la même douille partent deux tiges de verre, d e et f g^ dont chacune porte à son extrémité un arc métallique dont les dimensions et la disposition sont calculées de façon que lorsque la tige horizontale plonge dans Tune des capsules extrêmes a ou c, les deux autres capsules sont réunies méialliquement par Tun ou par l'autre des deux arcs. 11 est facile de voir que, par cet arrangement, le courant est établi dans tout le système des conducteurs fixe et mobile, et qu'il suffit , pour changer sa direction dans l'un des conducteurs (le mobile), sans le changer dans l'autre (le fixe), défaire plongtT la lige horizontale alternativement dans l'une ou dans l'aulré d(^s deux capsules extrêmes. En effet , en supposant que le polc positif de la pile communique avec le centre o de l'arc (le cercle, le cuuranl parlant de là arrive, par la lige métallique, à l'une (les capsules extrêmes a ou c, passe de là à l'un des supports Qu potence, traverse le conducteur mobile, revient par l'autre support à la seconde capsule extrême, puis passe, au moyen de l'arc nirlallique, à la capsule du milieu ô, d'où il se dirige à l'une des extréniilt'^s m du conducteur fixe, qu'il parcourt pour aboutir à l'autre extrémité n de ce même conducteur et (le là au p(jle négatif de la pile. Quand on veut agir sur le coor ducteur mobile uni(iuemcnt par un aimant ou par le globe terrestre, on se borne à enlever le système des conducteurs fixe*, et à unir par un fil niélallique les deux pinces ou capsules m et n, qui étaient destinées à le mettre dans le circuit. Il est facile de voir qu'alors le conducteur mobile est mis dans le circuit, et qu'on peut changer la direction du courant qui le parcourt par le même artifice qu'on employait quand le conducteur 'fixe éUiit

ACTION IfUTYIIUiS pu JOiaNl^niiME KT UW COURANTS. 913

égalemeiit tr^yer^é par le courant. Un peut ainsi se pasger de Tappareil de }a fig. 82, celui quB nous Tenons de déori^'e pour ?ant servir au même usage, La Qg. 89 représente le cas où le ecNdducteur fixe est vertical, et il sert pour la démonstration de Vattraction et de la répulsion des courants parallèles; la fig. 90

Fig. 90.

représente le cas où le conducteur fixe est horizontal; c'est celui qui sert à Tétude des courants angulaires. Ce conducteur fixe horizontal se compose ordinairement, non pas d*un seul fil, mais d un fil recouvert de soie faisant plusieurs révolutions autour d un cadre, et dont les deux extrémités sont mises en commu* mcation avec les pinces ou capsules m et n; cette multiplication rend beaucoup plus énergique Taction du courant fixe sur le courant mobile'.

Pour copslatcr la loi des courants angulaires, on fait usage, eomme nous r^ivons dit, du conducteur astatique horizontal, et c'est sur sa branche inférieure, qui ne peut avoir qu'un mouvement de rotation autour de Taxe de suspension, qu'agit le

* M. Ampère avait réuni dons un appareil toutes lei combinaisons destinées à produire les différents phénomènes que nous venons de décrire, et même la plupart de ceux qui suivent. Nous avons trouvé un grand avantage à avoir des appareils disUncts pour ehaque expérience. On évite ainsi toute confusion, et le ihéDonène, d^à asses compliqué de lui-même, en devient bien plus clair et flaa Crappaot*

224 MAGlrtTISME IT ttECTEO-tirS'AMÎQll .

courant 6xe* On peut doanerau conducteur mobile une far telle (lig. 91) que le mouvement de rotation ait lieu auloufj rexlrémilé do la branche horizontale. LVx-

périeDce se fait alors de la même manière \

qu'avec le circuit flotlant, et elle donne les | [I *.^

mêmes résultats, qui sont seulement plus i prononcés, à cause de la possibilité qu'où a d'employer des courants plus éuergi- FSg- ï>**

ques. Ordinairement cependant le mouvement derotational au milieu de la branche horizontale du conducteur mobile i que (fig. 90). 11 est facile en effet de voir que, dans ce cas, Vê est doublé; car les deux courants éprouvent, dans chacun angles qu'ils forment en se croisant, des actions atlraetivefl répulsives qui, étant soumises à la loi que nous avons énLUiCHe, concourent pour imprimer à la branche mobile un mouvement dans deux j?ens qui s accordent. Elles sont en eSei reput dans deux des angles et attractives dans les deux autres^ \ en résulte qu'elles obligent le courant mobile à venir se pli parallèlement au lixe, de façon que leur direction soif la ml à Tun ei à Vautre* Si Ton change alors le sens relatif des courants, on voit le courant mobile décrire un angle de 1| pour venir se placer de nouveau parallèlement au courant 1 de façon à être dirigé daus le même sens que lui, Cellt* ci rience montre que l'action des courants angulaires peut, vaut le mode de suspension et ta position du point iîxe auB dmjuel le mouvement s opère, transformer Tattraction et] pulsion en un changement de direction; mais reffet simpl primitif est bien Tattraction et la répulsion ; le changemciii * direction n'en est qu'une conséquence facile à comprendr tenant au mode de suspension,

?(ous avons dit que la loi des courants angulaires même, quelle que soit la grandeur de Fangle; c*est c« 4 est fiicile de constater par rcxpérience an moyen d«a pareil de la figure fK). EnvLsagéi^ sous ce rapport, la laij courants parallèles n'est qu un cas parliculirr do la loïj nérale, celui où Tangle est xéro. Un autre cai» particulierj moins intéressant est celui où Tangle est de 180*, c esl»a

2â4 ALIGNÉTISME ET ÉLECTRCHBTNAMlOrB.

courant fke. On peut donner au conducteur roûbUe uûe forme telle (flg, 9i) que le mouvement de rotation ait lieu aulour de l'ex trémité de la branche hcirizon taie. L*ex- ^

périence se fait alors de la même manière *

qu'avec le circuit flollanl, et elle donne les ï mêmes résultats, qui sont seulement plus i prononces, à cause de la possibililé qu'on a d'employer des courants plus énergi- Fig* ^'^

ques. Ordinairement cependant le mouvement de rolationalieu au milieu de la branche horizontale du conducteur mobile astaiîfine (fig* 90}. Il est facile en effet de voir que, dans ce cas^ l'effet est doublé; car les deux courants éprouvent, dans chacun àes angles qu*ils forment en se croisant, des actions altrâclives? H répulsives qui, étant soumises à la loi que nous avons énoncée, concourent pour imprimer à la branche mobile un mooveuieiit dans deux sens qui s'accordent. Elles sont en effet répulsives dans deux des angles et attractives dans les deux autres, cl il en résulte qu elles obligent le courant mobile à venir se placer parallèlement au tixe» de façon que leur direction soit la même à Tun et à Vautre. Si Ton change alors le sens relatif des fl^u courants, on voit le courant mobile décrire un angle de IStï* pour venir se placer de nouveau parallplemcnt au courant Exe, de façon à être dirigé dans le même sens que lui. Cette ^\i»é* rience montre que Inaction des courants angulaires peut, suivant le mode de suspension et la position du point fixe an tour duquel le mouvement s opère, transformer Fatlraction et la îiépulsion en un changement de direction; mais Teffet sîmpk*rt primitif est bien Fattraction et la répulsion ; le changeinenl ik direction n'en est qu*une conséquence facile & comprendre, el tenant au mode de suspension.

Nous avons dit que la loi des courants angulaires est Li même, quelle que soit la grandeur de FaDgle; cVst ce qu*il est facile de constater par rexpcrienee au moyen de l'appareil de la figure 90. Envisagée sous ce rapport, la loi courants parallèles n'est qu im cas particulier de la loi nérale, ctdui où rangleesit zéro. Un autre cas particuUer naii moins intéressant est celui où Tangle est de 184)*'^ c*esl-à'dire

kCfîm MWUEllI Ctf MACTÏÉTISME tT BtS COUHA?fTS.

OÙ Y un lies cooraiils n'est que le prolongement de Taulre. N, Atin>ère a réussi à vérifier lUrectemeut la loi daus ce cas. Dans m but, il a divisé par une cIoisoB en verre un plat en terre Hdf' pipe en deux compartiments égaux , qu'il a renipUs de mer- ^kj^€; puis, prenant un fil de métal recouvert de soie, dont il a Hiilà DU les deux extrémités, il Ta contourné en forme d*arc, en ayant soin que les deux bouts du fil perpendiculaire à la k partie cjai formait Tare, fussent parallèles Tune à Tautre. Il a I {ait flotter sur le mercure ce flJ ainsi arrangé (fig, 92), de façon que les deux branches parallèles et horizontales fussent, Tune (Vim roté, l'autre de Tautre côté de la cloison de verre, toutes ^ji^deux parallèles à cette cloison, Bit que les extrémités, mises à DU, fussent bien en contact avec i le mercure. Puis, plongeant les / fioles de la pile, Tun daus le corn- " [rartiment à gauche, Vautre dans le compartiment à droite, il a ainsi obligé le courant à traverser le fll métallique flottant. Aussitôt que le circuit est [fermé, on voit le flotteur glisser sur le mercure en s'éloignant mpidement en arrière; eilet dû à ce que, pour chacune des branséparément, il y a répulsion entre le courant qui la traet le courant qui est transmis dans le mercure avant de >éEélfer dans le fil ou après en être sorti. Le courant du merire et celui du fil ne sont en elîct que le prolongement F un de Tautre, ou ^ ce qui revient au même, ce sont deux courants forit un angle de 180^, dont Tun va au sommet de Tangle et laoi Faulre en part; il doit donc y avoir répulsion entre eux, et ela j>our chacune des deux branches séparément. Cette consé- {aence imporlanle de la loi générale peut i^'énoucer aussi en iisaiit que toutes les porfioiu d'un même courani se repoussent ki unes îcn autres.

Voici une expérience de Davy, qui démontre sous une autre irmc la même loi* Elle consiste à introduire par deux petits aus percés dans un plat ou dans une capsule, a une dislance quelques centimètres Tun de Tautre, deux bouts de fil d€ ptaUoe très-courts; on remplit la capsule de mercure de façon

i26 MÂG!«ÉTISIIE CT ÉLECTRO-DTNÂHIQVE.

seulement que rextrémité de chacun des deux bouts de fil eo soit recouverte d'une couche très-mince. Puis on fait communiquer par dessous ces fils avec les pôles de la pile ; le courant est transmis ainsi à travers le mercure d'un fil à Vautre. On voit aussitôt le mercure se soulever au-dessus de chacun des fils, sous forme de petits cônes qui, retombant par Teffet de la pesanteur et se soulevant de nouveau par l'effet du courant, déterminent dans le mercure une série d'ondulations. La répulsioD qui a lieu entre les portions du même courant s'exerce ici sur le mercure, le fil étant fixe, tandis que dans l'expérienoe d'Ampère, c'était le fil mobile qu'elle mettait en mouvement.

On peut, en rattachant au même principe l'expérience du moulinet électrique que nous avons décrite dans le cinquième chapitre de la seconde partie de cet ouvrage, en donner une explication bien meilleure que celle qui est généralement admise. En effel^ dans le moulinet électrique, l'électricité qui sort par les pointes forme un courant qui se propage dans le milieu dans lequel elle pénètre, dans l'air en particulier. Or, k mouvement continu de rotation qu'éprouve le moulinet dans le sens opposé aux pointes n'est que le résultat de la répuIsioD continuelle qui a lieu entre le courant qui parcourt la branche métallique mobile et celui qui en sort pour pénétrer dans l'air.

S 3. Th^rle d'Ampère tar Im conttltotlon de* alvmvtt.

Après avoir étudié l'action mutuelle des courants élcclriqofS les uns sur les autres, et on avoir déterminé les lois, Amperp essaya d'y rattacher l'action des courants et des aimants, aa moyen d'une hypothèse très-ingénieuse sur la nature du magnétisme. En analysant avec soin l'action des différentes parties d'un aimant sur un courant mobile, et celle d'un courant sur les dill'érentes parties d'un aimant mobile, il vit que cesaedom étaient exactement les mêmes que relies qui auraient eu lieu si l'on avait remplacé la section de l'aimant agissante ou soumise à l'action, par un courant électrique tournant autour de cette «action, et par conséquent fermé et situé dans un plan perpevdiculaire àï'axe do l'aimant. Il parvint de pins, en Toyant dam

ACTION 3nrnjciLS w magnétisme £t m% courants. S27 quel cas il y avait attraction et dans quel cas il y avait tépulsion entre la section d'un aimant et d*un courant électrique dont il connaissait la direction, à déterminer quel devait être le sens de ces courants hypothétiques, et pour cela il se fonda uniquement sur la loi, qu'il y a attraction quand les courants vont dans le même sens et répulsion quand ils vont en sens contraire. Voici comment on parvient à obtenir cette détermination : on prend no barreau aimanté ])rismatique, en ayant soin de le tenir horizontalement, de manière à avoir le pôle nord à sa gauche; on le présente à la branche verticale du conducteur mobile astalique mis seul dans le circuit; on trouve que, si celte branche est traversée par le courant dirigé de bas en haut, eUe est repoussée par toutes les parties de chacune des faces du barreau, et cela de l'une de ses extrémités à Vautre, qu'elle est au contraire attirée si son courant est dirigé de haut en bas. En promenant ainsi d'un bout à l'autre chacune des faces du barreau devant le courant vertical, il faut avoir soin de tenir toujours l'aimant horieontatement et le pôle nord à gauche. Maintenant, si, au moyen d'un peu de cire molle, on applique sur chacune des fcces lie l'aimant de petites flèches en carton avec la pointe tournée dans la direction suivant laquelle devrait cheminer un courant pour produire sur le conducteur mobile l'attraction ou la répulsion qu'y détermine l'action de Vaimant, on trouve que ces petites flèches représentent un courant circulant autour de chacune des sections de Taimant, partout dans le même sens, c'est-à-dire de haut en bas dans la face qui est tournée vers le conducteur mobile, de bas en haut dans celle qui lai est opposée, en s' éloignant du conducteur dans sa face inférieure et en s'approchant dans sa face supérieure. L'ensemble de ces directions constitue bien un courant circulant autour de chaque section de l'aimant, comme dans un circuit fermé. Lorsqae, sans changer les flèches de position, on retourne l'aimant, en mettant le pWe nord à droite, il est facile de comprendre qu'alors leur direction étant renversée par le seul fait de ce retournement, il en résulte que le courant qu'elles représentent Vi de bas en haut dans la face qui regarde le courant mobile. Amsi il 7 a entre les différentes parties de Taimant qu'on pré-

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sente successivement au courant, et le courant lui-même, répulsion quand le courant est dirigé de bas en haut; action précisément contraire à celle qui avait lieu dans le cas précédent, c'est-à-dire avant qu'on n'eût retourné l'aimant.

On obtient un résultat parfaitement semblable en présentant un courant horizontal aux différentes sections d'un aimant suspendu verticalement à un âl par une de ses extrémités (fig. 93), en indiquant par de petites flèches fixées sur les différentes faces de l'aimant, et à différentes hauteurs, la direction que doivent avoir les courants qui sont supposés circuler autour de sa surface pour rendre compte des effets attractifs ou répulsifs qu'on observe.

Un aimant peut donc être considéré comme formé par une réunion de courants électriques circulant tous dans le même sens autour de sa surface et situés dans des plans tous parallèles entre eux et perpendiculaires à Taxe de l'aimant.

Quant au sens de ces courants, nous venons de voir, en analysant Faction mutuelle d'un aimant et d'un courant dont la direction est connue, qu'il est tel que, si on tient l'aimant horizontalement devant soi , le

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Fig. 93.

pôle nord à sa gauche, le courant va de haut en bas dans la face extérieure la plus éloignée de l'observateur, et de bas en haut par conséquent dans la face la plus rapprochée ou intérieure. Il est plus commode, pour bien fixer cette direction dans sa mémoire, de supposer l'aimant dans sa position naturelle, c'est-à-dire dans celle que lui imprime, lorsqu'il est mobile, la force directrice de la terre, son pôle nord, par conséquent, tourné vers le nord; on trouve alors que la direction des flèches qu'on a toujours laissées en place est telle, qu'elles indiquent

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