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CHAPITRE III

EFFETS GHIMIQUSS DS l'ÉLECTRIGITÉ DYNAMIQUE. S t. llécoBip«sltl«Bs opérées p»r le eownuii Telteï«««.

Nicholson et Carlisle, peu de temps après que Volta eut construit sa pile, parvinrent à décomposer Teau en y plongeant deux fils métalliques, dont Vun communiquait avec le pôle positif, et l'autre avec le pôle négatif. Les deux flls étaient en laiton : celui qui communiquait avec le pôle + ne donnait point de gaz, mais éprouvait une oxydation, tandis que celui qui communiquait avec le pôle — dégageait de l'hydrogène. La production du gaz était d'autant plus abondante, que les deux fils étaient plus rapprochés. Ces observateurs remarquèrent en outre que la décomposition de Veau n'a pas lieu seulement entre les deux pôles de la pile, mais aussi entre les métaux de deux couples consécutifs séparés par le conducteur humide. Enfin ils réussirent aussi bien à obtenir Toxygène que l'hydrogène en remplaçant par des fils de platine les fils de cuivre qui établissaient la communication entre l'eau et les pôles de la pile. Les deux gaz peuvent être recueillis séparément, si on a soin de placer au-dessus de chaque fil un tube rempli d'eau au haut duquel le gaz qui se dégage se rend naturellement; il faut que les deux tubes ne touchent pas le fond du vase, afin que les deux fils plongent bien dans la même eau'.

Cruiskhanks, le premier, obtint un effet en plongeant dans des vases séparés chacun des pôles de la pile, qui étaient des fils d'argent, et en réunissant en même temps par un autre fil d'argent les doux vases : il vit l'hydrogène se dégager du fil qui com-

» Voyet 1. 1, p. 29, Ûg. 18.

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muniquait avec le pôle — de la pile, tandis que le bout du fil qui plongeait dans ce même vase était attaqué. L'autre bout de ce même fil qui plongeait dans le second vase dégageait de Thydrogène, et enfin le fil qui communiquait avec le pôle + était attaqué. Le même physicien, ayant plongé deux fils d'argent dans une solution étendue de nitrate d'argent dans l'ammoniaque, obtint au fil négatif d'abord une production abondante de gaz, ensuite des filaments qu'on reconnut êtt*e de l'argent métallique. Le fil d'argent qui communiquait avec le pôle positif ne donnait point ou que peu de gaz, vu qu'il était attaqué. Avec des fils de cuivre plongeant dans une solution de cuivre ammoniacal, Cruiskhaoks obtint du cuivre métallique autour du fil négatif : le liquide perdit sa couleur, et devint semblable à de Teau distillée, le cuivre ayant été tout précipité.

Sans nous arrêter aux autres expériences du même genre de Cruiskhanks, ni à celle de Henry sur la décomposition de Vam^ moniaque, nous ajouterons que Davy obtint des résultats semblables, mais sur une plus grande échelle, avec une pile de 110 couples qui lui permit de constater que si, au lieu de réunir par un fil de métal les vases pleins d'eau où plongent deux fils d'or qui communiquent chacun aux pôles de la pile, on établit la communication par un morceau de muscle frais ou par une fibre végétale, les gaz se dégagent à l'extrémité des fils polaires, l'hydrogène au fil négatif et l'oxygène au positif, n en est de même si la communication entre les vases est établie par l'intermédiaire du corps humain, ce qu'il est facile de faire en y plongeant un doigt de chaque main. Il n'y a aucun dégagement gazeux aux extrémités de la fibre ou des doigts qui sont immergés dans l'eau de chacun des vases, comme il y en a quand c'est un fil métallique qui les réunit. Davy remarque encore que si l'on fait communiquer au moyen de fibres musculaires chacun des pôles de la pile avec un vase rempli d'eau, et qu'on réunisse les deux vases par un fil d'argent, on obtient un dégagement d'hydrogène à l'extrémité du fil qui plonge dans le vase positif et une oxydation à l'extrémité qui plonge dans le vase négatif- Dans toutes ces expériences, les gaz hydrogène et oxygène ne

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90Di pas toujours bien purs, mais ils sont plus ou moins mé-liflgés avec de Tazote qui proTient de lait atmosphérique dis* sous dans Teau; cependant, en prenant bien des précautions et en ne se servant que de fils non susceptibles de s'oxyder, tels que des fils d'or, Davy trouva que les gaz oiygène et hydrogène se dégageaient bien dans la proportion qui constitue l'eau.

Plusieurs physiciens avaient cru apercevoir la formation dé corps noufeaui, et en particulier celle d'un acidô particulier dans l'action de la pile sur certains liquides ; mais Davy, reprenant tout le sujet, parvint, après une série de laborieuses reeherches, à établir sur des bases parfaitement solides le véritable pouvoir chimique de Télectricité voltaïque. 11 voulut, avant tout, constater que dans les décompositions électrochimiques il n'y avait jamais d'autres éléments dégagés à chacun des pôles que ceux contenus dans les corps soumis à l'action de l'électricité voltaïque. En opérant avec des vases de diverses substances, d'agate, de cire, de marbre de Carrare et de verre, il trouva bien des alcalis au pôle négatif et des acides au pôle positif, mais il s'assura que ces alcalis et ces acides provenaient des substances mêmes des vases que l'eau parvenait à dissoudre, surtout sous l'influence de l'électricité. On pouvait même voir^ quand on avait obtenu beaucoup de soude avec un vase de verre, que celui-ci était fortement attaqué à son point de contact avec le fil de métaL Ayant observé encore des traces d'acide et d'aleali avec des vases d'or, Davy s'assui'a que ces éléments provenaient d'une petite quantité de sel demeurée en dissolution dans l'eau même distÛlée, et étant parvenu à en dépouiller complètement celte eau, il n'eut plus de trace ni décide nid! alcali, sauf dans quelques cas où il y avait un peu d^ammoniaque au pôle négatif et d'acide nitreux au positif, dotit la formation était évidemment due à la combinaison de l'hydrog^e et de l'oiygène à l'état naissant avec Tazote dissous dans l'eau. En effet, en plaçant l'eau soumise i la décomposition dans le vide, et mcore mieux dans l'hydrogène, il n'y eut plus aui deux pôles que de l'oxygène et de l'hydrogène parfaitement purs.

Ainsi il est bien établi que l'électricité dynamique agissant sar les corps susceptibleB d'être décomposés ne produit point

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d'élémeuts nouveaux, mais qu*e11e les dégage des substances soumises à son action, tout en facilitant, par leur dégagement à Tétat naissant, leur combinaison avec d'autres éléments présents. II est assez remarquable que, sous Faction d*une forte électricité, les substances en apparence les plus insolubles puissent être décomposées; c*est ce que prouve un très-grand nombre d'expériences de Davy sur le verre, sur le marbre, sur les sulfates de strontiane et de baryte employés comme vases remplis d'eau.

L'électricité dynamique non-seulement dégage les éléments en les séparant, mais elle les transporte, caractère qui n'appartient qu'à ce mode de décomposition. C'est ce que Berzélius et Hizinger avaient déjà établi. En opérant avec des fils de difTérents métaux et des solutions de nature diverse, soit séparées, soit mélangées, quelquefois différentes, quelquefois semblables à chacun des deux pôles, ils étaient parvenus à bien constater ce pouvoir de transport qui accompagne le pouvoir décomposant de la pile voltalque. Pour mettre des liquides différents en contact avec chacun des fils polaires, ils se servaient d'un syphon dont les branches^ fermées par des bouchons ajustés à leurs extrémités et traversés par les fils, étaient remplies jusqu'aux deux tiers de leur hauteur, l'une par un liquide , tel que du sulfate de potasse, l'autre par un autre liquide, tel que du muriate d'ammoniaque. La partie supérieure du syphon renfermait de l'eau distillée pour mettre les deux liquides en communication; elle était percée à son sommet de quelques trous destinés à laisser passer les gaz. Ils avaient conclu de toutes leurs expériences que, lorsque l'électricité traverse un liquide, les principes qu'il renferme sont séparés; que l'oxygène et les acides sont transportés au p61e positif, l'hydrogène, les alcalis, les terres et en général les bases au négatif, et cela aussi bien quand les solutions salines dans lesquelles plongent les fils métalliques qui partent de chacun des pAles sont hétérogènes que lorsqu'elles sont semblables. Les résultats nombreux auxquels ils étaient parvenus leur avaient aussi démontré l'influence sur l'énergie de la décomposition, de l'étendue du contact des fils.polaires avec les liquides, et le rôle que

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