‹ Traité d'électricité théorique et appliquéeChapitre 55 sur 80 · ÉUBCTBICITÉ PRODUITE PAR L^ACTION DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

ÉUBCTBICITÉ PRODUITE PAR L^ACTION DE LA CHALEUR

les iQleQsitéa des courants auxquels chacun des deux métaux du couple donnerait naissance séparément , ou » ce qui revient au même, que les intensités portées au tableau repr^entent les différences des pouvoirs thermo-électriques des deux métaux qui composent le couple dont le point de contact est chauffé. Ce point important a été établi directement par M. Becquerel; au moyen de Texpérlenoe suivante.

On se sert pour cela du circuit de la fig. 273, dans lequel le fer et le cuivre sont d'abord en conts^ct au point a, et séparés partout ailleurs aux soudures betc, d et e^fei g par des fils de platine y d*or et d'étain. On oommenee par porter la soudure a à 50", tandis qu'on maintient à 0* toutes les autres ; on observe alors l'intensité du courant; puis après on porte successivement à 50* les soudures b eic^d et «,/et g y en maintenant également toutes les autres à 0^. Dans ces différences drconstances, les courants ont toujours la même intensité; d^ sorte que le fer et le cuivre, quand ils ^ont e^ contact ou séparés par d'autres métaux y donnent naissance à un oom*a.pC dont rintensité est la même; ce courant ne dépend,, p^r conséquenty que de la température des deux points extrêmes.

Revenant au tableau ci-dessus , M. Becquerel en déduit le pouvoir thermo-électrique des métaux, en partant du principe que le métal qui prend Télectricité positive à Vautre , au point de contact 9 est celui dont le pouvoir thermo-électriquè çst le plus fort. Ainsi, dans le couple fer-cuivrci le courant va d\i fer au cuivre à travers le circuit tout entier, et par conséquent du cuivre au fer, k travers leur point de contact chauffé; c'est donc le fer qui prend l'électricité positive au cuivre, et il a (toujours suivant M. Becquerel) un pouvoir thermo-électrique plus fort. Or, suivant nous, ce devrait être l'inverse, car le courant thermo-électrique du fer doit aller de son extrémité chauffée à son éltrémité froide, à travers le circuit tout entier, et celui du cuivre de même. Mais le courant définitif perçu par lo galvanomètre cheminant dans le sens du courant du cuivre , cela indique que c'est ce dernier qui est le plus fort.

Quoi qu'il en soit, en raisonnant comme M. Becquerel, on t 27,96 »/» fer — ^ jB cuivre , et 36,07 = p fer -^ p platine.

Si on retranche la première expression de la seconde on a : p cuivre — p platine =8, 11 ; or, le tableau donne pour la valeur de cette expression» tirée directement de Texpérience, 8,55, nombre bien peu différent. De même p fer — p étain = 31,24, et p cuivre — p étain = 3,50 ; d'où /? fer — p cuivre = 27,74 ail lieu de 27,96 que donne Texpérience. Si donc on désigne par X la puissance thermo-électrique du fer à 20°, on aura :

p fer = jf

p argent = a; — 46,20

p or = ar — 26,70

p ÔDC =r « — Î6,96

p cuivre = a: — 27,96

p étain = a; — 34,24

p platioe = a; — 36

Le'fer est positif par rapport à chacun des métaux de la série; c'est donc, suivant M. Becquerel, son courant qui détermine le sens du courant qui résulte du couple thermo-électrique qu*il forme avec chacun des métaux; il en résulte donc que son pouvoir thermo-électrique est supérieur à celui des autres métaux, et que par conséquent x est plus grand que 36. Quant à la valeur absolue de x, elle ne peut être déterminée qu'indirectement et par voie d'hypothèses. M. Becquerel remarque que, quand parmi les propriétés calorifiques on cherche celles qui sont sensiblement les mêmes pour les différents métaux, tels que l'or, l'argent et le zinc, qui ont le même pouvoir thermoélectrique, on ne voit guère que leurs pouvoirs rayonnants ; en effet, ce n'est ni le pouvoir conducteur, ni la chaleur spécifique. Si donc on suppose que les pouvoirs thermo-électriques soient proportionnels aux pouvoirs rayonnants, on peut, en comparant sous ces deux rapports le fer et l'or, dont les pouvoirs rayonnants sont comme 15 : 12, établir la proportion suivante :

jr : jr — 26,70 = h^ : 12

qui donne

X ou p fer = 133,?i0 .

On tire de là facilement le^ pouvoirs thermo-électriques des

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autres métaux, et c*est ainsi qu*on a p argentés 107,30; p étain = 102,26, p platine = 97,50.

Mais, indépendamment de Tincertitude qui règne sur Vexactitude de Thypothèse qui nous a donné la valeur de .r, les puissances thermo-électriques, calculées comme nous venons de le faire, ne seraient vraies que dans les conditions de température et de conductibilité de circuit qui nous ont servi à les établir. M. Becquerel est parvenu à se débarrasser de ces deux éléments en remarquant que les intensités trouvées directement par l'expérience, et qui donnent la différence des pouvoirs thermoélectriques tels qixep fer — p cuivre, sont proportionnelles au pouvoir conducteur du circuit et à la température, ce qu'il a vérifié directement par l'expérience en formant des circuits composés de deux métaux seulement, et en faisant varier la température entre certaines limites, sans cependant dépasser 50*". Partant de ces points acquis, il a pu représenter les pouvoirs thermo-électriques des métaux par des nombres indépendants à la fois de la conductibilité du circuit dont ils font partie, et de la quantité de chaleur qui s'y propage.

Si, comme nous le croyons, il faut renverser l'ordre des pouvoirs thermo-électriques, c'est-à-dire regarder comme ayant le pouvoir le plus fort celui des deux métaux soudés dans lequel le courant diemine de l'extrémité chauffée à l'extrémité froide à travers le circuit tout entier, on a dans le tableau qui donne les valeurs àep fer, p argent, etc.

p argent = i6,âO — x p or = 26,70 — X

et ainsi de suite. Il faut alors admettre que les pouvoirs thermo-électriques ne sont plus directement mais inversement proportionnels aux pouvoirs rayonnants, et au lieu de la proportion :

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