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ÉLEGTBIGITÉ PRODUITE PAR L^ACTION DE LA CHALEUR

pairs placés inférieurement, fussent cacbés au fond de la boite et entourés d'une couche de mastic s*éleyant jusqu'à 6 ou 7 millimètres seulement au-dessus des points de contact impairs. Les extrémités de la pile étaient soudées à deux appendices en cuiyre qui, sortant de la bolte^ servaient à mettre 1a pile en communication avec les extrémités d*un galvanomètre multiplicateur à deux aiguilles. M. Nobili ayant placé la botte thermo-électrique sous un récipient de la pompe pneumatique, obtint en raréfiant l'air un refroidissement qui se faisant sentir immédiatement aux points de contact supérieurs non entourés de mastic, produisit un courant très-prononcé; il put s'assurer ainsi que la sensibilité de son thermo-multiplicateur était 15 à 20 fois plus grande que celle du thermomètre métallique de Breguet. Divers perfectionnements furent apportés par MM. Nobili et Melloni à l'appareil primitif du premier, et ces deux jAysiciens parvinrent au moyen de leur thermo-multiplicateur à découvrir la présence de la chaleur dans les insectes, dans les corps phosphorescents, en un mot dans un grand nombre de cas où l'on n'avait pas encore pu la soupçonner. Mais c'est essentiellement à Melloni qu'on doit, par les soins qu'il a apportés à la construction de la pile thermoélectrique, d'en avoir fait l'un des instruments les plus précieux de la physique expérimentale.

La pile de M. Melloni se compose de cinquante petits barreaux de bismuth et d'antimoine très-déliés, ayant environ 4 à 5 centimètres de longueur, soudés les uns aux autres de manière que les barreaux de bismuth alternent avec ceux d'antimoine comme le représente la figure 285, et disposés de façon

Fig. 285. Fig. 286.

à former un petit faisceau solide et compact (fig. 286), au moyen d'un mastic isolant qui remplit les vides que laissent

$10 80URGR8 DE L'iUSCTaiCITÉ.

eiiti« eux le& barreaux qui m doivent se toucher qu*aux soudur^St Les deux barreitux extrêmes de 1^ chaîne, Tun de bismuth, Vautre d^antimoine, viennent eammumqu» au moyen de deux fiJs de cuivre as^ea groQ mm très^courts, Tim à la oheviUe x et Tautre à la cheville y, qui fermant ainsi les deux pAles de la pile qu'on met en communication avec les deux extrémité du fil d'un multiplicateur. Les deux chevilles passent kf travers un morceau d'ivoire fixé sur uq anneau métallique qui embrasse la pile thermo-électrique et peut, au moyen d'un f^ppendice muni d'une charnière, permettre de déplacer l'axe de la pile dans toutes les directions voulues. Il faut avoir soin de noircir les faces terminales de la pile, et on recouvre d'un étui métallique bien p(^ qui l'envdoppe sans la toucher, celle de c^s faces qu'on veut m^tenir à une température ambiante pendwt que l'autre^ laissée à découvert, est exposée aux sources de chaleur ^t de froid. La so^ihilité de cet apparat est telle que si l'on tourne la hce découverte de la pile vers une personne placée même à S5 fùeds de distaaee, la divif^tion de l'aiguiUe aimantée aceuse l'émanatiim du calonqq^ rayonnant.

Pour que le galvanomètre moltiplicat^ui^ adapt^ à la ]^e fût le plus sensible possible, il faudrait conaaltre la longueur du fil de ce galvanomètre équivalente ^ n conductibilité au cir^ cuit même de la pile, et cnnçlure de là le nombre de tours nécaswres & donner h l'instruaient; mais par de simples tâtonnements, M^loni est parvenu h trouver le galvanomètre multiplicateur qui remplit le xmwt le but. Le fil d'un cuivre aussi pur que possible e3t d'un diamètre de | de milliaètfo, de 7 à 8 mètres dç longueur ;, il fait 40 circonvolutions autour du cadre ; ces tours sont symétriquement disposés de part et d'autre de la ligne moyeqne sur une largeur de 4 centimètres; les aiguilles bien choisies, aimantées et compensées avec soin sont liées entre elles au moyen de deux fils fins de cuivre tordus ensemble, et délicatement suspendus à un fil de cocon. Ainsi construit, le thermo-multiplicateur est d'une sensibilité extrême, quoiqu'il semble au premier coup d'wl que l'ifttei^ vention du fil du galvano(})§^re doive diminuei l'intensité du

ÉLSGTBICITÉ PBOPUITS PAE LAGTIQJSI M LA CHALEUE. 511

cp\irfU!i^; m^ eetie diminution irèft4égàre) yu le peu de iangi^ei^r e\ la grandeur du diamètre du fil d'une part^ et le pombre cûn8i44r^l<) wm €|ue la petite dimension des barreaux de bi^mutb ^\t d^aatîmoine d'autre part , est plus que çQ(nF9U3éei aiwii que qous TaYons déjà yu, par Taugmenta- Up^ d'effet gi)i résulte du nonibre da toum qui agissent sur les aiguillç&i Mmantées. Q est 4 remarquer également que le noipbre as^ ço|^idéra})le do ooupjes th^rç^p-électriques dont sa cpippose la pUe a le double aYfa[ïtage de permettre de présente;: ^ne p}us gra^e purf^oe à raction dft la chaleur, et de 9!ep4rf^ efficace TinterYentiçm du paultipUqiteur dont l'interposi^Qy «'il n'y ((Yait qu'ui) ^^h} cpupl^, affaiblirait trop le opurant.

Pour se ^r^ 4^ l'ipstn^ççtepl <b^)s la gtesure des températures, M. Mellooi ft d'abprd cqnataté par une comparaison aYeç des thermom^Ufes ordinaires, qu'avec les piles de bismuth at d*Wtimoine l'intensité dv( courant est proportionnelle à ]a différence de températurfi de§ soudures; puis il a réussi, eq faisait Yarief* d'w)e quantité connue la quantité de chaleur, à établir Ip rapport qui lie les intensités du ppurant, aux dé- YÎatiQ^^ de Taiguillp, inesu^é^ m moyen d'upe division circulaire faite ayefi beaucoup d§ ^c^ '. Daqs les appareils de M. WlÇfii.VM^^^A^^ ^^^ l^^^t^eqt prppprtipnnelle à la déyiation jusqu'à 20''; ppi^r des déyiatipn^ pli^ç considérables, upe t^ble à di^ colonnes . dressée empiriqueipent donne les intensités corresppi^d^tes aux déyiations observées; mais il faut tâcher, pour obtenir plvs d*exactitu(le| comme M. Melloni a réussi J^ le fairp* h ne pas a^oir de déviations qui dépassent sensiblement 3Q^.

{4, Po^illet a égalei[aent appliqué |a thermo-électricité à la A^Qfîyre diçs températi^es^ en construisant un instrument qui,

1 M. Melloni distingue l» déviation impulsive et la déviation définitive, c'està-dire le maximum d'écart qae Vaigaille atteint par son premier mouvement d'Impulsion, et l'écart où ella s'«npète apvès upe série d'oKillations ; Il a saisi les rapports cmalaiiU qui e^lftmt enlf? elloi, ^ qui permettent de déduire Tune de Tautre» quand on a dressé préalablement une table de ces rapports pour chaque appareil.

SOURCES DE L'ÉliSCTRICITÉ.

SOUS le nom de pyromèire magnétique, pût mesurer toutes les températures , depuis les plus grands degrés de froid jusqu'aux plus hauts degrés de chaleur. L'instrument comprend deux pièces distinctes, savoir un galyanomètre ou boussole à sinus formé avec un ruban de cuiyre de 15 à 20 millimètres de longueur * , et l'appareil thermo-électrique même. Ce dernier (fig. 287) se compose d'un tube de fer ou plutôt d*un canon de fusil a 6, et d'un fil de platine qui part du milieu c de la culasse du fond, en étant incorporé à la masse du fer; il traverse Taxe du tube pour venir se rendre à la pièce de cuivre rouge x; de la culasse annulaire c2 part un second fil de platine qui vient se souder à la pièce de cuivre; le second fil est maintenu par un corps mauvais conducteur au milieu de Touverture de la culasse annulaire d pour qu'il ne puisse pas la toucher; f est une pièce de bois fixée sur le bout du tube, et destinée à porter les deux pièces de cuivre x et y. La communication entre le multiplicateur et le pyromètre proprement dit s'établit au moyen de deux fils de cuivre de 1 millimètre de diamètre environ qui viennent aboutir d'une part aux pièces a: et y du pyromètre, et d'autre part aux extrémités du ruban dont se compose le multiplicateur.

M. Pouillet a gradué son instrument par la comparaison avec un pyromètre à air, mais l'intensité du courant est loin d'être proportionnelle à la température, du moins avec le couple de platine et fer. Il n'en est pas de même avec un couple bismuth et cuivre; des expériences faites comparativement avec un pyromètre à air et un thermomètre à alcool, ont montré que Tin-

* Tome 1, page 336.

lensité du courant de ce couple, mesurée par le galvaoomèire à sinus, est bien proportionnelle à la température à partir de 100* au-dessus de 0^ jusqu'à 19" au-dessous. Les basses températures ont été obtenues au moyen de la pâte d'éther et d'acide carbonique, dans laquelle on plongeait l'une des soudures du couple, pendant que l'autre était dans la glaoe fondante. Le pyromètre tbermo-électrique donne — 40*,5 pour la température dé congélation du mercure, ce qui est d'accord avec les indications du thermomètre à air.

La question des rapports qui existent entre les intensités des courants thermo-électriques et les températures correspondantes avait déjà été traitée par M. Becquerel,^ comme nous l'ayons vu dans le § 2; néanmoins, malgré ces recherches et celles de H. Pouillet, elle laissait encore à désirer au point de vue de la confiance qu'on pouvait attacher pour la mesure précise des températures à l'emploi des propriétés thermoélectriques des métaux. C'est ce qui engagea M. Regnault à étudier avec soin, dans ses recherches sur la chaleur, ce procédé thermo-électrique d'après une méthode assez difiérente de celles dont on avait fait usage jusqu'alors» et qui le conduisit à des résultats importants.

n construisit d'abord un couple bismuth et antimoine formé de deux barreaux ABdD (fig. 288), obtenus par moulage,

et qui parfaitement semblables sont juxtaposés dans toute Leur étendue, étant séparés par une lame mince d'ivoire qui ne leur permet de se toucher qu'aux extrémités A et D où se trouvent les deux soudures ; l'appareU est divisé de façon qu'on If. 33

514 SO^RCtB M L'ÉLBCTftlClTÉ.

puisse introduire dans le circuit le fil d'un galvanomètre. Ce couple, dont les branches terticales ont 12 centimètres de longueur tandis que la branche horizontale en a 20, est le couple normûl auquel tous les autres couples thermo^lectriques doivent être rapportés; mais il ne doit sertir que pour les températures peu élevées qui ne dépassent pas 30*.

Le couple destiné aux hautes températures est formé par un fil de fer et par un fil de platine de 1 millimètre de diamètre, dont les extrémités sont sou-

dées à Tangent; le fil de fer E et F (fig. 289) a 80 centimètres environ de longueur, et les deux fils de platine Ëc et F dsont at^ tachés auprès du fil de fer dont Fig. tSd.

ils sont séparés par une enteloppe isolante ; dans la partie inférieure les fils sont séparés par une lame de verre mince; iln sont terminés par deux appendices en laiton qui permettent d'introduire dans le circuit un fil galTanométrique.

Le galvanomètre dont on fait usage est un galvanomètre différentiel très-sensible dont Fun des fils est introduit dans le circuit bismuth et antimoine, et Tautre dans le circuit fér et platine. Le couple normal bismuth et antimoine est disposé de manière que les deux soudures plongent dans deux vases remplis d'eau à différentes températures, et séparés Tun de l'autre par un écran ; deux thermomètres très-exacts et rigoureusement comparés donnent la température dans laquelle chacune des soudures est placée. Les soudures E et F des couples fer et platine sont maintenues dans des tubes de verre remplis d'une huile fine qui ne renferme pas d'oxygène; l'un des tubes est placé dans une chaudière pleine d'huile avec un thermomètre à mercure marchant de O"" à 350*; l'autre qui renferme la seconde soudure est maintenu à une température constante au moyen de glace fondante ou dans un grand bain d'eau à eôlé dif thermomètre à mercure.

Les appareils étant ainsi disposés, si Ton porte la soudure P du couple fer et platine à une température mesurée par le thermomètre du bain d'huile, il en résulte un courant qui

ÉLECTBICITÉ PROBtlTl PAU l'aCTIO!* W LA CHALEUR. 815

déTié Vaiguille du galvanomètre; mais en életant de la quantité ùécessaire la température de Vune des soudures du cMple bismuth et antimoine, on obtient un second courant qui, di^ rigé en sens contraire du premier, neutralise son effet et ra* mène Taiguitle au 0*. On note les températures que marquent les deux thermomètres au moment de la neutralisation. La différence de température qui produit sur le couple bismuth et antimoine un courant capable de neutraliser celui que pro^ duit une certaine différence de température sur le couple fer et platine, est beaucoup moindre que cette dernière, car celle* ci étant de !00*, la première n'est que de 6*,5.

En portant le bain d^huite à différentes températures, on ol^tient des courants dans le couple fer et platine, qui font équilibre sur le gaWanomètre à des courants produits dans le couple bismuth et antimoine par des différences de température correspondantes. On peut donc dresser une table dans laquelle sont inscrites d'un côté les différences de température T — T, V — T, T* — T, du couple fer et platine mesurées par le ther^ momètre à air, et de l'autre les différences de température f^t^t^^^t^f^^ty An couple bismuth et antimoine. Si l'on veut mesurer une température életée avec le couple fer et platine, il suffit de chercher la température t^'^i^ qui lui fait équilibre, avec le eouple bismuth et antimoine^ et on trouve dans la tabïe la température T' — T correspondante sur le couple fër et platine. Il faut, pour que les résultats soient exacts, que les deux couples restent constamment parfkiteiùent comparables. Or un très-grand nombre d'expériences ont montré à M. Regnault qu'il n'en est pas toujours ainsi, et que les variations tiennent probablement à des changements qui s'opèrent dans Vétat moléculaire des métaux à l'endroit des soudures. C'est surtout dans le couple fer et platine qu'elles se font sentir; car le couple bismuth et antimoine donne des résultats assez constants quand on fait varier la température des soudures entre des limites qui n'étaient pas dépassées dans les expériences comparatives, c'est-à-dire de 15* A 30*. Entre ces limites, une différence de température de 1* produit sensibleoieait au galvanomètre la même déviation de 17*, quelle que soit

516 SOURCIS DK L*ÉL£CTElGiTÉ.

leur température absolue; mais ce qui est assez curieux, et assez contraire à Topimon généralement reçue, c^est qu'une augmentation de i"* dans la différence de température des deux soudures du couple bismuth et antimoine produit un iMWtypîsement dans le courant d'autant plus faible que la différeaéë de température est plus grande, même entre les limites de i&^ à 35^ Ce résultat est facile à vérifier en opposant au courail^t thérmo-électrique dans le galvanomètre différentiel, de manière à lui faire équilibre, un courant hydro-électrique très-constant et très-faible, dont on augmente la force graduellement à mesure qu'on élève la température de l'une des soudures du couple bismuth et antimoine. L'équilibre établi, on accroît de l"" la différence de température entre les deux soudures, et on obtient pour cet accroissement une déviation d'autant moindre que cette différence était déjà plus grande.

M. Regnault avait fait quelques essais avec des couples formés de fils métalliques autres que ceux de fer et de 'platine, mais le couple fer et platine est encore le plus régulier, et celui dont l'intensité thermo-électrique diminue le moins avec Télévation de la température; il n'en est pas de même pour un couple fer et cuivre; ainsi la sensibilité de ce couple devient complètement nulle à 240°; puis si on élève la température plus haut, l'aiguille, qui était restée stationnaire de 230"" à 260*, rétrograde, et l'intensité du courant, loin d'augmenter avec la température, diminue. Ce changement de direction dans le sens du courant du couple fer et cuivre, à une certaine température, avait été déjà observé, conmie nous l'avons remarqué, par M. Becquerel.

Les recherches de M. Regnault nous montrent la difficulté ([u'il y a d'employer les courants thermo-électriques à la mesure exacte des températures, et il n'y a rien là d'étonnant une fois qu'il est bien établi, ainsi que nous l'avons vu, que ces courants ne sont pas dus à une simple différence dans la facilité de la chaleur à se propager, mais bien aux changements moléculaires toujours plus ou moins irréguliers qui accompagnent cette propagation.

Toutefois, si le thermo-multiplicateur ne peut pas remplacer

ÉLfiCTRlGITÉ PRODUITE PAR L* ACTION DE LA CHALEUR. 517

le thermomètre pour l'exactitude dans la mesure des températures, il peut être employé avec avantage dans bien des cas où les thermomètres, même les plus sensibles, ne sont ni assez prompts ni assez délicats pour accuser les changements brusques et peu considérables de tenipérature, comme dans les expériences de Melloni sur la chaleur rayonnante. MM. Becquerel et Breschet ont aussi fait une application heureuse de la thermoélectricité pour la mesure de la température des tissus organiques du corps de l'homme et des animaux, en construisant des aiguilles métalliques mixtes d'un diamètre de moins d'un millimètre, qu'ils introduisent par le procédé de l'acupuncture dans un tissu organique. Il faut avoir deux aiguilles composées chacune de deux fils très-fins, l'un de cuivre, l'autre d'acier, soudés ensemble par un de leurs bouts. La soudure de l'une des aiguilles mixtes est placée dans un milieu dont la température demeure constante pendant la durée de l'expérience, la soudure de l'autre aiguille mixte est introduite dans le tissu dont on veut mesurer la température. Les bouts libres d'acier des deux aiguilles sont mis en communication par un fil d'acier, tandis que les bouts libres de cuivre sont réunis par le fil d*un galvanomètre. Lorsque les deux soudures ont la même température, l'aiguille du galvanomètre n'est pas déviée, mais la moindre différence de température, ne fût-elle que de jz de degré, suffit pour produire une déviation dont le sens et l'éten^ due servent à évaluer exactement cette différence, et par conséquent la température de l'un des milieux quand celle de l'autre, qui est constante, est connue. Différentes observations faites en mettant la soudure de l'une des aiguilles thermo-électriques dans la bouche, et l'autre par exemple dans le muscle biceps d'un jeune homme, ont donné une déviation de i^ en faveur de la bouche, ce qui correspondait, d'après des expériences préalables faites sur la température de la bouche, à 36*,60 pour cette dernière, et seulement à 36*,20 pour celle du muscle biceps.

La pince thermo-électrique de M. Peltier est construite aussi sur le même principe. Elle consiste en deux couples très-déliés bismuth et antimoine A et B (fig. 290) ; ces deux couples sont

5ld souBGSi n liiuiwint.

liés entre eux par un Itl de cuivre qui unit TaoUmoiiie êf du

eouple supérieur au bismuth 6' du couple inférieur ; et par des

Fig. Î90.

fils dé cuivre D et E qui, oommuniquani avec le fil du galvAM- EDèire, complètent le circuit entre le bismuth supérieur b" et l'antimoine inférieur a\ F et H sont les ei^rémiiét Ulms et soudées de chacun des conples qui forment les mâchoires d# U pince, qu'un ressort peut appliquer l'une contre l'autre ou contre une petite portion d'un fil ou d'un barreau métallique dont on veut pouvoir connaître la température dans un moment donné. Dans la figure 290, les deux m&choires peuvent s'appliquer contre le point de contact F d'un barreau d'antimoine A et d'un barreau de bismuth B» qui sont traversés par le courant d'un couple P dont les conducteurs aboutissent en J et en K, C'est par ce moyen que M. Peltier a constaté que, suivant le sens du courant qui passe de l'antimoine au bismuth, il y a production de chaleur ou production de froid ^ Ainsi il a obtenu au galvanomètre G de la pince thermo-électrique — 37* quand le courant marchait du bismuth à l'antimoine,

< ToQéll.p. 244.

ÉLicmciTÉ pfumum pa» l*action m la chaleur. 519 ei 4. 4S% c^esi'è'Hlire une déviation i% 45^ dus Tautre sêBsqui iodiquait un réobaufforoent au Udu d*on rairoidigsement, quiad la courant marebait da rantimoioa au biamath. Pour mettra ca r^ttltat à Tabri de toute ob* jectiop, M. Paltier Ta confirmé^ eomme nous ramona dit, en faisant trayersar la boula d*un tbarmomètre à air (fig. 291) par un barreau d*antimoina et da bisinutb dont la soudure S était , au milieu da la boula. Le cou* rant d*un coupla bydro-éleotri*que arrivant à Tasseofiblage das daui( barreaux par les condue»

taurs / et ^ faisait baisser ou montari suivant le sans d«n0 h^ quai il cbeminait, U colanna d*idGool coloré qui , mainteana Fif. W .

dans le tube capillaire, servait d*index.

i ë. WUwÊifAmmmkt mmimm 1m mÊtaU mmUMÈmmt^ ém ••^pméS €« laa

Nous avons d^à fait remarquer» dans la g 8 du chapitra H de ce volume > la rapport remarquable qui exista entra las ahangements da température que produit un eourant en passant d'un métal dans un autre, et las effata élactriqueg que détermine un cbangamtfit da température au point de contact de ces deux mêmes métaux, Paltier, qui la premier a attiré Vattention sur ce sujet, avait cru pouvoir établir comme règle à peu près générale, que la plus grande élévation de tempéra** ture avait lieu quand le courant passe du tnoins boa eonductaur dans le meilleur, et que c'est Tinversa quand I0 courant change de sens. Ainsi, quand le courant passe d'un fil de fer à un fil de zinc, la température s'élève de 30*, et quand

« Tome n, p. 246.

il passe du zinc au fer seulement de 13^; quand il passe du zinc au cuiTre, Félévation de température est de 20*; elle n'est plus que de 14'' quand il passe du cuivre au zinc. Avec d'autres métaux, comme nous l'avons vu, ce n'est pas seulement une moindre élévation de température, mais un abaissement notable qu'on obtient en changeant le sens du courant; c'est ce qui a lieu avec le bismuth et l'antimoine en particulier, soit lorsqu'ils sont combinés ensemble, soit lorsque chacun d'eux est combiné séparément avec un autre métal. Ainsi une lame de bismuth soudée entre deux lames de cuivre donne, avec un courant allant du cuivre au bismuth, +20*', et avec un courant allant du bismuth au cuivre, — 10*; une lame d'antimoine dans les mêmes circonstances donne — 5* avec un courant qui va du cuivre à l'antimoine, et -|- 10* avec un courant qui va de l'antimoine au cuivre; c'est ce qui fait que le maxi-* mum d'effet a lieu quand on soude la lame de bismuth et celle d'antimoine, car dans ce cas on a en effet — 37* quand le courant va du bismuth à l'antimoine, et -f 45* quand il va de l'antimoine au bismuth .

Ces résultats ne peuvent être obtenus qu'autant que le courant n'est pas trop fort; si on augmente graduellement son intensité, on arrive d'abord à ne plus avoir ni élévation ni abaissement de température à la soudure qui se refroidissait, puis vient une élévation de température toujours moindre que celle qui se manifeste quand le courant change de direction.

L'effet remarquable qui a lieu avec le bismuth montre que la loi de Peltier est loin d'être générale, car il faudrait admettre, pour l'y faire rentrer, que le bismuth est de beaucoup le plus conducteur de tous les métaux, ce qui est loin d*être le cas; de plus l'antimoine et le bismuth qui, par leur combinaison, donnent le maximum d'effet, sont très-rapprochés l'un de l'autre dans l'ordre de leur cdnductibilité électrique. Ces phénomènes tiennent donc probablement à l'état cristallin de ces métaux,

< Ces degrés sont ceux du galvanumètre maltipllcatear lié avec 1i pioce thermo-électrique décrite plus haut, qui serre entre ses deux mâchoires le point de contact des deux métaux soudés ensemble.

ÉLECTRICITÉ PRODUITE PAR l'aCTION DE LA CHALEUR. 521

et il est bien probable que c'est aussi aux différences dans leur structure moléculaire que les autres métaux doivent les différences de température que détermine le courant à leur point de jonction, suivant qu'il est dirigé dans un sens ou dans un autre. C'est seulement sur la chaleur qui est développée dans toute la longueur d*un âl homogène , que la résistance du métal à la transmission de l'électricité exerce une influence que nous avons appréciée et même déterminée. Mais il faut avoir soin de distinguer, comme nous avons déjà dit que Frankenheim l'avait fait*, cet effet calorifique des variations de température qui ont lieu aux points de contact de deux métaux hétérogènes que traverse un courant. Ce sont deux phénomènes d'un ordre .tout différent, et nullement soumis aux mêmes lois; il est quelquefois difficile de démêler la part de chacun d'eux dans le résultat observé, mais ils n'en sont pas moins distincts.

Une autre preuve que le second phénomène est essentiellement lié avec l'état moléculaire des corps, c'est le rapport intime qu'il présente avec la production des courants thermo-électriques, que nous avons vu être un effet des modifications moléculaires que la propagation de la chaleur apporte dans les corps où elle a lieu. En effet, l'élévation de température qui se développe au point de contact d'un barreau de bismuth et de cuivre, quand le courant passe du cuivre au bismuth, produit ellemême un contre-courant qui va directement du bismuth au cuivre. De même l'abaissement de température qui a lieu quand le courant passe du bismuth au cuivre produit un contrecourant qui va du cuivre au bismuth. Remarquons même que ces contre-courants doivent diminuer, légèrement il est vrai, le courant initial qui produit l'élévation ou l'abaissement de température. Ainsi donc il y a une liaison intime entre la cause qui produit le courant thermo-électrique par une élévation ou un abaissement de température au point de contact de deux métaux, et la cause qui détermine par le passage d'un courant extérieur, un abaissement ou une élévation de

* Tome n, page 246.

S22 80UBCBS DK L*^SGTEIGITi,

Umpérature au point de coolact de ces deux mêmes métaun.

M. Frankenheim, guidé par ce genre de considéraiiopSi a fait nm série nombreuse d*expériences en se servant da Tappa^ reil en croix de Peltier^ qui consiste en deux barreaux de bismuth et d*antimoine croisés l'un sur Vautre et soudés à leur milieu. Deux des extrémités de cette croix sont mises w corn-* munication avec les pôles d'une pile, et les deux autres avec les bouts du fil d'un galvanomètre. Il résulte de cette eombi* naison que la chaleur ou le Croid développés par réleetricité au point de soudure, produit un courant tbermo^lectrique qui fait dévier Taiguille du galvanomètre. En se servant d'un galvanomètre à tangente et d'un rhéostat pour mesurer et ré* gler l'intensité du courant voltalque, Frankenheim a reconnu que l'élévation de température produite au point de contact qu'il nomme seconçlaire est proportionnelle à l'intensité du courant, tandis que l'élévation de température primaire qui n lieu dans le conducteur eptitf par l'effet de sa résistance» est proportionnelle au carré de l'ii^tensité du courant, j^ussi cette dernière température varie*4relle d'une manière très^pronoacée avec l'épaisseur des barreaux métalliques, tandis que la tempes rature secondaire est presque indépendante de cette épaisseur. C'est ce qui fait que pour sa mettre à l'abri de la première el bien étudier Teffet de la seconde» il vaut mieux se servir de barreaux épais pour former les croix plutôt que de barreaux minces, qui d'ailleurs donnent des résultats moins constants, parce que leur défaut d'homogénéité exerce une influence proporUonnellement plus considérable.

M. Frankenheim, eu employant des barreaux métalliques de nature diverse, a bien constaté que la température secondaire ne dépend pas, comme Vavait cru Peltier, de la conductibilité des métaux, mais de leur propriété thermo-électrique. Il a troufé méoQe que les divers métaux, dans leur aptitude à engendrer la chaleur secondaire, suivent le même ordre que dans la production des courants thermo^leetriques, de telle façon que le bismuth et l'antimoine sont aux extrémités de la série et le cuivre au milieu. Or comme cette chaleur secondaire produit la thermo-électricité, il en résulte que ai on a deux eom-

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