NDICTI0N ÉI,tCTRÜ-l)Y>.VMIylE
explication en délerminant directement la force des courants induits dans des fils métalliques de diverse nature. Dans ce but, il a roulé ensemble, de manière à en faire une double hélice, deux fils de même longueur et de même diamètre, tous les deux recouverts de soie, mais l'un de cuivre et l'autre de fer. Il a fixé les deux extrémités du cuivre aux deux bouts de l'un des fils du galvanomètre différentiel (fig. 135), et les extrémités du fil de fer aux deux bouts de l'autre fil du même galvanomètre, de telle façon que, si les deux fils sont traversés par des courants ayant la même direction, ils fassent dévier l’aiguille en sens opposé, et que, par conséquent, l’aiguille ne bouge jms lorsque ces courants ont la même intensiU*. Ku introduisant dans l'intérieur de l'iiélicc un aimant cylindrique, il obtint une déviation au galvanomètre, déviation qui fut sensiblement plus forte, mais toujours dans le mémo sens, quand il eut supprimé la communication de l’hélice du fil de fer avec le fils du galvanomètre, preuve que le courant, avant cette suppression, était la différence entre le courant induit dans le fil de cuivre et le courant induit dans le fil de fer, et que le premier était bien plus fort que le second. Des fils de fer, de zinc, d’étain, de plomb et de cuivre, tirés tous au même diamètre, furent comparés deux à deux de la même manière; seulement, au lieu d’introduire un aimant dans les doubles hélices. Faraday avait placé un • cylindre de fer doux qu’il aimantait au moyen d'un fort aimant
en fer-à-cheval, ce qui produisait des effets plus maripiés et revenait au même, quant au mode d’expérimentation. Les métaux se trouvèrent, à la suite de ces comparaisons, rangés dans l’ordre suivant: le cuivre, le zinc, le fer l’étain et le plomb; c’est exactement l’ordre de leur pouvoir conducteur pour l’électricité ; c’est exactement aussi l’ordre de leur pouvoir de rotation magnétique d’après les expériences de Babbage et de llerscliell. Celles de Ilarris donnent aussi des résultats semblables. Le fer seul fait exception; cela tient à ce que, dans les phénomènes du magnétisme par rotation, il agit, non-seulement par ses courants d’induction, mais, en outre, en vertu de ses propriétés magnétiques. C’est encore cette circonstance qui explique la différence que M. de Haldat a trouvée entre l’effet d’un disque
378 MAOÉTIS.ME ET ÉI.ECTBO-DTMAMIOTE.
il’ncier et oiliii d'un disque de fer, le premier n’éxerçant, aTec une vitesse de rotation un peu ronsidérable, qu'un effet à peu prés nul, et le second agissant au contraire très-fortement. En elfet, les pdles de l'aiguille aimantée déterminent bien sur les j)arties des dis<|ues de fer ou d’acier des pèles opposés qui les entraînent en vertu de l’attraction ordinaire; mais ces pèles, qui aident un moment le mouvement de rotation, entraînés plus loin par la rotation elle-même, agissent sur l’aiguille en sens contraire. S’ils durent peu, comme dans le fer doux, le mouvement de rotation, loin de trouver en eux une opposition, en reçoit une impulsion favorable; s’ils durent davantage, comme sur l’acier, ils retardent l’aiguille et contrarient la rotation. Ainsi la force coercitive n’influe pas directement, comme l’a cru -M. de Haldat, sur la force d’enlralnemcnl, mais elle agit simplement en retardant dans l’acier la destruction du magnétisme ordinaire.
(Jiiant à l’action d’un ordre très-inférieur et à peine sensible qu’exercent sur l'amplitude des oscillations de l'aiguille des substances non conductrices, il est évident qu’elle ne peut s’expliquerde la môme manière que celle des disques métalliques, puisi|uedes courants d’induction no peuvent s'y établir; elle tient à un autre ordre de phénomènes sur lesquels nous reviendrons,
$ 4. Machliiea magmèto-électrlqiieB.
.Nous venons de voir que l’induction magnéto-électrique est une source remarquable d’électricité dynamique; on peut donc en tirer parti pour produire des courants électriques, comme on se sert du frottement dans la machine électrique pour développer l’élcclricité statique.
La première machine magnéto-électrique a été construite par Faraday; elle consiste en un disque de cuivre mobile dans un plan vertical autour d’un axe horizontal et (Ju’on fait tourner entre les deux pèles opposés d’un aimant (fig. f VI) ; nous avons vu que, si l’on fait communiquer les deux bouts du galvanomètre, l’un avec l’axe du disque, l’autre avec un point de sa circonférence, la déviation de l’aiguille qui a lieu dans un sens ou
INDUCTION ÉLECTHO-DÏNAMIQDE. 379
dans l’autre, suivant le sens de la rotation, indique le dégagement d’un courant constant dans le disque. Mais ce courant a
fort peu d’intensité; il est incapable de produire des décoiup'J" sitions chimiques, des commotions, etc. 11 en est de même des courants d’induction auxquels donne naissance le magnétisme terrestre dans des disques ou des globes métalliques mis en rotation sous son influence.
Pour avoir des courants induits d’une intensité un peu prononcée, il faut les développer dans des fils passablement longs, de telle façon (jue le conducteur qui réunit les bouts de ces fils soit aussi bon, ou du moins ne soit pas beaucoup moins bon que les fils eux-mêmes; il en résulte que le courant peut les traverser au lieu de rétrograder par le fil même dans lequel a eu lieu l’induction. Le premier artiste qui ait construit une machine sur ce principe est M. Pixii; un gros aimant en fer-àeheval était mis en rotation au-dessous d’une armure semblable de fer doux, dont les deux branches étaient entourées d’un fil de métal recouvert de soie; chaque fois que les pôles de l’aimant arrivaient sous l’armure et la quittaient, il y avait dans les fils développement de courants induits, et ces courants étaient accusés par les conducteurs qui unissaient les bouts de ces deux fils. M. Pixii avait réussi à produire, au moyen de son appareil, les décompositions chimiques, les commotions, l’étincelle, et même il était parvenu, en isolant les bouts du fils au lieu de les réunir, à charger, au moyen de l’électricité accumulée à chacun d’eux, une bouteille de Leyde et les feuilles d’or d’un électroscope.
;jSO MVCINÉTISIIE ET ÉLECTRO-l>YNAMI0tlF..
Celle inadline ingénieuse, mais d'uii emploi peu commode, a été bientôt remplacée par l'appareil beaucoup plus portatif de Saxlon, modifié et perfectionné ensuite par Clarke. L’appareil de Saxton (fig. 145) se compose d’un fort aimant à cheval lixé liorizontalement; une armature en fer doux, ayant la forme d’un fer-à-clieval, et dont chafjue branche est entourée d’un iil de métal recouvert de soie, est mise en rotation devant les pôles magnétiques au moyen d’un axe horizontal qui passe entre les branches de l’aimant, et qui, lui-même, est mil au moyen d’une roue, l'ne corde sans fin, qui passe à la fois autour de la circonférence de la roue et de la gorge d’une poulie fixée à l’axe par
sou centre, sert à communiquer le mouvement. Les deux branches de l’armature qui est fixée transversalement à l'extrémité de l’axe, -se trouvent, pour chaque tour de roue, amenées à passer l’une et l’autre successivement devant les deux pôles de l’aimant. A chaque passage il y a aimantation et désaimantation, et, par conséquent, développement dans le fil ambiant de deux courants induits en sens contraires; d’où résulte qu’il y eu a quatre en tout dans chacun des deux fils pour un tour de roue complet. Si l’on compare chaque courant induit dans un des fils au courant induit dans l’autre au même instant, c’est-àdire à l’instant de l’aimantation ou à l’instant de la désaimantation, on remarquera que ces courants doivent être dirigés en sens contraires, puisque les pôles de l’aimant, à l’influence desquels ils sont dus, sont de nom contraire. Pour qu’ils s)ajoutent, au lieu de se neutraliser, il faut faire communiquer ensemble les deux bouts de chacun des fils d’où le courant semble
sortir, et les deux bouts où il semble entrer à la fois; ces quatre bouts, unis ainsi deux à deux, ne présentent plus que deux extrémités qui sont comme des espèces de pôles qu'on unit par le corps destiné à être mis sur la roule des eouranls induits. On peut également unir ensemble l’une des extrémités d'un lil avec l'extrémité correspondante de l'autre, de façon que les deux fils n’en forment plus qu’un seul parcouru tout entier par chacun des courants induits développés dans l’un cl l’autre fil ; il faut que, dans le même instant, les deux courants induits simultanés aient la même direction, ce qu’on obtient en choisissant convenablement les deux extrémités qu’on fait communiquer et que nous avons appelées, pour exprimer celle idée, corresfondantes . Les deux autres extrémités, qu’on n’a pas unies ensemble, forment alors, dans ce cas, les deux pôles. La dilférence que présentent entre eux ces deux arrangements consiste en ce que, dans le premier, on a deux circuits parallèles, dont les effets s’ajoutent, et que, dans le second, on en a un seul d’une longueur double qui propage un double courant d’induction. Le second circuit est évidemment beaucoup moins conducteur que le premier, puisqu’il se compose d’un seul fil d’une longueur double au lieu de deux fils d’une longueur de moitié; aussi est-il préférable quand les courants d’induction sont destinés à traverser des conducteurs imparfaits; le premier est préférable pour le cas où les corps qui sont mis sur la route de ces courants ont un bon pouvoir conducteur. Il est facile, avec la môme machine, de faire communiquer les bouts des ’ deux fils suivant l’un ou l’autre mode, et de pouvoir ainsi, avec un seul et même appareil, obtenir les divers effets qui en exigeraient deux, dont l’un serait à fil court et gros, et l’autre à fil long et mince.
Pour établir les communications entre les deux extrémités des fils, soit pôles, on fait aboutir l’une à une tige fixée sur le •
prolongement de l’axe, au milieu de l’armure, et qui se meut avec elle, et l’autre à un petit disque métallique vertical fixé par sou centre à la même tige qui le traverse, mais dont il est bien isolé au moyen d’un tube de verre qui enveloppe la tige.
Le disque plonge constamment, par sa partie inférieure, dails
niQili7ari by CjOOglc
382 M.\G>ÉTISMK ET ÉI.ECTBO-DÏMAMIQUE.
un petit bain de mercure qui reçoit aussi successivement les deu\ pointes d’une petite aiguille en laiton ajustée à l'extrémité de la lige, et commuidipiant mélalliquement avec elle. Le mercure établit ainsi, cbaque fois (juc, par l'ellél du mouvement de rotation, une des {toiiites y plonge, une communication mélalli([ue entre les deux extrémités ou pAles des fils d'induction. Si l’on a soin de disposer l’aiguille de façon que chacune de ses pointes plonge dans le mercure au moment où l’armure arrive devant les pôles de l’aimant, et qu’elle en sorte au moment où l’armure les quitte, il en résulte que le premier courant d’induction a lieu à l’instant de l’immersion de l’aiguille, et le second à l'instant de son émersion. Aussi celte immersion et celte émersion sont-elles accompagnées chacune d’une étincelle produite par ces deux courants, et il se manifeste par conséquent une série d’étincelles brillantes qui forment comme une lueur continue, tant que le mouvement de rotation est imprimé à l’armure.
(Juand on veut faire passer la série de courants induits à travers un conducteur, on supprime l’aiguille fixée transversalement à l’extrémité de l’axe de rotation, et on appuie, contre cette extrémité taillée en creux, le bout terminé en pointe d’une petite tige métallique assujettie solidement à l’une des pièces de l’appareil, et dont l’autre bout plonge dans un godet plein de mercure. On met en communication ce godet et le mercure dans lequel plonge constamment le petit dist|uoau moyen d’un conducteur, et il en résulte t[ue celui-ci sert nécessairement de passage à la série des courants induits. 11 faut avoir soin d’amal gamer le fond de la petite cavité creusée à l’extrémité de Taxe, afin que la communication établie entre le fond et la pointe contre laquelle il frotte en tournant soit bien métallique, et par conséquent conductrice.
Les effets des courants induits sont, à quelques différences près, les mêmes que ceux dos courants voltaïques. Ainsi ces courants échauffent et font môme rougir un fil de platine trèsfin mis sur leur route; ils décomposent l’eau acidulée d’un voltamètre ; ils font éprouver des commotions très-vives, et même quelquefois tres-pénibles h la personne dont les mains tiennent
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I>DLCT10M ÉI.ECTRO-DYNA.Mlgl E. ;{8H
des conducteurs qui aboulissciil, Tua au mercure du petit gudcl, l'autre au mercure dans lequel plonge la roue. Il faut, pour((ue l'effel soit plus sensible, que la partie des deux conducteurs tenue entre les mains soit en forme de poignée, et légèrement humectée par de l’eau salée.
Les courants qu’on obtient au moyeu de la machine magnétoélectrique diffèrent des courants ordinaires de l’électricité voltaïque sous deux rapports, le premier, c’est (ju'ils sont discontinus, le second, c’est qu'ils sont dirigés alternativement en sens contraire. C’est à la première de ces deux circonstances, et non à la seconde, que lient l’intensité remanjuable des effets physiologi((ues, car on peut obtenir le même résultat en rendant discontinu, au moyen d’un rhéotome, un courant voltaïque ordinaire, ce qui produit une série de courants discontinus, il est vrai, comme les courants d'induction, mais tous dirigés dans le môme sens. L’influence de la seconde circonstance se fait sentir dans les décompositions chimiques. Comme les courants sont dirigés alternativement dans un sens et alternativement dans l’autre, que, par conséquent, chaque fil sert alternativement de pôle positif et de pôle négatif, il en résulte que les gaz réunis autour de chacun des fiLs de platine du voltamètre, dans la décomposition de l’eau, sont un mélange d’hydrogène et d’oxygène. Il arrive même que, si la surface du platine en contact avec le liquide est considérable, une grande partie de l’hydrogène cl de l'oxygène qui y sont transportés alternativement par l'effet de la décompsilion électro-chimique se combinent ensemble pour former de l’eau. Ce phénomène se manifeste surtout quand les courants d’induction se succèdent très-rapidement les uns aux autres, de sorte que l'apparition de l’oxygène et celle de l’hydrogène, sur chacun des deux fils ou sur chacune des deux lames de platine, soient prestjue simultanées. Celte recomposition fait que la quantité de gaz qui se montre dans le voltamètre est quelquefois très-faible, qu’elle peut môme devenir nulle si la recomposition est complète, lors même que les courants ont une grande puissance : celte puissance est alors accusée par l’interposition dans le circuit d’un des galvanomètres calorifiques que nous avons décrits dans la
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première partie de cet ouvrage. Un galvanomèlre magnétique doiHierail aucune indication, parce qu’étant parcouru par des courants égaux, et alternativement contraires, qui se succèdent très-rapidement, il n’y a pas de raison pour que l’aiguille se dévie dans un sensplutét que dans un autre.
Itiuis l'appareil de fdarke (fig. 146) l'aimant est vertical au
lieu d’étre horizontal, et l’appareil est disposé de façon qu’on j)eut se passer de bain de mercure; un petit ressort (jui appuie constamment sur un cylindre métallique mis à la place du disque vertical sert à établir la communication; ce cylindre luimême e.st traversé par l’axe dont il est isolé, au moyen d’un tulw de verre ou simplement par une enveloppe de bois : quant il l’axe, il se termine par un cylindre servant de commutateur ou de pièce de rupture, et qui dans ce but est creusé de manière à pn'senter des solutions de continuité à sa suiface, ou, ce qui vaut mieux, possède une surface alternativement de métal ou de bois. Il en résulte qu’un second ressort, qui appuie couslam-
INDUCTION ÉLFXTHO-DTNAMIQl'E. 38')
ment contre celte pièce, se trouve, par l’effet de la rotation, en contact, tantôt avec le métal, tantôt avec le bois de la surface du cylindre; ce qui fait que tantôt il communique, tantôt il ne communique pas avec l'une des extrémités du fil induit, tandis que le premier ressort, pressant contre le cylindre métallique qui a remplacé le disque et dont la surface est continue, est toujours en communication avec l'autre extrémité du fil. La disposition que nous venons de décrire a l’avantage de permettre à l’expérimentateur d’avoir des courants induits dirigés tous dans le meme sens; il suffit pour cela de combiner les interruptions de la communication entre l’extrémité de l’axe et le ressort qui appuie contre elle, de façon qu’elles aient lieu au moment où l’armure s’approche de l’aimant, ou bien au moment où elle s'en éloigne; dans le premier cas, ce sont les courants induits par l’aimantation de l’armure qu’on exclut, et ceux qui ont lien au moment de la désaimantation qu’on perçoit; dans le second cas, c’est l’inverse. Une série de courants induits dirigés tous dans le même sens, tels qu’on peut se les procurer par l’appareil que nous venons de décrire, produit exactement les mêmes effets que les courants d’une pile voltaïque, surtout lorsqu’ils se succèdent avec une grande rapidité. Plus le fil dans lequel l’induction s’opère est long et fin, plus les courants qui s’y développent res.semblcnt, quant à leurs propriétés, aux courants des piles à haute tension. Il arrive cependant qu’à un certain degré de finesse et de longueur des fils, ces courants induits ne peuvent plus produire, non seulement d’effets calorifiques, mais même d’effets chimiques; ils donnent au contraire naissance à des effets physiologiques d’autant plus intenses. Cette influence de la longueur et du diamètre tient à ce que la conductibilité du circuit qui en dépend a une grande part, indépendamment de la cause productrice de l’électricité, dans le degré plus ou moins grand d’intensité des effets du courant électrique. C’est un point que nous traiterons dans la quatrième partie de cet ouvrage.
MM. Palmieri et Linari ont réussi à remplacer dans les machines magnéto-éleclriijues l’action de l’aimant eu fer-àcheval par celle du magnétisme terrestre. Ils avaient d’aliord 1. 25
^i86 MAGNÉTISME ET ÉLECTHO-DYNAMIQl'E.
ruiisiruit leur machine en disposanl sur un même axe horizontal plusieurs cylindres de fer doux, entourés de fils de métal ri'.couverts de soie roulés en hélice; puis, plaçant Taxe dans une direction perpendiculaire au méridien magnétique, ils lui imjirimaient un mouvement de rotation d'où résultait pour les cylindres de fer, par l'elfeldu magnétisme terrestre, une aimantation alternativement dans un sens et alternativement dans un autre, et par conséquent la production dans les fils ambiants d’une série de courants d’induction exactement semblables, à l’intensité près, à ceux qu’on obtient en faisant passer, dans les machines de Saxton et de Clarke, les armures de fer doux devant les pèles de l’aimant. Une disposition du même genre que celles que nous a\ons décrites en parlant de ces machines sert à percevoir, dans l’appareil de MM. Palmieri et Linari, les courants d’induction et à les séparer au besoin. Les deux physiciens italiens ont réussi, dans une seconde machine, à développer directement, sans l'intermédiaire du fer doux, des courants induits dans des fils de cuivre par l’action immédiate du magnétisme terrestre. Après div ers tâtonnements, ils ont trouvé que la meilleure manière d’obtenir ce résultat consiste à prendre un gros fil de cuivre de 3 à 4 millimètres de diamètre et de plusieurs mètres de longueur, et de l’enrouler autour d’un cadre elliptique ayant un mètre de diamètre dans le sens de son grand axe. On imprime un mouvement de rotation à ce cadre, autour de son axe, en ayant soin de placer l’axe dans nne direction presijue perpendiculaire à celle du méridien magnétique, et on obtient des courants d’induction qui donnent une forte étincelle et produisent tous les effets calorifiques, chimiques, et physiologiques des machines magnéto-électriques ordinaires. Üans cet appareil, M.M. Pahnieri et Linari, pour percevoir les courants induits, faisaient commuuhjuer l’une des extrémités du fil avec une simple petite roue métallique plongeant dans un bain de mercure par sa partie inférieure, et l’autre extrémité avec un axe qui traversait la roue tout en eu étant isolé. Le conducteur qui réunissait l’extrémité de l’axe et le mercure du bain était traversé par les courants. C’est exactement la même disposition que dans l’appareil de Saxton que nous avons décrit plus haut.
INDHITION ÉLECTHO-DYNAMIQl’E. 387
Toutefois, jusqu’à présent, malgré les efforts perséTérants de M. Palmieri, les machines magnéto-électriques fondées sur l’emploi du magnétisme terrestre n'ont pu remplacer avec avantage celles dans lesquelles riullueucc magnétique émane d’un aimant.
Mais, de toutes les machines magnéto-électriques, les plus puissantes sont celles dans lesquelles ou fait usage d'un aimant temporaire, soit électro-aimant. Leur mode de construction diffère essentiellement de celui des machines dans lesquelles l’action provient d’un aimant ordinaire. En effet, il n’est pas nécessaire d’avoir une armure et un électro-aimant, ni par conséejnent de donner un mouvement à l’un par rapport à l’autre. 11 suffit d’une seule pièce de fer doux (en forme de cylindre par exemple) autour de laquelle on a enroulé deux fils de métal recouverts de soie; on fait passer à travers l’un de ces fils un courant voltai«|ue, eu ayant soin de le rendre discontinu, au moyen d'un rhéolome, et on a dans l’autre une suite de courants induits dirigés alternativement en sens contraire et correspondants au passage et à l'interruption du courant inducteur. Le fil qui conduit le courant inducteur ne doit être ni trop long ni trop fin, vu que le courant jirovient ordinairement d’un seul couple, et qu’il est nécessaire, pour que l’aimantation du fer doux soit forte, que la résistance du conducteur soit peu considérable. (Juanl «u hl dans lequel se développe le courant induit, ses dimensions dépendent, comme dans les machines que nous avons déjà décrites, de la nature des effets qu’on veut produire. On peut, avec un fil de 30 à 40 mètres de longueur et d’uiie grande finesse, et en faisant passer à travers un fil ordinaire, le courant seulement d’un couple de üaniell,de 10 à 12 centimètres carrés de surface, obtenir des courants induits tels qu’un homme très-fort ne peut impunément éprouver pendant une ou deux minutes les commotions auxquelles ils donnent naissance.
Pour tous les autres effets chimiques ou calorifiques, on emploie, en général, pour recevoir le courant induit un fil semidable à celui qui conduit le courant inducteur. Les deux fils sont enroulés ou ensemble, ou l’un au-dessus de l’autre, autour de la bobine dans l’intérieur de laquelle ou place le fer doux. Celui-ci peut être indifféremment un cylindre plein ou creux;
388 MAGNÉTISME ET ÉLECTRO-DTNÀMIQl'E.
on a trouvé même quelque avantage à remplacer le cylindre par nn faisceau de üls ou mieux de petits barreaux de fer doux isolés les uns des autres par une couche de vernis. Cette circonstance ne permet pas l'établissement de courants d’induction circulant, comme dans le cas d'un seul barreau cylindrique, sur la surface extérieure du cylindre; courants qui diminuent la puissance inductrice exercée sur les üls euxmémes. C'est par la même raison qu’il faut éviter de placer, dans l’intérieur de la bobine, un cylindre creux en laiton ou en cuivre; il vaut mieux que le faisceau magnétique soit en contact immédiat avec le bois. Au reste, ces précautions ne sont pas indispensables ; elles ne sont vraiment nécessaires que dans certains cas où il s'agit, comme nous le verrons plus loin, d’effets particuliers.
L'une des parties les plus importantes des machines magnéto-électriques à fer doux est le rhéotome. Le plus simple est une roue dentée mue par la main au moyen d’une petite manivelle et communiquant par son axe avec l’un des pôles de la pile pendant que l’autre pôle est en communication par l’intermédiaire du lil inducteur avec une lame élastique qui s’appuie contre les dents de la roue. Chaque fois que, par l’effet du mouvement de rotation, la lame saute d’une dent à l’autre, il y a interruption et rétablissement du circuit dans le fil inducteur, et par conséquent production de deux courants induits successivement en sens contraire dans le fil induit. Quand les deux bouts du fil induit ne sont pas réunis par un conducteur, les courants donnent naissance à une étincelle qui s’échappe entre la lame et la dent et qui provient du courant induit dans le fil inducteur lui-même, lequel ne se montre qu’autant que le premier n'est pas manifesté.
Le rhéotome qui donne naissance aux courants d’induction les plus forts est le rhéotome à mercure que nous avons décrit (fig. 130). On n’a besoin que de deux aiguilles qui, lorsqu’elles plongent dans le mercure, ferment le circuit et l’interrompent quand elles en sortent; elles sont fixées transversalement à un axe qui, lui-même, est mû par un mouvement d’horlogerie dont on régie la vitesse au moyeu de volants aiix([uels s'ajoute l’effet
I>DICTI0> ÉLECTBO-DY^AMIQIE. 389
lie la résistance du mercure. Le seul inconvénient que présente ce système, c’est que le mercure est projeté et (ju’il s’oxyde assez promptement; il se recouvre alors de petits globules noirs qui nuisent au contact parfait des aiguilles avec le métal liquide et qui, s’élevant au-dessus de sa surface, font souvent communiquer ensemble d’une manière permanente les deux compartiments qui ne doivent avoir d’autre communication que celle qu’établissent, par intervalle, les deux aiguilles cjui y plongent. L’appareil ci-joint (lig. 147), construit par M. Donijol, repré-
Fig. t47.
sente une machine à induction dans laquelle les deux rhéutomes peuvent être indifféremment employés. Les deux godets A et B sont destinés à recevoir les deux pôles de la pile (ordinairement un seul couple). Du godet B part un conducteur qui aboutit à l’extrémité du fil inducteur de la bobine; du godet .A partent deux conducteurs dont l’un aboutit à la roue dentée, l’autre à l’un des compartiments du rhéotome à mercure. Du second compartiment de ce rhéotome aussi bien que de la lame élastique qui appuie contre la roue dentée, part uaÇl conduc-
leur, el ces deux fils aboulissenl à l'autre exlréuiité du lil inducteur. Veut-on employer le rhéotome à mercure, on l'ait marcher le mouvement d'borlogerie, et les aiguilles aussitôt exécutent leur immersion et leur émersion ; on a soin, en même temps de soulever la lame élastique, au moyeu d'un petit appendice situé à côté de la manivelle, pour qu’elle n’ait aucun point de contact avec la roue dentée, et que le courant ne puisse s'établir que par le rhéotome à mercure. Veut-on employer la roue dentée, on la fait tourner au moyen de la manivelle après avoir remis la lame élastique en contact avec elle; on a soin, en même temps, que les aiguilles de l’autre rhéotome, qui ne sont plus en mouvement, soiertl disposées dans leur état de repos, de façon à ne pas plonger dans le mercure et à ne pas permettre par conséquent au courant de circuler par cette Voie.
Les denx boutons C et D représentent les deux extrémités du fil induit; tout conducteur qui les réunit est traversé par la succession des courants induits. Aux deux autres boutons K et F aboutissent des fils métalliques parlant chacun d’une des extrémités du fil inducteur ; ces boutons sont destinés à transmettre à travers tout conducteur qui les réunit, les courants induits dans le fil inducteur lui-même; de telle façon qu’on peut, en se servant alternativement des boutonsCelDel des boutons E el F, avoir les uns ou les autres; mais on ne peut les faire agir en même temps, les premiers courants n’existant (|ue. lorsque les seconds ne sont pas dégagés ainsi que nous l’avons déjà observé. C'est une chose assez remanpiable, en effet, que de voir celte dépendance mutuelle des courants induits dans le fil inducteur lui-même et des courants induits dans un autre fil parallèle. Celle circonstance prouve bien que les deux genres de courant tiennent à la même cause et qu’ils ne diffèrent que par le lieu où ils se propagent.
Les effets chimiques et calorifiques qu’on peut produire au moyen de ces courants induits aussi bien au moyen des uns qu’au moyen des autres, sont très-énergiques. On fait rougir un fil de platine, on obtient même un petit arc lumineux entre deux pointes de coke, (juant aux effets chimiques, ils sont Irès-
INDICTION ÉLECTBO-DYNAMUilE. 391
prononcés aux premiers instants, mais'bientftt les deux gaz dégagés alternativement aux deux fils du voltamètre se recomposant, la puissance cliimiijue parait, en apparence, diminuée.
l’n cinquième bouton (!, placé à la suite deEetde F, communique avec un fil métallique qui aboutit au godet K. Voici à quoi il sert, ou ce qui revient au même, voici ce qui se passe quand on l’unit par un conducteur au bouton K. Celui des deux courants induits dans le fil inducteur qui se dégage au moment de la rupture du circuit, se trouve par cette combinaison obligé de parcourir un circuit formé du fil inducteur, du conducteur interposé entre E et fi, du fil qui va «le 11 au godet H, de l’appareil voltaïque qui réunit le godet R au godet A, et du fil métallii|ue <[ui va du godet au fil indiicleur. Ce courant induit est dirigé dans le même sens que le courant inducteur, c’est-à-dire que le courant de l’appareil voltaïque, de sorte que le conducteur placé entre G et E se trouve parcouru à la fois par deux courants : savoir le courant induit et le courant voltaïque. 11 en résulte un effet i|ui est plus que la somme des effets des deux courants isolés, car il parait que le passage du courant induit à travers l’appareil voltal(]ue, augmente notablement la puissancede cet appareil. Cette augmentation est surtout sensible, quand l’appareil voltaïque se compose d’un seul couple et que le conducteur intcqiosé entre G et E est uu voltamètre. Un voit alors le courant d’un couple, incapable par luimême de décompostïr l'eau, produire avec l’addition de sou propre courant imluit, une décomposition chimique très-énergique. Ce renforcement du courant par lui-même que j’ai découvert en 1843, m’a fait donner le nom de condentalevr èleciro-chimique à l’appareil au moyen duquel je l’ai obtenu.
Cet appaieil dont la fig. 1 48 représente la projection horizontale, ainsi i|ue celle du voltamètre et du roupie voltaïque, offre une particularité de quelque intérêt, c’est qu’à la place d’une roue dentée ou d’uu mouvement d horlogerie avec aiguilles et mercure, il renferme, pour rendre le courant discontinu, une simple tige métallique élastique munie d’une (lelite pièce en fer placée tout pn>s du fer doux de la bobine. Quand ce fer doux est aimanté, la petite pièce en fer est atti-
MAOÉTISJIE ET ÉLEC.THO-UÏ.NAMIOIE.
rée, el la tige élastique à laquelle elle est liée est soulevée, ce qui occasionne la rupture du courant inducteur qui. pour
Fig. titl.
parvenir au fil de la bobine , devait traverser la tige el passer dans un petit godet métallique rempli de mercure ou simplement amalgamé, sur le fond duquel reposait l’extrémité de la tige. Cette rupture du circuit détruit l'aimantation du fer doux de la bobine; aussitôt la petite pièce n’étant plus attirée, la tige élastique retombe de manière que son extrémité repose de nouveau sur le fond du godet et le circuit se trouve rétabli. Il en résulte que le courant se trouve interrompu un nombre de fois d’autant plus considérable, qu’il est plus intense, la rapidité avec laquelle les interruptions se succèdent dépendant de la force de l’aimant.
Au lieu d’avoir un appareil distinct , on peut adapter ce genre de rhéotome à la même cassette qui possède déjà les deux autres, comme on pent le voir dans la figure 147. Une petite capsule placée au-dessous de G, et qui communique avec l’un des bouts du fil inducteur, reçoit l’extrémité recourbée d’une tige élastique qui aboutit au godet A et qui, passant près du fer doux de la bobine, est munie dans sa partie la plus voisine de ca fer de la petite pièce également en fer qui, par l’attraction à laquelle elle obéit, soulève la lige el interrompt ainsi le circuit.
Un autre appareil plus simple, construit également par M. Bonijol (fig. 149), présente, sous une autre forme, le même système de rhéotome. On interpose dans le circuit du fil inducteur une tige recourbée, mais fixe AH, et une lame élastique CD.