NOTIONS GÉNÉRALES
celle pile par de 1 élain, el le cuivre par du peroxyde de manganèse. On la conslruit en prenant du papier étamé d'un seul côté; sur la surface du papier non élaniée on étend, avec un pinceau, une couche de peroxyde de manganèse en poudre, dont on fait une pâte aussi fluide que possible en la dissolvant avec du lait, el qu'on fait tenir au moyeu d'un peu de gélatine ou d'amidon. Quand celle couche est bien sèche, on découpe en distjues égaux, au moyen d'un emporte-pièces, les feuilles de papier ainsi recouvertes. Puis on place tous ces disques les uns audessus des autres, en ayant soin de les mettre tous dans le même ordre, de favon qu'on ait toujours élain el peroxyde de manganèse en contact , puis papier el de nouveau étain et peroxyde de manganèse, el ainsi de suite. On en entasse de celle façon plusieurs milliers el on conslruit ainsi une colonne, soit pile semblable pour la forme à la première pile de Voila, et dont l'une des extrémités est négative el l’autre positive. La pile se termine nécessairement à ses deux extrémités par une surface métallique isolée, à l'une, l'extrémité négative, par la couche d’étain, à l'autre, l'extrémité ymsilive, par celle de peroxyde de manganèse.
La pile sèche ne peut, en général, développer aucun courant électrique quand on réunit ses pôles par un corps conducteur; elle ne jieut produire qu’une série de petites étincelles provenant de la réunion des deux électricités qui s’accumulent lentement à chacune de ses extrémités. Cependant en donnant une grande surface aux disques el en n’en mettant qu'un nombre limité, Af. üelezenne a obtenu, avec ces piles, quelques elfets de courant, tels en particulier <|ue la décomposition de l’eau ; il employait une pile de 300 couples de 270 centimètres carrés de surface chacun.
Le principal usage qu’on fasse des piles sèches, c’est de les appliquer à la construction d’un électroscope qui est de tous le plus sensible, et qui a de plus sur les autres l'avantage d’indiquer la nature de l’électricité en même temps que sa présence. Cet électroscope, dit de Bohnenberg, du nom de son inventeur (fig. 30), consiste en deux piles sèches placées verticalement sur un pied en bois, à une distance de 10 à 12 centimètres l'une
DKS INSTBUMENTS tLECTRlQimS LES PLLS USUELS
de l’autre; chacune des piles se termine supérieurement par une boule de métal d’un diamètre égal ou supérieur à celui des disques dont elles sont formées. Celte boule se charge de l’électricité accumulée au pôle de la pile au-dessus do laquelle elle est placée ; on dispose les piles de façon que les pôles supérieurs soient, pour l’une le positif, pour l’autre le négatif. On recouvre les deux piles d’une cloche en verre, percée d’un trou dans sa partie supérieure. On introduit, par cette tubulure, une tige en métal, portant Fig. 36. une seule feuille d’or battu, dont l’extrémité inférieure doit pouvoir osciller entre les deux boules positive et négative des piles sèches. Les précautions pour isoler la tige de métal qui porte la feuille d’or et les autres parties de l’appareil sont, du reste, les memes que pour les autres électroscopes. Dès que, par l’approche d’une source d’électricité, la feuille d’or est électrisée, elle se porte vers l’une ou l’autre des deux boules suivant la nature de l’électricité dont elle est chargée, vers la boule négative, si l’électricité qu’elle possède est positive et réciproquement. On a donc immédiatement perception à la fois de la présence de l’électricité et de sa nature.
L’instrument est si sensible, qu’il est affecté à la distance de plus d’un mètre par l’électricité d’un bâton de verre ou d’un bâton de cire ; il risque même quelquefois, si l’on n’y prend pas garde, de donner de fausses indications par l’excès même de sa sensibilité. En effet, si les deux piles sèches sont trop rapprochées, et si la feuille d’or n’est pas exactement entre les deux boules, il suffit du plus léger mouvement qui la porte plus près de l’une des deux, pour quelle soit attirée par cette boule, lors même qu’elle n’est pas électrisée, comme le serait tout corps léger. On pourrait donc facilement être induit en erreur et croire à la présence d’une électricité qui n’existe pas, si l’on ne prenait les plus grandes précautions. On a réussi même à obtenir ainsi un mouvement continu ; car une fois en mouvement, la feuille d’or ou tout autre corps ayant louché l’une des boules, se charge de son électricité, puis en est repoussée pour
Ü4 MÜT1UH8 tiÉNtRALES.
être attirée par l'autre qu’elle vient toucher et dont elle prend l'électricité; puis elle en est repoussée et retourne à la première, et ainsi de suite. Pour obtenir ce mouvement oscillatoire continu, il vaut mieux employer uu corps léger, tel qu’une petite boule ou un disque en clinquant, suspendu à un fil de cocon; la feuille d’or risque de rester quelquefois adliérente à la boule avec laquelle elle vient en contact, malgré la force répulsive de son électricité et de celle de la boule qui n’est pas suffisante pour vaincre cette adhésion.
L’espérance qu’on avait fondée sur les piles sèches, imaginées d’abord par Üeluc, en 1810, puis perfectionnées par Zamboni, qui a donné son nom à celle que nous venons de décrue, ne se sont point réalisées. Non-seulement elles sont très-bornées dans leur application, puisqu’elles ne donnent naissance qu’à de l’électricité statique, sauf le cas exceptionnel et difficile à réaliser, que nous avons cité où elles produisent un courant à peine sensible; mais de plus, elles n’ont pas même l’avantage d'être d’une durée bien longue. Au bout de quelques années, elles ne marchent plus, et il faut les remplacer par d’autree dans les appareils, dans la construction destjuels on les fait entrer, Ce défaut de durée tient, comme nous le verrons en nous occupant de la théorie générale des piles voltaïques, à ce que le papier finit par perdre, en partie, su faculté hygrométrique, et surtout à ce que l'étain s’oxyde.
Xklüglc