CHAPITRE IL
Soudure par arc (de Bènardos).
342. Manche à souder. Le porte-charbon (fig. 19) est formé de deux barreaux de cuivre A F traversés vers la tête
Fig. 19.
par un trou circulaire qui reçoit le crayon G pincé par un anneau glissant. Le câble flexible qui amène le courant se fixe à la borne B au manche de cuivre qui passe à travers une gaine de bois &. Une garde métallique G protège l'ouvrier contre les éclats de métal. Le porte charbon peut être débrayé par a/D. L'ouvrier, pour préserver ses yeux contre l'éclat de lare, porte un masque en soie enduit de résine, muni d'un cadre mobile avec verre de couleur et d'ouvertures pour la respiration. On peut remplacer le masque par un cadre que l'ouvrier tient de la main gauche et qui est muni d'une garde en carton. Pendant le travail, on refroidit fréquemment le porte-crayon dans l'eau. L'ouvrier se garde d'inhaler les vapeurs métalliques, qu'on pourrait d'ailleurs chasser par un jet d'air.
Le diamètre des crayons varie avec le travail à faire. Pour de petits ouvrages, des crayons de 0°',0015 suflisent avec quelques accumulateurs ; pour braser d'épaisses feuilles de tôle,
les baguettes ont plus de 0^,006 de diamètre. Le crayon forme le pôle positif, supprimant ainsi, autant que possible, les chances d'oxydation du métal à la soudure.
343. Constantes du courant, générateurs, com^ mutation. Le procédé de Bénardos se caractérise encore jiar ce fait que c'est l'outil qui est portatif; mais l'installation dans une usine doit être aménagée de façon à opérei^ aussi bien sur de petites pièces que sur des pièces très louitles. D'autre part, il est préférable de n'avoir qu'une source unique d'électricité. L'opérateur doit donc disposer d'un moyen facile pour obtenir à volonté tel nombre de volts et d'ampères; les bobines de résistances, outre que le moyen serait coûteux, (puisqu'on consommerait en pure perte l'énergie calorifique absorbée par [elles), seraient insuffisantes. M. de Bénar'dos a donc préféré interposer, entre la dynamo et le soudeur, une batterie d'accumulateurs. A son atelier de Saint-Pétersbourg, le courant de la dynamo D (fig. 20) passe dans les accumula-
Fig. 20.
leurs par les conducteurs c. La batterie est divisée en plusieuï^s groupes A. Des accumulateurs, le courant passe par les conducteurs d aux commutateurs de réunion en quantité G et de
ces commutateurs, par les conducteurs c", au commutateur général K. Les enclumes E et les charbons M sont reliés à ce commutateur K par des conducteurs comprenant un rhéostat R.
En enlevant une cheville, un nombre d'accumulateurs, ordinairement cinq, est isolé.
Le commutateur-général K est triple pour les trois charbons ; les conducteurs y sont reçus dans des bornes fixées à des tringles verticales, assemblées par encoches à d'autres tringles horizontales. Ces tringles sont munies d'ouvertures coniques qui peuvent recevoir les chevilles. Tout l'appareil est établi sur une table de marbre fixée au mur.
En plaçant les chevilles dans les diverses ouvertures, on obtient divers couplements d'accumulateurs. G est un ampèremètre, V un voltmètre, I un interrupteur.
Chaque rhéostat R est composé de 5 cylindres en graphite placés dans un cadre en bois. Chaque cylindre a une résistance de 0°^"*,2 ; de telle façon qu'en réunissant ces 5 cylindres en tension ou en quantité, ou par groupes, ce qui est obtenu par un système de commutation, on peut mettre en circuit une résistance variant depuis 0'^*^*",04 jusque! ohm.
Le conducteur du pôle positif est fixé à l'enclume E ou directement au métal par des pinces mobiles. Le conducteur du pôle négatif est fixé au manche à souder.
344. Soudure des tôles. Les bords à souder sont biseautés. On les rapproche en remplissant leur chanfrein de petits morceaux de fer à mesure que l'arc les fond, avec ou sans addition de fondant. Ce fondant peut être de l'argile sableuse pour le fer, du borax ou du sel ammoniaque pour le cuivre.
345. Soudure en dessous. M. de Bénardos propose de maintenir le métal en fusion sur le joint à souder, par l'attraction d'un électro (?).